CÉRÉMONIE DE CLÔTURE

du 11ème FESTIVAL INTERNATIONAL DE GÉOGRAPHIE


Avec David Khayat, Président du 11ème festival, Yves Coppens, Grand TÉmoin, Yves Guermond, Président du Directoire Scientifique, Jean-Robert Pitte et Gérard Dorel, Membres du Directoire Scientifique, Christian Pierret, Président-Fondateur.

 

 

Christian Pierret

Après les conclusions tirées ce matin par le Professeur Diopp et les recommandations que le Festival a fait à la communauté internationale pour mieux traiter les problèmes de santé, notre Grand TÉmoin Yves Coppens va faire son rapport d’observation selon la tradition. Avant de vous donner la parole,Yves Coppens, et d’indiquer au public les thèmes et dates du prochain festival de géographie, je voudrais, mesdames et messieurs, inviter monsieur le Député de Saint Louis du Sénégal, Ibrahima Fall, qui nous a fait l’immense joie d’être parmi nous pendant 4 jours avec une très importante délégation, à nous dire quelques mots.


Ibrahima Fall

Merci beaucoup Monsieur le Ministre. Mesdames et Messieurs, la joie est pour nous, Sénégalais, d’avoir été à l’honneur pour ce festival de Saint-Dié-des-Vosges que nous connaissons maintenant depuis une dizaine d’années. C’est pratiquement au début du Festival, vers la première ou la deuxième édition, que la ville de Mekhé a été jumelée avec la ville de Saint-Dié-des-Vosges. Un réseau de relations et d’amitiés s’est développé depuis, symbole d’un rapprochement entre deux peuples différents, rapprochement entre un pays du Sahel en situation difficile et une ville de l’opulent hémisphère nord. Ce sont de véritables relations d’amitié et aujourd’hui, je suis toujours heureux de me retrouver à Saint-Dié-des-Vosges où je ne rencontre que des amis. On parle de géographie, et c’est un peu avec la géographie que le Sénégal a été révélé au monde, puisque c’est en 1659, on le rappelait ici, et c’est une question qui figure d’ailleurs dans le concours pour les jeunes écoliers, c’est en 1659 que Louis Caullier est arrivé à Saint- Louis pour créer la colonie du Sénégal. Cette histoire d’amitié dure depuis trois siècles et je suis aujourd’hui heureux de me retrouver à Saint-Dié-des-Vosges représentant officiellement le Sénégal. Je crois que le FIG a gagné ses lettres de noblesse depuis fort longtemps et le prix qui a été décerné à son Président-Fondateur en est une illustration. Nous sommes donc très heureux de nous retrouver ici, de pouvoir parler de notre pays, du Sénégal, de pouvoir davantage le faire découvrir. Ce qui se passe chez nous est important ; nous pensons également que la démocratie est un atout pour notre pays dans sa longue marche vers le développement et dans cette longue marche, nous sommes très heureux de pouvoir nous retourner et d’avoir à nos côtés des amis. Je pense que c’est important dans le rapprochement et dans le dialogue des cultures ; nous pourrons dire un jour qu’avec Saint-Dié-des-Vosges nous avons fait un bon chemin ensemble. Voilà ce que je voulais dire Monsieur le Président. Merci.

Un dernier mot : je voudrais également décerner une mention spéciale à mon ami Robert Bernard, infatigable VRP de la solidarité internationale, qui vient en Côté d’Ivoire, qui vient au Sénégal, qui vient au Cameroun et dont nous apprécions la présence.


Christian Pierret

Merci très cher ami. Je donne maintenant la parole à Monsieur le Professeur Yves Coppens, notre Grand TÉmoin, qui je l’espère est devenu un amoureux de Saint-Dié-des-Vosges. C’est un moment toujours très fort de notre festival, Cher Grand TÉmoin, que celui du compte-rendu de ce que vous avez vu, entendu au cours de cette manifestation.



Yves Coppens

Monsieur le Ministre, Madame Pierret, Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Messieurs les membres du directoire du festival international de géographie, Monsieur le Président (il est parti) du 11ème festival, mes chers collègues, géographes ou pas, Mesdames, Messieurs, voici donc venue l’heure de vérité ou du moins celle que l’on appelle ainsi. Je suis donc chargé de ce terrible exercice, de témoignage, d’observation, du déroulement, du comportement, de l’activité, des qualités et des vices, des succès et des manques du 11ème FIG de SDDV. Laissez-moi d’abord tout de suite vous dire que je m’y suis beaucoup plu. J’ai trouvé l’organisation excellente, je dois le dire, l’ambiance extraordinaire, les relations partout chaleureuses et joyeuses, et je suis triste, très triste, de voir s’éteindre les feux de la rampe. C’est triste de terminer un moment comme cela de convivialité, je suis sûr que beaucoup d’entre vous, sinon tous, le ressentent. Votre Festival, Monsieur le Ministre, Madame Pierret, Monsieur le Maire , Messieurs les membres du directoire, est d’abord en lui-même une grande idée, on le sait bien, avant d’être une grande réalisation. Il attire à la fois le meilleur de la communauté des géographes : qui trouvent donc à Saint-Dié un réel intérêt scientifique, sans quoi ils ne viendraient pas (je connais bien les scientifiques : il attire avec générosité les médias et pour cela, je vous dis, bravo. Bravo, car comme vous le savez, les médias, que j’aime bien, sont capricieux et ils ne viennent pas toujours, pas systématiquement au rendez-vous qu’on leur propose. La malheureuse Académie des sciences, qui doit avoir la réputation d’être une société de vieille barbe, s’efforce de lui offrir parfois de vraies premières, de véritables scoops, comme on dit en français, et je dois dire que le résultat est pitoyable. Lorsque nous avons présenté avec Michel Brunet de Poitiers pour la première fois, l’australopithécus afarensis, il n’y avait que 3 journalistes, alors que c’était une grande annonce mondiale ! Bravo donc à la presse, qui était là, et bien là, à Saint-Dié-des-Vosges. Ce festival fait aussi beaucoup participer la région. St.Dié bien sûr abondamment, mais aussi, Raon l’Etape, Gérardmer, et peut-être d’autres communes encore. Les vosgiens sont mobilisés, sont intéressés, sont présents dans toutes les manifestations, partout, et c’est bien sûr formidable. Je voulais ajouter aussi que la publicité est fantastique, elle est vraiment partout. J’avais la chance d’habiter un peu à l’écart : tout le long de la route on trouve cette publicité, on ne risque pas de se tromper. On sait bien où est le festival, et je sais que les écoles, j’en ai d’ailleurs rencontré quelques unes, ont abondamment participé, joué un rôle important dans le choix des thèmes, des dessins. Cela aussi, c’est fantastique. Mais quel est donc le revers de la médaille, de cette superbe médaille ?


Incontestablement, la trop grande charge du menu, Monsieur le Ministre, et du même coup, une sollicitation telle qu’il est impossible de se rendre, non pas à toutes les manifestations, mais à toutes les manifestations que l’on souhaiterait visiter. Moi, Grand TÉmoin théoriquement disponible, j’ai répondu en 48 heures à 7 interviews radio, à 3 interviews télé, à 3 interviews de presse écrite ; j’ai rencontré une classe d’élèves de terminale, une classe de CM1, deux fois le public du festival au salon du livre et à l’IUT, j’ai fait mon marché, et j’ai fini en dédicaçant quelques centaine de livres. J’ai fait tout cela avec beaucoup de plaisir, beaucoup de bonheur, évidemment, mais pendant ce temps là, j’ai manqué mille autres choses, tables rondes, interventions, cafés géographiques, conférences et même contrepétries et cela, je ne m’en remets pas. Quoi faire pour desserrer un petit peu cet étau ? Sûrement pas décourager la presse, sûrement pas réduire le nombre ou la variété des événements. Peut-être rallonger d’un jour ou de 2 jours le Festival, mais je suppose que c’est difficile de trouver un juste équilibre. Ce manque de temps, pour moi, a été une certaine frustration ; il y a des choses que je voulais écouter, que je n’ai pas entendues.


Deuxième reproche : ce festival se nomme à juste raison international et il l’est. Mais à mon goût -quand je dit goût, je sais que je touche beaucoup de gens ici- pas assez. Quand j’ai parcouru l’allée du goût, j’ai entendu parler un petit peu walof, un petit peu anglais, mais ce n’est pas assez.. Comment changer les choses, si les géographes le souhaitent ? Je ne suis pas géographe, à la limite un petit peu paléogéographe, mais je pense qu’en incitant certains collègues d’ailleurs, qu’on appelle étrangers, à mettre sur pied quelques conférences eux-mêmes, quelques tables rondes, peut-être même en leur confiant, un jour la présidence, (une année la présidence, une année le grand témoignage, pourquoi pas ?), nous renforcerions, le caractère international de ce Festival. C’est évidemment à la communauté des géographes d’en décider.


Un autre point mais celui là est mineur, et j’ai réussi à le parer de manière logique, concerne les conclusions et les propositions précédant la clôture. Le malheur du Grand TÉmoin est que son intervention se fait évidemment pendant la cérémonie de clôture. Le Grand TÉmoin doit donc honnêtement dévoiler, je dirais déballer, toutes ses critiques, lors des conclusions et propositions et puis les ressortir, les réchauffer, lors de la cérémonie de clôture. Peut-être y aurait-il une autre chronologie à mettre en place ? En l’occurrence tout s’est bien passé puisque ce matin, il était surtout question de décisions sur la santé, (qui donc ne sont pas de ma compétence et que j’ai beaucoup appréciées) et non pas de décisions, propositions, générales sur le déroulement du Festival.


Je voudrais, par ailleurs, dire un mot, Monsieur le Ministre, à propos de quelque chose qui m’a beaucoup touché, la responsabilité dont vous faisiez état. Le Grand TÉmoin n’a pas peur. L’histoire de l’univers, est une histoire de 15 milliards d’années. Ce n’est pas extraordinaire. A partir du moment où se sont des chiffres finis, ce n’est pas extraordinaire. Que nous raconte cette histoire de 15 milliards d’années ? Elle nous raconte l’histoire de la matière : la matière est inerte pendant des milliards d’années : sur la terre. A partir de 4 milliards d’années elle devient vivante et sur la terre à partir de 3 millions d’années, elle devient pensante, c’est à dire que cette matière se transforme sans cesse dans le sens d’une plus grande complication et d’une meilleure organisation. Cela veut dire que l’univers a un sens, et quand je dis un sens, c’est à la fois une direction et un sens, dans les 2 sens du mot. Qu’en est-il de l’homme, que j’étudie plus volontiers, puisque comme on l’a beaucoup dit ici, je suis paléoantropologue, (cela veut dire simplement, celui qui étudie les hommes anciens) ? et bien j’ai beaucoup réfléchi à l’homme, et justement au caractère de cette matière pensante, à la façon dont se distingue cette matière pensante de la matière vivante. Cette matière pensante est étonnamment caractérisée par un paradoxe; ce paradoxe est dans une certaine mesure, un grand libre arbitre, c’est à dire une liberté, et dans une mesure totale, une responsabilité. C’est à dire que la responsabilité dont vous avez fait état à plusieurs reprises, Monsieur le Ministre, cette responsabilité est essence même de l’homme. L’homme est étonnamment libre, puisqu’il a le choix -vous avez le choix de venir à St.Dié ou pas- et cette liberté là est tout de suite limitée, contrainte, réduite, par la responsabilité. Bien souvent, s’il y a des problèmes dans le monde, c’est le moins qu’on puisse dire, ces problèmes sont dus au fait que la liberté est bien comprise, mais que les limites créées par la responsabilité ne sont pas toujours prises en compte. La responsabilité est là pour arrêter la liberté dans ces excès.


Que vous dire maintenant de personnel ? Je suis devenu à cause du Festival, une sorte de névrosé obsessionnel de la table ronde : table ronde franco-sénégalaise, table ronde « disperser ou concentrer le système de soins », table ronde « longévité, vieillissement et santé », table ronde « alimentation santé et géographie », table ronde « la dérive sanitaire des continents »…. Je sors de là étourdi, j’arrive le soir à mon auberge la Cholotte, superbe (merci d’avoir choisi cette auberge pour moi) et je dis épuisé à la maîtresse de maison : « Est-ce que je peux s’il vous plaît dîner chez vous ? Mais oui, bien sûr me répond-elle, je vais vous mettre à la table ronde ! Je n’ai donc pas quitté la table ronde depuis vendredi midi ! Autre exemple : je reçois un très agréable message, « Monsieur le Ministre et Madame Pierret vous attendent au Salon de la Gastronomie à la table ronde du fond »… c’est vraiment obsessionnel ! Enfin hier midi, à la Chariole, le nombre d’invités étaient tel que deux tables ont été assemblées, une longue, une ronde… et je ne vous dis pas à laquelle je me suis retrouvé !


Alors je suis devenu aussi, une sorte d’obsédé des chaises. (Dès le premier jour, après un certain nombre de discours impressionnants d’un certain nombre de personnalités, toutes sur la scène de la salle où se déroulait la cérémonie solennelle d’ouverture, Monsieur le Ministre, Christian Pierret m’appelle à le rejoindre. Quel bonheur ! Je gravis les escaliers, tant bien que mal, flatté. J’arrive à la grande table d’honneur des notables du festival. Horreur ! pas de chaise ! C’est embêtant, on ne sait pas quoi faire dans ce cas là ! Pas de chaise, sauf celle du Ministre. Que faire ? je me dit qu’après tout, ce n’est quand même pas son porte-feuilles, ce n’est que sa chaise, et que je peux la lui emprunter sans grande conséquence politique. Donc je m’asseois. J’espérais que le discours du Ministre allait être bien long… Le Ministre termine au bout d’un certain temps, donne la parole au Professeur Khayat. Dilemme. Dois-je lui rendre sa chaise ? Ou le laisser s’asseoir sur celle du Président ? Que dit le protocole dans de pareilles circonstances ? Je ne sais pas. Alors j’ai tranché, je lui ai cédé ma place, sa place, et je me suis installé, avec angoisse, sur la chaise du Président Khayat en espérant que lui, allait durer un petit bout de temps. C’est alors qu’une jeune femme a jailli de je ne sais où, tout à coup, de la coulisse, une chaise à la main qu’elle a ajoutée au bout du rang.


Le lendemain, je montre discrètement mon nez au fond de la petite salle du Salon du Livre, au moment ou François Jodin présentait son ouvrage sur « Saint-Dié-des-Vosges une histoire de liberté ». (Superbe ouvrage d’ailleurs), dans sa composition, dans son découpage, avec toute une série de jolies histoires. Madame Gilberte Beley, toujours attentive, m’installe une chaise devant, tout devant, et me fait signe de la rejoindre. Je m’exécute, et tout aussi discrètement, par dehors et par une porte latérale, je pénètre à nouveau dans la salle. Catastrophe ! ma chaise ne fait pas corps avec l’ensemble des chaises de l’assistance et n’a pas trouvé sa place sur l’estrade ; me voici alors tout seul, devant, en bas de l’estrade et en retrait, comme une sorte d’excroissance ; une sorte de bourgeon, contraint à rester dans cette situation étrange pendant le reste de la présentation. Je dois quand même vous dire que je n’en ai pas trop souffert et que j’ai beaucoup apprécié cette présentation, présidée d’ailleurs par Monsieur le Ministre, toujours présent et qui avait dit un petit mot pour me mettre à l’aise.


Troisième obsession : les médias. J’ai essayé, à force de les rencontrer, et j’en ai rencontré beaucoup, de comprendre leur langage. A vous de me dire si j’y suis parvenu, comme j’en ai l’impression. Les radios s’appellent RF, et les télés FR, c’est facile à comprendre : République Française, Française République. C’est comme cela qu’on peut les distinguer. Chez ces gens là, par ailleurs, le singulier semble être en O, et le pluriel en I. La preuve : Dominique Roderer me dit « Je suis tout seul, je voudrais vous interviewer pour RFO ». Je me dis « bien sûr, c’est RFO « . Quelque temps après, trois jeunes gens, Pascal Lavergne, Gilles Bessec, Kamel Redouani, me disent on voudrait vous interviewer l’un après l’autre, « c’est pour RFI » Normal  : ils étaient trois ! J’en vois un autre. « Il me dit je suis de Nancy, je m’appelle Dominique Loyot je suis seul et je voudrais vous interviewer pour radio Jérico ». Tout à fait logique ! Pour conclure, toutes mes félicitations chaleureuses, sincères au Fondateur du Festival, à son comité exécutif, à son organisation, à tout le bénévolat, à toute la bonne humeur, à toute la volonté, à tout l’enthousiasme, à tout l’intérêt qu’il a su créer autour de ces 4 jours annuels. Le Festival c’est une chose, mais toute cette effervescence bon enfant est tellement gentillement enthousiaste que c’est formidable. C’est une grande expérience, et probablement unique. Le sujet de cette 11ème édition était tout à fait bien choisi, il était à la fois important et grave et aussi très exaltant dans les déclinaisons variées de l’espace et de la santé, de l’espace vertical, d’ailleurs parfois, comme vous l’avez entendu dans les sociétés, et dans l’espace horizontal, à travers la France et à travers le Monde. Je suis persuadé, et cela m’importe, que les scientifiques y trouvent matière à information. J’ai rencontré un certain nombre de collègues, de différentes universités, j’ai eu donc des confirmations, matière à information, matière à réflexion nouvelle, à éclairages originaux, à révélation peut-être. Je suis convaincu que le public, les publics, entre les livres et les produits des terroirs, qui ne sont pas à négliger, les conférences, les projections y trouvent aussi avec gourmandise ce qu’ils cherchent. J’ai eu à faire, personnellement, partout, à des gens charmants, à des gens attentifs, à des gens attentionnés, je voudrais faire ici, une mention très spéciale pour mon impresario Jean Pierre Cuisinier, qui a été mon chronomètre vivant. Je n’ai pas l’heure, donc je suis absolument insupportable et dès que l’heure approche, je vois son regard noir, me regarder, de manière critique, je sais qu’il faut que je bouge. J’ai appris pêle-mêle plein de choses sympathiques ou curieuses, je vous les livre en vrac. St.Dié, que mes connaissances géographiques, modestes, certainement, plaçaient sous la rive occidentale d’un talweg, une sorte de rift face à la Forêt Noire, à quelque distance des rivages atlantiques de mon enfance, et bien, St.Dié est marraine de marins, parrain de bateau. La terre est toute petite, et c’est très bien ainsi ! Il y a des marins partout dans ce festival ! Une autre information (ça ne vous intéresse certainement pas, mais moi ça me touche de près), le baeckaoffe est somptueux, j’ai eu la chance d’en avoir deux fois hier.


Le Ministre Christian Pierret, nous a dès jeudi, dit que tout pays qui acceptait l’invitation de St.Dié s’exposait à des conséquences géopolitiques. J’attends donc avec une curiosité mal contenue, l’annonce de la fusion du Sénégal, avec je ne sais quel autre pays : la Mauritanie, le Mali, la Guinée, peut-être la France ? Je ne sais pas ce qu’ils auront choisi, mais j’attends. Encore un témoignage très personnel. Cela ne s’est pas dit, mais je suis aussi à l’Académie de médecine, depuis 1991. J’ai grande confiance en la médecine, tout en en connaissant les limites, et grand respect dans les médecins. J’ai donc un grand respect et une grande admiration pour le Président Khayat et pour son activité, naturellement. Vous l’avez entendu, le Président David Khayat, vous a mis en garde contre le tabagisme, ici même, le premier jour, le jeudi soir, et je l’ai entendu, s’exprimer à d’autres reprises, contre ce tabagisme et aussi contre l’excès d’alimentation. Je vais maintenant, vous confier, moucharder quelque chose. Notre ami David Khayat s’est éclipsé un peu tôt du déjeuner samedi midi. On était à la Chariole, et je l’ai suivi, moi, le Grand TÉmoin. Il était sorti… pour fumer dehors ! Quand même, il faut le faire ! Samedi soir, Mme Pierret pourrait le confirmer, il y avait un grand rendez-vous gastronomique à St.Dié, merveilleusement organisé, comme toujours, par Monsieur et Madame Pierret. Le Président David Khayat, remplissant sûrement avec plaisir son rôle de Président, y était. Et puis, il est rentré à son auberge, qui se trouvait aussi être la mienne, et savez-vous ce qu’il a fait, pour le plaisir de mieux connaître cette belle auberge ? Il pensait ne pas avoir assez consommé…il a dîné une deuxième fois ! Arrêtons d’être mauvaise langue…


Je voudrais encore évoquer une image agréable et omniprésente durant le Festival, ,c’est évidemment celles des silhouettes de Christian et Marie Pierret. Christian Pierret, a été partout, en costume, en costume de Ministre, c’est quelque chose, un peu Quai d’Orsay, stylé, parfait, fermé, cravate bien nouée, œil à la fois sérieux et rigoureux, toujours prêt à participer, à assister, à présider. C’est très plaisant, c’est très encourageant , et c’est tout à fait exemplaire.

Marie Pierret, que beaucoup appellent très familièrement « Marie », -je n’ose pas encore- est aussi là partout, bien là, en tailleur, en pantalon, élégante, brillante, fossette en bataille, regard tendu vers toutes les activités, qui lui soient accessibles, si bien que si vous voulez lui raconter une belle histoire, pour tenter de la séduire, naturellement, il faut vraiment vous accrocher. Si par hasard, à ce moment là, dans son champ visuel un mouvement de personne tout à coup interfère, lui révélant un souci dans une des activités du festival, c’est fini, elle ne vous écoute plus, vous serez obligé de lui téléphoner. Ceci pour vous dire, que bien respectueusement, je n’en adresse pas moins mes salutations affectueuses, à Christian et à Marie Pierret, et un peu plus affectueuses évidemment, pour Marie.

Pour finir, si vous me le permettez, je vais user de ce podium pour lancer un appel très privé. Je voudrais en effet, retrouver une déodatienne certainement charmante, dont j’ai reçu un billet. Le voici : « Bonjour, la mission confiée à mon amie hier, (vous faire une bise de ma part) c’était moi. Vous m’avez donc vue, mais je ne peux pas vous déranger. Signé –Annie ». Alors Annie, si vous êtes par là, j’ai un tout petit peu de temps avant l’avion, je serais content de vous voir. Merci.


Christian Pierret

Mesdames, Messieurs, Monsieur le Préfet, Messieurs les Députés. Vous avez souligné là mon ambition secrète. Passer de l’Industrie aux Affaires Etrangères mais c’est un destin et nul doute qu’après votre intervention, il sera exhaussé. Je voudrais, cher Yves Coppens, notre Grand TÉmoin, vous dire combien nous avons apprécié ce que nous subodorions chez le grand scientifique que vous êtes, habitués que nous sommes, maintenant, depuis 11 festivals, à fréquenter les scientifiques, en particulier les géographes, mais aussi, les médecins, et maintenant les paléontologues et combien nous avons été impressionnés par le caractère simple, direct, franc, amical, sincère et plein d’humour, dont vous avez fait preuve il y a quelques instants. C’est pour nous toujours, dans cette cérémonie de clôture, avant que les uns et les autres, nous soyons appelés à fréquenter les autres sites du festival pour terminer notre dimanche, -avec combien d'auteurs, combien de géographes, combien de cuisiniers, puisque les démonstrations culinaires continuent à se dérouler- c’est toujours pour nous une sorte de rayon de soleil, on dirait un espace vert, qui est le nôtre, lorsque des scientifiques internationaux de ce niveau là, s’adressent à nous dans cette petite ville, petite par le nombre de ses habitants, mais importante désormais par le projet collectif qui est le sien. Celui d’avoir une existence non seulement économique, mais culturelle, celle qui l’a fait renouer avec son histoire si brillante, celle qui a voulu que nous soyons marraine de l’Amérique et de ce fait aujourd’hui, organisatrice du Festival International de Géographie. Merci donc, en notre nom à tous, à notre Grand TÉmoin Yves Coppens. La paléontologie conduit très certainement à l’amour de la géographie, parce qu’après tout, vous avez été, avec cette histoire de rift avec un côté est et un côté ouest, avec l’origine de ce qu’on appelle l’homme, vous avez été d’abord, un géographe. Le paléontologue que vous êtes est bien aussi géographe, et je répare l’omission qu’il a voulu que nous ne citions pas votre présence parmi l’Académie de médecine.


Je veux également remercier, -il a du nous quitter pour rejoindre Paris- le Président David Khayat, qui lui aussi nous a enthousiasmés, par sa simplicité. Il fait lui aussi partie de tous ces scientifiques accessibles : plus ils sont importants, plus leurs pensées sont denses, plus leur projet scientifique et celui de leurs équipes est pertinent, et plus nous les voyons, simples, proches de nous. C’est cela qui nous rend extrêmement optimistes sur l’humanité, car nous savons que la science, la connaissance qui occupent une grande partie de ce que nous voulons être collectivement et individuellement, comme citoyen, cette science et cette connaissance rendent intelligents et rendent proche des autres. C’est notre vision, peut-être un grand mot, mais il n’est pas trop fort, c’est notre vision de la démocratie.


Je vais remercier également, ceux qui sous la présidence d’Yves Guermond avec Jean-Robert Pitte et Gérard Dorel ont permis de construire, pendant une année entière, l’ensemble de l’éventail extrêmement riche, fructueux, passionnant, de ce Festival consacré à la Géographie et à la Santé. Merci à toi, Yves, très cher ami, Jean-Robert, ami de toujours , à toi Gérard, ami également. Gérard prendra, comme la tradition le veut dans le Directoire scientifique, la présidence du Directoire, l’année prochaine, après que Jean-Robert ait exercé cette fonction l’année dernière et que Yves l’ait exercée excellemment cette année. Gérard est ainsi celui à qui nous transmettons officiellement le témoin lors de cette dernière cérémonie. Yves Guermond a beaucoup travaillé pour animer tout un collectif qui ne se résume pas aux membres du Directoire scientifique mais qui a permis à beaucoup de géographes de tous horizons et de tous pays de faire en sorte que, une fois encore, nous avons été ravis, nous avons été passionnés. Tous ici, nous vous adressons, à vous Directeur scientifique, un cordial et vécu, « Merci »

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Je veux également dire combien -c’est plus difficile, car il s’agit de ma tendre épouse, mais je dois le faire, puisqu’elle s’est beaucoup multipliée pour assurer la Présidence du Salon de la Gastronomie- Marie Pierret a œuvré en faveur d’un Salon de la Gastronomie, qui lui aussi s’est surpassé, cette année, à développé des innovations, a fait en sorte que , la citation que j’ai trouvé au dos d’un menu, soit plus vraie que jamais. Il s’agit d’Anthelme Brillat-Savarin qui en 1825 disait ceci : « Sous quelque rapport que l’on envisage la gourmandise, elle ne mérite qu’éloge et encouragement. La gourmandise est une résignation aux ordres du créateur, qui, nous ayant ordonné de manger pour vivre, nous invite par l’appétit, nous soutient par la saveur et nous en récompense par le plaisir ». Quelle merveilleuse fortune, quelle merveilleuse destinée de l’homme qui vit par l’appétit, se soutient par la saveur, et trouve sa récompense par le plaisir ! Merci donc à Marie Pierret et à toutes celles et ceux, notamment les grands chefs prestigieux, qui sont venus et ont permis à ce grand Salon de la Gastronomie de connaître un succès inégalé. Merci aussi à ce cher ami, fidèle d’entre les fidèles, Yves Berger, qui n’a jamais manqué un festival , qui préside avec brio et talent, le talent du grand littéraire, le Salon du Livre, et qui a réuni avec l’aide d’Olivier Huguenot et de toute son équipe, une palette impressionnante d’auteurs, romanciers, voyageurs, essayistes, au premier rang desquels des géographes bien sûr.. Je veux signaler aussi combien était efficace, pendant un an, la Présidence d’Olivier Huguenot, à la tête de l’Association de Développement du Festival International de Géographie. Le festival est désormais suffisamment connu des éditeurs, et à leurs yeux suffisamment intéressant pour que de nouveaux, acceptent chaque année, de se rendre à Saint-Dié-des-Vosges.


Je vais également remercier les financeurs privés et publics, très nombreux. Je ne citerai pas, par souci de neutralité politique, les ministères, qui ont participé largement à cette bataille, pour que la géographie dans son insertion culturelle, globale, soit vraiment à la fête et source de réflexion. L’effort de la ville est ainsi soulagé de manière significative par de nombreux mécènes, publics et privés. Et puisque j’évoque la Ville, Monsieur le Maire, je tiens à vous remercier, ainsi que le Conseil Municipal, pour votre investissement financier, matériel, humain, dans la réussite de cette manifestation. Nous devons adresser des félicitations très cordiales à toutes les équipes municipales, à tous les services sans exception de notre cité, pour leur remarquable travail. En effet beaucoup me disent en privé que l’essentiel du Festival, est presque, en dehors des matières, extrêmement passionnantes, que nous parcourons pendant ces quatre jours, dans le type d’accueil qui est celui des déodatiennes et déodatiens. Le miracle du festival, sa caractéristique première, me disait tout à l’heure un journaliste, à la suite de la conférence de presse, que nous avions ensemble ce matin, c’est une sorte d’ambiance, très spéciale, particulière, qu’on ne retrouve pas dans une autre ville, ou dans une autre manifestation de ce type. On ne retrouve pas ailleurs un tel investissement de toute la Ville. Dans certaine ville du sud certain Festival, si l’on interroge les gens dans la rue, ils disent « Vivement qu’ils partent ». Ici, c’est « Vivement que vous reveniez ». Nous sommes heureux de vous accueillir et vous êtes chez vous. Le miracle ce sont les déodatiennes et les déodatiens qui le créent, c’est à eux qu’il faut rendre hommage, et tout particulièrement aux services municipaux. On sait tous combien Gilberte Beley , que notre Grand TÉmoin vient de citer, s’est également multipliée depuis des mois et des mois, avec les équipes du Festival, le service Fêtes et Cérémonies, avec Jean-Pierre Lalibert, Françoise Briantais , les techniciens de la sono, de la vidéo, (qui savent régir au quart de tour dès qu’il y a un imprévu), avec Gérard Barbot directeur de ce magnifique Espace Georges Sadoul, les personnels de cuisine et de service, le service communication et Christophe Perrin, toujours présent partout, actif, efficace, l’imprimerie municipale, l’Office du Tourisme, la Police Municipale, la Police Nationale, Monsieur le Préfet, les chauffeurs... L’ensemble de ceux qui, au cours de ces journées, vous ont accueillis, les services municipaux au complet sont fiers, fiers du travail qu’ils ont accompli, fiers de leur ville et ils aiment Saint-Dié-des Vosges. Merci à eux, et merci à tous ceux qui autour d’eux, les bénévoles, se sont mobilisés pour ce 11ème Festival.

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