ENSEIGNER LA GÉOGRAPHIE DE LA SANTÉ

Bernadette TISSERAND

Lycée Chanzy - Charleville Mézières

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L'article complet

Introduction :

Représenter l’espace, réfléchir à son organisation sont les fondements de la géographie.

La géographie au lycée, ce sont avant tout des cartes, des croquis. D’autre part, de plus en plus, cartes et croquis sont présents dans les médias.

Notre mission est double :

  • enseigner la géographie à travers les cartes et les croquis construits par les géographes,

  • mais aussi, faire comprendre, apprendre à nos élèves à lire d’un œil critique tous les croquis et les cartes qui se trouvent ailleurs que dans les atlas et les manuels. La carte est le langage du géographe, enseigner sa lecture nous revient.


La géographie de la santé : « c’est l’analyse spatiale des disparités des niveaux de santé des populations et des facteurs environnementaux qui concourent à ces inégalités », selon Jean Picheral.

Donc, étudier la géographie de la santé, la propagation des épidémies ou la représentation spatiale de la morbidité des populations n’est pas en contradiction, au contraire, avec les démarches et les objectifs de nos enseignements.

Les objectifs de l’O.M.S. qui définit la santé comme «l’état complet de bien-être physique, mental et social », comme un des droits fondamentaux recoupent également certains objectifs de l’ECJS (en particulier en ce qui concerne l’intégration ou les liens familiaux). L’OMS étudie et veut remédier à l’inégalité des divers pays en ce qui concerne l’amélioration de la santé et la lutte contre les maladies en particulier les maladies transmissibles.

Mais la géographie de la santé n’est pas au centre de nos programmes, elle n’est donc pas étudiée en tant que telle (sauf dans les classes de SMS). Sa cartographie est quelquefois présente, surtout en ce qui concerne le sida, elle peut être un apport essentiel comme celle d’autres faits économiques, sociaux ou culturels.

Le point de rencontre est donc la carte.

C’est pourquoi j’ai choisi d’étudier avec mes élèves certaines de ces cartes, trouvés dans les médias avec les objectifs suivants :

  • Apprendre à faire la lecture critique d’un croquis ou d’une carte

  • Comprendre la diffusion spatiale d’un certain nombre de phénomènes concernant la santé et tenter de l’expliquer à l’aide d’autres cartes, en particulier en faisant varier les échelles.

  • Etudier l’organisation de l’espace à laquelle participent les facteurs concernant la santé publique, comprendre les phénomènes de diffusion des maladies, la répartition des installations sanitaires à travers maillages et réseaux.

  • Enfin, faire de la géographie, puisqu’il s’agit des sociétés et de leurs relations avec leur environnement.

Où chercher des cartes concernant la santé pouvant être utilisée dans nos classes :

Transparent 1 : Médecine /Santé, Sciences et Avenir, février 2000

  • Supports : presse spécialisée ou non, sites Internet en particulier OMS, manuels scolaires

Plusieurs types :

  • Cartes des maladies endémiques ou épidémiques, vues sous des points de vue différents, historiques (la grande peste), nombre de cas (tuberculose), % de la population concernée, régions à risque (pollens, paludisme)

  • Carte de santé publique, consommation du tabac, nombre de médecins, taux de mortalité

  • Des échelles très variées de la région à la planète.

Difficultés pour les exploiter car elles ne sont pas toujours faites par des géographes, ni pour les élèves.

En classe de seconde :

Le programme 2001 nous incite à mettre l’organisation de l’espace au 1er plan. La bonne compréhension de cette organisation demande que les notions de réseau, pôles, flux, diffusion, discontinuités et ruptures soient au centre de notre enseignement.

Transparent 2 : la peste noire, article de Jean-Noël Biraben, L’Histoire n°11, avril 1979, carte colorisée par mes soins

« De la peste, de la faim et de la guerre délivre-nous seigneur »

La peste a été une épidémie récurrente de 1345 à 1670, elle a été la cause principale des crises démographiques, c’est en pratiquant, en 1720/22 à Marseille, un cantonnement géographique strict que l’on vint à bout de la dernière grande épidémie.

Cette carte permet un travail destiné à un groupe d’élèves qui ont déjà assimilé les principaux éléments de la lecture d’un croquis, alors que les autres groupes travaillent sur les étapes nécessaires à cette lecture.

Les élèves, pendant une séance de module d’une heure ont à leur disposition cette carte, une carte historique de l’Europe au XIIIème siècle où apparaissent les grandes routes commerciales en Asie centrale, en Méditerranée et sur les rives de la Baltique et une carte de l’Europe physique.

Les élèves retrouvent assez vite les grandes routes commerciales, les obstacles que peuvent constituer certains reliefs, comme les Carpates, à la progression de la maladie.

Les notions de diffusion, de pôle, de flux, de fronts pionniers, d’angle mort sont alors illustrées.

Les élèves peuvent ensuite produire un texte reprenant les notions acquises et retraçant les étapes de la diffusion de cette épidémie, en s’appuyant sur les informations contenues dans les cartes à leur disposition. On compare ensuite avec le contenu de l’article qui accompagne cette carte.

De Balassagun, au sud du lac Balkhach, la peste va suivre les routes du commerce. La route du Sud, gagnant l’océan Indien par le Pamir et, de là, la mer Rouge, l’Egypte et la Méditerranée, est momentanément coupée, celle du Sud-Ouest, par Samarkand et Tabriz, également. La peste va donc passer par l’Ouest, suivant la route mongole au nord de la Caspienne vers les comptoirs génois de Crimée.

Transparent 3 : la peste noire arrive, L’Histoire n°239, janvier 2000

Cette carte paraît plus attractive que la précédente, elle apporte des informations mais suscite aussi beaucoup de critiques : elle montre clairement la propagation d’une épidémie, mais elle ne nous donne aucune information sur le nombre des victimes, ni sur les causes de propagation de cette maladie ; les couleurs, de plus en plus claires au fur à mesure que l’on s’éloigne de la Méditerranée, peuvent donner à penser que la maladie a fait plus de victimes dans le sud de l’Europe qu’au nord, et les relations avec le relief, les grandes voies de communication de l’époque sont difficiles à faire.

Il faut donc faire un choix avant de proposer ces cartes aux élèves et les armer d’esprit critique.

Transparent 4 : Cette maladie qui n’en finit pas, Courrier International n°472, 18/24 novembre 1999

Travail sur 2 cartes du paludisme en module. 

Cet exercice trouve sa place à la jointure entre la 1ère partie du programme qui permet aux élèves de maîtriser la localisation des principaux foyers de peuplement, et la 2ème partie où ils l’occasion de revoir les planisphères des grandes régions naturelles du globe (milieux et climats).

1er groupes :

Ils ont sous les yeux la carte de l’extension du paludisme dans le monde. Si on peut faire ce travail au CDI, les élèves peuvent chercher eux-mêmes des informations sur le paludisme sur Internet (site de l’O.M.S.) ou dans les encyclopédies.

Cette endémie se transmet par l’intermédiaire d’un moustique qui vit dans les eaux stagnantes, l’anophèle. Elle concerne 300 à 500 millions de malades chaque année dans le monde fait au moins un million de morts chez les enfants.

Le but de l’exercice est l’étude de cartes planisphères, montrer les liens qui existent entre les régions infestées et les régions à climat chaud et humide, que son extension augmente avec le réchauffement du climat (îles Salomon). On peut surtout attirer leur attention sur le fait que le paludisme sévit dans des régions très peuplées et que l’éradiquer devient alors un enjeu mondial.

Transparent 5 : Les zones à risques (du paludisme), Le Monde, 2/3 juillet 2000

Module de géographie 2ème groupe :

Avec des élèves plus aguerris, on peut aborder d’autres notions en ajoutant à cette carte quelques éléments chiffrés :

  • 101 pays où le paludisme est endémique, dont 45 en Afrique

  • 300 à 500 millions de cas

  • 1 million de décès chez les enfants

  • cette endémie ralentit la croissance économique de 1,3%/an en moyenne

Grâce à la légende on voit apparaître un des problèmes majeurs de cette endémie : la résistance aux médicaments actuels, la difficulté de mettre au point un vaccin à destination de pays qui consacrent des sommes limitées à la santé.

On aborde alors plus nettement les problèmes liés au développement. On peut alors monter qu’il s’agit, de problèmes liés à la faiblesse de l’offre de santé, aggravés par la désorganisation administrative de nombreux pays et à leurs faibles ressources financières. De plus la carte suggère bien à quel point la lutte est complexe devant la variabilité génétique des anophèles, le vecteur de la maladie, de plus en plus résistants aux traitements.

On peut aussi démontrer qu’il n’y a pas de «fatalité tropicale », que cette endémie a existé ailleurs où qu’elle a pu être éradiquée. Il s’agit également d’un problème scientifique, passer d’une démarche curative, dont les limites apparaissent sur les cartes, à une démarche préventive, c’est-à-dire à la création d’un vaccin. Les enjeux alors deviennent économiques.

En classe de première

Transparent 6 : nombre de cas de tuberculose pour 100 000 habitants, Courrier International n°384, 12/18 mars 1998

Cette fois, en 1ère, nous privilégions le changement d’échelle : le continent européen, la France et d’autres pays d’Europe, les régions. . En ce qui concerne les dépenses de santé, les écarts en Europe vont de 1 à 5, le 1er rang revient à la France, l’Allemagne, la Croatie, avec 8 à 8,5% du PIB consacrés à la santé, l’UE a un taux faible de mortalité infantile (5,6%), ailleurs elle reste élevée, l’espérance de vie est en moyenne inférieure de 11 ans dans les PECO.

Cette carte nous renvoie à l’histoire récente de l’Europe, et montre la permanence des oppositions Est/Ouest depuis la fin du communisme. Les systèmes de santé se sont détériorés surtout dans les PECO, seul le Portugal est encore à l’Ouest en difficulté avec un chiffre de 57 cas pour 100 000 habitants.

La tuberculose reste un indicateur fort de la pauvreté. Cette carte peut être avec intérêt comparée avec celle du PIB/hab. en Europe

Transparent 7 : le risque allergique, calendrier pollinique du laboratoire Zirtec, à destination des médecins, mois de juin

Pour comprendre la diversité des espaces français en classe de SMS, il peut être intéressant de montrer que l’impact de certaines graminées est à mettre en relation avec les paysages végétaux, les espaces agricoles mais aussi avec les densités de population, en particulier urbaine.

C’est aussi la preuve que nos élèves scientifiques, futurs médecins ou ceux qui vont travailler dans les laboratoires ont besoin de faire de la géographie et d ‘étudier cartes et croquis…

Transparent 8 : Médicographies tiré de Impact médecin hebdo 

Cette page est tirée d’un hebdomadaire qui s’adresse à des médecins, là encore, il est utile qu’ils aient appris au cours de leur scolarité à lire des cartes, comprendre ce qu’est un ratio et pouvoir mettre en parallèle ce document avec les activités des régions françaises pour en comprendre les disparités.

La géographie de la santé à cette échelle régionale a plusieurs ambitions :

  • mesurer l’état de santé des individus

  • étudier la localisation de l’offre de santé et sa répartition territoriale

  • mesurer les variations géographiques de la consommation de soins

Ces cartes sont difficiles à interpréter, les facteurs sociaux paraissent plus lourds que les facteurs géographiques : la mortalité des ouvriers est plus élevée que celle des cadres supérieurs. Mais sur toutes, on remarque que le gradient Nord-Sud reste fort, et qu’à tout prendre, il vaut sans doute mieux être ouvrier au Sud que cadre au Nord.

On peut observer aussi l’évolution des pathologies, celle des maladies infectieuses reculant devant les maladies professionnelles (respiratoires), sociales (alcoolisme, suicide), dégénératives (cancer, infarctus) ; ce qui correspond à un état «postindustriel » de la santé publique dans les pays riches.

Mais c’est surtout en terminale que les cartes sur la santé peuvent être le mieux exploitées en fonction des programmes.

Transparent 9 : l’extension actuelle de la 7ème pandémie cholérique, Le Monde, 4 août 2000

John Snow, médecin anglais à Londres au siècle dernier, avait été le 1er à mettre en évidence le rôle de l’eau dans la diffusion de l’épidémie de choléra de 1854, elle avait démarré en 1849 et fait à Londres 14 000 morts (plus de 40 000 à Paris). Plus tard, c’est l’Italien Filippo Pacini qui découvrira le vibrion cholérique, qui se développe dans les eaux souillées par les excréments. Actuellement le choléra fait son apparition dans les grandes concentrations humaines, dans les endroits où se réunissent de grands troupeaux nomades, dans les villes et bidonvilles en pleine croissance, l’épidémie actuelle a démarré en Amérique latine, au Pérou.

Dans la 1ère question : l’organisation géographique du monde, on peut faire remarquer aux élèves sur cette carte du choléra, une maladie transmise en fait par l’eau non potable, les inégalités Nord/Sud et aussi les conséquences de la circulation des hommes puisque cette maladie, par ailleurs relativement facile à soigner dans un pays développé, transite sans doute, en provenance des pays du Sud, par les aéroports.

Transparent 10 : l’O.M.S. attaque les géants du tabac, Le Monde, 9 août 2000

Il s’agit cette fois de santé publique, et non plus d’une épidémie, à travers cette carte, les élèves peuvent comprendre qu’en fonction de leurs intérêts les cibles des grandes multinationales du tabac changent. Il devient pour elles intéressant de se tourner vers les marchés du Sud, peut-être moins riches mais où les politiques de prévention du tabagisme sont pratiquement inexistantes. La mondialisation décidément est bien en marche.

Transparents 11, 12, 13, 14 et 15 : cartes à différentes échelles de l’épidémie de SIDA dans Le monde, Courrier International, Dossiers d’actualité

Le sida est l’épidémie actuellement la plus souvent abordée dans nos manuels, toutes séries confondues. L’étude de cette épidémie s’est souvent heurtée à la difficulté du dénombrement de victimes autant pour les séropositifs, malades ou décédés. Il y a dans beaucoup d’état une forme de rétention de l’information ou des décalages chronologiques. Depuis quelques temps l’heure est plutôt à la lucidité et les cartes y ont sans doute largement contribué. Elles ont servi de révélateurs, non la maladie n’est pas limitée aux homosexuels, non elle ne se limite pas aux quartiers des villes mais concerne aussi les campagnes.

Son expansion est foudroyante actuellement en Afrique australe. Elle est plutôt stabilisée dans les pays du Nord et en Amérique latine. Sa progression est très rapide dans les Andes, en Inde et en Chine, en ex-URSS, mais surtout 90% des cas se trouvent dans les pays qui se partagent 10% du PIB mondial. Le sida finit par atteindre tous les secteurs de l’activité, pertes humaines, absentéisme, baisse de la productivité et ralentissement de la croissance économique.

Toutes ces problématiques sont au centre de la 1ère grande question du programme de terminale.

Il s’agit de proposer aux élèves de Terminale une étude de documents en géographie, à partir de cartes (et d’un texte).

Sujet : le Sida dans les relations Nord/Sud

Présentation des documents : Cinq documents dont 4 cartes et un texte.

La carte 1 est celle la république du Congo (Courrier International, 9/15 décembre 1999) et tente de démontrer le lien entre une campagne de vaccination de la poliomyélite des années 60 et la diffusion de la pandémie, elle localise sans doute un des points de départ de l’épidémie.

2 cartes (documents 2 et 3) sont à l’échelle du continent africain, la carte 2 montrant la progression de la maladie sur le continent(Le Monde, 15 décembre 1995), la 3ème le nombre d’adultes atteint par le VIH (Dossiers d’Actualités, décembre 1999).

La 4ème carte à petite échelle, celle de la terre montrant le nombre de personnes atteintes par continent, la source est l’ONU (Le Monde, 29 juin 2000).

Le 5ème document est un extrait d’article de presse soulevant le problème du coût des médicaments pour les pays du Sud (Le Monde, 7 juillet 2000).

Tableau

documents
Le Sida est un phénomène mondial
L’Afrique et les pays du Sud sont davantage frappés. Seule la solidarité Nord/Sud peut permettre de trouver une issue.
1
  Le sida est sans doute originaire d’AfriqueResponsabilité du Nord dans l’expansion de l’épidémie.
2
C’est une épidémie, elle se diffuse rapidement.
Le Sida se répand en Afrique depuis les années 70 et gagne l’ensemble du continent.
3
  Les pays les plus touchés d’Afrique sont au Sud et au centre.
4

Tous les continents sont touchés (circulation des personnes en augmentation). Au Nord surtout l’Amérique du Nord. Au Sud surtout l’Afrique.

L’épidémie touche aussi bien les hommes que les femmes et de plus en plus les enfants.

L’Afrique est la plus touchée avec 24,5 millions de personnes infestées.

Les pays musulmans d’Afrique du Nord sont moins frappés. Les gros bastions de l’Asie, Chine et Inde encore peu touchés.L’Amérique du Nord est la région du Nord la plus touchée.


Asie du SE, surtout Thaïlande (tourisme sexuel occidental).

5
Les firmes pharmaceutiques sont des multinationales.

Les pays les plus pauvres d’Afrique sont ceux qui ont le plus de séropositifs.Action des organisations internationales.

Prise de conscience des firmes pharmaceutiques.

Le problème ne sera pas résolu sans un plan massif d’intervention au niveau mondial.


Synthèse :

Le sida est une épidémie, née dans les années 70, sans doute en Afrique, qui se diffuse partout dans le monde, elle touche aussi bien les hommes que les femmes et de plus en plus les enfants. Elle affecte à l’heure actuelle tous les continents (circulation accrue des personnes dans la période actuelle). Cependant l’Amérique du Nord est la plus touchée des régions développées (0,9M de cas), l’Afrique le plus touché des continents du Sud.

Dans le contexte économique actuel, les grands groupes pharmaceutiques du Nord considèrent le sida comme un marché.

Les études scientifiques tendent à démontrer que le sida est originaire d’Afrique, c’est sur ce continent qu’il se diffuse les plus rapidement, touchant massivement les adultes en particulier les femmes, mais aussi les enfants, qu’ils soient orphelins ou séropositifs. On peut établir un lien étroit entre pauvreté et sida dans ces régions où les politiques de santé des états sont peu développées. Cependant on peut remarquer que certains pays résistent mieux : les pays musulmans (peut-être moins de nomadisme sexuel), les poids lourds d’Asie (Inde et Chine).

Les pays du Nord ne peuvent se monter indifférents à ce qui se passe au Sud. Leur responsabilité est peut-être engagée dans l’origine de la maladie (un mauvais vaccin contre la poliomyélite). Elle l’est en tout cas dans sa diffusion (tourisme sexuel en Asie du Sud). Par ailleurs l’existence de foyers aussi importants et en développement dans les pays du Sud représente un risque très important pour le Nord. Celui-ci a certes plus que le Sud les moyens de se soigner, ce qui par ailleurs garantit un pactole aux laboratoires pharmaceutiques.

Les pays du Nord commencent seulement à prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe et de la menace qu’elle représente. Les 1ères mesures en faveur d’une baisse des traitements commencent à être prises par les grandes firmes. Mais sans une véritable volonté internationale, ce fléau ne pourra être vaincu. 321 mots

Document 5 : l’industrie pharmaceutique s’engage prudemment dans une politique de dons, Florence Bal, Le Monde, 7 juillet 2000

Les laboratoires pharmaceutiques, eux, tentent de se montrer coopératifs dans un domaine sensible, celui du Sida. L’explosion de l’épidémie, notamment en Afrique – qui concentre 70% des 34 millions de séropositifs –, la mobilisation des gouvernements concernés et d’une trentaine d’organisations internationales les ont fait sortir de leur réserve. Ce qui leur est demandé, sans succès jusqu’à présent, c’est de fixer des tarifs nettement inférieurs pour les médicaments contre le Sida dans les pays pauvres ou bien d’accorder aux producteurs locaux le droit d’utiliser leurs brevets à moindre prix. […]

Même dans l’hypothèse où la baisse des prix permettrait d’atteindre 2$ par jour, soit 730$ par an pour une trithérapie (contre 10 000$ actuellement), ces médicaments resteraient inabordables pour de nombreux pays.

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