DE LA PLACE DES FEMMES DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ, À TRAVERS LE MONDE
L'EXEMPLE DE LA CONTRIBUTION DES FEMMES AU DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Huguette MAUSS Directrice de la DDASS des Vosges
Odile DUFRICHE Médecin inspecteur DDASS du Haut-Rhin

Et la collaboration de :

Aïssatou SENE-TOURE Responsable de l’action sanitaire et sociale de la ville de Dakar
Mohamadou Lamine CISSE Secrétaire exécutif pour l’Afrique d’ENVARTS –ONG-

.Résumé par Marie-Claire Ruiz

L'article complet

Le 5 juin 2000, l’ONU ouvrait sa 5ème session de l’assemblée générale sur les femmes, intitulée « femmes 2000, égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXI ème siècle »

Cette session intervenait 5 ans après la conférence de Pékin qui avait fixé des priorités pour combattre les discriminations sexuelles. Le bilan est pauvre, les efforts menés en matière de santé et dans une moindre mesure d’éducation ont permis quelques progrès mais les femmes continuent de souffrir de pauvreté et de violences, fléaux qui se seraient accrus avec la mondialisation et les guerres.

En 1995, le programme d’action de Pékin avait défini une série de cibles stratégiques et énuméré les actions devant être menées avant l’an 2000 par les gouvernements, la communauté internationale, les organisations non gouvernementales et le secteur privé pour combattre les discriminations sexuelles. Douze domaines critiques avaient été identifiés comme constituant des obstacles fondamentaux à la promotion des femmes : la pauvreté, l’éducation et la formation, la santé, la violence, les conflits armés, l’économie, le pouvoir et les prises de décision, les mécanismes institutionnels, les droits humains, les médias, l’environnement et enfin les fillettes

5 ans après de lents progrès sont intervenus 

  • la pauvreté : 70% des pauvres sont des femmes, loin de s’arranger, le fossé se creuse entre les hommes et les femmes pris dans le cycle de la misère. La mondialisation de l’économie accentue cette situation. La tendance est à la réduction des dépenses publiques et des programmes sociaux et à un report de ces coûts sur les familles. Avec une tendance générale à la réduction des prestations familiales, un salaire qui équivaut en moyenne à travers le monde à 50% de ce que gagnent les hommes et un taux de chômage accru, les femmes cumulent tous les facteurs négatifs.

  • L’éducation : la situation scolaire évolue lentement mais favorablement. Les taux d’alphabétisation des 15-24 ans ne présentent presque plus de différences liées au sexe dans plusieurs régions du monde. Il n’empêche que le décalage reste gigantesque, 2/3 des 875 millions de cas d’analphabétisme chez les adultes sont des femmes

  • La santé, d’indiscutables progrès ont été réalisés mais certaines statistiques restent accablantes : une femme meurt chaque minute dans le monde de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. Le nombre de femmes infectées par le VIH continue de progresser et dépassera bientôt le nombre de cas masculins. Sur les 5,6 millions d’adultes contaminés dans le monde en 1999, 2,3 millions étaient des femmes

  • La violence, depuis la conférence de Pékin, plusieurs pays ont décidé de criminaliser les actes de violences sexuelles commis par un mari à l’égard de son épouse. Mais la violence familiale est encore considérée aujourd’hui comme ayant une incidence plus néfaste sur l’espérance de vie des femmes que les cancers du sein et du col de l’utérus. Les statistiques soulignent l’urgence d’agir, certains pays africains tentent d’améliorer les choses en modifiant leur législation. Mais entre 85 et 114 millions de femmes et de fillettes, originaires pour la plupart d’Afrique du Moyen-Orient et d’Asie ont subi des mutilations génitales. Par ailleurs, le trafic des femmes et d’enfants génère jusqu’à 8 milliards de dollars chaque année

  • Les conflits, aucune amélioration n’a été enregistrée sur ce thème. Il y a un siècle, 90 % de ceux qui mouraient à la guerre étaient des soldats ou du personnel militaires. Aujourd’hui, 90 % des victimes dans les conflits sont des civils, des femmes et des enfants dans les ¾ des cas

  • Les institutions, la représentation féminine dans les structures décisionnelles nationales et internationales n’a pas progressé depuis 5 ans. La représentation des femmes reste à 13% au niveau mondial. L’égalité de droit est loin de l’égalité de fait

Extrait, Le monde mercredi 7 juin 2000

Le 29 avril 2000, le Monde retraçait quelques objectifs du forum mondial sur l’éducation qui se déroulait à Dakar sous l’égide de l’UNESCO. Les stratégies fixées ces dernières années pour promouvoir l’éducation universelle n’ont pas donné les résultats attendus. La communauté internationale a réaffirmé ses objectifs en matière de scolarisation de base, en particulier pour les filles

Si la situation s’est améliorée en Amérique latine et en Asie de l’Est, l’Afrique et l’Asie du Sud demeurent très en retard en matière d’acquisition de savoirs fondamentaux.

Il y a encore 880 millions d’analphabètes dans le monde dont la plupart sont des femmes… Plus de 110 millions d’enfants d’âge scolaire ne vont pas à l’école. L’objectif fixé en 1990 à l’occasion de la conférence mondiale sur l’éducation, de faire en sorte qu’une éducation primaire soit accessible à tous les enfants et à réduire massivement l’analphabétisme des adultes en l’an 2000 est loin d’être atteint : 113 millions d’enfants dont 60% de filles n’ont pas accès à l’enseignement primaire. Le taux d’alphabétisation global est de 85% pour les hommes et de 74% pour les femmes.

Mais selon Aïcha Bah Diallo, ancien ministre de l’éducation en Guinée et actuellement directrice de l’éducation de base à l’UNESCO, le plus important est la volonté d’agir. C’est encore une volonté politique. Le droit à l’éducation est inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Pour donner ce droit à tous les enfants, les Etats doivent dégager un budget adéquat et mener une campagne de sensibilisation pour faire comprendre aux parents le bénéfice que les filles peuvent tirer de l’éducation. Car si l’enseignement est de qualité, si les programmes répondent aux besoins de la communauté et si les élèves sont sécurisés, les parents sont prêts à envoyer leurs filles à l’école. et de citer l’exemple «  des puits et des moulins qui ont été donnés aux familles pour alléger la charge des travaux imposée aux filles et leur permettre ainsi d’aller à l’école ».

Ces quelques données mondiales illustrent la complexité du problème mais démontrent également que la mondialisation rend plus que nécessaire une solidarité avec les pays les plus pauvres car si l’enjeu humanitaire est aveuglant, l’enjeu stratégique ne l’est pas moins. Selon le ministre des finances du Mexique, dans un siècle d’abondance, la pauvreté est le risque systémique majeur.

Le 31 mai, La banque mondiale sous le titre « l’Afrique peut-elle encore revendiquer sa place au XXI ème siècle » dresse un constat alarmant. L’Afrique est aujourd’hui menacée d’être exclue de la révolution de l’information , près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté

Quarante après le début de la décolonisation, l’Afrique noire ne s’est toujours pas relevée du remodelage forcé auquel l’ont soumise les grandes puissances européennes. Bien sûr, l’Afrique n’est pas homogène et tous les pays ne souffrent pas de la même façon. Mais l’analyse est alarmante : le revenu moyen par habitant a baissé depuis la fin des années 60 et la situation s’est globalement détériorée sur le continent

En trente ans, l’Afrique a perdu des parts de marché dans le commerce mondial, y compris dans le commerce des matières premières et des produits de base qui est théoriquement l’un de ses atouts. L’Afrique représente à peine 1% du PIB mondial et 2% des échanges internationaux

L’Afrique doit relever de gigantesques défis. Tout ou presque reste à faire, sur le plan humain mais également économique, les épidémies (y compris le sida et la malaria) et les conflit font des ravages. Les investissements sont faibles, l’évasion des capitaux soutenue et la fuite des cerveaux croissante.

La réduction des inégalités est le nouveau credo des institutions internationales. Le développement est un processus cumulatif : la réussite dans un domaine ouvre de nouvelles opportunités dans d’autres. Un espoir réside dans l’avancée des technologies de l’information dont pourrait bénéficier le continent africain. Ce vœu sera-t-il suffisant ? L’inefficacité des actions de la communauté internationale n’est plus à démontrer. La corruption coûte extrêmement cher, particulièrement en Afrique, où 30 milliards de dollars d’aide internationale ont été détournés. La corruption peut réduire de 0,5 à 1 point par an le taux de croissance d’un pays. Le constat est unanime, la bonne gouvernance est le maillon manquant entre la lutte contre la pauvreté et sa réduction effective. La population est maintenant davantage préoccupée par la corruption et elle demande des comptes à ses gouvernants. Tout cela est très encourageant et ouvre la voie au développement.

Les grandes puissances semblent déterminées à tendre la main à l’Afrique. Au delà de la réduction de la dette, le signe le plus tangible serait de lui offrir un accès privilégié à leurs marchés. Et partant, l’aider à satisfaire ses besoins fondamentaux : la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, la constitution ou le renforcement d’institutions solides.

Selon Michel Camdessus, directeur général du FMI, dans un article le 17 janvier 2000, un nouveau départ est possible pour l’Afrique, à condition que tous les Africains y participent et que le monde entier leur prête main forte. Sans l’ouverture des pays industriels à tous les produits des pays les plus pauvres, les efforts pour alléger le fardeau de la dette ne permettront guère de porter la croissance au rythme nécessaire et de faire reculer la pauvreté au rythme promis. Nul ne prône plus de prétendues « politiques alternatives » qui permettraient de faire l’économie des efforts d’assainissement nécessaires. Chacun est prêt à reconnaître que le développement passe par le renforcement de la stabilité macroéconomique, la consolidation des secteurs financiers, la refonte des cadres législatifs, réglementaires et judiciaires, la poursuite des efforts d’intégration régionale, le raffermissement de la démocratie et la bonne gestion des affaires publiques. En Afrique, comme ailleurs, on sait désormais que la transparence et la lutte contre la corruption ne sont plus des matières à options. Lutter contre la pauvreté par des investissements bien choisis, dans les domaines de la santé, de l’éducation ou les infrastructures rurales a un effet amplificateur des dynamiques de croissance. La perspective de développement humain inscrite dans ces efforts confère à des stratégies macroéconomiques et structurelles rigoureuses, leur justification et peuvent faire gagner le soutien populaire indispensable.

La lutte contre la pauvreté et les stratégies macroéconomiques se soutiennent mutuellement.

Selon le bureau international du travail, l’Afrique subsaharienne est une des régions du monde où les femmes travaillent le plus tous âges confondus. La minorité de femmes au Togo ou au Nigéria qui a souvent conquis au prix fort son autonomie, ne saurait cacher la précarité et la dépendance de l’immense majorité des femmes africaines. Au travers de la santé, toutes les questions posées par la santé des femmes renvoient à tous les dysfonctionnements des pays africains, système sanitaire obsolète et sans budget, mentalités ballottées entre médecine traditionnelle et médecine modern.

Au travers du témoignage d’Odile Dufriche, médecin de santé publique qui a travaillé près de 15 ans en Afrique et particulièrement au Mali, je voudrais illustrer comment une nouvelle politique, inspirée de soins de proximité permet à ces femmes oubliées d’être des acteurs de la lutte contre la pauvreté et d’être l’interface indispensable face aux stratégies macroéconomiques.

La CONTRIBUTION DES FEMMES AU DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE SUBSAHARIENN

Odile DUFRICHE, médecin inspecteur de santé publique et son Film « Sans rendez-vous »

Le contexte  

Depuis une dizaine d’années, poussés par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, les pays d’Afrique sont passés de l’assistance totale à l’obligation d’une importante participation des populations au fonctionnement des services publics ; ainsi se sont ouverts des centres de santé communautaires, des écoles communautaires.

Les femmes ont été les premières à subir les conséquences de cette nouvelle situation et ont été les premières à réagir. Elles étaient déjà coutumières de certaines pratiques qui ont facilité cette adaptation

Dans la tradition, les femmes africaines participent à des réseaux sociaux de quartier, aux « tontines » (système d’épargne traditionnelle), aux « grins » (organisation traditionnelle d’entraide des femmes d’une même tranche d’âge). En Afrique de l’Ouest, elles participent à la vie associative depuis de nombreuses années, et même pendant les périodes de dictature, cette vie associative n’a pas été anéantie.

Depuis les années 1990, années de décentralisation et de participation, elles se sont organisées, ont mis en place des activités génératrices de revenus, multiplié les « tontines » mais aussi ont adhéré les premières aux « caisses d’épargne et de crédit » qui se sont installées dans les villages même les plus reculés. Les femmes remboursent mieux leurs emprunts, sont souvent mieux organisées, plus solidaires et plus responsables que les hommes.

La prise en charge de la santé par les femme

La santé des femmes en Afrique est trop souvent tributaire du pouvoir et du bon vouloir de l’homme, le code de la famille rend la femme dépendante de l’homme, d’abord de son père, puis de son mari, en enfin si elle devient veuve, de ses fils…

Malgré tout, un développement harmonieux ne peut se faire sans que les hommes ne soient associés à toutes les étapes de ces mutations, qu’ils les comprennent, les acceptent, les encouragent. Les conférences internationales, en particulier celle qui s’est déroulée en 1995 à Pékin (Béijing) a permis aux femmes « intellectuelles » de s’intéresser aux plus démunies, à faire parler d’elles. Cette conférence les a obligées à communiquer avec les femmes du milieu rural, à mieux les connaître pour parler en leur nom. Dans certains pays, à l’occasion de cette conférence, le code de la famille devait être modifié, devait donner plus de pouvoir aux femmes et leur reconnaître plus de droits. C’est grâce à ces conférences, que les pays du nord découvrent le décalage existant entre nos régions. A l’occasion de ces conférences, les coopérations ont découvert « l’approche genre » (rapport hommes-femmes) et le rôle des femmes dans le développement. C’est grâce à ces conférences que certains projets ont été pris en compte et financés.

Les femmes étaient traditionnellement éduquées par leurs grands-mères lors des cérémonies de l’excision qui marquaient le passage de l’enfance à l’adolescence. Elles étaient promises puis mariées très jeunes.

Le nombre d’enfants d’une famille polygame peut atteindre 30 enfants voire plus ; chaque femme voulant autant d’enfants que sa co-épouse. Actuellement, les mariages polygames sont moins nombreux, le nombre de co-épouses et le nombre d’enfants diminuent.

De nombreux facteurs font que les ménages accordent plus de valeur à l’enfant, à sa santé, à son éducation. C’est la femme qui prend en charge les plus grandes dépenses de santé, de la famille. Après avoir essayé les traitements traditionnels (redevance en nature), en cas d’échec de ces derniers, elles se déplacement vers les centres de santé communautaires ou vers des centres de santé de district. Elles ont vite compris que les médicaments génériques sont moins chers et soignent bien et que les mutuelles peuvent aider à la prise en charge et à la qualité des soins. Pour parvenir à payer ces soins, nombreuses sont les femmes qui se regroupent autour d’activités génératrices de revenus. Certaines sont même devenues responsables d’associations gérant les centres de santé de leur village, s’organisent pour acheter les médicaments et gérer le personnel. Afin de mieux nourrir leurs enfants, d’éviter la malnutrition secondaire à un sevrage rapide, des groupes de femmes ont cultivé et fabriqué des farines avec des produits locaux (« consommez malien », disait l’ancien président de la république du Mali…). Ces produits équilibrés sont accessibles au pouvoir d’achat des femmes, évitent les farines importées, si chères que les quantités indiquées ne sont jamais respectées.

Les accoucheuses traditionnelles ont encore un rôle important dans les villages, et certains organismes ont su les utiliser en leur donnant une formation et du matériel adapté pour accoucher les femmes dans de meilleures conditions. L’accouchement est pour les femmes africaines un des évènements les plus dangereux de leur vie. Près d’une femme sur 100 décède encore en mettant au monde son enfant. Ce sont encore les femmes qui se sont battues pour avoir une maternité dans leur quartier, allant de maison en maison pour recueillir des contributions, prenant contact avec des partenaires au développement.

Aujourd’hui, le Sida touche durement les femmes et les rend vulnérables. Certaines ont été atteintes, ont fait connaissance de cette maladie par la mort de leur enfant. Contaminées, elles sont organisées en associations pour faire face à cette maladie et la faire accepter dans leur entourage. Elles organisent des visites à domicile, participent à des séminaires, à la journée mondiale contre le Sida, mettent en place des activités génératrices de revenues permettant d’aider les plus démunies (vente de poupées, cuisine de rue, ateliers,, micro-crédits pour les petits commerces, location de pousse-pousse). Ces activités redonnent la joie de vivre aux femmes touchées par le Sida. Par ces petits projets, les femmes ont retrouvé leur place dans la société, ont donné une autre image de la personne séropositive, ont retrouvé le goût de vivre, de se faire belles. Elles vivent, ont un projet de vie …

L’engagement des femmes africaines pour la santé des autres femmes a été marqué ces dernières années par la lutte que certaines d’entre elles mènent contre l’excision. D’autres combats se mènent dans les quartiers, par la participation à des projets de santé communautaires. Certaines femmes se sont regroupées pour recevoir une information et soigner les enfants en participant à l’acquisition d’une pharmacie familiale. De jour, comme de nuit, elles soignent et distribuent des traitements adaptés au poids de l’enfant contre le paludisme et les fièvres élevées si dangereuses pour les nourrissons. Ce sont les femmes qui se sont organisées les premières pour ramasser les ordures ménagères , porter de l’eau à domicile. Ce sont elles qui se mobilisent lors d’épidémies pour aller avertir les autres femmes et leur expliquer les messages sanitaires

…/…

Comme en témoignent ces nombreux exemples, la santé ne peut se concevoir sans un développement social harmonieux, l’enseignement, le développement des routes, la construction de dispensaires, la construction d’écoles et la formation de maîtres compétents forment un tout dont dépend la santé et le développement des pays.

La difficulté pour les promoteurs de projets, ce n’est pas d’obtenir l’adhésion des femmes, c’est comment arriver à les joindre, à les rassembler, car les femmes en milieu rural travaillent près de 15 heures par jour (ramassage du bois, travaux des champs, cuisine…). Elles n’ont pas le temps d’écouter la radio, ni de participer aux cours d’alphabétisation organisés pour elles. Pourtant, elles sont conscientes de l’importance de l’accès à la lecture et donc à la scolarisation de leurs filles. Nombreuses sont celles qui, actuellement, réclament du travail pour leurs enfants. Elles se sont sacrifiées pour leur payer les études et ne supportent pas de voir ces jeunes sans travail, sans activité.

Principes :

  • ne réaliser que les projets décidés par les femmes elles-mêmes

  • ne pas les pousser à aller trop vite dans la réalisation de ces projets

  • attendre que les femmes demandent à être alphabétisées ou formées à la gestion au lieu de le faire sans motivation de leur part pour faire plaisir au bailleur de fonds

  • ne pas vouloir financer des projets plus chers que ceux que demandent les femmes. Leurs besoins, leurs capacités sont limités, la gestion d’un trop gros projet les mettrait en difficulté et peut-être en situation d’échec.

  • laisser les femmes gérer elles-mêmes leurs livrets d’épargne mais effectuer des supervisions

  • apporter un soutien technique si nécessaire.

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Conclusion : l’amélioration du sort des femmes, n’est pas seulement un impératif d’ordre éthique elle s’impose aussi au nom du développement économique. Le sexisme est l’ennemi de la croissance économique. L’émancipation des femmes permet d’améliorer la productivité à long terme grâce par exemple à une meilleure éducation des enfants et surtout des filles.

Selon la Banque mondiale, les femmes promeuvent aussi la bonne gouvernance car elles sont moins disposées que les hommes à payer des pots-de-vin. Si les pays du Proche-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique réussissaient à réduire l’écart d ‘éducation entre les sexes, leur croissance annuelle serait de 0,5 à 0,9 point plus élevée qu’aujourd’hui.

Les volontés ne manquent pas :

Jacques Attali propose la high-tech pour lutter contre la pauvreté, au travers d’une mise en réseau des instituts de microfinances, banque locales qui prêtent de faibles montants à des personnes ne présentant pas de garanties. Ainsi au Burkina-Faso, les responsables d’associations féminines espèrent que l’accès au réseau mondial aidera à promouvoir leur cause. Internet peut-il être un outil pour faire bouger l’Afrique ?

Enfin si la réalité du pouvoir des femmes n’est pas reconnue, elles occupent, selon Béatrice Majnoni d’Intignano, des positions déterminantes dans les sociétés modernes et pacifiées, en particulier un rôle majeur dans la transmission des valeurs et la résolution des conflits

Le mot de la fin :

Comme le disait dernièrement, un ami médecin malien .

« vous nous avez appris, nous savons faire, faîtes–nous confiance «  - >(Dr Aliou Sylla)

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