OUVERTURE 12 ème FESTIVAL INTERNATIONAL DE GÉOGRAPHIE

Robert BERNARD

Discours

Monsieur Erkki Liikanen, Commissaire européen chargé des entreprises et de la société de l’information,

Monsieur le Ministre et Président fondateur du festival, cher Christian Pierret,

Madame le Consul (Consul adjointe de Pologne, Beata Piwowarska, en poste à Strasbourg)

Monsieur le Député,

Monsieur le Préfet,

Madame la présidente du 12ème festival international de géographie, Madame Françoise Héritier,

Monsieur Titouan Lamazou, grand témoin,

Messieurs les membres du Directoire scientifique, Messieurs Gérard Dorel, Jean-Robert Pitte et Yves Guermond,

Madame la Présidente du salon de la gastronomie, chère Marie Pierret,

Monsieur le Président du salon du livre Amérigo-Vespucci, Yves Berger,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,


Je suis heureux de vous accueillir aujourd’hui pour l’ouverture de ce 12ème festival international de géographie.

Le thème de cette année est l’innovation.

Ce choix et cet engagement que nous prenons collectivement de porter, pendant ces quatre jours et au-delà, notre attention, notre regard et notre réflexion sur cette vaste question, sont essentiels.

Essentiels, parce que y réfléchir, c’est – déjà - affirmer que l’innovation, où qu’elle soit, d’où qu’elle vienne et quel que soit son champ d’intervention, est l’affaire des hommes.

C’est parce qu’elle est réfléchie qu’elle est maîtrisée.

Maîtriser ne signifie pas étouffer ni enfermer, nous savons trop – l’histoire comme l’actualité nous éclairent - ce que cela peut signifier et engendrer.

Non, maîtriser l’innovation, c’est éviter son développement anarchique, car qui dit anarchique, dit aussi illogique, incohérent, injuste ; qui dit anarchique dit au service d’un petit nombre, les puissants, au détriment d’un plus grand nombre, les peuples…

Maîtriser l’innovation c’est la bâtir à partir d’un idéal assez simple à exprimer mais si difficile à atteindre : qu’elle soit et demeure au service des hommes, au service de tous, au service de la démocratie…

C’est l’innovation partagée !

Partager l’innovation, c’est encourager les talents, le talent, et, partant, le risque. Nous perdons cette culture du risque : je le dis parce que je le crois sincèrement et je souhaite que l’on y prenne davantage garde. Plusieurs phénomènes sociaux, médiatiques et politiques qui expriment et que je réunirai – pour faire vite - sous cette même appellation « de culture du court terme ou culture de l’immédiat » sont autant de signaux qu’il ne faut pas mésestimer.

Cette culture, ce culte de l’instantané, le « tout, tout de suite, sur le champ » tue le risque, la prise de risque, le talent, l’imagination, l’innovation.

Les débats de ces journées festivalières, internationales et géographiques sont d’autant plus essentiels.

Et ces débatteurs - parce que simplement ont-ils décidé de se poser les questions avant de tenter d’y répondre - sont autant d’entrepreneurs et de promoteurs d’une innovation maîtrisée, entrepreneurs et promoteurs d’une société plus solidaire et d’un avenir commun choisi.

L’un des dangers qui guettent ce début de millénaire – j’y reviens régulièrement ici et dans d’autres cercles de réflexion - est dans la perte des repères au premier rang desquels les repères démocratiques.

Le glissement des centres de pouvoir et de décision, du politique vers le financier, par exemple, en est un.

Il est inquiétant, parce que l’intérêt particulier y supplante, là, l’intérêt général.

La confusion des genres, aussi, représente un danger. Notre démocratie repose sur la représentation qui s’appuie elle-même sur la participation, la concertation, la consultation.

Prenons garde toutefois à ce que les pouvoirs des lobbies, sous couvert de concertation ou de participation, ne tentent de se substituer à la représentation de la nation, et, in fine, de mettre un terme à ce qui constitue la pierre angulaire de notre système démocratique.

A l’inverse, le Politique est faible quand il n’a pas la capacité ou la volonté de s’appuyer sur la participation des citoyens, de leurs organisations syndicales, associatives, politiques, et – cela nous touche de très près - de la communauté scientifique.

Le politique a, sans cesse, besoin d’être éclairé. (et il est si souvent, notamment en terme d’innovation sociale, précédé parfois même bousculé par le milieu associatif dont je veux ici rappeler qu’il est à l’origine de plusieurs grandes réformes sociales, lesquelles seraient sans doute restées à l’état de slogan sans la volonté du politique : j’en parlerai plus dans le détail lors d’une table ronde consacrée à cet aspect particulier de l’innovation)

C’est cette volonté – perpétuelle - d’équilibre qui nous a aussi guidé dans la création de ce festival mondial de la géographie.

Le pays invité d’honneur est cette année la Pologne.

Et puisque nous allons beaucoup parler d’innovation, nous mesurons là la justesse de notre choix.

Au-delà du fait que nous entretenons, la Pologne et la France (Saint-Dié-des-Vosges et Zakopane), des relations privilégiées, historiques, profondément amicales,

Au-delà du fait que nos relations économiques et commerciales soient bien développées (la Pologne est le premier client de la France et le premier destinataire des investissements français dans les pays d’Europe centrale et orientale –Russie comprise – et la France est devenue, en 2000, le premier investisseur en Pologne (1))

Au-delà du fait, aussi, que la Pologne est également notre premier partenaire en Europe centrale en matière de coopération culturelle, linguistique, scientifique et technique (2),

Au-delà du fait, enfin, que l’intégration de ce pays au sein de l’Union Européenne est aussi notre combat, celui de la France,

Ce choix, au regard de l’évolution de la Pologne en seulement dix ans, est totalement justifié. Judicieux.

L’innovation, elle est aussi dans l’organisation de ce festival. Vous allez découvrir de nouveaux espaces de rencontres, de réflexion et de découverte : le village de l’innovation sur le site qui accueille des entreprises de très haute technologie ; les petits-déjeuners littéraires ; de nouveaux sites également dont la nouvelle école d’ingénieurs et le KAFE (Kellermann Animations Fêtes & Evénements) en plein cœur d’un quartier populaire dont nous poursuivons la réhabilitation. Bien d’autres choses encore.

Titouan Lamazou, notre grand témoin de l’année, je n’en doute pas un instant, va naviguer ces quatre jours (la métaphore est facile, j’en conviens !) sur un océan de nouvelles technologies, de nouvelles idées, de nouveaux échanges, de nouvelles confrontations, de nouvelles promesses, bref sur un océan d’innovations ; un océan bouillonnant et agité, c’est tout le mal que je nous souhaite.

Merci à l’équipe du festival, à sa directrice, Eve-Marie Picot ;

Merci au Directoire scientifique,

Merci aux élus,

Aux fonctionnaires municipaux pour leur travail, souvent dans l’ombre, mais toujours remarquable

Merci aux partenaires, aux mécènes, aux médias, aux intervenants, aux exposants

Merci au public, si fidèle, et plus nombreux d’année en année.

Bon FIG à tous.

  1. Sources : ministère des affaires étrangères

  2. idem

 

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 2001