INNOVATION : QUELLE CARTE À JOUER POUR LES FEMMES ?

A. PINAULT

Résumé

Article complet

L’important est d’œuvrer par le commencement :
L’hominisation de l’espèce humaine et non
La robotisation de l’animal humain.

Théodore MONOT- « Le chercheur d’absolu ». 1997

1- Le monde change.

Les découvertes scientifiques qui se sont accumulées depuis 3 siècles, la connaissance que l’homme a ainsi acquise sur son fonctionnement interne, comme sur celui de l’univers qui l’entoure, lui donnent sans doute une conception très différente du monde dans lequel il vit aujourd’hui, de celle que peut avoir l’individu dont la relation au temps et à l’espace reste conditionnée par les règles de base de la vie : l’alternance du jour et de la nuit, l’ardente obligation de survivre et de se reproduire afin que l’espèce humaine se prolonge.

Je ne veux pas reprendre ici un inventaire de ces nouveautés matérielles et technologiques qui font que l’environnement de l’homme du XXIè siècle, en tous cas, celui qui y a accès, n’a pas d’équivalent, à notre connaissance d’aujourd’hui, dans l’Histoire. Mais constatons, par exemple, avec Jacques LEVY, géographe, que le fait de pouvoir se déplacer plus facilement dans l’espace, tout comme la possibilité accrue de déplacer des choses, amène tout un chacun à se poser la question du changement de lieu et du sentiment d’appartenance à un territoire. De la même manière, acquérir une liberté de mouvement, c’est bien, mais pour quel usage ? De la même manière aussi, sommes-nous bien conscients que des objets comme la télévision, des outils comme internet, permettent de faire venir le monde à soi, de s’approprier des lieux qui ne sont pas de notre quotidien, mais qui par le biais de ces nouveaux médias, viennent imprégner notre imaginaire, le nourrir, l’orienter ?

Michel SERRES met également en évidence dans son dernier ouvrage « Hominescence » que nous vivons aujourd’hui dans un phénomène comparable à l’invention de l’agriculture au néolithique, à savoir le passage du nombre d’agriculteurs de 70 % à 3 % de la population en un siècle : ainsi, le rapport au monde a cessé, pour l’heure, dans la partie occidentalisée de la planète, d’être à dominante agraire. De même, les progrès scientifiques dans le secteur médical, ont reculé en un temps record, les limites qu’imposent à l’homme la maladie et la souffrance. Le rapport au corps, que l’on cherche à pouvoir réparer, rafistoler, remodeler presque entièrement, et du coup, l’idée que l’on se fait de la mort, ne sont plus les mêmes.

De son côté Jean-Claude GUILLEBAUD, qui vient d’écrire « Le principe d’humanité » remarque que les hommes subissent aujourd’hui trois révolutions en même temps : économique avec la mondialisation, informatique avec la naissance d’un cyberespace, et génétique avec l’ouverture vers des possibles inédits de manipulation de l’espèce humaine.

Tout cela brouille des repères déjà fortement chahutés par la crise de la « tradition » au sens d’Hannah ARENTD c’est-à-dire la référence logique, légitime, aux valeurs du passé et leur respect.

Quand la référence au passé n’a plus de valeur dominante, quand le présent apparaît fluctuant puisque les craintes sur les conséquences de telle ou telle découverte scientifique peuvent évoluer d’un jour à l’autre et que les moyens de diffusion dont nous disposons permettent de les faire partager par le plus grand nombre quasiment en temps réel, sans avoir le recul nécessaire pour l’évaluer réellement quand l’avenir semble se tracer dans un monde inédit, quand pour une partie de la population les repères tracés jusqu’à présent par la religion apparaissent dépassés et ne fournissent plus les réponses nécessaires, comment fait-on pour savoir où l’on doit orienter ses pas pour continuer à cheminer, si possible, vers plus d’humanité ?

Si la question se pose à l’Homme en général, c’est-à-dire à l’homme, au masculin, elle se pose dans les mêmes termes, à son alter égo, son complément, son autre face, la femme.

Mais l’approche que peuvent en avoir les hommes, d’un côté et les femmes, de l’autre, est-elle identique ?

2- La première question que l’on peut donc se poser est : le monde change-t-il de la même façon pour les hommes et pour les femmes ?

Je partage avec Françoise HERITIER1 l’idée que « la grande révolution de notre époque n’est pas nécessairement la conquête spatiale, (largement plébiscitée par les hommes). C’est bien plutôt la conquête par les femmes en Occident d’un statut de personnes autonomes juridiquement reconnu qui leur était jusqu’alors dénié ».

Ce changement fondamental n’est intervenu que durant le XXième siècle et plus pariculièrement pour la France, dans sa 2ème moitié.

Rappelons, en effet, par exemple que les femmes en France, n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1945 alors que la plupart des femmes européennes, et au-delà, l’ont acquis au moins après la première guerre mondiale.

N.B. Nous nous sommes même payé le paradoxe d’avoir une femme ministre (gouvernement du Front populaire), dépourvue du droit de vote ! !…(Suzanne LACORE, institutrice à AJAT en Dordogne).

Rappelons aussi que c’est seulement en 1965 que la loi portant sur les régimes patrimoniaux leur permet d’exercer la profession de leur choix, sans le consentement de leur mari et de prétendre, en cas de chômage, aux mêmes indemnités que les hommes. C’est bien seulement à ce moment-là qu’elle quitte enfin, au moins juridiquement, sa condition de personne mineure dont le destin consistait à passer de la tutelle du père à celui du mari, sans transition et sans autre alternative.

Et c’est sur une innovation scientifique majeure que s’appuie cette évolution essentielle, puisque c’est grâce à l’avènement de la contraception par des moyens fiables et utilisables à grande échelle, que la femme peut enfin acquérir son libre arbitre en matière de fécondité. Du coup, la relation « dominant-dominé » stabilisée depuis des millénaires en faveur de l’homme, au masculin, s’en trouve sérieusement mise à mal. Est-elle pour autant totalement déstabilisée ? Ceci une autre affaire !…

Françoise HERITIER, dont je reprends les propos, explique ainsi que cet instrument d’émancipation fondamental aurait été accordé aux femmes « par erreur », simplement parce que traditionnellement, dans les représentations collectives des hommes, comme dans celles des femmes, tout ce qui concerne, la fécondité, la stérilité, la procréation est affaire de femmes. Il était donc évident que la contraception s’applique aux femmes et exclusivement aux femmes. Elle ajoute que « dans l’esprit des parlementaires de l’époque, l’accès à la contraception était un moyen de réguler les naissances, pas un levier pour accéder l’autonomie et à la liberté. »

Les gouvernements des pays qui tiennent à conserver un patriarcat fort ne s’y trompent pas, en luttant par tous les moyens, contre l’introduction de ces moyens alors même que leur existence peut être connue jusqu’aux fins fonds du tiers-monde, dans des territoires où perdurent les modes de vie traditionnels, notamment par le biais des organismes à vocation humanitaire.

N’oublions pas non plus que la grande évolution du XIXè siècle, à savoir la généralisation de l’instruction publique à tous les enfants, y compris aux filles, était guidée, là encore, par des objectifs qui n’avaient rien à voir avec le souci d’émancipation des femmes, mais par des intérêts de garantie de l’ordre social. Dans ce siècle marqué par les révoltes populaires, l’Etat a en effet commencé à se préoccuper de l’instruction des femmes quand il a constaté que lors des émeutes, celles-ci étaient souvent les premiers auteurs de désordres, qu’elles avaient un pouvoir d’incitation à l’égard des hommes pour les suivre, et qu’elles pouvaient être particulièrement difficiles à contenir. Autant de bonnes raisons pour tenter de les encadrer pour éviter leur pouvoir de nuisances qui pouvait être fort dangereux, car, disait Boulay de la Meurthe lors d’un débat à l’Assemblée en 1846 : « Législateur, vous faites des lois, les femmes font les mœurs. » Pour autant, il n’était bien sûr pas question qu’elles sortent, par ce biais, du rôle immuable de gardienne du foyer et de mère qui leur était assigné, puisque 30 ans après le vote de la loi Falloux qui rendait obligatoire l’ouverture d’écoles de filles dans les communes de plus de 800 habitants, on justifiait encore dans l’hémicycle l’enseignement secondaire féminin par le fait que « les écoles qu’il s’agissait de fonder (avaient) pour but, non pas de les arracher à leur vocation naturelle = de rester enfermée dans le cercle de la famille -, mais de les rendre plus capables de remplir leurs devoirs d’épouses, de mère et de maîtresses de maison, dans l’intérêt de la société toute entière. »

Aujourd’hui encore, tel homme politique que je ne nommerai pas, en campagne électorale pour les présidentielles, ne justifie-t-il pas son programme d’accroissement des services sociaux en faveur des gardes d’enfants et des crèches par la nécessité d’encourager les naissances ?…

La question que l’on pourrait se poser face à cela, c’est :

« Peut-être, après tout, a-t-on besoin de camoufler les mesures permettant l’émancipation des femmes derrière d’autres desseins qui resteraient les seuls pouvant être entendu par l’opinion publique ? ».

Mais, peu importe en fait aujourd’hui si les décisions qui ont été prises à cette époque aboutissent à des résultats sensiblement opposés à ceux qui étaient annoncés. L’essentiel reste le résultat.

Donc le monde change, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Les hommes conquièrent de nouveaux espaces, de nouveaux pouvoirs. Les femmes, entraînées par ce mouvement expansionniste, conquièrent, de leur côté, un peu d’autonomie et prennent le chemin de l’indépendance par rapport aux hommes, mais avec des nuances et des limites.

Conquièrent-elles pour autant le pouvoir ?

3- La deuxième question que l’on peut se poser est : l’innovation sociale est-elle concomitante de l’innovation scientifique et technologique ?

Reconnaissons que, dans le monde en général, il n’y a plus de secteurs d’où les femmes sont totalement exclues, même si on est encore très loin des objectifs affichés par la parité, comme nus allons le voir.

Il y a des femmes soldats, des femmes Premier Ministre ou chef d’Etat, des femmes qui dirigent des grandes entreprises. Il y a aussi des femmes qui sautent à la perche, qui font de la boxe ou qui arbitrent des matches de football joués par des hommes.

En France, ce sont des femmes qui instruisent les dossiers judiciaires les plus sensibles, certaines ont obtenu la responsabilité de ministères importants et, depuis Marguerite YOURCENAR, l’Académie n’est plus réservée aux hommes.

Aux Etats-Unis, les commandes de la navette Columbia ont été confiées à une femme, Eileen Collins en 1999.

Les femmes courent le monde, aventurières, journalistes, médecins humanitaires…elles cherchent, elles-aussi, à aller au bout de leurs rêves.

Mais ces succès, ces « premières » ne doivent pas faire oublier ce qu’est la réalité de la condition féminine dans la plupart des pays du monde. Sans parler du cas extrême de l’Afghanistan où, sous l’influence des fondamentalistes musulmans, les femmes sont exclues du système éducatif comme du monde du travail et où l’adultère féminin reste puni de mort, il faut garder en mémoire

  • que sur les 875 millions d’analphabètes dans le monde, les deux tiers sont des femmes,

  • que 70 % des pauvres de la planète sont des femmes,

  • que le salaire féminin moyen représente 50% du salaire masculin moyen,

  • que les femmes sont proportionnellement plus touchées que les hommes par le chômage.

Par ailleurs, l’évolution incontestable de la place des femmes dans le monde occidental doit également être relativisée à l’aune de la lenteur des progrès réalisés et des multiples facteurs de blocage qui persistent. Sans vouloir vous assommer de chiffres, il m’apparaît utile de vous en proposer quelques-uns pour illustrer ces propos.

Revenons justement sur le sur-chômage des femmes en France:

Si elles représentent un peu moins de la moitié de la population active ( 46%), elles sont, en 2000, en effet, un peu plus de la moitié des chômeurs (52%). Lorsque le taux de chômage est aux alentours de 8,5% pour les hommes, il s’élève à 12% pour les femmes.

Quant à la présence des femmes dans les différentes catégories d’emplois, force est de reconnaître que l’augmentation professionnelle des femmes ne s’est pas traduite par une vraie mixité et une véritable égalité d’accès aux différentes branches d’activité.

Ainsi, les professions médicales, sociales et éducatives se sont plus largement ouvertes aux femmes que celles qui touchent à la fonction de création et de transformation de la matière. Le monde de la technique et de l’industrie leur échappe encore très largement, même si elles sont encore massivement représentées, comme ouvrières, dans certaines activités industrielles, comme le textile, considérées de longue date comme se situant dans un continuum avec le travail domestique, puisqu’il pouvait être pratiqué à domicile (cf. les dentellières par exemple..).

Sur les 31 catégories socio-professionnelles retenues par la nomenclature INSEE, les 6 les plus féminisées sont les suivantes :

  • les employés de la Fonction Publique

  • les employés administratifs des entreprises

  • les employés du commerce

  • les personnels de service aux particuliers

  • les professions intermédiaires de l’enseignement

  • les professions intermédiaires de la santé.

L’ensemble de ces catégories regroupent aujourd’hui 61% de l’emploi féminin.

Je ne peux pas non plus ne pas évoquer l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes qui est un des problèmes les plus universels qui soient, alors même qu’il existe une convention de l’Organisation Internationale du Travail qui pose le principe de l’égalité de la rémunération «  à valeur égale du travail » et qui a été ratifiée par un nombre particulièrement élevé de pays. Mais peut-être est-ce le terme « valeur égale du travail » qui porte à confusion…

En France, selon différentes sources, les salaires féminins équivaudraient à 80% des salaires masculins. Mais l’infériorité de ces rémunérations est aussi bien sûr la conséquence de la non-mixité des professions ; ainsi, la ségrégation dans certains secteurs d’activité, comme dans certains niveaux hiérarchiques, de même que la sur-représentation des femmes dans les emplois temporaires ou à temps partiel, tout cela contribue fortement à faire diminuer le niveau des salaires des femmes.

Ainsi, des données Eurostat montrent que le salaire horaire des salariés à temps partiel s’établit en France à 71% de celui des personnes travaillant à temps plein. En Suède, cette proportion est de 85%, en Espagne, 69%, au Royaume Uni, 60%.

Enfin, plus on monte dans la hiérarchie, plus l’écart se creuse :

  • si les hommes employés gagnent en moyenne 8% de plus que les femmes employées,

  • c’est 10 à 15% de plus que gagnent les hommes techniciens et ouvriers,

  • et c’est 20 à 35 % de plus que gagnent les hommes cadres.

N’oublions pas que pendant longtemps, et notamment pendant les trente glorieuses, le salaire des femmes a continué d’être considéré comme un salaire d’appoint, et que la réussite professionnelle des hommes se jugeait aussi à leur capacité à assumer seuls les charges de la famille et à permettre à leur épouse de rester à la maison. Au fond, est-ce que cela a vraiment changé aujourd’hui ?

Le bilan de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est bien sûr loin d’être globalement négatif.

La progression des femmes dans tous les secteurs de la vie active est restée continue depuis la seconde guerre mondiale, à la différence de ce qui s’était passé entre les deux guerres.

Le niveau d’éducation et de formation entre les deux sexes est quasiment identique.

Au moins en France, des efforts certains ont été faits pour que les femmes puissent concilier un engagement professionnel avec des responsabilités parentales….et on constate aujourd’hui que cela n’a pas nuit au taux de fécondité puisque la France est un des pays européens qui se maintient le mieux dans ce domaine ( à l’inverse de l’Allemagne par exemple où les structures ne favorisent pas la garde des enfants en dehors du foyer).

Pour autant, les femmes restent globalement plus maltraitées que les hommes, sont plus largement touchées par le sous-emploi, et cumulent avec beaucoup d’énergie de multiples activités puisqu’elles conservent la majeure partie des charges domestiques.

4- La troisième question que l’on peut donc se poser est : leur niveau de formation et leurs capacités leur ouvrent-ils toutes les portes ?

Force est de constater que les femmes sont loin d’avoir conquis tous les espaces de pouvoir de la société.

Alors qu’en 30 ans, la part des femmes dans la population active est passée du tiers à près de la moitié, c’est dans la catégorie des cadres supérieurs et moyens que l’évolution est la plus significative puisque l’accroissement y est de 80 % ! !

Mais là encore, la féminisation de l’encadrement ne se traduit pas par une répartition égale selon les fonctions et les secteurs d’activité.

Ainsi, on constate que les fonctions d’encadrement occupées par des femmes sont plus tournées vers l’assistance, l’expertise, des activités à fort contenu relationnel, plutôt que vers des fonctions de production ou de commandement. Les femmes cadres sont à 73% des cadres administratifs et commerciaux et seulement 27% ingénieurs et cadres techniques.

Les secteurs où elles sont le plus représentées à ce niveau sont ceux de la communication et de la création, puis tout ce qui tourne autour des relations humaines et de l’organisation.

Elles restent en revanche tout à fait minoritaires dans les secteurs de la production, de la fabrication et des chantiers, de même que dans la recherche, les études et les projets.

Au sommet de l’encadrement, elles deviennent particulièrement rares.

En 1996, il n’y avait aucune femme dirigeante (c’est-à-dire occupant le poste de PDG) parmi les 200 plus grandes entreprises françaises. Situation identique en Allemagne et en Angleterre.

Parmi plus de 2000 dirigeants il semble que les femmes représentent un peu plus de 6% qui se répartissent de préférence dans les fonctions suivantes :

  • la communication ( 62%)

  • les postes administratifs ( secrétaire général) ou juridiques ( à hauteur de 10%)

  • les ressources humaines ou les affaires sociales ( 8%).

Quant aux membres des conseils d’administration, la situation est du même ordre. Leur présence se situerait aux alentours de 2 à 3% et quasiment aucune d’entre elles serait pluri-administratrice à l’inverse de ce qui se produit pour les hommes. A noter qu’une majorité de femmes semble avoir acquis ces fonctions en leur qualité de propriétaires. Le secteur de taux le plus faible de féminisation est celui du bâtiment, travaux publics, construction automobile, navale et aéronautique.

Ainsi, les femmes sont encore bien rares au sommet de la pyramide dans le secteur privé avec :

  • 2% de PDG ou numéro un,

  • 4,7% de directeurs généraux,

  • 7,6% parmi les autres membres de l’équipe dirigeante.

De plus, elles sont ultra minoritaires à la tête des entreprises les plus importantes.

Une étude spécifique du Conseil Economique Social réalisée en 2000 montre qu’elles sont absentes des postes de responsabilité dans plus de la moitié de l’activité économique et qu’elles sont surtout présentes dans trois secteurs seulement :

  • celui des « services fournis aux entreprises » (nettoyage, publicité, activités comptables),

  • celui du commerce de détail et de la réparation d’articles domestiques ( habillement, chaussures, grands magasins),

  • celui des industries chimiques, principalement l’industrie pharmaceutique.

On constate aussi que 74% d’entre elles ont été nommées au poste de responsabilité qu’elles occupent depuis 1995, c’est-à-dire très récemment.

On pourrait penser que leur accès à de tels postes dans les secteurs d’activité non traditionnels, apparus seulement ces dernières années est plus facile. Il n’en est rien. Seulement 9% des membres des conseils d’administration et 13% des cadres dirigeants des secteurs en forte croissance ( médias, télécoms, Internet) sont des femmes. Une étude menée à l’université de Pennsylvanie montre en effet que « même les conglomérats les plus récents et les entreprises high-tech ont adopté une attitude conservatrice dans le choix de leur cadres dirigeants ». Et pourtant, ce serait important que les femmes puissent faire dès maintenant une percée dans ces filières d’avenir qui vont conditionner le monde de demain.

Dans la Fonction Publique, la situation n’est guère plus favorable.

En dépit de la féminisation incontestable de la Fonction Publique, y compris la catégorie A, le nombre de femmes accédant aux postes de responsabilité et à ce que l’on appelle plus généralement « la haute Fonction Publique » reste faible.

En effet, le rapport d’Anne-Marie COLMOU met en évidence qu’en 1998, les femmes représentent 56,9% des agents des trois fonctions publiques : Etat, territoriale et hospitalière.

Si on ne prend en compte que la fonction publique d’Etat, on arrive à 55,2 % ( sans les militaires ; si on inclut les militaires, c’est un petit peu moins, soit, 48,9%).

Dans l’ensemble des ministères civils, y compris l’Education nationale, les femmes sont majoritaires dans toutes les catégories de la hiérarchie. Notamment, la catégorie A s’est nettement féminisée depuis 20 ans en passant de 44,1% à 53,9%. Mais quand on regarde de plus près ce qui se passe dans la haute fonction publique, la tendance est nettement inversée : en effet, la proportion de femmes présentes dans les emplois de direction et d’inspection générale passe alors à 13,1%.

On peut noter également que c’est en 1974 qu’est nommée la première femme sous-préfet (ète), de même que la première femme à l’IGF.

Depuis cette époque qui a marqué une sorte de « démarrage », le nombre de femmes à ces postes de responsabilité a ainsi été multiplié par 10…mais en 25 ans…et en partant quasiment de 0…

Il y a aussi quelques paradoxes. Ce n’est pas parce que les femmes sont majoritaires dans un secteur d’activité qu’elles y occupent également les postes les élevés.

Par exemple, l’éducation nationale qui est le département ministériel le plus féminisé ( à hauteur de 62%) ne compte que 4 femmes recteurs sur une vingtaine. Elles ne sont que 16% à l’IGEN ou 23% inspecteurs d’académie, ou 36% chefs d’établissements de l’enseignement secondaire. De plus, chaque année le nombre d’hommes décorés des palmes académiques reste largement supérieur à celui des femmes pour lesquelles il faut insister pour obtenir des propositions.

Mais c’est dans la magistrature que l’évolution est la plus intéressante. La parité s’y trouve en effet, quasiment réalisée alors que les femmes n’ont pu y accéder qu’après 1945. Mais on constate que les magistrates sont concentrées dans certaines fonctions :

  • juge des enfants (72%)

  • juge du tribunal d’instance (68%)

  • juge d’instance (63%)

  • juge d’application des peines ( 62%).

Elles restent en revanche minoritaires dans les parquets où se décide l’opportunité des poursuites, de même qu’à la présidence des tribunaux, et ce d’autant plus qu’ils sont importants.

  • 23% sont procureures dans les petites juridictions,

  • seulement6% dans les moyennes et

  • 0% dans les grosses.

Pour les présidences de tribunal, on passe de 26% dans les petits tribunaux à 17% pour les plus gros.

Ainsi, le délaissement de cette profession par les candidats masculins s’accompagne tout de même du maintien des positions masculines au sommet de la hiérarchie.

Bien évidemment, pour les corps traditionnellement peu féminisés comme les corps techniques, il est bien clair que la présence des femmes dans les institutions constituant une autorité morale dans le milieu professionnel concerné est quasi inexistante. Il en est ainsi du corps des Ponts et chaussée par exemple ou des mines.

Quelle leçon peut-on tirer de tout cela ?

Qu’il apparaît d’abord une sorte de division sexuée du travail. Certaines filières, touchant au domaine du social, de la famille, des relations humaines peuvent plus légitimement que les autres être laissés aux femmes…mais jusqu’à un certain point, c’est-à-dire celui de la gestion plutôt que la décision.

Que cet état de fait est aussi bien dû à la résistance que les hommes peuvent opposer à la présence des femmes dans les secteurs d’activité qu’ils dominent qu’à l’autocensure des femmes vis-à-vis d’elles-mêmes pour l’accession à tel ou tel poste de responsabilité.

Combien de femmes en effet, déchirées entre leur besoin d’exercer leur compétences et celui de « coller » le plus possible à l’image sociale dominante de « bonne épouse » et « bonne mère » étouffent-elles inconsciemment leur désir de progression professionnelle ?

Combien de femmes attachées à leur couple hésitent-t-elles à franchir le Rubicon du salaire plus élevé que leur mari par peur qu’il ne se sente dévalorisé ?

Et combien de femmes aussi, conseillères d’orientation dans les établissements scolaires continuent-elles avec une bonne conscience à toute épreuve à vanter les filières sociales pour les filles et les filières techniques pour les garçons ?

Incontestablement les changements réels intervenus dans la place des femmes dans la société sont loin d’avoir imprégnés les mentalités. Evoluant dans un monde imaginé et structuré par des hommes depuis des siècles, les femmes ne font que s’adapter aux besoins et aux circonstances du moment, sans avoir une réelle influence sur l’évolution du cours de choses. Pourtant leurs capacités d’innovation sont aujourd’hui énormes.

5- Mais, nous vivons encore aujourd’hui dans un monde imaginé d’abord par les hommes.

Le monde existe et se modèle par la représentation que nous en faisons constamment.

Cette représentation s’exprime sous différentes formes : la peinture, les écrits, les récits, la littérature, les œuvres cinématographiques, musicales.

Or, jusqu’à une période très récente, toutes ces formes d’expression étaient l’apanage des hommes (cf. les griots africains sont toujours des hommes, à ma connaissance).

Prenons la peinture, par exemple. Ce n’est qu’au XIXè siècle, au début du XXème que l’on commence à avoir connaissance d’œuvres de femmes (Berthe MORISOT, Camille CLAUDEL…). L’atelier du peintre, dont on sait que pour certains grands artistes largement passés à la postérité, il s’agissait de véritables entreprises est un univers d’hommes et représente le monde selon leur vision. Ainsi en est-il par exemple de la peinture de David. Frédéric GAUSSEN2 montre que les hommes et les femmes ne se mélangent pas dans ses tableaux : « les hommes y mènent l’action, les femmes en subissent les conséquences. Eux, sont dans l’Histoire, elles dans la douleur. Les hommes se battent et meurent ; les femmes souffrent et pleurent. Les premiers occupent le centre de la toile ; les secondes forment des groupes affligées sur les côtés, spectatrices impuissantes du drame. Lorsque les femmes surgissent au centre du tableau comme dans les Sabines, c'est pour séparer les hommes et leur imposer la paix".

En littérature, n’oublions pas que pour pouvoir être publiée au XIXème siècle, George SAND a préféré se faire passer pour un homme…

On a toujours peu parlé des femmes libres, de leurs actions, quelquefois d’éclat. Hormis bien sûr celles que l’Eglise voulait retenir comme modèle à suivre, ces saintes que l’on savait mettre en lumière, inventer, construire, en fonction des circonstances et des besoins.

Sont-ils si nombreux ceux qui ont entendu parler, par exemple de Flora TRISTAN qui a sillonné les routes de France pour convaincre les ouvriers de se rassembler et de constituer un contre pouvoir au capitalisme du XIXème avant l’avènement du syndicalisme et le succès du marxisme ?

On se souvient de Fritz HABER , physicien et chimiste allemand qui a reçu le prix Nobel de chimie en 1918 pour avoir réussi à extraire l’ammoniac de l’azote de l’air et qui a permis ainsi à l’Empire allemand de poursuivre la guerre par la fabrication de nouvelles armes : les gaz toxiques. On ne se souvient pas que sa femme, Clara HABER, chimiste elle-aussi, participant à ces travaux, a préféré se suicider plutôt que d’adhérer au projet de son mari.

On connaît tous Paul-Emile VICTOR et ses expéditions qu’il a largement médiatisées et qui ont contribué à mieux faire connaître la planète. Mais Alexandra DAVID-NEEL, pour ma part, je n’en ai jamais entendu parler à l’école et je ne l’ai découverte que bien plus tard, au hasard des lectures.

Ces quelques exemples pour dire simplement que dans leur grande majorité et jusqu’à une période très récente (après la 2ème guerre mondiale principalement), tous les outils de communication, tous les moyens d’exprimer une vision du monde et de la faire partager aux autres, aussi bien homme que femme, sont créés par des hommes et relèvent de leur imagination. Tous les grands penseurs qui font référence, de Montaigne à Robert MUSIL, de LOKKE à FREUD sont des hommes. Ce n’est que très récemment que les femmes commencent à prendre une place au panthéon des idées. J’ai cité Annah HARENDT , on peut parler aussi de Simone de BEAUVOIR, de Simone WEIL ou de Françoise DOLTO. Toutes ces femmes ont écrit et ont été publiées au XXème siècle. Auparavant, pour une Christine de PISAN, ou une Olympe de GOUGES, au demeurant peu connues et, à ma connaissance peu mentionnées dans les livres d’histoire, combien de PLATON, de RABELAIS, de Blaise PASCAL ou de SARTRE ? Mais, après tout, n’est-ce pas normal ? Quand l’instruction s’adressait quasi uniquement aux garçons, comment les femmes pouvaient-elles faire pour contribuer à divulguer la connaissance puisqu’elles étaient si rares à y avoir accès, et pourquoi aurait-on cherché à promouvoir le modèle de femmes à ceux qui devaient devenir des hommes ?

Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, il y a autant de filles que de garçons à instruire et que le maintien de cette prédominance masculine devient incongrue, inadaptée et révélatrice de la dominance d’un schéma de pensée sur un autre.

Françoise HERITIER, relève, par exemple, que dans ses études sur le mariage, Claude LEVI-STRAUSS, dont elle a été l’élève, a pu établir un lien cohérent entre la prohibition de l’inceste et l’institution légale d’une union matrimoniale sans s’interroger sur la nécessité de s’approprier les femmes. Que les frères puissent avoir le droit d’échanger leurs sœurs contre des épouses pour avoir des fils ne semblait pas réclamer de sa part une explication, tout simplement parce qu’il s’agit dans son schéma de pensée masculin, d’un fait naturel. Seule une femme peut, un jour, se poser cette question.

C’est Marie-Jo BONNET3 qui remarque également que la loi sur le PACS est une institutionnalisation du couple homosexuel correspondant à une revendication essentiellement masculine, mais se faisant passer pour universelle.

6- L’autonomie de pensée des femmes en dehors de l’influence masculine reste largement à conquérir. Cela dépend des hommes, mais aussi, et surtout, des femmes.

Ce qui me paraît nouveau aujourd’hui, c’est que certains hommes sont prêts, non seulement à accepter cette prise de participation des femmes dans la conception du monde, mais aussi à nous aider. Personne ne peut nier que les récentes lois sur la parité en politique, sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, adoptées en France, par un Parlement composé majoritairement d’hommes ne constituent des outils destinés à favoriser la place des femmes dans la vie publique. Notons tout de même au passage que ces textes sont pour une large part élaborés à partir d’un rapport réalisé par une femme : Irène THERY. Je ne dis pas pour autant que tout est gagné, loin de là, mais la vertu d’une loi, au-delà de son caractère réglementaire et donc contraignant, est aussi d’énoncer clairement, de dire, de faire connaître et donc d’imprégner les esprits.

Et on peut ainsi noter d’imperceptibles évolutions. Je pense à une anecdote tout à fait anodine, mais significative tout de même. J’ai eu l’occasion de visiter cette année une grotte préhistorique ornée de fresques. Evidemment, le guide ne cessait pas de nous parler des « hommes préhistoriques » et, curieusement, au bout d’un moment, il a éprouvé le besoin de préciser qu’en fait « homme préhistorique » ne voulait pas signifier systématiquement « homme », mais aussi peut-être « femme », car on n’avait jamais pu prouver que seuls des hommes avaient pu réaliser ces œuvres. Certains indices pouvaient même laisser penser que ce seraient plutôt des femmes qui pourraient en être les auteurs. Comme quoi, quand Alexandre VIALATTE disait que « la femme remontait à la plus haute antiquité », peut-être était-il encore loin du compte…J’avais déjà visité de telles grottes il y a une quinzaine d’années et je n’ai pas souvenir que les guides aient cherché à faire alors cette distinction… Aujourd’hui, parler des femmes est dans l’air du temps. Peut-être que s’il y avait plus de femmes pour étudier l’art pariétal, on en viendrait à se poser scientifiquement la question et peut-être avancerait-on alors plus loin dans la connaissance de cette époque ?

Donc, il y a des hommes qui sont prêts à nous tendre la perche. René REMOND (mais il n’est pas le seul) que j’ai entendu récemment conclure un colloque sur la femme en occident considère, par exemple, que l’accession massive des femmes aux responsabilités publiques semble aujourd’hui être le seul espoir de rétablir la confiance entre les citoyens et la classe politique. J’ai remarqué que c’étaient souvent des hommes aussi qui étaient les premiers à faire valoir nos « qualités » spécifiques. Outre la sensibilité et le sens de l’efficacité, la conviction et le courage sont souvent des vertus dont on pare les femmes. Je cite par exemple Alain DUHAMEL : « Les femmes politiques prennent plus de risques à la télévision et ça a eu un effet positif sur les hommes . Au moment de la préparation d’une émission difficile, il m’est souvent arrivé de voir les hommes se défiler. Ils s’inventent un voyage, des obligations…Les femmes ont plus de courage ! »4

Je crois que ces hommes ont compris qu’avec les femmes, ils pouvaient aller plus loin, qu’ils pouvaient, eux-mêmes, y trouver leur compte et c’est tant mieux.

Mais l’important c’est que les femmes, elles-mêmes, se reconnaissent aussi ces qualités, ou d’autres, les mettent à égalité avec les vertus masculines les plus reconnues.

Pour cela il faut d’abord qu’elles veuillent bien les reconnaître aussi et qu’elles soient fières de les soutenir. Dans ce domaine, ce sont les mères qui ont sans doute un rôle primordial à jouer aussi bien vis-à-vis de leurs filles que de leurs fils. Cela ne fait pas si longtemps que les femmes n’avaient souvent le sentiment d’avoir rempli leur devoir de mère que si elles mettaient au monde un garçon, garant de la transmission patronymique. Il faudra sans doute encore du temps pour que soit acquise, indubitablement et dans toutes les sociétés, l’égalité d’accueil à la naissance entre les filles et les garçons. Le terrain exploré en son temps par Mme de Sévigné dans ses relations avec sa fille, bien en avance sur son époque grâce à son niveau d’instruction et à la liberté que lui donnait son origine sociale, se trouve maintenant à portée d’un bien plus grand nombre, en tous cas de toutes celles qui peuvent en prendre conscience.

Mais au-delà des mères, il y a aussi je crois, les enseignantes, et toutes les femmes qui oeuvrent dans le champ relationnel et de la communication, qui ont à relayer cet état d’esprit et à dépasser tous les préjugés pour ouvrir aux filles le champ des possibles. Il faudra en effet, un grand volontarisme et une grande persévérance de leur part pour que, par exemple en France, les termes de la convention5 pour la promotion de l’égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif, trouvent leur traduction dans la réalité pour que l’orientation scolaire s’améliore, que l’on sorte des approches traditionnelles et que l’on favorise notamment, l’insertion des filles dans les filières d’avenir. Il est important en effet que les filles investissent ces filières au moins en même temps que les garçons pour être en mesure d’y occuper ensuite, de manière aussi légitime, les postes de responsabilité et de décision, alors qu’on a bien vu que les réticences sont fortes.

Quels sont ces domaines où l’avenir du monde peut se jouer aujourd’hui?

C’est peut-être les relations internationales, où le rôle des femmes reste encore trop limité mais où certaines commencent à émerger et s’expriment en sortant des sentiers battus, avec courage et détermination. Je pense à la française Nicole FONTAINE, à l’irlandaise Mary ROBINSON, à la birmane ANG San Suu Kyi…mais elles ont besoin de relais, de soutien.

Je pense aussi la recherche dans le domaine du vivant. Sur la question de la génétique et du clonage, les femmes ont-elles les mêmes approches, poursuivent-elles les mêmes objectifs que les hommes, pourraient-elles infléchir l’évolution ? Là, il faudrait viser les prix Nobel !

Il y a aussi l’environnement et le développement durable. Par leur présence qui paraît d’ores-et-déjà assez conséquente dans les associations humanitaires, les femmes favorisent les approches pragmatiques et intégrées au milieu. Mais il faut qu’elles communiquent, qu’elles s’engagent sur le plan des idées.

Il y a encore le traitement de l’information, sa présentation dans les médias, la recherche de sens à lui donner. Les femmes ont bien investi le champ du journalisme…mais pas des rédactions en chef, alors même que des femmes comme Françoise GIROUD ou Geneviève TABOUI avaient bien su, après guerre imprimer leur marque. Or, c’est au niveau des rédactions en chef que l’orientation se fait. Il faudrait fixer l’objectif à ce niveau-là dès le départ.

Tout le domaine artistique, ce qui est culturel (littérature, audio-visuel…), tout ce qui contribue à faire évoluer la pensée est aussi très important. L’avancée dans ce domaine est assez énorme, notamment en France. Coline SERREAU, Agnès VARDA, Agnès JAOUI et bien d’autres, sont des pionnières, dont l’accès à ce milieu a été favorisé par leurs liens familiaux, mais elles tracent la voie. D’autres devront suivre.

N’oublions pas le monde de la finance , où tout peut être réinventé, même si les hommes ont tendance à le transformer en bunker…

Je n’ai sans doute pas fait le tour de ces voies nouvelles à explorer. Peut-être aurez-vous envie d’en chercher d’autres, de vous demander où sont ces territoires de l’imaginaire où se joue aujourd’hui, l’avenir de l’humanité ?

L’essentiel pour les femmes sera, à mon sens, d’y aller avec audace , créativité et confiance en elles pour jouer la carte de la complémentarité avec les hommes pour évoluer vers un monde plus équilibré, à ce moment de l’histoire où la possibilité leur en est donnée. Car rien ne dit que la tendance actuelle pourra se maintenir sur la longue durée si les femmes elles-mêmes n’y prennent pas garde, et je crois que nous n’avons pas le droit, nous les femmes qui en avons les moyens, de laisser passer cette occasion.

1 « Privilège de la féminité et domination masculine » Entretien avec Françoise HERITIER – Revue ESPRIT – Mars-avril 2001.

2 Le Monde du 24 juillet 2001 : « David ou l’école des héros ».

3 « La relation entre femmes : un lien impensable ? revue ESPRIT Mars-Avril 2001

4 Madame FIGARO – juillet 2001

5 convention signée le 25 février 2000 par cinq ministres : Martine AUBRY pour l’Emploi et la Solidarité, Claude ALLEGRE pour l’éducation, Jean GLAVANY pour l’agriculture, Ségolène ROYAL pour l’enseignement scolaire, Nicole PERY pour le Droit des femmes et la formation professionnelle.

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 2001