LA CITÉ SCIENTIFIQUE DE TSUKUBA

Nobuo TAKAHASHI

Université de Tsukuba, Japon

Le projet de construction de la Cité scientifique de Tsukuba avait deux objectifs. Premièrement, la déconcentration des organismes nationaux de recherche et d’enseignement qui sont concentrés excessivement à Tokyo. Deuxièmement, l’aménagement d’un l’environnement de niveau élevé pour favoriser la recherche et l’enseignement de haut niveau, et la construction des établissements de recherche et d’enseignement pour faire une percée vers le domaine de la technique de pointe. En 1960, le Japon ne connaissait pas encore dans son territoire de nouvelle ville bâtie sur la base de la notion de cité scientifique, et même dans le monde entier, ce type de ville était peu nombreux. Centralisés à Tokyo depuis longtemps, de nombreux organismes nationaux de recherche étaient dégradés par la Seconde Guerre mondiale, sinon par le temps. Ils étaient pourtant dispersés dans Tokyo, mais un projet de la construction d’ensemble d’instituts était conçu.

D’autre part, dans les années 1960, le Japon est entré dans la période de forte croissance économique et celle d’une urbanisation accélérée avec une augmentation de la population urbaine. L’enrichissement par le Plan de doublement du revenu a suscité le désir d’un bon dipl8me par la jeune génération et la fièvre d’accession à l’enseignement supérieur, d’où la nécessité des organismes d’enseignement supérieur, à commencer par l’université.


Comme la première mesure officielle, le Conseil de cabinet a décidé, pour prévenir la concentration excessive de la population, d’examiner le transfert collectif des bureaux gouvernementaux qui étaient situés dans l’agglomération urbaine de Tokyo sans exigences fonctionnelles. Pourtant, en ce temps-là , la conception de nouvelle ville, ayant pour noyau les organismes de recherche et d’enseignement, ne prenait pas encore forme. Mais, en 1963, le Conseil a déterminé la construction d’une cité scientifique à Tsukuba et a décidé de faire acquérir et aménager des terrains à la Régie japonaise de l’habitation. Autrement dit, si on a construit cette ville autour des fonctions de recherche et d'enseignement, ce n’était pas sur la base de l’idée de cité scientifique en tant que principe initial,mais c’était justement comme remède à la fois contre la vétusté des organismes de recherche nationaux et la croissance accélérée du taux de scolarisation universitaire. Aprés tout, c’était seulement dans le cours que la conception de cité scientifique remplaçait les traitements symptomatiques. La région de Tsukuba n’était pas le seul terrain examiné, ce n’était au début qu’un des sites possibles, parmi le pied du mont Fuji, celui du mont Akagi, le plateau de Nasu, etc. C’était parce qu’on a apprécié l’accessibilité de Tokyo et de Tsuchiura, ville voisine bien développée, et le lac Kasumigaura en tant que source d’eau à usage quotidien, que l’on a choisi finalement Tsukuba. Le plan initial consistait en construction d’une ville de 300.000 d’habitants avec 3.000 ha d’étendue; à ces demandes pouvaient répondre la plaine satisfaite et les terrains à prix modéré de Tsukuba.

La Cité scientifique de Tsukuba est située à environ 60 km au nord-est du centre de Tokyo, et à environ 40 km de l’aéroport de Narita. La ville de Tsukuba est, au point de vue d’administration,une commune fusionnée des six villes et villages, et au point de vue de la géologie, la plupart des ses 28.394 ha de surface s'étendent sur les plateaux diluviaux de 20 à 30 mètres d’altitude.

La ville est divisée, par l’urbanisme, en deux parties: le secteur de cité scientifique et le secteur entourant à exploiter. Dans le secteur de cité scientifique se construisent des établissements de recherche et d’enseignement, et s’aménagent des logements et des installations publiques qui font corps avec les premiers; les 46 organismes nationaux se trouvent dans une étendue de 18 km du nord au sud et de 6 km de l’est à l’ouest; leur superficie fait, au total, 2.700 ha, 54% du secteur de cité scientifique. Le secteur entourant occupe le reste de la ville. Les établissements sont dispersés dans le secteur de cité scientifique. Le plan initial supposait pourtant un terrain unique suffisant sans intervalle. Mais, lors de l’exécution du plan, on a conservé intacts des champs fertiles et les terrains dont les propriétaires n’acceptaient pas la vente, d’o4 vient que les organismes ont fini par s’éparpiller dans cette zone.

Il était prévu, au départ, 350.000 habitants au total: é00.000 dans le secteur de cité scientifique et 250.000 dans le secteur entourant. Cependant la population actuelle à la date de février é998 n’atteignait que 64.000 dans la cité et 123.000 dans les alentours: 187.000 habitants au total. L’accroissement démographique a tendance à plafonner. En octobre 1968, s’est engagée la construction de l’Institut national des sciences de la terre et des préventions contre les sinistres, et en mars 1972, s’est achevé le transfert de l’Institut national des matières inorganiques, le premier organisme transféré; c’est il y a environ trente ans. En 1973, l’ouverture de l’Université de Tsukuba et en mars 1980, la mise en service des établissements nationaux de recherche et d’enseignement qui sont alors pratiquement achevés.

Le 46 organismes déménagés se classent, en cinq groupes: le secteur de l’éducation publique (8 institutions), à savoir l’Université de Tsukuba, l’Université de bibliologie et d’informatique; le secteur de la construction (5), y compris l’Institut des travaux publics; le secteur des sciences et de la technologie (16), à savoir l’Agence nationale pour le développement de l’espace, l’Institut national d’études de l’environnement; le secteur de la vie (16), à savoir la Station pour la culture des plantes médicinales, le Centre national de recherche agricole, l’Institut de la sylviculture et des produits forestiers; le Centre d’Instituts de Tsukuba, en tant qu’établissement à usage commun. Le 6 janvier 200é, le regroupement des ministères et des agences s’est exécuté au Japon et chaque organisme relève en principe du ministère concerné.

Tsukuba rassemble environ 30% des organismes de recherche nationaux, 40% de leurs attachés, et occupe 47% de leurs budgets totaux. Ainsi que les chiffres le montre, le pourcentage des organismes qui se trouvent dans la Cité scientifique de Tsukuba augmente par ordre du nombre des organismes – le nombre des chercheurs – les crédits affectés; leur fonction de recherche joue forcément un rôle très important. A partir du mois d’avril 200é, les organismes de recherche nationaux ont été restructurés comme fondations d’utilité publique avec la personnalité juridique, et dorénavant, l’appréciation extérieure et l’investissement de fonds extérieurs exigent la transparence financière, la flexibilité d’organisations et la publication des résultats de recherches. Cependant, les chercheurs de ces institutions sont, comme avant, fonctionnaires d'état. Or, la concentration des instituts divers demande des organisations d’intercommunication; en 1989, pour soutenir la coopération de recherche entre l’industrie privée, l’université et le centre national de recherche, Tsukuba Centre S.A. est entré en service. Il est établi sous forme de société anonyme, mais financé par le département d’Ibaraki, la Banque japonaise de développement et des entreprises privées; il joue un rôle central de soutien de recherche. Comme organisme public, sont fondés le Centre d’instituts de Tsukuba ainsi que, à l’Université de Tsukuba, le Centre d’alliance des recherches de pointe (TARA) pour les recherches collectives menées par les chercheurs des trois mondes. Il est impossible de les citer tous, mais plus de cent organismes de recherche officieux et surtout les jeunes chercheurs exercent récemment des coopérations vives de recherches et de technique. Après l’achèvement du transfert des organismes nationaux de recherche en 1980, l’ensemble d’instituts de Tokodai, ensemble d’instituts privés, a été aménagé de 1981 jusqu’à 1985. En 1985, l’exposition internationale des sciences et de la technologie s’est tenue dans cette région et elle a reçu plus de 2.000.000 visiteurs. Cette exposition a relié à l’échelle mondiale “les sciences” à l’image de marque de Tsukuba. D’où, l’augmentation du nombre des centres de recherches des entreprises privées qui se sont implantés dans cette région. Huit grands ensembles d’instituts privés ont été aménagés par le département et la ville. Les 522ha de terrain rassemblent environ é45 centres privés, et en plus, autour de 400 bureaux et usines, etc. Parmi eux, les centres privés se trouvent en principe dans les parcs aménagés pour leur accueil, et les bureaux relatifs aux recherches, dans le secteur de cité scientifique.

Ce qu’il y a derrière une telle concentration, ce sont, d’une part, la politique nationale qui vise à établir un domaine technique autonome, par la collaboration des trois mondes de l’industrie du gouvernement et de l’Université et à affermir les bases de l’économie, d’autre part, la politique communale qui vise à développer la région en attirant des instituts privés. Le plan initial de la Cité scientifique de Tsukuba ne supposait pas cette implantation.

Selon l’enquête faite auprès des entreprises privées qui se sont établies dans la Cité, 92% des entreprises ont répondu qu’elles se sont implantées en escomptant l’intercommunication avec les organismes nationaux de recherche et d’enseignement. Le facteur important de la concentration des instituts privés dans la Cité, est que l’environnement bien aménagé pour les recherches accordait la demande de renforcement du secteur de recherche-développement qui s’est présentée dans les entreprises mêmes. Au point de vue du classement par branches industrielles des entreprises qui ont établi leur centre de recherche dans la Cité, la caractéristique est que l’industrie chimique, où le rapport des recherches fondamentales est comparativement élevé, et l’industrie électronique et celle de machine de précision, qui se dirigent vers la technologie de pointe, occupent la plus grande partie. Les dix premières entreprises de l’industrie chimique japonaise selon la vente sont toutes situées dans ce pays.

La communication entre les instituts privés se développent davantage . Le Consortium de Tsukuba établi en é980 est un des organismes, qui a pour objectif de développer les réseaux de communication entre les diverses institutions et la collaboration entre les diverses industries.

é) Dans l’agglomération de Tokyo, les villes-dortoirs reculent davantage d’année en année, par rapport au bureau ou à l’école, tandis qu’à Tsukuba, les logements voisinent en principe avec les bureaux: l’environnement pour la recherche et l’enseignement y est favorable. L’urbanisme initial supposait la disposition des établissements résidentiels, commerciaux et culturels au centre et des instituts aux alentours. Pourtant, il y a, d’un côté, des personnes qui ont habité d’abord dans les logements collectifs publics, mais ont acheté ensuite un terrain pour la maison individuelle, et de l’autre, les personnes qui commutent toujours au travail depuis Tokyo.

2) Au début, le projet de la Cité scientifique avait pour objectif de résoudre la surdensité de Tokyo. Mais maintenant, l’autoroute joint Tsukuba à Tokyo, et en 2005, une nouvelle ligne ferroviaire, Tsukuba Express, va relier les deux villes en 45 minutes. A ce moment-là , Tsukuba se fera partie de la banlieue de Tokyo et participera à la concentration de l’innovation vers Tokyo.

Dans le territoire innovant de la Cité, on peut distinguer, trois groupes de chercheurs. Premièrement, les chercheurs des organismes d'état, qui sont favorisés en principe au plan des crédits budgétaires, mais manquent d’émulation des résultats dans leur institut. Comme on l’a mentionné, les instituts relèvent chacun du ministère concerné, et en plus, les crédits sont alloués aux chercheurs suivant le système de leur organisation. Mais la barrière massive entre les ministères rend extrêmement difficile la collaboration entre les instituts.

Deuxièmement, les chercheurs universitaires, qui, malgré la réduction annuelle du budget d’études à cause de la dépression, peuvent s’absorber dans leurs recherches à leur propre allure, et bien plus, négliger la rentabilité. Au Japon, les résultats des centres d’études universitaires ont été rarement fournis aux entreprises privées jusqu’ici. Mais les universités ouvrent peu à peu leur porte de nos jours, et dans un proche avenir, elles deviendront aussi, fondations d’utilité publique avec une personnalité juridique propre.

Troisi3mement, les attachés aux instituts privés dont les crédits d’études sont réduits sous l’économie stagnante, mais qui doivent donner la priorité à la rentabilité. C’est pourquoi les instituts privés prennent l’initiative de l’utilisation commune des établissements. En tous cas, la Cité scientifique de Tsukuba est un mélange d’instituts de nature différente, d’où, pour l’accomplissement de l’innovation sous cette dépression économique, il nous faut constituer d’urgence de nouvelles organisations par les chercheurs divers. Néanmoins, c'est une tâche difficile à accomplir.

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