LES LIEUX DE L'INNOVATION AU JAPON

Nobuo TAKAHASHI

Université de Tsukuba, Japon

Mon exposé d’aujourd’hui s’intitule “Les lieux de l’innovation au Japon. Comme il existe une certaine ambiguïté dans le concept “innovation”, dans mon rapport, l’innovation est entendue sous le sens?d’innovation technique.

Au Japon, l’innovation est réalisée dans deux types d’établissements; les centres d’études nationaux ou universitaires et les centres de recherche privés. Dans les premiers, on fait principalement de la recherche fondamentale. Le deuxième type d’établissements, à savoir, les centres de recherche privés, représente la force motrice de la recherche japonaise comme c’est le cas dans autres pays et cela représente donc une tendance mondiale. Cependant, il arrive rarement que des universitaires obtiennent le prix Nobel, et quand c’est le cas c’est ou bien par des efforts personnels ou bien par des résultats obtenus à l'étranger.

Parmi, le centres de recherche privés, ceux de grandes enterprises ont de l’importance, ce qui est complètement différent en comparaison avec les états-Unis où les développements par les start-up de taille plus petite sont beaucoup plus actives. En plus, tandis qu’aux états-Unis, les centre privés sont dispersés au Japon, ils se concentrent dans des régions déterminées. Pour comprendre cette situation, nous avons le tableau de répartition par départements des centres de type “recherche-développement privée”(figure 1), extrait de la liste des centres de recherche d’entreprises privée publiée par l’Agence des sciences et de la technologie(1999). Comme vous voyez dans cette figure, les centres se dispersent régionalisent avec une grande inégalité: 48.2% dans l’agglomération de Tokyo, 13,4% dans celle de Kyoto-Osaka-Kobe? (Keihanshin), 6.0% dans celle de Nagoya, ce qui montre au ces trois grandes région concentrent 70% , des centres de recherche du Japon et remarquons , notamment la concentration de fonction recherche dans l’agglomération de Tokyo. Nous avons classé aussi les années d’ouverture des centres par ordre chronologique; avec la récession économique le nombre d’ouverture a été limité après les années 1990.

Les centres de type “recherche-développement privés qui se situent dans les trois grandes agglomérations sont de grande taille par rapport à ceux des autres régions, et spécialisés en électronique, en biologie, en informatique, etc. Par contre, les centres de petite taille sont peu nombreux et ils se concentrent dans les métropoles régionales. La plupart de leurs sections de recherche-développement dépend de la demande des industries locales, telles que l’industrie alimentaire, l’industrie agricole , les for6ts et les p6ches, etc.

De m6me, nous pouvons distinguer la différence des branches industrielles auxquelles les centres des trois grandes régions rendent service: Tokyo est spécialisé en informatique et en électronique, Keihanshin en médicament et en électronique, et Nagoya en machines de transport à savoir la sidérurgie, l’automobile; Nous pouvons dire ainsi que chaque région partage les domaines fonctionnels de recherches. Pourquoi les centres privés se concentrent-ils à Tokyo et à ses alentours? La raison est que les grandes entreprises qui les possèdent se localisent selon la concentration de bureaux gouvernementaux, de grands établissements de crédit et d’informations. Beaucoup de sièges sociaux de grandes entreprises se centralisent à Tokyo: 5 % des sociétés au capital de plus d’un milliard de yen se situent dans la métropole de Tokyo, de m6me, avec l’internationalisation, 80% des entreprises étrangères y établissent leur succursale ou leur bureau.

La plus grande zone industrielle japonaise, zone industrielle de Keihin (acronyme de Tokyo-Yokohama), fait partie de l’agglomération de Tokyo. Historiquement, plusieurs industries modernes sont nées au début de l’ère de Meiji, dans cette raison à commencer par l’ouverture des usines gouvernementales. L’industrie à Tokyo a marqué une forte croissance, à partir du milieu des années 1990 jusqu’ à l’époque de l’augmentation de l’armement, et vers 1950 elle a dépassé la zone de Hanshin (Osaka-Kobe) et a été en t6te du Japon. Pendant la période du chaos économique après la Seconde Guerre mondiale, l’activité de Keihin a stagné temporairement, mais a recommencé à croître à partir de 1950. Pendant la période du développement accéléré de l’économie, Keihin, en contraste avec Hanshin qui stagnait toujours, a amélioré sa position et s’est développé jusqu’à vaste région industrielle. Dans la région de Keihin, par rapport aux autres régions, diverses catégorie d'industries se rassemblent, notamment, l’industrie mécanique et l’édition et de l’imprimerie. Aujourd’hui, ce qui forme le noyau de la production industrielle de Keihin, c’est l’industrie mécanique, telle que l’automobile, l'électronique, la machine-outil, etc., qui s’assemble à la région de Jonan, région située du Sud de Tokyo jusqu’à l’arrière-pays de Kawasaki et Yokohama.

Or, depuis l’époque d’Edo, la région qui s’étend autour d’Osaka a toujours joué le r8le de noyau économique du Japon. Mais à partir des années 1920, époque de l’augmentation de l’armement, tandis que le monde industriel japonais a visé à l’industrialisation chimique lourde, cette région est passée à phase de stagnation et a cédé la position de t6te à Keihin. Après la création de la Filature d’Osaka durant Meiji, Hanshin s’est développé autour de l’industrie textile, comme la filature, et de l'Industrie des articles de ménage. Face à cette, Hanshin est resté en arrière du développement de l’industrie chimique lourde. Bien que, en remplacement du textile, l’industrie d’électroménager est devenu principale depuis 1960, la position intérieure de Hanshin en tant que région industrielle ne cesse de se dégrader.

L’inégalité régionale de la concentration industrielle au Japon a constitué un grand facteur de différence régionale au niveau du revenu par l’intermédiaire du travail. En conséquence du mouvement de la force du travail et de la concentration métropolitaine de population. De plus, la venue de l'ère de l’informatique améliore de plus en plus la position fonctionnelle des agglomérations comme lieu d’expédition d’informations.

Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement a multiplié des projets visant à la décentralisation , notamment, les deux plus importants étaient formulés dans le cadre du “Plan de doublement du revenu” (1960): le “Projet général d’exploitation nationale”, qui avait pour objectif l’accélération de l’exploitation des régions tardives et la rectification de la différence régionale, et, en tant que son application concrète, le “Plan de disposition adéquate de l’industrie” pour l’exploitation des régions industrielles. Leurs points essentiels consistent à prévenir la concentration excessive de l’industrie dans les grandes régions industrielles et à disperser les diverses industries vers les nouvelles régions provinciales. La “Nouvelle ville industriellement la “Région spéciale pour aménagement industriel” ont été deux projets conçus par la suite pour favoriser la décentralisation. La “Nouvelle ville industrielle” visait non seulement au développement industriel, mais aussi à aménager, des établissements urbains, et, par conséquent , à former des villes industrielles avec des fonctions urbaines synthétiques, et ainsi à faire fixer la population. Après une vive concurrence pour solliciter les villes, le gouvernement a sélectionné 15 zones. Ces deux plans avaient pour objectif d’augmenter à la fois l’industrie et la population localement. Les résultats ont été limités au faible effet économique dans quelques régions comportant des métropoles régionales. Quant à la dispersion des usines vers la province presque aucun effet n’a été observé sauf dans quelques zones; les plans se sont terminés par un échec.

Le projet d’exploitation à échelle nationale s’est poursuivi, malgré tous les échecs, en mettant toujours beaucoup plus d’importance sur l’accélération de la déconcentration industrielle. En ce qui concerne la limitation de?l’activité industrielle en métropole et la décentralisation, les hommes politiques s’accordaient tous quelle que soit leur opinion politique. Cependant, malgré la prise de mesures diverses, l’investissement en équipement industriel s’est concentré continuellement sur la ceinture du pacifique, qui relie les trois agglomérations. Particulièrement, l’agglomération de Tokyo représentait la plus grande partie, et dans les années 1980 de même, sa position en tête était inébranlable. Le pôle de concentration remarquable de la fonction de recherche-développement a fait que le gouvernement a entrepris d’unir aux l’industries de pointe, des organismes de recherche, comme des universités ajouter, et des logements convenables. En 1983, il a voté dans ce but la “Loi Technopolis” (ville spécialisée en technique de pointe) avec à6 zones désignées, mais en 1999, cette loi à été abolie.

La façon de penser simpliste, telle par exemple, la possibilité de l’implantation industrielle seule avec terrain et main-d'oeuvre, l’engendrement de l’investissement privé par les infrastructures satisfaisantes et la formation des collectivités industrielles compétentes uniquement par la fondation des centres incubateurs, a entraîné, au Japon, l’erreur de répéter le même échec sur la décentralisation industrielle. Il me semble impossible de rectifier immédiatement la concentration de la fonction de recherche-développement vers Tokyo. S’il en est ainsi, la tâche principale d’avenir assignée à l’industrie de pointe japonaise, serait justement d’entreprendre d’augmenter le niveau technique et d’attirer l’industrie vers la province, en affermissant le réseau avec l’accumulation industrielle en métropole ainsi qu’à Tokyo, surtout avec l’accumulation de la fonction de recherche-développement.

Nous allons voir, pour terminer, le rapport entre les Japonais et l’innovation en tant qu’activité faite par l’homme et la société. D’une part, les entreprises japonaises gardent fermement leur caractère de collectivité fonctionnelle: par exemple, elle excellent à produire des articles commandés dans le délai fixé pour les marchés. D’autre part, l’originalité individuelle est souvent étouffée dans une organisation. Supposons que dans une entreprise un chercheur ait proposé une idée de mise au point d’un nouveau produit. S’il y avait qu’un cadre repousse son développement dans une des conférences successives (celles de chefs d’équipe, de chefs de bureau, de chefs de service, etc.), ce produit ne verrait jamais le jour. L’important en ce qui concerne l’innovation est de respecter toute idée. Les niveaux techniques n’ont qu’une légère différence entre les pays qui poursuivent l’innovation. Au Japon, ce qu’il nous faut faire aujourd’hui, ce serait de remplir les trois tâches suivantes. Premièrement, il faut rehausser le niveau scolaire en baisse et attacher de l’importance à la façon de penser originale. Deuxièmement, afin de favoriser l’innovation, les entreprises devront améliorer leur système, puis il ne faut pas oublier de développer et de soutenir la création de start-up. Finalement, les centres de recherches publics et privés s’entraident davantage et bien plus, il faut animer davantage les échanges entre les uns et les autres. Il est grand temps de réformer, à l’aide du processus d’innovation, ce qu’étaient l’individu, la collectivité, la société et l'état.

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