FAIRE UN POSTER

Xavier BROWAEYS et Éliane LETERRIER

Une remarque préalable : nous n’avons pas la prétention d’exposer « la » méthode pour réaliser un poster mais plutôt l’ambition d’indiquer quelques pistes à suivre et surtout quelques erreurs à éviter.

En général, c’est au terme d’une recherche ou parce que l’on participe à un congrès, un colloque ou un festival, que l’on veut faire un poster

Donc, l’objectif est de faire connaître ses méthodes et ses résultats à un large public, mais avec un enjeu spécifique : arriver à communiquer ce qui relève de la réflexion par des moyens qui relèvent de la perception.

Pour faire un poster on doit se poser 3 questions :

  • Pour qui ?

  • Quel contenu ?

  • Quelle mise en scène ?

POUR QUI ?

Le poster est toujours fait pour un spectateur. Il faut toujours avoir cette réalité présente à l’esprit.

Ce spectateur a un regard : donc un poster doit MONTRER ; un poster est un spectacle

Ce spectateur a une «raison» : donc un poster doit ARGUMENTER pour convaincre ; un poster est un message

Un poster est donc à la fois un spectacle et un message : c’est la définition même d’une image au sens large. Un poster est une image de format affiche et cette image a un contenu.

QUEL CONTENU ?


Ce contenu est constitué par la réunion d’un certain nombre d’ingrédients.

Le premier de ces ingrédients : avoir une ou plusieurs idées. Pour cela il faut mener une réflexion approfondie sur le thème choisi :

  • Quel est l’objet de mon poster ?

  • De quoi vais-je parler ?

  • mais surtout il faut mener la réflexion vers une thèse :
  • Qu’est-ce que je veux dire sur ce thème ?

  • Quel sens je veux lui donner ?

Le sens n’est jamais donné par le thème. C’est à l’auteur de transformer un objet en sujet. Il convient donc de construire une démonstration.

La meilleure méthode, au terme de la réflexion, est de rédiger une ou deux phrases qui doivent résumer ce que le poster se propose de démontrer. Elles seront utiles pour guider toute l’élaboration du poster mais aussi pour confectionner le titre.

Le second ingrédient : constituer ses données. Les données sont de 2 types :

1°- données « images » : photos, cartes, graphiques, photos renseignées, dessins…

On doit les fabriquer ou les choisir en fonction de 3 caractéristiques essentielles :

  • Elles doivent être claires et lisibles, c’est-à-dire compréhensibles : il n’y a rien de pire qu’une carte ou un graphique qui ne soit pas compris dans l’instant !

  • Donner un sens c’est-à-dire être des pièces à conviction. Une image ne doit pas être une illustration mais une contribution à la compréhension

  • Pour qu’elles restent en mémoire , elles doivent être «belles» . Regarder les images d’un poster doit être un plaisir des yeux

2° données « mots » :

*C’est d’abord des textes.

  • Ils doivent aller à l’essentiel. Il s’agit donc de faire des phrases courtes, sans fioritures littéraires

  • Ils doivent utiliser un vocabulaire clair : il faut surtout ne pas tomber dans l’abscons ou le jargon scientifique

Sur le poster que regarde le spectateur, le texte fonctionne comme une image. En ce sens, l’écriture, c’est ce qui rend visible la pensée de l’auteur.

Il faut donc bannir les articles de revues ou de mémoires, découpés ou collés en une longue procession. Longs, indigestes, illisibles, ils sont donc inutiles. Il faut toujours rechercher une économie de mots

*C’est aussi des légendes d’images.

Il s’agit de réduire les multiples sens que peuvent prendre les images.

  • Il ne faut jamais penser que l’image parle d’elle-même

  • Il faut toujours orienter son interprétation

Partant de l’idée que l’on n’est jamais le meilleur juge de son travail, la méthode, avec les mots, consiste à faire lire ses textes à des personnes non-spécialistes et qui ne connaissent pas le contenu que vous voulez donner à votre poster.

Un poster a donc un contenu, composé d’idées, d’images et de mots. Ce contenu doit donc être organisé ou agencé. On doit en faire un récit, un récit particulier puisqu’il doit être regardé et non lu, ni entendu.

Il ne prend donc tout son sens que si ce récit est mis en scène.

QUELLE MISE EN SCÈNE ?

La mise en scène, c’est le dispositif visuel qui doit être mis en œuvre pour que le spectateur perçoive ce que je veux dire.

1°- Il faut organiser le cheminement du regard du spectateur. Pour cela on utilise deux moyens : le fond et la forme

  • Le fond : on construit le parcours selon une logique. On élabore un scénario c’est-à-dire une mise en intrigue, ce qui exclut toute juxtaposition de chapitres sans liens entre eux.

  • La forme : on balise le parcours de repères visuels que sont des signes : points, flèches, lignes, couleurs, dessins, effets typographiques (taille des caractères, polices..)

2°- Il faut penser la mise en espace du poster, autrement dit se demander quelle disposition des images et des mots sera la plus efficace.

Pour cela, il faut jouer sur 3 paramètres :

  • Les surfaces = la taille des documents

  • Les rythmes = le positionnement des documents les uns par rapports aux autres

  • Les liaisons = le passage d’un document à l’autre

Dans cette étape de la mise en scène, il faut toujours avoir à l ‘esprit que tel ou tel choix est opéré pour une raison précise : je fais ce choix parce que…

En conclusion : la qualité première d’un poster est sa visibilité car on s’adresse à l’intelligence du spectateur par l’intermédiaire des yeux.

Faire un poster c’est mettre en œuvre une stratégie de la perception.

Faire un poster La réalisation
Quelques règles d'utilisation de la lettre Quelques recommandations sur l'utilisation de la couleur

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