TABLE RONDE "LA VOIE DE DÉVELOPPEMENT DU MAROC"

COMMUNICATION : "DÉVELOPPEMENT ET
RÉGIONS PÉRIPHÉRIQUES"

Abdelkader GUITOUNI

Université d'OUJDA (Maroc)

Résumé

Article complet

INTRODUCTION

Au début de la présente communication il n'est pas superflu de rappeler les notions de périphérie, de centre ou plus précisément le modèle centre-périphérie. Utilisé depuis les années 1960 par les théoriciens de la dépendance à l'échelle mondiale, le modèle centre-périphérie est un cadre théorique d'une approche géographique systémique qui peut être transposé aux différents niveaux de l'échelle spatiale :

- Au niveau du Monde le Centre inclut les pays industriels (Amérique du Nord, Union Européenne, Japon), la périphérie étant l'ensemble des pays en développement (pays du Sud)

- Au sein d'un même pays on peut distinguer une région Centre et une périphérie dans le reste du territoire

- A une échelle plus réduite, au niveau d'une métropole il y a d'une part un centre-ville et d'autre part des quartiers périphériques.

Selon ce modèle les différents flux de personnes, de marchandises, de capitaux et d'informations reflètent une situation de dépendance. Le centre favorisé et économiquement en avance, attire à lui les investissements, alors que la périphérie dominée est soumise à des prélèvements. A l'instar du Maroc, plusieurs pays du monde ont connu cet état de fait avec leur lot de régions périphériques sous développées : le Mezzogiorno en Italie jusqu'aux années 1950, le Nordeste du Brésil, l'Estramadure en Espagne...

La problématique du thème " Développement et régions périphériques au Maroc " peut être posée ainsi : croissance et développement sont-ils répartis de façon équilibrée sur le territoire national ? La concentration autour de la métropole casablancaise affecte-t-elle les régions excentrées ? Ces dernières ont- elles des espoirs pour surmonter le handicap de la marginalité, se développer et réussir leur intégration dans l'espace économique national ? La présente communication sera faite en deux volets : le premier traitant de l'état des lieux des déséquilibres régionaux au Maroc, le second consacré aux rapports centre-périphérie et la problématique du développement des régions excentrées.

I- ETAT DES LIEUX DES DESEQUILIBRES REGIONAUX AU MAROC

A-- La domination de la région Centre : " Casablanca et le désert marocain " ?

1- Le pôle métropolitain de Casablanca et Rabat-Salé, fait majeur de la géographie du Maroc Le centralisme économique et politique du Maroc remonte à la période coloniale. Durant le protectorat français, sur l'initiative du résident général LYAUTEY, le Maroc a connu un ancrage à l'ouest avec déplacement du centre de gravité politique et économique vers le littoral moyen atlantique par le transfert de la capitale de Fès à Rabat en 1912 et par le choix de Casablanca comme port national. Fondée sur la notion de " Maroc utile ", la politique coloniale soumettait l'espace marocain à un aménagement sélectif, sans préoccupation des déséquilibres régionaux, sachant que le centre du Maroc colonial n'était ni Fès , ni Rabat ou Casablanca, mais plutôt Paris dans la métropole. Il s'en suivit une nouvelle organisation de l'espace national avec la mise en place d'une région Centre s'étendant sur 240 km environ le long du littoral atlantique. L'axe urbain qui regroupe du sud au nord El Jadida, Casablanca, la métropole économique, Mohammadia, TÉmara, Rabat la capitale, Salé et Kénitra représente la région Centre au sens étroit. Il revêt un poids exceptionnel à l'échelle nationale : couvrant à peine 2 000 km2, soit moins de 0,3 % du territoire, il totalise 5 M. d'hab. urbains, soit 19% de la population totale marocaine (1994) et 37% de la population urbaine. C'est le coeur de l'espace national d'où émanent les décisions, les financements, la distribution commerciale et les voies de communication.

2- Un espace de commandement au rayonnement national multiforme Le rayonnement et la domination du double pôle Casablanca-Rabat font penser au titre de l'ouvrage célèbre de J.F.GRAVIER " Paris et le désert français ". Le faible nombre de métropoles régionales intérieures, de la dimension de Fès ou de Marrakech, capables de jouer le rôle de " métropoles d'équilibre " pour contrebalancer l'influence de Casablanca -Rabat, autorise à parler de " Casablanca et le désert marocain ". L'axe urbain moyen-atlantique totalise 55% des unités industrielles, les deux tiers des emplois de l'industrie, 70% du trafic portuaire du pays, la totalité des sièges bancaires, des sociétés d'assurances, d'import-export et plus de 80% des commerces de gros qui sont concentrés dans cet espace, en particulier à Casablanca. En outre, les ministères, les Directions administratives, le Parlement, les Ambassades et un grand nombre d'équipements universitaires et culturels ont leur siège à Rabat

B- L'état de développement économique dans les régions périphériques

Dans l'ouvrage collectif " Maroc : régions, pays, territoires ", le découpage régional du Maroc s'est appuyé sur les critères de gradients de dynamisme, de distance, en partant du noyau central du pays et en passant par des antennes de la métropole et des espaces de transition pour aboutir à des périphéries. Ces dernières présentent des disparités quant à leur dynamisme économique, leur peuplement et leur marginalité.

1- Typologie des régions périphériques au Maroc

a)- Les marges arides : ce sont les plus vastes espaces périphériques. Couvrant les provinces sahariennes, le Présahara dans le Sud-Est ou portes du désert et une grande partie de l'Oriental, elles représentent des déserts naturels et humains et sont l'objet de contraintes : aridité, manque de ressources naturelles, enclavement...

b)- Les angles dynamiques : le gradient de décroissance sur lequel repose le découpage régional du Maroc est perturbé par des angles vifs ou dynamiques représentés par trois régions : la péninsule tingitane à l'extrême Nord-Ouest, le Rif oriental au Nord-Est (région de Nador) et le Souss-Massa autour d'Agadir dans le Sud-Ouest atlantique. Disposant d'une façade maritime, ces régions sont moins enclavées et sont animées par des pôles dynamiques profitant de leur position géographique (Tanger sur le détroit de Gibraltar), des activités liées à la présence des présides espagnols : commerce, contrebande entre TÉtouan et Sebta d'une part et entre Nador et l'enclave de Melilla d'autre part, ou renfermant des ressources propres associant l'agriculture moderne, la pêche, le tourisme et l'industrie dans la région d'Agadir. c)- Les espaces-barrières : représentés par des régions montagneuses, en particulier le Rif occidental et central et la chaîne des Béni Snassen qui constituèrent au cours de l'histoire des zones-refuges pour une population de paysans vieux sédentaires. Dans ces régions densément peuplées, peu urbanisées et sous-équipées en infrastructures, les habitants vivent de l'agriculture, de la culture du kif qui couvre près de 70 000 ha dans le Rif central et de ressources extérieures (émigration, contrebande)

2- Sous-équipement socio-économique et sous-intégration dans l'espace national

Les régions périphériques accusent un retard manifeste par rapport à la région Centre au niveau des infrastructures, des investissements et du développement économique et social. Ce sont des espaces à la fois excentrés, plus ou moins enclavés et isolés qui participent faiblement au fonctionnement de l'espace national. Leur éloignement s'exprime à la fois en distance par rapport au centre, mais aussi en coût et en temps que nécessite le déplacement entre le centre et les périphéries. Ainsi, le coût des carburants nationaux, fixé en fonction de l'éloignement par rapport aux centres de raffinage de pétrole qui se situent dans la région Centre (Mohammadia et Sidi Kacem), a une incidence sur les prix des marchandises. Alors que le prix du litre de gasoil est de 5,76 DH à Casablanca, il est de 5,94 DH à Oujda et de 6,06 DH à Figuig distantes respectivement de 630 et 920 km. Le coût élevé des transports est un handicap pour les activités économiques dans les régions excentrées, d'autant plus que les infrastructures de transports, qui sont un instrument de développement régional et d'intégration, y sont insuffisantes. Les réseaux des voies de communication se caractérisent par une faible densité : desserte par des routes secondaires ou tertiaires principalement, par une voie ferrée unique non électrifiée (dans l'Oriental), voire absence de réseau ferroviaire (provinces sahariennes), inexistence d'équipement pour conteneurs dans certains ports (Nador pour l'Oriental...) La part des régions excentrées dans l'équipement industriel à l'échelle nationale est restée insignifiante malgré l'amorce d'une politique de décentralisation visant à créer des " pôles de développement " régionaux pour faire contrepoids à l'axe industriel atlantique depuis 1973 avec la promulgation de codes d'investissements industriels et la création de zones industrielles.

II- RAPPORTS CENTRE-PERIPHERIE ET PROBLEMATIQUE DU DEVELOPPEMENT DES REGIONS EXCENTREES :

A- Des relations de dépendance des fois nuancées

1- Quelques aspects de l'échange inégal à travers le territoire national :

a)- Des échanges commerciaux faibles et déséquilibrés : La structure des échanges entre la région Centre et les espaces périphériques traduit une faiblesse du point de vue volume et tonnage et un déficit en valeur aux dépens des régions excentrées. Cela est dû à l'éloignement, au coût élevé des transports, à l'insuffisance des infrastructures, mais aussi à la consommation par la population des régions périphériques d'articles de contrebande et à l'apport de marchandises d'Europe par les RME. Alors que les régions excentrées expédient vers l'axe Casablanca-Kénitra des matières premières minières, agricoles, des produits d'élevage, de pêche...elles réceptionnent des produits pétroliers, alimentaires (sucre, blé, huile...), des articles industriels, des produits chimiques et divers confectionnés ou redistribués par Casablanca.

b)- Des disponibilités monétaires drainées par le Centre : Les régions périphériques constituent de grands foyers d'émigration, à l'image du Nord-Est, 1ère région de départ au Maroc où le montant des dépôts bancaires des RME vient au 1er rang à l'échelle nationale : plus de 6,8 milliards de DH en 1999 sur un total de 23 Md, soit 30%. On note un nombre élevé d'agences bancaires dans les villes de certaines régions excentrées comme Nador et Oujda où les banques s'implantent pour collecter à la fois l'épargne des RME mais aussi l'argent provenant d'activités illicites (contrebande et trafic du kif). Cependant ces capitaux ne sont pas mobilisés localement à des fins de développement économique. Ils sont virés par les sièges sociaux à des organismes financiers sur le marché des capitaux à l'échelon national et sont le plus souvent investis dans la région Centre et les autres foyers dynamiques du pays, ce qui contribue à accentuer les disparités régionales. La banque est selon le mot de M. SANTOS (1975) un " instrument des déséquilibres régionaux ". Même les entrepreneurs issus des régions périphériques, mis à part quelques uns d'entre eux qui font des investissements sentimentaux, symboliques dans leur ville d'origine, investissent leurs capitaux dans la région Centre, vu les opportunités d'investissements qu'elle leur offre : c'est le cas par exemple des capitalistes figuigui (de l'oasis de Figuig) qui se sont spécialisés dans certains secteurs économiques dans les villes de l'axe Casablanca-Kénitra (minoteries, usines de pâtes alimentaires, boulangeries, imprimeries, briqueteries...).

c)- Exode des compétences vers le Centre La sous-représentation des régions excentrées dans les élites exerçant des responsabilités nationales dans le Centre du pays reflète l'insuffisance de leur intégration. Ces régions ne produisent pas, proportionnellement à leur population, les cadres et les élites qui devraient oeuvrer au développement économique et social à l'échelon régional ou national. L'exode des compétences a lieu toujours à sens unique, des régions périphériques vers les capitales nationales (Rabat et Casablanca) où s'établit définitivement un bon nombre de diplômés originaires des régions excentrées, à l'issue d'études supérieures ou de cycles de formation.

d)- Place réduite des régions excentrées en matière de culture, art et sport Les espaces périphériques sont souvent exclus de certaines activités culturelles, artistiques et sportives que connaissent les villes de la région Centre. Ainsi on constate que dans les grandes villes des régions excentrées, il n'existe pas de centres culturels étrangers (américains, britanniques, allemands ou arabes) à l'exception des Instituts français (à Oujda, Tanger et Agadir) et espagnol à TÉtouan. De même, les tournées de troupes théâtrales, musicales, nationales ou étrangères, et certaines manifestations sportives comme le tour du Maroc cycliste ou les rallyes automobiles ne dépassent pas en général le méridien de Fès et le parallèle de Marrakech. Même pour les sports populaires, les régions excentrées sont sous représentées. Dans l'espace du football au Maroc, l'axe urbain de Casablanca à Kénitra concentre le plus grand nombre de clubs dans les deux divisions nationales contrairement aux villes excentrées dont les clubs peu nombreux se maintiennent difficilement en première division à cause en partie du coût des déplacements.

2- Des espaces doublement dépendants et écartelés entre les tendances centripètes et centrifuges Face à l'accroissement démographique rapide, les ressources propres des régions périphériques s'avèrent insuffisantes : agriculture menacée par les sécheresses, richesses minières épuisées (cas de l'Oriental) ou peu valorisées, littoral méditerranéen sous exploité pour la pêche et le tourisme balnéaire...Aussi, une grande partie de la population de ces régions a recours à des revenus extérieurs : émigration internationale légale ou clandestine, contrebande avec l'Algérie et les présides espagnols (Oriental et péninsule tingitane) et tourisme international (Présahara, littoral méditerranéen...) Il en résulte un phénomène d'extraversion de certaines régions excentrées qui sont tournées vers l'extérieur, en particulier l'Europe, à l'image du Rif oriental et de la Péninsule tingitane. Cette attraction externe qui est une tendance centrifuge atténue la dépendance vis-à-vis de la région Centre et représente un indice de la faible intégration des régions excentrées dans le tissu national. Dès lors, en appliquant le modèle centre-périphérie au cas du Maroc on peut faire une double remarque : - La région Centre du Maroc est un espace périphérique dépendant d'un centre extérieur, en l'occurrence les pays développés du Nord (Union Européenne, USA...) - Les régions excentrées du Maroc sont doublement dépendantes : vis- à- vis du Centre du pays et vis- à- vis de l'étranger par le biais de l'émigration internationale, de la contrebande, du tourisme international, constituant en quelque sorte des " périphéries de la périphérie ". Ainsi la région de l'Oriental n'est pas totalement dépendante du pôle casablancais en matière commerciale et cela pour deux raisons : du fait d'une part des transferts en nature effectués par les nombreux Marocains émigrés en Europe, d'autre part, des courants de contrebande issus de l'Algérie et de l'enclave de Melilla. Il est à noter que l'existence de marchés urbains spécialisés en articles de contrebande à Nador aux portes de Melilla, à Oujda près de la frontière avec l'Algérie et à TÉtouan et Fnideq près de Sebta, entrave l' éclosion d'un tissu industriel à cause de la concurrence pour les produits nationaux.

B- Les atouts potentiels pour le développement des régions périphériques du Maroc On examinera le cas des quatre grands ensembles périphériques selon leur position géographique au sein du territoire national :

1- L' amorce de décollage des provinces sahariennes : Intégré au territoire marocain depuis 1975, cet espace immense du Sahara atlantique connaît un climat aride et souffre à la fois du manque d'eau et de l'avancée des sables. Ses principales ressources naturelles sont constituées par les gisements de phosphate de Boukraa, la pêche pour laquelle le port de Laayoune occupe le 1er rang, les gisements de sel grâce aux salines naturelles des sebkha (cuvette à fond plat et salé) et le sable exporté vers les Iles Canaries. Grâce aux investissements lourds dont elles ont bénéficié, les provinces sahariennes ont connu des transformations considérables (équipements publics et d'infrastructures, réalisations industrielles, équipements sociaux, logements...) démontrant ainsi que " quand l' Etat veut il peut ".

2- Les potentialités touristiques dans les régions du grand Sud Dans le milieu aride du Présahara au sud-est du pays, l'agriculture oasienne et l'extraction minière ne parviennent plus à subvenir aux besoins de la population. La recherche de ressources extérieures s'avère indispensable. Foyer d'émigration saisonnière vers les villes du Maroc mais aussi d'émigration vers l'Europe, le Présahara fonde ses espoirs sur un nouveau venu, le tourisme international, grâce à de nombreux atouts : cadre naturel associant palmeraies et paysages sahariens, patrimoine architectural des ksour et des kasba, moussem locaux...Malgré les problèmes qu'il a générés (consommation d'eau qui est une denrée rare, pollution...), le tourisme qui a donné une impulsion à des pôles urbains dynamiques (Ouarzazate, Zagora, Erfoud, Errachidia) a des retombées positives par ses effets d'entraînement sur les autres secteurs économiques.

3- Les programmes de développement des provinces du Nord Depuis l'indépendance, le Maroc septentrional, en particulier le Rif, a été l'objet de projets de développement : programme DERRO (Développement Economique Rural du Rif Occidental) avec l'aide du Fonds Spécial des Nation Unies et de la FAO) et projet Sebou avec comme priorités la lutte contre l'érosion, la modernisation de l'agriculture et le reboisement. Initié par les pouvoirs publics depuis 1993, un programme piloté par l'Agence Nationale de Développement des Provinces du Nord vise à éradiquer la culture du kif dans le Rif et à réduire l'émigration vers l'Europe. Dans ce sens, le PAIDAR (Programme d' Action Intégré pour le Développement et l'Aménagement de la Région Méditerranéenne Marocaine) prévoit la mise en oeuvre d'actions de désenclavement (Rocade Méditerranéenne de Tanger à Saïdia, voie ferrée Taourirt-Nador dans le Nord-Est) et de développement économique (extension de l'irrigation, projets industriels et touristiques, création de zones franches commerciales et industrielles, électrification des campagnes...) Cependant, ne disposant pas de moyens à la mesure de ses ambitions, ce programme n'a pas encore obtenu des résultats concrets.

4- L' Oriental marocain : l'hypothétique solution du Grand Maghreb Cette région a connu des fermetures cycliques de la frontière maroco-algérienne (en 1963, de 1975 à 1987 et de 1994 à nos jours) qui ont fragilisé son économie. Le constat est le suivant : lors des périodes de réouverture de la frontière comme ce fut le cas entre 1988 et 1994, les villes de l'Oriental, en particulier Oujda et Nador, profitèrent des flux transfrontaliers de touristes maghrébins, algériens surtout, dont le nombre franchit la barre de deux millions en 1991. Ces flux ont eu des retombées positives sur les activités urbaines et économiques : construction d'hôtels, essor du commerce, des services liés au transport...Avec la fermeture de la frontière maroco-algérienne depuis 1994, l'économie de la région de l'Oriental a connu un marasme notable. Le traité de l' UMA (Union du Maghreb Arabe), signé en 1989, est resté lettre morte. Au cas où le Grand Maghreb se concrétise, l'Oriental, au lieu d' être une marge, un espace frontalier et excentré, deviendrait une zone d'articulation et une région centrale au sein du Maghreb. En effet, c'est l'une des régions les mieux situées pour bénéficier d'une éventuelle coopération maghrébine et des échanges avec l'Oranie voisine, car elle fait partie du Maghreb central ( Maroc, Algérie, Tunisie) dont la périphérie est géographiquement la Mauritanie et la Libye

CONCLUSION

Globalement, les régions périphériques du Maroc se distinguent par un système économique précaire qui pâtit à la fois des contraintes du milieu naturel, de la domination de la région Centre, mais aussi de la dépendance de ressources extérieures, ce qui représente un double risque : celui de ne pas valoriser suffisamment les potentialités propres de ces régions et celui d'être exposées aux aléas des conjonctures extérieures : verrouillage de l'Europe vis-à-vis de l'émigration, fermeture de la frontière maroco-algérienne, problème des présides espagnols, chute des arrivées du tourisme international...

Depuis l'indépendance du Maroc, l'action de l' Etat en matière de développement régional a été sporadique et ponctuelle, alors que les déséquilibres régionaux se sont accentués. La part des régions périphériques dans les investissements d'infrastructure a été toujours inférieure à leur part dans la population du pays.

Une politique volontariste de développement des régions excentrées s'impose. Il y a une nécessité pour les pouvoirs publics d'adopter une politique d'aménagement du territoire et des mesures incitatives (subventions, primes, avantages fiscaux...) au profit des régions périphériques. Cependant, étant donné que la tendance actuelle en matière d'investissements et de réalisations économiques se place sous le signe de " moins d' Etat " avec le désengagement des pouvoirs publics par le biais de la privatisation et de la mondialisation, les régions excentrées sont appelées aussi à compter sur l'initiative des acteurs locaux (élus, entrepreneurs privés, ONG...) pour impulser leur développement et s'intégrer au tissu économique national.

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