LA RELIGION DANS LA VILLE POST-APARTHEID,

LES QUARTIERS INDIENS DE DURBAN

Hélène MAINET-VALLEIX

Maître de conférences,
CERAMAC, Université de Clermont-Ferrand II

Résumé

Article complet

L'agglomération de Durban (Afrique du Sud) compte presque un quart de population d'origine indienne (800 000 habitants sur 3 millions). Si les Hindous sont majoritaires, on trouve d'importantes minorités musulmanes et chrétiennes.

Ces groupes variés ont tous été discriminés en tant “ qu'Indiens ” par les politiques coloniales et d'apartheid, soumis aux mêmes lois de cantonnement spatial. Les quartiers indiens sont encore nettement visibles, dans l'espace et dans les pratiques sociales, héritages de la politique d'apartheid. Les principaux townships indiens de l'agglomération, Chatsworth et Phœnix, comptent chacun quelque 200 000 habitants.

La religion a joué un rôle essentiel dans la structuration des groupes urbains et dans l'appropriation des espaces imposés, que ce soient les espaces domestiques et les quartiers résidentiels. Aujourd'hui, elle renforce l'ancrage des Indiens dans les territoires urbains.

Religion et construction d'une identité urbaine

De la variété des origines à une identité indienne

Les Indiens de Durban sont les descendants de deux groupes principaux de peuplement.

Les travailleurs sous contrat, venus travailler dans les plantations de canne à sucre de la colonie britannique de Natal (entre 1860 et 1911) forment le premier groupe. Leurs origines géographiques sont doubles. Une partie des travailleurs est originaire du nord-est de l'Inde (plaines indo-gangétiques, départ du port de Calcutta), ce sont des hindous de cultures hindi.

La majorité du peuplement est originaire du sud de l'Inde, partie de Madras, hindous (tamouls pour la plupart, avec des rites différents de ceux du nord) et chrétiens (de longue date pour certains, en raison de la colonisation portugaise, de plus fraîche date pour d'autres, du fait de l'évangélisation missionnaire britannique).

Au total, les Hindous constituent 90 % de ces travailleurs, avec une diversité de castes, de langues, de traditions locales très forte.

Les commerçants, originaires du nord-ouest (régions de Surat, de Bombay, du Gugarat), musulmans ou hindous des castes commerçantes. Ils sont venus directement d'Inde ou, le plus souvent, des îles de l'océan indien ou d'Afrique orientale (maisons de commerce avec antennes en Afrique australe).

Il n'y a aucun point commun et aucune relation entre ces groupes au début. Les commerçant se considèrent comme l'élite de la population indienne et cherchent des rapprochement avec les colons blancs. C'est le groupe qui a gardé le plus de relations avec l'Inde (relations matrimoniales, relations commerciales…). Pour les travailleurs sous contrat, les mélanges des personnes et des familles dans les plantations puis dans les quartiers urbains, le peu de contacts gardés avec l'Inde, entraînent une évolution rapide des référents culturels.

Si la caste disparaît rapidement comme identifiant culturel, la référence à la région d’origine s’y substitue et reste valable encore de nos jours. Les Indiens ne se pensent pas en terme de caste, mais en fonction de leur origine du Nord ou du Sud de l’Inde. Le gradient géographique est encore très prégnant. La segmentation entre Nord et Sud est visible au moment des fêtes religieuses hindoue. La célébration de la fête de la lumière, Diwali pour ceux du Nord, Deepavali pour ceux du Sud, se passe à un jour d’intervalle.

Le refuge identitaire important est la religion. Elle constitue un cadre plus large que les autres, puisqu’elle les englobe en partie. Les pratiques et les croyances ont évolué par rapport à ce qu’elles étaient en Inde, mais elles sont restées les piliers de l’identité des Indiens. La répartition des débuts s’est imperceptiblement modifiée, avec une légère érosion de l’hindouisme, une stabilisation de l’islam et une progression du christianisme. Aujourd’hui, les hindous représentent 62 % des Indiens de Durban, les musulmans 19 % et les chrétiens 12 %.

La progression du christianisme est particulièrement nette parmi la classe ouvrière indienne de Durban, car il offre davantage d’encadrement social que l’hindouisme. Il convient de distinguer entre les Eglises “ traditionnelles ” (catholique, anglicane, méthodiste ou baptiste) et les Eglises pentecôtistes (Full Gospel Church, Bethesda…). Ces dernières progressent le plus, les conversions touchant essentiellement les descendants des travailleurs sous contrat, originaires du sud de l’Inde.

Parmi les musulmans, le phénomène identitaire à l’œuvre actuellement est la distinction entre deux groupes. La majorité se réclame d’un islam hérité des ancêtres, islam indianisé dans ses rituels, tel qu’il est largement pratiqué en Inde aujourd’hui. Un courant récent se rapproche d’une pratique arabisée, cherchant à éradiquer toute indianité, perçue comme autant d’éléments folkloriques de la religion.

De même, les hindous, qu’ils soient du nord ou du sud de l’Inde, se retrouvent dans une religion qui leur permet de dépasser les clivages linguistiques vernaculaires et régionaux à travers des pratiques religieuses communes, même si les formes de l'hindouisme varient (hindouisme ritualisé, néo-hindouisme basé sur les textes).

Cependant, au-delà de ce kaléidoscope culturel, une identité indienne s’est constituée tout au long du siècle, renforcée par les politiques de ségrégation. Elle est tout à la fois imposée et assumée. Les identités ne sont pas seulement affaire de patrimoine, elles sont aussi fonction de choix collectifs, s’inscrivant dans un contexte social, économique et idéologique, qui dictent la façon d’appréhender son propre passé.

La construction de l’identité indienne relève de l’histoire. Quand les Indiens de différentes origines sont arrivés au Natal, ils ne professaient pas une identité de groupe. Face aux politiques gouvernementales se constitue progressivement une conscience identitaire à partir des années 1900, l’Etat ne concevant la représentation et l’expression politiques qu’au travers des lignes ethniques et raciales. Dans le même temps l’Etat mène une politique de ségrégation raciale qui cantonne les gens dans des espaces de vie séparés.

Alors que l’Etat impose une identité indienne de l’extérieur, ce processus est renforcé par des impulsions intrinsèques. Pris entre le marteau du gouvernement blanc et l’enclume de la masse africaine, les Indiens ont confirmé leur propre identité indienne. Mais ces constructions identitaires, imposées et largement assumées, pourvoient à de puissantes formes de mémoire et d’action collectives.

Les espaces religieux épargnés par les destructions d'apartheid

Dès la période coloniale, les commerçants indiens ont été soumis à des formes de cantonnement. La construction de l'Indian CBD, le quartier indien du centre de Durban, dans les années 1890, en est un bel exemple. Les Indiens n'ont pas eu le droit d'acquérir des terrains dans le centre européen de l'époque. Ils ont été contraints d'investir à quelques kilomètres à l'ouest pour aménager logements et commerces. Cette spatialisation s'accompagne de mesures visant à limiter leur influence économique, vivement ressentie par les colons européens.

Dans le même temps, les travailleurs sous contrat quittent progressivement les zones rurales pour s'installer dans les franges périurbaines. Les activités de maraîchage constituent les emplois principaux dans les années de l'entre-deux-guerres, rapidement relayées par les emplois d'ouvriers dans les industries liées au port qui se développent.

Dans ces quartiers, les premiers temples sont rapidement construits. Ce ne sont souvent que de simples autels construits avec les matériaux disponibles, torchis ou roseaux. A la périphérie urbaine, de petits temples en bois, briques et tôles sont érigés dans les quartiers occupés par les Indiens : celui d’Umzinto en 1864, Isipingo en 1870, Mount Edgecombe en 1869, Tongaat en 1880 et celui de Umgeni Road en 1885. En 1910, la première association hindoue, Swami Shankaranandji, obtient des autorités la reconnaissance de Diwali comme fête religieuse et chômée des hindous.

Commence ainsi progressivement l’institutionnalisation les pratiques religieuses hindou à Durban. La religion devient un élément essentiel de la vie des Indiens de cette période. En 1905, la Hindu Young Men Association (H.Y.M.A.) est fondée, des réunions ont lieu annuellement et elle reçoit des invités d’Inde. La Arya Pratinidhi Sabha promeut l’hindouisme à travers des conférences védiques et des publicités dans la presse. En 1930, la South African Hindu Maha Sabha devient l’organisation de tutelle de l’ensemble des associations hindoues. Celles-ci, ainsi que les associations des temples, célèbrent annuellement les grands festivals religieux.

La mise en place de la politique d'apartheid (à partir de 1948 et de 1950 avec la mise en place du Group Areas Act, la loi qui instaure l'apartheid urbain), radicalise et systématise la ségrégation : la plupart des anciens quartiers indiens (proches du centre) sont déclarés zones blanches ou destinées à l'extension des infrastructures portuaires. Les populations sont déplacées. On estime que 80 000 Indiens expulsés et relogés dans les townships périphériques dans les années 1960. Les anciens quartiers sont détruits. Cato Manor, Clairwood, Umgeni, autant de noms qui disparaissent pour tout ou partie de la carte.

Les édifices religieux ne sont pas tellement touchés (en proportion des destructions). La raison est liée aux fondements idéologiques de la politique d'apartheid. Les Afrikaners, descendants des Boers qui avaient, pour la plupart, fui l'Europe à cause de persécutions religieuses, ont accordé la liberté religieuse aux différentes populations vivants sur le territoire. Les édifices religieux n'ont été détruits que lorsque c'était absolument nécessaire (besoin de place pour les extensions d'usines, attribution des quartiers à d'autres population…). Aujourd'hui, la plupart des premiers temples hindous se trouvent donc isolés dans des terrains vagues, enserrés entre les bretelles autoroutières, les zones industrielles ou portuaires ou au milieu de quartiers dont la population n'est plus indienne.

Ce sursis laissé aux édifices religieux explique la place qu'ils occupent dans les pratiques des Indiens.

La patrimonialisation des territoires racines

On assiste aujourd'hui à des processus de patrimonialisation des édifices religieux reliques dans les quartiers détruits. Ils sont fréquentés annuellement lors de cérémonies collectives (festival de Kavady, de Draupadi). Le festival de Draupady est particulièrement prisé et spectaculaires car les fidèles marchent sur les braises au rythme de la musique. Les cérémonies durent plusieurs jours (retraites, mise en condition, clou de la cérémonie avec les braises). Les Indiens de toute l'agglomération viennent assister à ces festivités. C'est l'occasion de renouer d'anciennes sociabilités mais aussi de se souvenir de la ville d'avant. Les temples de Somtseu road, d'Umgeni road, de Bellair road à Cato Manor sont désormais des symboles de ce qu'était la vie à Durban avant la politique d'apartheid.

De même, la fréquentation des cimetières montre la place tenue par les anciens quartiers aujourd'hui détruits comme Clairwood ou Umgeni, qui sont encore les lieux d'inhumation d'un grand nombre d'Indiens. De Chatsworth et Phœnix, les deux principaux townships indiens de Durban, seul Chatsworth possède un cimetière. Les habitants de Phœnix sont encore majoritairement incinérés ou enterrés dans les vieux cimetières, cimetières de quartiers qui n'existent plus.

Ces espaces religieux fonctionnent désormais comme des lieux de la mémoire urbaine, témoins de la part prise par les Indiens au développement de Durban. Ils ont une fonction identitaire primordiale, car ils ancrent les Indiens dans la géographie et dans l'histoire de la ville. Ils sont à la fois religieux, sacrés et symboliques.

Le rôle de la religion dans l'appropriation des espaces imposés

La religion a joué un rôle essentiel dans l'appropriation de l'espace des townships par les habitants. Elle a été vecteur de cohésion sociale pour des groupes déracinés, puissant marqueur identitaire à travers la construction de nouveaux espaces sacrés et de nouvelles pratiques religieuses.

Espaces domestiques et pratiques religieuses

Les Indiens se sont appropriés les logements imposés de manière à la fois physique et symbolique.

L'appropriation physique est visible à travers les nombreux travaux et aménagements faits pour adapter les logements standardisés des lotissements aux structures familiales (ajouts de pièces, construction de bâtiments d'arrière-cour).

L'appropriation symbolique est essentiellement visible dans les maisons hindou. Dans les logements des familles chrétiennes ou musulmanes, l'appropriation passe par des décorations d'inspiration religieuse (photographies de la Kaaba, crucifix…). L'hindouisme, religion basée sur des pratiques familiales, quotidiennes, se prêtait bien à l'appropriation de ces espaces fondamentaux de l'identité urbaine, de ces “ coins du monde ” que sont les logements. La pratique qui consiste à ériger des poojahs, drapeaux protecteurs, devant les maisons est légion. Ces drapeaux rouges ou verts émaillent les paysages des township. Ils sont installés lors des cérémonies familiales (mariages, baptêmes, achat d'une nouvelle voiture, examens des enfants…) et régulièrement renouvelés.

La construction d'autels domestiques fait également partie de cette appropriation. Ce sont, le plus souvent, des autels portatifs installés dans la salle à manger, devant lequel les rituels quotidiens sont pratiqués (allumage des lampes de prières, offrandes), mais les autels plus importants, construits dans les cours, sont nombreux.

Les stratégies matrimoniales qui visent à renforcer la cohésion de groupes au sein de la communauté indienne sont vécues comme essentielles, garantes de l’identité culturelle des Indiens. Les mariages indiens, entre personnes de religions différentes sont extrêmement rares. La jeune mariée entre, symboliquement, voire concrètement, dans la famille et la maison de son époux. Elle doit en adopter les pratiques et les espaces.

Lieux et liens sociaux dans les quartiers indiens

Les Indiens se sont adaptés aux townships, quartiers imposés par les autorités, en recréant des associations religieuses et en construisant de nouveaux lieux de culte.

Les autorités municipales ont construits les logements, les équipements collectifs ( écoles, dispensaires, terrains de sports), mais les édifices religieux ont toujours été du ressort des populations.

Il faut noter le rôle de la religion pour la cohésion communautaire et notamment des organisations hindou. Les habitants se mobilisent pour trouver des fonds et reconstruire les édifices religieux. Dès 1962 est construit le premier temple à Bayview (premier quartier du township de Chatsworth), le Chatsworth Siva Alayam, tout d’abord en bois et tôles, grâce à l’association Bayview Temple Society. Les mosquées et églises suivent, souvent plus grandes et construites en dur, car ces communautés religieuses disposent de soutiens financiers extérieurs.

Les organisations religieuses sont également engagées dans des actions sociales et communautaires, avec des programmes d’aide aux personnes démunies. Ce sont elles qui mettent en place les structures pour aider les personnes âgées. L’exemple le plus connu est celui de l’Aryan Benevolent House, construite à Chatsworth, par la communauté, pour accueillir les personnes âgées et handicapées. Les associations religieuses œuvrent aussi pour le maintien des traditions culturelles à travers les cours de langues indiennes, de chants et musiques traditionnels.

Il en est de même pour les chrétiens. L’Ebenezer Temple ouvre en 1967, le premier édifice protestant de Chatsworth, appartenant au Bethesda Movement. Les Eglises organisent des activités pour les jeunes pendant les vacances scolaires et le dimanche, dans les parcs et les écoles (projection de films, jeux…). Des associations de femmes sont également créées. Pour la communauté musulmane, la Chatsworth Muslim Society est constituée. Elle organise la construction de mosquées, la première étant celle de Bayview. Les écoles coraniques se mettent en place progressivement. La Society se charge également d’organiser les inhumations selon les rites musulmans. Toutes ces associations religieuses jouent donc un rôle essentiel d’encadrement social.

Dans un même township, coexistent temples hindous, mosquées, églises catholiques et temples protestants divers. Les édifices religieux sont nombreux et reflètent la diversité culturelle des habitants. C’est dans les townships que cette diversité est la plus grande. Les anciens quartiers indiens, pré-apartheid, étaient moins mélangés. A Clairwood, par exemple, on ne trouve ni mosquée, ni église. Les Chrétiens de Clairwood fréquentent des lieux de culte extérieurs à leur quartier. De même, dans le quartier central de Grey Street, massivement occupé par des musulmans, on ne trouve que des mosquées. Si on prend l’exemple de Chatsworth, ce sont la diversité et la densité des constructions qui frappent, montrant ainsi l’importance de la pratique religieuse pour les habitants ainsi que la bonne coexistence entre les différentes confessions. A Havenside, pour ne prendre que cet exemple, se trouvent la Pentecostal Protestant Church, la Chatsworth Baptist Church, la Islamia Musjid Mosque, la Saint John’s Catholic Church et le Shri Vishnu Temple.

Les salles communautaires sont également nombreuses. Elles sont parfois construites à côté d’un temple hindou, lorsque c’est une même association qui les gère. Elles sont louées à des particuliers ou à des associations pour des mariages, des fêtes, des réunions publiques. Elles constituent, avec les monuments religieux et les commerces, certains des lieux les plus importants sur le plan social. Ce sont des points de rencontre et des repères sociaux des paysages des quartiers.

Le rôle des associations est primordial dans la vie quotidienne des quartiers indiens. Ce sont les associations religieuses qui regroupent le plus de personnes, notamment les Eglises chrétiennes (33,3 % des personnes membres d’une association) et les associations de temples hindous (19,9 %). Les associations de proximité que sont les associations sportives (29 %) et de voisinage (24,7 %) forment l’autre groupe important.

Malgré les facteurs d’occidentalisation et de sécularisation des pratiques communautaires et individuelles, les indicateurs religieux sont encore forts. Dans les années 1980, à l’heure du boycott culturel, les temples, mosquées et églises ont connu un renouveau spirituel dans les quartiers indiens. Les différentes associations religieuses sont toujours les fers de lance de la promotion de la religion et des festivals annuels. Le festival de Kavady rassemble annuellement plus de 1 000 fidèles dans les quelques temples qui le pratiquent encore.

Outre leur aspect purement religieux, les Eglises jouent actuellement un rôle social capital dans les townships. A travers les formes d’engagement social tournées vers les Indiens les plus pauvres et vers les quartiers africains voisins, les Eglises missionnaires, en insistant sur des valeurs comme le travail ou l’éducation, trouvent un écho important chez les Indiens de Durban. Nombreuses sont les conversions de l’hindouisme au christianisme, dans les quartiers les plus démunis, où les habitants trouvent un réconfort quotidien que la pratique individualiste de l’hindouisme ne leur apporte pas. Des soutiens financiers et moraux sont organisés auprès des membres.

Toutes ces associations occupent donc une part significative de la vie des habitants. Cet encadrement social se retrouve dans toutes les communautés, sous des formes spécifiques. C’est une forme d’adaptation à la société urbaine de Durban, influencée par le modèle anglo-saxon où les associations de femmes, clubs et autres Eglises ont une importance capitale. Elles sont lieux d’enracinement dans une communauté de vie et dans un espace. Elles forgent la base des sociabilités indiennes de proximité.

Conclusion

Ce sont là des élément qui montrent l'importance des pratiques religieuses dans la structuration de l'espace urbain. L'histoire urbaine des Indiens chahutée et violente a renforcé l’importance du logement et du quartier, comme creusets des identités indiennes. Espaces et pratiques religieuses structurent la vie des Indiens de Durban. Ils ancrent les citadins dans leurs territoires urbains. Les espaces fréquentés, profondément appropriés, symbolisent l’appartenance, après l’errance, le besoin de refuge. Ce sont autant “ de métaphores spatiales de la stabilité ” (Di Méo, 1998).

Eléments bibliographiques

  • DI MEO, G., 1998, Géographie sociale et territoires, Paris, Nathan Université, 320p.

  • FREUND, B., 1995, Insiders and Outsiders : the Indian Working Class of Durban 1910-1990, Pietermaritzburg, University of Natal Press, Londres J.Currey, collection “ Social History of Africa ”, 133p.

  • MAINET, H., MAHARAJ, B., 1998, “ Entre Orient et Occident : l’identité indienne dans la ville sud-africaine ”, GERVAIS-LAMBONY, P., (dir.), “ L’Afrique du Sud recomposée ”, Géographie et culture, 28, hiver, pp.105-117.

  • MAINET-VALLEIX, H., 2002, Durban, les Indiens, leurs territoires, leur identité, IFAS-Karthala, 288p.

  • SCOTT, D., 1992, “ The Destruction of Clairwood : a Case Study on the Transformation of Communal Living Space ”, SMITH, D., The Apartheid City and Beyond : Urbanization and Social Change in South Africa, Londres, Routledge, Johannesburg, Witwatersrand University Press, 322p, pp.87-98.

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 2002