ORGANISATION TERRITORIALE DES LIEUX
DE CULTE DES DIVERSES COMMUNAUTÉS
À BEYROUTH

Thom SICKING s.j.

Géographe
Université de Beyrouth, Liban

Résumé

Article complet

1 - Différentes façons de prendre soin des croyants

Toute religion s’organise pour prendre soin de ses fidèles et met donc en place une structure institutionnelle. Un des aspects de cette organisation est la façon dont l’institution se situe dans l’espace: ses services doivent être accessibles au plus grand nombre de fidèles. Les autorités chrétiennes et musulmanes ne s’y prennent pas de la même façon. C’est ce qui rend la comparaison délicate. Signalons donc quelques différences importantes, avant d’entamer une étude comparative des lieux de culte chrétiens et musulmans dans la ville de Beyrouth (sans ses banlieues)1.

Les chrétiens

Les Eglises catholiques divisent le territoire en diocèses et chaque diocèse en paroisses. Par ce quadrillage systématique elles obtiennent que tout chrétien, où qu’il habite, relève toujours d’un curé et chaque curé d’un évêque. Mise à part d’autres services qu’elles rendent, les paroisses correspondent à un genre d’état civil religieux : baptêmes, mariages et décès sont systématiquement enregistrés dans le registre de la paroisse, après avoir été célébrés dans une église.

Le centre de ces activités est l’église paroissiale, avec son curé. Ainsi, chaque Eglise catholique divise la ville de Beyrouth en paroisses, plus ou moins étendues. Chacune dispose d’au moins une église paroissiale. Parfois d’autres églises ou chapelles se trouvent sur le territoire d’une même paroisse et relèvent d’un même curé.

A côté des ces centres administratifs, d’autres lieux de culte existent. Ils ont été construits par des congrégations religieuses qui, dans le cadre de leurs institutions - écoles, hôpitaux, couvents - construisent des chapelles où de nombreux services sont rendus. Cependant, contrairement aux curés de paroisse, les prêtres qui servent dans ces églises n’ont pas la responsabilité administrative de ceux qui y viennent. Si des mariages, baptêmes ou enterrements sont célébrés dans ces églises ils le sont avec l’autorisation du curé responsable de la personne.

Cette organisation administrative des paroisses a été introduite au Liban vers la fin du 18e siècle suivant le modèle de l’Eglise latine après la réforme du Concile de Trente. L’organisation propre des Eglises orientales est différente2. Plutôt que de raisonner en termes de territoire, ces Eglises se réfèrent aux familles. Dans les villages importants ou dans les quartiers de la ville se trouvent plusieurs grandes familles. Il est fréquent que chacune de ces familles construise son église, où viennent prier leurs membres et alliés. Les prêtres qui les desservent n’ont pas la responsabilité d’un territoire, mais d’une église et des personnes qui la fréquentent. Dans le rituel de l’ordination sacerdotale des Eglises orientales – celles de tradition syriaque aussi bien que celles de tradition byzantine – un prêtre est ordonné « sur l’autel d’une église ». Ces prêtres, autrefois tous mariés3, faisaient souvent partie de la même famille qui avait construit l’église. Lorsque le village est petit ou pauvre, il n’y a qu’une seule église avec son curé du village, mais le principe est le même : il sert cette église et ceux qui y viennent. Dans quelques villages libanais on peut trouver une vingtaine d’églises : nombre qui dépasse largement le besoin de lieux de culte calculé en fonction du nombre de fidèles. Durant longtemps plusieurs prêtres s’occupaient de ces fidèles, sans qu’un parmi eux fût « curé de paroisse ».

L’organisation paroissiale s’est pour les Eglises catholiques superposée s à cette ancienne tradition. Aujourd’hui le curé d’un village est nommé par son évêque et non pas désigné par une famille. Et lorsque plusieurs églises familiales existent sur un même territoire paroissial, le curé célèbre les sacrements dans chacune d’elles, selon ses possibilités et selon les besoins de la population. Il arrive qu’une telle église familiale ne s’ouvre que quelques fois durant l’année pour célébrer la fête du patron de l’église, ou un mariage ou un décès d’un membre de la famille.

Quant aux Eglises orientales qui ne reconnaissent pas l’autorité romaine, l’organisation paroissiale ne s’est pas imposée. Cependant, la situation de fait est aujourd’hui semblable à celle des Eglises orientales catholiques, puisque les familles ne peuvent plus donner des curés à leurs églises, de sorte qu’un même curé dessert souvent plusieurs églises, et devient ainsi responsable du territoire pratiquement comme son collègue catholique.

Ainsi nous pouvons distinguer trois genres d’église : églises paroissiales, églises (ou chapelles) appartenant à des congrégations religieuses et églises correspondant à des dévotions familiales, aujourd’hui le plus souvent intégrées dans des structures paroissiales.

Il reste à remarquer que quelques églises appartenant à des congrégations religieuses sont devenues des paroisses et que quelques chapelles qui n’ont pas le titre de paroisse, attirent régulièrement un même groupe de fidèles, et deviennent par là presque des paroisses, sans avoir ni le nom ni les droits juridiques.

Les musulmans sunnites4

Le musulman doit prier cinq fois par jour. Il est libre de le faire là où il veut et n’a aucun besoin d’une mosquée. La mosquée est un bâtiment où les cinq prières sont quotidiennement assurées sous la direction de l’imam. Elle prend plus d’importance le jour du vendredi où les musulmans sont obligés de prier ensemble et d’écouter la prédication.

Durant longtemps les mosquées étaient construites aussi bien sur initiative privée que par la direction des « awqâf »5 de Dar el Fatwa. Un imam est nommé pour y assurer les cinq prières. Parfois l’imam est simplement choisi par les fidèles qui se rendent à la mosquée, contrairement au prédicateur (« khatib ») qui reçoit sa désignation par Dar el Fatwa et doit être mandaté par le Mufti de la République. Un même « khatib » peut prêcher dans plusieurs mosquées, même s’il arrive, surtout pour ceux qui ont une certaine réputation, qu’on préfère le lier de façon stable à une même mosquée. L’imam est aidé par une commission nommée par Dar el Fatwa qui s’occupe surtout des questions matérielles. Selon sa personnalité (et sa formation) il joue un rôle plus ou moins important dans son quartier.

Le musulman n’est pas lié à une mosquée : il peut aller là où il veut. L’enregistrement des naissances et des mariages ne se fait pas à la mosquée, mais aux tribunaux. Contrairement aux chrétiens il ne s’agit pas là d’actes religieux, mais de formalités administratives : il n’y a pas l’équivalent des sacrements chrétiens en islam.

La fonction essentielle de la mosquée est donc d’être un lieu de prière, un lieu de célébration des grandes fêtes musulmanes et un lieu d’étude de la religion. Parfois on joint à une mosquée importante une « madrasat », une école où l’on enseigne le Coran et son interprétation autorisée.

L’islam ne connaît pas la distinction chrétienne entre Eglise et Etat. C’est pourquoi le Mufti de la République, le plus important personnage sunnite au Liban, est un fonctionnaire d’Etat. Il est élu par le conseil des notables sunnites (ministres, anciens et actuels, avocats, ingénieurs, médecins, hommes politiques, etc.) et il est nommé par décret présidentiel. Il réside à Dar el Fatwa où il dispose de plusieurs services administratifs, dont la direction générale des waqfs et le conseil supérieur législatif sont les plus importants. Il s’y trouve également l’université islamique de Beyrouth avec son école primaire, secondaire et ses facultés.

Dar el Fatwa6 de Beyrouth a la responsabilité de la ville supervise les quatre directions régionales (Tripoli, Saida, Mont Liban et la Bekaa).

Cependant, il y a à Beyrouth un organisme sunnite important, les « Maqâsed7 », responsable de plusieurs écoles, d’un hôpital et d’autres institutions. Cet organisme dispose de quelques mosquées, pour lesquelles il nomme non seulement les imams, mais aussi les khatib. Il a donc une certaine autonomie par rapport à Dar el Fatwa.

Un autre groupe – les Ahbâch – occupe trois mosquées et nomme ses propres prédicateurs. Ils représentent une tendance fondamentaliste et sont en opposition avec Dar el Fatwa dont ils ne reconnaissent pas l’autorité.

Comparaison

Les paroisses chrétiennes ont un rôle administratif important, ce qui n’est jamais le cas des mosquées. L’administration des musulmans relève d’un organisme central, qui par la désignation des prédicateurs des mosquées et par le contrôle des biens waqfs exerce son influence.

Le musulman est libre de prier où il veut : une éventuelle absence de mosquée ne change rien d’essentiel pour lui. Le chrétien est lui aussi libre de prier où il veut, mais pour l’Eucharistie – qui est une part essentielle de sa vie de chrétien, et pour recevoir plusieurs autres sacrements il doit aller à une église. L’importance de celle-ci est donc bien plus grande que celle d’une mosquée pour le musulman.

Les mosquées étaient durant longtemps construites sur initiative privée. Ce n’est que depuis un peu plus d’un an qu’une loi, issue du conseil législatif de Dar el Fatwa, oblige les constructeurs de mosquées d’enregistrer leur projet auprès de la direction des waqfs qui en devient le propriétaire. Les anciennes mosquées sont aujourd’hui invitées à régulariser leur situation, mais cela prendra encore beaucoup de temps.

Les églises ont également souvent été construites sur initiative privée, mais ne peuvent fonctionner sans accord avec l’évêque responsable qui lui assure un prêtre. Puisque le chrétien a besoin d’églises, bien plus que le musulman n’a besoin de mosquées, les évêques prennent l’initiative de les construire là où se trouve un nombre important de chrétiens et où les familles ne les ont pas précédés.

Malgré ces différences, il y a aussi quelques aspects communs : églises et mosquées servent à rassembler les fidèles et leur procurent un sentiment d’appartenance communautaire. Ces bâtiments marquent un territoire ou un quartier comme globalement chrétien, musulman ou mixte.

Les minarets avec les appels à la prière (parfois bien bruyants) sont une autre façon d’affirmer la présence. Les clochers chrétiens jouent un rôle analogue.

Les grandes familles libanaises ont tenu à marquer l’appartenance à leur communauté par la construction d’une église ou d’une mosquée. Ces constructions sont sans doute l’expression d’une dévotion sincère, mais on ne peut échapper à l’impression qu’elles constituent aussi une façon de glorifier la famille et marquent l’emprise d’une famille sur un lieu donné.

Les chrétiens sont juridiquement liés à la paroisse de leur Eglise8. De fait il est fréquent que les chrétiens en ville vont à l’église la plus proche ou celle qu’ils aiment le mieux, sans tenir compte de leur appartenance paroissiale. Ils ne viennent alors à leur église paroissiale seulement pour les formalités administratives. En cela ils se comportent donc quelque peu comme les musulmans qui vont à la mosquée qui leur plaît le mieux.

Ces clarifications peuvent aider dans la lecture de la carte de Beyrouth qui montre comment les diverses communautés manifestent leur présence dans la ville à travers leurs lieux de culte.

2 - Un relevé des lieux de culte dans la municipalité de Beyrouth

Si vous allez consulter la carte des lieux de culte de la commune de Beyrouth vous constaterez qu’il y a 101 églises et 57 mosquées. Proportion étonnante si l’on considère qu’il y a à Beyrouth probablement plus de musulmans que de chrétiens.9

Beaucoup moins étonnante cependant si l’on se rend compte que ces chrétiens représentent dix Eglises10, tandis que les mosquées appartiennent dans leur très grande majorité à une seule communauté musulmane (50 bâtiments sunnites, contre 7 pour les musulmans chi’ites). Chaque Eglise importante doit assurer des lieux de culte partout où se trouvent ses fidèles. Il y a donc un réseau d’églises grecques orthodoxes, grecques catholiques, maronites, et arméniennes apostoliques. A cela s’ajoute un nombre important de lieux de culte protestants (21 bâtiments), à cause de la diversité des dénominations protestantes, (anglicans, baptistes, luthériens, presbytériens etc.).

Ainsi on compte à Beyrouth 16 églises paroissiales maronites, 13 grecques orthodoxes, 9 grecques catholiques, 5 arméniennes apostoliques, 2 arméniennes catholiques, 2 syriaques orthodoxes, 2 syriaques catholiques et 1 assyrienne, soit 50 églises paroissiales. Chacune est d’abord destinée aux membres de l’Eglise, et non pas à l’ensemble des chrétiens.

Lieux de culte protestants

Les lieux de culte protestants sont très nombreux proportionnellement à la population protestante. Nous en avons dénombré 21. Parmi eux il y a 7 églises baptistes, toutes construites après 1950. Les communautés baptistes font une forte propagande, cherchant à attirer les chrétiens d’autres Eglises. Elles se démarquent par là des autres communautés protestantes qui ont adopté dans le cadre du mouvement œcuménique le principe du refus du prosélytisme, c’est-à-dire le refus de chercher à attirer chez soi des chrétiens d’autres confessions. Les autres églises protestantes reflètent les origines diverses des protestants à Beyrouth : une église anglicane, une église protestante allemande, une église évangélique française, deux églises évangéliques arméniennes, etc. C’est la diversité de l’univers protestant qui explique donc le nombre relativement élevé d’églises protestantes.

Centre ville

Le centre de Beyrouth constitue un cas bien particulier. La guerre a pratiquement vidé le centre de ses habitants. Un grand effort de reconstruction ou de restauration est en cours aujourd’hui. Toujours est-il qu’il n’y a que peu d’habitants. Ce lieu est pourtant rempli de bâtiments religieux importants. La raison est simple : chaque communauté veut être présente dans ce lieu hautement symbolique. Tout près du parlement, dans le périmètre de la place de l’étoile se trouvent la cathédrale grecque orthodoxe - saint Georges - (sa restauration est presque terminée), la cathédrale grecque catholique - saint Elie - (toujours en ruine, mais un projet de restauration existe), la cathédrale maronite, entièrement renouvelée. La grande mosquée omeyyade (une ancienne église des croisés) et trois autres mosquées sunnites se trouvent dans le même périmètre. Il s’agit de bâtiments historiques, tous en voie de rénovation ou déjà rénovés. A cinquante mètres de la cathédrale maronite un chantier s’est ouvert pour une autre grande mosquée monumentale avec quatre minarets. L’association qui la construit voudrait en faire une mosquée ouverte à tout musulman, qu’il soit sunnite ou pas. Un peu plus loin se trouve la cathédrale arménienne catholique – saint Elie -, presque miraculeusement échappée aux dégâts de la guerre, une importante église arménienne apostolique – saint Nichan - et une église protestante – presbytérienne – entièrement détruite et reconstruite. Ainsi le centre ville est un lieu où se trouve presque toute la mosaïque des communautés libanaises, en miniature. Il en est ainsi depuis longtemps, et l’absence d’habitants depuis la guerre n’y a rien changé.

Chapelles des écoles

Un autre cas particulier, déjà signalé, est celui des écoles. Les écoles chrétiennes, dans leur souci de donner aussi une formation chrétienne à leurs élèves, célèbrent souvent l’Eucharistie durant l’horaire scolaire. Nous avons compté 21 églises ou chapelles de ce genre. L’une ou l’autre d’entre elles sert aussi d’église paroissiale cumulant ainsi plusieurs fonctions.

Les écoles privées musulmanes, beaucoup moins nombreuses, ont parfois suivi ce modèle en créant dans l’école une salle de prière (« mousallat »11). Notre enquête en a dénombré 3, mais il est possible que quelques unes aient échappées à l’attention des enquêteurs, puisqu’elles sont peu visibles.

Lieux chi’ites, druzes et juif.

Concernant les lieux de culte chi’ite dans la municipalité de Beyrouth, l’enquête a trouvé 6 mosquées et un « mousallat ». Elles sont toutes récentes, puisque durant longtemps il n’y avait pas de ch’ites à Beyrouth. Ils s’y sont introduits durant la guerre, notamment dans l’ancien quartier juif et ses environs, vidé de ses habitants d’origine durant la guerre et remplacés par des réfugiés chi’ites venus du Sud du pays.

Les druzes sont eux aussi peu nombreux à Beyrouth. Leur lieux de prière sont différents de tout ce qui a été mentionné jusqu’ici par l’absence de signes extérieurs : ni minaret, ni clocher, ni bâtiment de forme spéciale. Il devient donc difficile de les voir : rien ne les distingue des maisons de la ville. Il y a la maison de la communauté, à Beyrouth ouest, centre important où ont lieux les réunions officielles autour du « Cheikh Aql » druze. Deux autres lieux ont été signalés par l’enquête, sans que l’on puisse les assimiler clairement à des « lieux de culte ».

Il y a enfin à Beyrouth une seule synagogue, aujourd’hui en ruine. Cependant, les destructions systématiques des bâtiments endommagés au cours de la guerre a épargné ce lieu : il doit être restauré et est considéré comme une partie intégrante de l’histoire du Liban. Sa présence dans le centre ville de Beyrouth montre la volonté des libanais de respecter l’ensemble de la mosaïque des 17 communautés officiellement reconnues au Liban. Le caractère multiconfessionnel constitue l’essence même de l’identité libanaise.

Depuis la guerre il est devenu courant de parler d’un Beyrouth divisée en deux parties : l’est chrétien et l’ouest musulman. Il est vrai que beaucoup de chrétiens qui habitaient dans la zone ouest ont quitté leur quartier. Seule une minorité y est restée. Cependant, ce qui est le résultat de la guerre ne correspond pas aux intentions des communautés. C’est sous la pression des événements que la configuration a changée. C’est pourquoi il n’est pas sans intérêt – dans la mesure où nos données le permettent12 – de voir quelle était la situation à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Le Beyrouth du début du 20e siècle.13Les sunnites, les grecs orthodoxes et les grecs catholiques.

Comme cela a déjà été signalé, le « vieux Beyrouth » était essentiellement habité par des musulmans sunnites et des chrétiens grecs orthodoxes ou catholiques. C’est pourquoi il est intéressant de voire la répartition des lieux de culte de ces trois communautés. Il devient alors clair que la division entre est et ouest n’a pas toujours existé.

Pour les églises grecques orthodoxes, nous trouvons d’abord une grande concentration d’institutions à l’est du vieux centre de la ville.

L’archevêché se trouve dans le quartier dit « Sursock », nom d’une famille importante. Il y a une concentration autour de ce centre : une petite église de l’archevêché (saint Antoine, récente, à côté du bâtiment où réside l’archevêque, bien plus ancien), une paroisse (saint Nicolas) dont l’ancienne église datant de 1876 a été endommagée durant la guerre puis détruite entièrement et remplacée par un bâtiment plus important. A quelques centaines de mètres de là se trouve un cimetière avec une église (Mar Mitr - 1870).

Egalement à l’Est il y a un monastère, (sainte Catherine - 1880 avec une école importante (Zahret el Ihsan) ; et un autre (Notre Dame de la Présentation - 1909) dont l’église est devenue une église paroissiale.

La paroisse de Notre Dame de l’Annonciation (début XIXe siècle) est en cours de restauration et se trouve plus à l’intérieur du quartier d’Achrafieh.

Enfin, plus récent, un hôpital important (saint Georges) avec sa chapelle, une école (Notre Dame de l’Annonciation), avec son église, et un asile de vieillards, également avec son église, plus ancienne (saint Georges 1913).

La cathédrale - saint Georges (1764) - du centre-ville a été fortement endommagée durant la guerre. Durant les travaux de restauration des fouilles ont révélé l’existence d’une très ancienne église.

La concentration d’institutions proches de l’archevêché ne signifie pas que la communauté se limitait à ce côté de la ville. A l’ouest nous trouvons la paroisse des saints Michel et Gabriel (1885), le couvent saint Elie Btina, reconverti en école, avec son église, la paroisse de Notre Dame des Douleurs (1860) avec une école et un centre médico-social, la paroisse saint Elie (XIXe siècle) dans le quartier de Mousseitbé, fief de la famille sunnite des Salam.

Quant à la communauté grecque catholique : elle compte 9 églises paroissiales, 4 se trouvent à l’ouest de la ligne de démarcation : une au centre-ville, la cathédrale saint Elie (1864), une sur la ligne de démarcation même (l’église de l’archevêché) et 2 paroisses bien à l’ouest de la ville.

Regardant les dates de construction des églises on constate qu’au 19e siècle il y avait deux églises importantes, la première Notre Dame de l’Annonciation, construite à l’ouest en 1845 et la deuxième, le saint Sauveur, à l’est en 1887. A côté de la plus ancienne église se trouve un collège, connu comme « le collège patriarcal », école privée - toujours en fonction – relevant aujourd’hui de l’archevêché de Beyrouth.

Ce petit survol indique bien qu’au XIX siècle, les communautés grecques orthodoxes et catholiques se trouvaient partout à Beyrouth. La division de Beyrouth en deux parties n’a donc pas toujours existé. Le vieux Beyrouth est une ville sunnite, avec une importante population grecque orthodoxe, et lorsqu’une partie de cette communauté décide de s’unir à Rome, elle crée ses propres paroisses, dans les mêmes quartiers vivant au milieu de la population sunnite de Beyrouth.

Les sunnites

Quant aux sunnites : ils ne se décomposent pas, comme les chrétiens, en plusieurs communautés. Leurs mosquées se trouvent donc presque toutes dans le vieux Beyrouth et son extension plus récente dans le quartier commercial de Hamra et au delà. Par l’extension de la ville à l’est cet ensemble est devenu « Beyrouth ouest ». Autrefois c’était Beyrouth tout court. Deux mosquées se trouvent cependant dans l’autre partie de la ville. D’abord la mosquée dite « Beydoun », du nom de la famille qui l’a fait construire. Elle se trouve proche de la route de Damas, du côté est. Puis la mosquée Khodr14. Cette mosquée est typique pour l’histoire mouvementée de plusieurs lieux de culte de Beyrouth. A l’origine il y avait là une très ancienne église dédiée à saint Georges, datant de 327. La date est connue à cause d’une colonne de marbre blanche qui y fut apportée par sainte Hélène. Au VIIIe elle servait de lieu de repos à l’Imam Ouzaï, grande figure de l’islam sunnite. Au XIIe siècle elle fut rétablie comme église par les croisés. En 1661 elle fut définitivement transformée en Mosquée el Khodr. Aujourd’hui le vieux bâtiment est en restauration, tandis qu’une nouvelle mosquée a été construite à côté.

S’il n’y a donc que très peu de mosquées dans la partie occidentale du Beyrouth municipal, plusieurs ont été construites plus loin dans la banlieue est, notamment dans le quartier de Nabaa, mais ce quartier n’est pas compris dans notre enquête.

4. Les autres communautés et leur installation à Beyrouth

Lorsque les autres communautés chrétiennes vinrent s’installer à Beyrouth, la ville va s’est étendue, surtout vers l’est. La logique de leur implantation suit celle des communautés grecques : un lieu important dans le centre ville, ou proche, un centre administratif en bordure de la ville de l’époque, et des églises paroissiales dans les nouveaux quartiers, mais aussi dans l’ancienne ville.

Les maronites.

C’est ainsi que nous trouvons l’archevêché maronite de Beyrouth près de l’hôpital grec orthodoxe. Il s’agit d’un complexe où se trouvent, à côté de l’église, les bâtiments de l’archevêché et de l’école de la Sagesse. L’évêque qui en a pris l’initiative, Mgr Debs, a également inauguré la cathédrale maronite, commencée par son prédécesseur, Mgr Toubia Aoun en 1870 Elle se trouve dans le centre ville, à côté de celle des grecs orthodoxes. Quelques années plus tard la paroisse de saint Elie (1905), a été construite à Kantari. Pas loin du centre se trouve l’église saint Maron (1920). C’était la première installation des maronites à Beyrouth.

Puis il faut attendre les années 1940 à 60 pour voir arriver trois autres églises paroissiales maronites dans les quartiers occidentales de la ville : Sainte Rita, saint Charbel et Notre Dame du Rosaire et plusieurs nouvelles églises vers l’ouest Ainsi il y a aujourd’hui 11 églises paroissiales maronites dans les quartiers est et 5 dans les quartiers ouest.

Les arméniens apostoliques.

Les arméniens apostoliques venus au Liban en nombre dans les années 1920 ont construit une église importante proche du centre ville : saint Nichan 1938). Leurs autres églises se trouvent près des lieux où la communauté a trouvé refuge, pas loin du port de Beyrouth, à l’est de la ville.

Les arméniens catholiques.

Les arméniens catholiques – moins nombreux – ont suivi le même modèle : une cathédrale – saint Elie – près du centre ville et le patriarcat plus à l’est (quartier Geitaoui).

Les syriaques orthodoxes

Peu nombreux, les syriaques orthodoxes ont suivi le chemin inverse des autres communautés. Ils ont construit une paroisse importante à Mousseitbé, quartier essentiellement sunnite. Ils y ont construit en 1931, avec une école. Ce n’est qu’en 1993 qu’ils construisent une autre église paroissiale, saints Pierre et Paul, à l’autre côté de la ville.

Les syriaques catholiques

Les syriaques catholiques s’installent d’abord comme réfugiés dans le quartier de l’Hôtel Dieu, dans les années vingt. Une petite cathédrale y est érigée en 1932, remplacée par une église plus importante en 1971. Dans le même quartier ils ont établi le patriarcat, en 1930. Vers le centre ville il y avait une ancienne église saint Georges (1878), mais elle est aujourd’hui hors usage.

Les assyriens

Les assyriens sont très peu nombreux à Beyrouth : ils se trouvent plutôt dans la banlieue. Ils ont cependant une petite église près de l’Hôtel Dieu, donc à Beyrouth est. Le local, à l’intérieur d’un immeuble, a d’abord été un lieu de prière druze (khelouat) et fut transformée en église saint Ananie en 1998.

Les latins.

Quant aux latins, ils ont construit l’église saint Louis (1850) au centre ville, une église paroissiale saint François (1937) avec une école dans le centre commercial de Hamra à l’ouest, et une école dont l’église sert également de paroisse à l’ouest : Notre Dame des Anges (1960).

On voit donc une concentration d’églises à l’est de la ville, mais également le souci d’être présent au centre ville et dans les quartiers plus anciens de l’ouest.

En résumant nous constatons donc que le « vieux Beyrouth » du XIXe et du début du XXe siècle est une ville surtout sunnite, ou les chrétiens, d’abord les grecs orthodoxes et catholiques, puis les autres communautés, sont présents L’extension orientale de la ville est surtout l’œuvre des chrétiens d’autres communautés, installés plus tardivement à Beyrouth. Ces communautés cherchent toutes à avoir un pied à terre dans le vieux centre, lieu où toutes les communautés libanaises se rencontrent. L’est est ainsi couvert d’un réseau d’églises paroissiales. On n’y trouve presque pas de mosquées, parce qu’il n’y a que peu de musulmans.

5 - Quelques conclusions

L’observateur non averti qui a entre les mains une carte de Beyrouth, où sont signalés les lieux de culte chrétiens et musulmans risque de faire de nombreuses interprétations erronées. Il verra un nombre d’églises supérieur au nombre des mosquées, mais il constatera que le tout semble être assez équitablement réparti, plus de mosquées dans les quartiers ouest, plus d’églises dans les quartiers est correspondant à une concentration de musulmans ou de chrétiens dans chacune des deux parties de la ville.

Lorsqu’il fait abstraction des chapelles des écoles, et des lieux de culte protestants, particulièrement nombreux à cause de la diversité du monde protestant à Beyrouth, il aboutit à un équilibre entre les deux religions. Mais il ne se rend pas compte que cet équilibre cache une situation très différente.

Les églises de Beyrouth correspondent au souci des autorités d’assurer un lieu de culte à leurs fidèles proche de leur lieu d’habitation. Il est rare de voir à Beyrouth deux églises, appartenant à une même confession dans un même quartier. Chaque Eglise a cherché à couvrir les besoins de ses propres fidèles. S’il y a plusieurs églises dans un même quartier, elles appartiennent à des confessions différentes.

A ces réseaux s’ajoutent quelques églises, appartenant à des congrégations religieuses latines, qui sont ouvertes à tous ceux qui désirent y venir prier : saint Joseph, des pères jésuites, la « Médaille miraculeuse »15 desservie par les pères lazaristes, saint Louis des pères capucins, et la « Terra Santa » des pères franciscains.

Contrairement aux villages il n’y a à Beyrouth presque pas d’églises construites seulement par dévotion ou pour honorer une famille. Elles correspondent plus à des besoins qu’à des dévotions, sans qu’il y ait contradiction entre ces deux motivations.

Quant aux mosquées : elles correspondent bien plus à des dévotions. D’abord parce que le besoin de mosquées pour les musulmans n’est pas comparable au besoin d’églises pour les chrétiens. Elles sont souvent construites par des familles importantes qui veulent donner une mosquée au quartier où elles habitent, ou pour honorer un personnage important de l’islam. Cela s’observe facilement rien qu’en considérant le nom de ces mosquées : on y trouve trois catégories de noms : un personnage important de l’islam, le nom de la famille du donateur ou le nom du quartier où elle se trouve. Il y a certainement le souci de donner à chaque quartier où habitent beaucoup de musulmans au moins une mosquée qui peut regrouper les fidèles pour la prière du vendredi. Cela n’empêche pas de construire d’autres mosquées à proximité. Le nombre de mosquées dans un même quartier dépasse souvent les besoins des fidèles. Ces mosquées appartiennent presque toutes à la communauté sunnite.

S’il est vrai que les mosquées correspondent plutôt à des dévotions de musulmans, et les églises plutôt au souci des autorités d’assurer des lieux de culte à leurs propres fidèles, les fidèles chrétiens cherchent eux aussi à exprimer leurs dévotions particulières. Ils le font par de petites constructions à l’entrée de leur maison ou sur le coin de la rue. Pour invoquer la protection d’un saint qu’ils vénèrent, pour remercier le saint pour une guérison obtenue, ou tout simplement comme un lieu de prière personnelle. Ils sont souvent érigés en accomplissement d’un vœu. Ces « mazars16 » sont très nombreux. L’enquête en a trouvé 187, presque tous dans les quartiers orientaux de la ville. Ce sont des expressions religieuses bien plus modestes qu’une mosquée, mais aussi bien plus nombreuses. Ce phénomène est pratiquement inexistant du côté musulman, d’abord parce que l’islam ne connaît pas de culte de saints proprement dit, et ensuite parce que l’islam interdit les images religieuses.

Malgré les ressemblances apparentes, la façon de meubler l’espace de lieux de culte est très différente chez les chrétiens et les musulmans.

Ce qu’ils ont en commun, c’est le souci de créer des lieux ou les fidèles peuvent se réunir, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance à une communauté.

Ensuite le désir de chaque communauté de se rendre visible et audible pour marquer sa présence et son importance dans un quartier.

Les familles importantes désirent également marquer les quartiers. Les mosquées et les églises sont le plus souvent construites avec les donations de familles qui expriment ainsi leur appartenance religieuse, mais aussi leur place dans la vie du quartier, de la communauté ou même du pays. Les moquées gardent parfois le nom de leur constructeur, tandis que ce nom disparaît dans les églises qui prennent tous le nom d’un saint ou, parfois, d’un titre du Seigneur (par exemple l’église saint Sauveur).

Mis à part ces ressemblances, la signification religieuse de ces lieux n’est pas le même et la place des autorités religieuses dans leur conception et leur emplacement est également très différente.

Faire une carte des lieux de culte de religions différentes me semble donc quelque chose de très utile, à condition que l’on tienne bien compte des grandes différences que cachent des ressemblances apparentes. Il est intéressant de constater que des motivations et des législations différentes peuvent aboutir à des résultats semblables, mais aussi de bien comprendre que des résultats semblables cachent des différences importantes. Toute l’utilité des comparaisons réside là.

1 Cette étude se base sur une enquête qui a été faite dans les limites de la municipalité de Beyrouth. Elle fait partie d’une recherche plus vaste, englobant tout le Liban, entreprise dans le cadre de l’Institut d’Etudes Islamo-Chrétiennes (IEIC) de l’Université Saint Joseph de Beyrouth, en collaboration avec plusieurs autres départements. Si nous n’intégrons pas les banlieues de Beyrouth dans notre exposé c’est seulement parce que l’enquête n’a pas encore été faite. Plus tard, une comparaison entre la ville et la campagne doit encore développer la recherche.

2 Il y a au Liban 12 Eglises chrétiennes, appartenant à plusieurs traditions orientales :

Les Eglises de tradition syriaque : maronite, syriaque, assyrienne. Les maronites ont toujours été en communion avec Rome. Dans les autres Eglises s’est constitué une communauté catholique : syriaque catholique et chaldéenne : au total donc 5 Eglises de tradition syriaque.

Dans l’Eglise grecque orthodoxe, de tradition byzantine est également née une Eglise byzantine catholique, appelée le plus souvent grecque catholique ou melkite.

L’Eglise arménienne catholique est présente au Liban depuis le 18e siècle. Après les massacres des arméniens une communauté importante d’arméniens apostoliques (appelée aussi grégoriens ou orthodoxes) est venu au Liban et y a constitué une Eglise.

L’Eglise copte a été reconnue comme communauté au Liban depuis quelques années seulement, à cause d’un nombre d’égyptiens coptes qui sont venus habiter au Liban. Ils sont presque tous coptes orthodoxes, de sorte que la petite Eglise copte catholique n’est pas représentée au Liban.

L’Eglise latine est présente au Liban depuis très longtemps. Elle servait au départ surtout les européens vivant au Liban. Avec l’arrivée de plusieurs congrégations religieuses, masculines et féminines, cette Eglise a pris une grande importance dans le pays, malgré le petit nombre de fidèles.

Il y a enfin la fédération des Eglises protestantes, regroupant les presbytériens, les luthériens, les anglicans et les arméniens évangélistes. Récemment il y a une grande activité des Eglises baptistes qui, sans officiellement faire partie de la fédération lui sont assimilées.

Du côté musulman il y a au Liban les sunnites et les chi’ites. Les druzes et les alaouites sont également comptés parmi les musulmans, même si des différences importantes les distinguent des deux grandes communautés musulmanes.

Il y a enfin la communauté juive, qui ne compte presque plus de membres au Liban, à cause de la proximité d’Israël et de la guerre israélo-arabe.

Cela fait au total 17 communautés.

3 La figure du prêtre marié est inconnue dans le catholicisme occidental. La revue Proche-Orient Chrétien a consacré un numéro spécial aux prêtres mariés dans les Eglises orientales catholiques en 1994. Ceux que cette question intéresse peuvent y trouver de nombreux renseignements, aussi bien sur la situation actuelle que sur l’histoire

4 Durant longtemps Beyrouth était habitée par des musulmans sunnites. Les chi’ites ont fait leur entrée dans Beyrouth tout à fait récemment et n’y ont pas encore une véritable organisation administrative. Ils sont par contre très nombreux dans la banlieue sud de Beyrouth, zone qui n’est pas incluse dans notre enquête. Pour ne pas alourdir l’exposé je me permets donc de me limiter à l’organisation des musulmans sunnites.

Les informations concernant l’organisation des sunnites m’ont été communiquées par cheikh Mohammed Nokkari, directeur de Dar el Fatwa à Beyrouth.

5 « Awqâf », pluriel du mot arabe « waqf », qui signifie littéralement « arrêt ». Il s’agit de donations religieuses Ces biens, souvent le fruit d’héritages, sont inaliénables et doivent continuer à être utilisés selon l’intention du donateur. Certains appartiennent à des familles, qui les gèrent, d’autres ont été confiés à des organismes religieux.

6 Le « Fatwa » est un avis officiel sur une question posée. Le « Mufti » (mot arabe de la même racine ftw) est celui qui est chargé de le prononcer. C’est ainsi que ce responsable musulman donne une orientation à la communauté musulmane. Ce rôle de « guide» s’exerce aussi par la prédication du vendredi, c’est pourquoi les prédicateurs sont des personnes mandatées par le Mufti.

7 Pluriel d’un mot arabe qui signifie « le dessein divin ».

8 Le mot Eglise avec un E majuscule désigne la communauté (Eglise maronite, Eglise arménienne, etc. Tandis que le mot avec un é minuscule désigne le bâtiment (église saint Michel, église saint Georges, etc.)

9 Il est pratiquement impossible d’avoir des chiffres fiables et précis sur la répartition de la population de Beyrouth, et cela n’a qu’un intérêt mineur pour notre sujet. Un grand nombre de musulmans chi’ites habitent dans la banlieue sud de la ville, mais cette banlieue n’a pas été intégrée dans l’enquête qui vient d’être menée. Elle le sera dans une étape ultérieure. Dans les limites de la municipalité de Beyrouth, il y a sans doute une majorité de musulmans sunnites.

10 Le Liban compte 12 communautés chrétiennes, mais les Chaldéens et les Coptes n’ont pas d’église dans les limites de la municipalité de Beyrouth.

11 Une « mousallat » est une salle de prière sans minaret. Elle remplit pratiquement les mêmes fonctions qu’une mosquée, mais est plus réduite. La différence entre « mousallat » et « mosquée » est comparable à la différence entre église et chapelle.

12 Nos enquêteurs dépendaient de leurs informateurs. Les données fournies sur les dates de construction des lieux de culte manquent souvent de précision. A quelques exceptions près il est cependant possible de déterminer à une dizaine d’années près, vers quelle époque un lieu de culte a vu le jour.

13 Ceux qui sont intéressés par l’histoire de l’urbanisation de Beyrouth peuvent utilement consulter :

May DAVIE Beyrouth et ses faubourgs (1840-1940. Beyrouth, CERMOC 1996. Puis, du même auteur Beyrouth 1825-1975 : un siècle et demi d’urbanisme. Ordre des Ingénieurs et Architectes de Beyrouth, 2001.

14 Le nom Khodr est le nom arabe donné à un personnage souvent identifié à saint Georges. La légende établit le lieu où il a abattu le dragon dans la zone du port de Beyrouth. C’est ainsi que saint Georges est devenu le patron de Beyrouth, ce qui explique le grand nombre d’églises qui l’ont choisi comme patron.

15 Nom qui fait référence aux apparitions de Notre Dame à Catherine Labouré à la rue du Bac à Paris. Cette église parisienne est en même temps le centre des Filles de la Charité à Pairs. Les soeurs de la même congrégation à Beyrouth ont dédié leur église à cette dévotion.

16 Le mot « mazar » signifie « lieu visité », il s’agit d’une image ou d’une statuette d’un saint qu’on aime particulièrement, dans une petite construction, où l’on met quelques fleurs, quelques bougies, et devant laquelle on s’arrête un moment pour prier. Il n’est pas rare de trouver trois ou quatre images de saints différents dans un même mazar.

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