POURQUOI ET COMMENT ENSEIGNER
LA GÉOGRAPHIE DE L'EAU

Jacques BETHEMONT

Université Jean Monnet, Saint-Étienne

Résumé

Article complet
Les événements grands ou petits liés à l'eau comme telles crues catastrophiques aux échelles locales ou générales, les conflits liés à l'eau, l'intérêt qui se porte de plus en plus sur des problèmes allant de la qualité de la vie jusqu'au développement durable en passant par la protection de la nature : autant de thèmes qui solliciteront de plus en plus un public scolaire ou autre. Bien entendu, les questions relatives à l'eau figurent dans divers programmes des enseignements primaires ou secondaires mais il semble à beaucoup d'enseignants qu'il faut non pas dépasser ce cadre imposé mais l'enrichir et y revenir selon les incitations du moment. Être prêts en somme, à répondre aux interrogations de nos élèves. C'est pourquoi ce dossier pédagogique est basé sur le jeu des questions-réponses volontairement simplifié et incomplet puisque certains problèmes comme celui de l'énergie hydraulique ne sont pas abordés, l'intérêt étant recentré sur les notions de potentiel, de risque et de crises, abordés à deux échelles, celle de la France et celle de la planète.

La France, heureux pays ?

Heureuse médiocrité

Toute comparaison entre la France et le monde nous enseigne que ce pays est pétri d'une heureuse médiocrité que l'énoncé de quelques données planétaires fait ressortir.

Ainsi du robinet : nous l'ouvrons et l'eau coule jour et nuit, une eau potable que nous utilisons pour tous les usages, nobles ou triviaux ; mais à l'échelle mondiale, 1,4 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable.

Ainsi des maladies de l'eau : la typhoïde qui faisait encore des dégâts dans les années cinquante a pratiquement disparu de France ; mais l'O.M.S. indique que 56,5 M° de décès annuels résultent de maladies associées à l'eau cependant que 1,4 milliards d'humains sont affectés par ces mêmes maladies, cette dernière donnée dite morbidité étant beaucoup plus parlante que le chiffre des décès (invalidation, faiblesse chronique, faible durée de vie).

Ainsi de la ressource par habitant : 3.439 m3/an (contre 275600 m3/an au Congo et 94.353 m3/an au Canada, pays peu peuplés) alors que le stress hydrique fixé à 1.000 m3/an affecte 30 pays (sur un total de 182) en 1998 et que pour une dotation constante combinée avec un taux de croissance démographique élevé, il en affectera au moins 60 en 2025.

Ainsi de la qualité de l'eau : avec un indicateur synthétique1 de qualité de l'eau de 1,5 la France se classe au dixième rang, devant la Suisse (16), les Pays-Bas (21), l'Allemagne (57) et la Belgique (122/122 avec un indicateur de –2,25). On retrouve donc là, en apparence, une situation moyenne mais finalement confortable.

Cette médiocrité apparente n'exclut pas de réels points forts. D'une part, à l'échelle européenne, la France dispose d'un équipement hydro-électrique produisant en année moyenne 65,1 TWh dont une bonne part produisant une énergie de pointe. D'autre part, les aménités offertes par l'eau sont multiples, qu'il s'agisse de sports, de loisirs ou de décors urbains.

En fait, trois registres de fragilité sont perceptibles en France :

La qualité des rejets et le risque face aux débits extrêmes, sont des sujets d'intérêt qu'il est possible d'exploiter à travers des questionnements immédiats.

Que boirons-nous demain ? La qualité des eaux est influencée par plusieurs facteurs

  1. la quantité de fertilisants et produits phytosanitaires qui ne cesse d'augmenter avec un effet contaminant agissant sur les eaux courantes et sur les nappes ;

  2. les rejets des élevages industriels avec un impact particulièrement impressionnant en Bretagne : la baie de Saint-Michel en Grève produit chaque été 20.000 tonnes d'algues vertes qui la rendent impraticable à la baignade ;

  3. les rejets industriels en voie de réduction mais laissant des impacts différés (terrils abandonnés des mines et carreaux des usines, pollution différée des nappes comme en Alsace).

Quels risques représentent les extrêmes, étiages et crues ? Si les événements météorologiques ressortent de la probabilité, leurs effets peuvent être atténués ou accentués par la gestion des rives et des bassins versants, le principe étant que la terre nue accélère le transfert de l'eau tout en la chargeant de matériaux, alors que la forêt atténue le ruissellement, de même que l'herbe mais dans une moindre proportion. S'il importe de faire la différence entre crues atlantiques (lentes et fortes pulsations) et méditerranéennes (brutales, rapides, brèves) le fait est qu'aucune région n'est à l'abri des crues.

Le risque le plus immédiatement perçu est l'inondation. Il appelle à une réflexion sur l'occupation des rives et à la définition de ce qu'on appelle l'espace de liberté des cours d'eau.

Moins perçus, notamment en milieu urbain, les étiages consécutifs aux périodes de sécheresse prolongée présentent de multiples risques allant du tarissement des sources à la déplétion des nappes et au tassement des sols argileux, ce dernier phénomène ayant eu des conséquences graves durant l'été 2003.

étiages et crues posent le double problème des retenues : constituent-elles un volant de protection efficace contre les crues, garantissent-elles la couverture de la demande en cas d'étiage. Question subsidiaire mais non pas secondaire, quels sont les impacts de ces ouvrages ?

Il existe enfin des risques spécifiques de tel héritage ou de telle pratique en tel lieu2 : des pompages et rejets industriels abondants peuvent modifier le régime hydrologique (la Deule) ; des affaissements de terrain dans les régions minières peuvent faire émerger les nappes phréatiques (Hénin-Beaumont) ; dans les Alpes les transferts interbassins ont totalement modifié les régimes des rivières alpines, Isère, Arc et Romanche.

Une nécessaire solidarité : SDAGE et SAGE sont définis en fonction des risques mais aussi des potentialités liés à l'eau et à ses usages multiples, boisson, agriculture, industrie, urbanisme, paysage. Ils introduisent une notion essentielle, celle de la solidarité aux diverses échelles du bassin, entre amont et aval, rive gauche et rive droite.

Les notions ainsi abordées sont transposables à diverses échelles, depuis la commune jusqu'à la planète.

La nécessaire ouverture au monde : des questions qui nous impliquent 

Les risques liés aux extrêmes hydrauliques sont-ils les mêmes pour tous ?

Les catastrophes liées aux inondations ou à la sécheresse n'épargnent pas les pays riches : en 1993, la crue du Mississippi a fait 50 morts et 10 milliards $ de dégâts. Mais en 1970, la crue générale du Bangladesh a causé 500.000 morts, celle de 1991 en a causé 800.000.

Même contraste pour les sécheresses : 400.000 morts dans le Sahel africain entre 1965 et 1970. Europe 2003 ? Sans doute 20 000 personnes.

La répartition des masses humaines tient-elle compte des disponibilités en eau ?

La confrontation de deux données, la ressource par unité de surface et la densité de population fait ressortir cinq catégories :

des pays riches en eau mais faiblement peuplés : disponibilité supérieure à 10.000 m3 pc/an avec des densités inférieurs à 25 h/km2 ;

des pays riches en eau et plus densément peuplés : disponibilité de 10.000 à 5.000 m3 pc/an et densités supérieures à 50 ;

des pays en équilibre : disponibilité de 1.000 à 5.000 m3 pc/an et densités variables ;

des pays en situation de tension hydrique : disponibilité de 500 à 1.000 m3 pc/an ;

des pays en situation de pénurie impliquant des risques de crise.

L'interprétation de ces données n'est pas simple : il n'existe pas de déterminisme de l'eau mais des stratégies d'adaptation. La richesse d'un pays entre largement en ligne de compte. Le calcul des besoins doit en outre tenir compte des usages spécifiques souvent liés à des faits de civilisation (les civilisations du blé consomment moins d'eau que les civilisation du riz) et des contextes culturels (l'eau n'est pas une marchandise dans les pays musulmans, ce qui pose des problèmes de contrôle de la consommation par tarification) Les situations calculées à l'échelle des états demandent également à être nuancées : le Brésil ou la Grèce sont des pays riches mais le Nordeste ou la Crête sont des régions sèches. Il en va de même pour les états-Unis où les régions du Centre-Ouest et de la Californie manquent d'eau dans un pays où coule l'un des plus grands fleuves du monde.

Stress hydriques et situations de pénuries vont-ils se multiplier ?


Fig. 1. L'eau rare en 2003 (mètres cubes par habitant et par an) : situations de stress hydrique et de pénurie .

En 2002, 10 états sont en situation de stress (de 500 à 1000 m3pc/an) et 20 autres en situation de pénurie (fig.1). En 2025, ce seront respectivement 19 états en stress et 29 états en pénurie (fig.2). Dans tous les cas, cette évaluation postule un niveau constant des ressources combiné avec l'accroissement démographique prévisible. Deux états européens, la Pologne et la Tchéquie seront proches d'une situation de stress par détérioration de leurs ressources.


Fig 2. L'eau rare en 2003 (mètres cubes par habitant et par an situations de stress hydrique et de pénurie .

Toutefois ces chiffres portent sur les ressources renouvelables et doivent être nuancés : des états comme Malte, Singapour ou les états du Golfe sont en situation de pénurie mais sont assez riches pour recourir à la distillation d'eau de mer ; d'autres états comme la Libye exploitent des nappes fossiles abondantes mais de qualité médiocre. Le problème de la rareté reste donc pour l'essentiel, un problème de pays pauvres.

Cette insuffisance programmée de la ressource compromet-elle les perspectives de l'agriculture hydraulique ?

A l'échelle mondiale, l'agriculture consomme 70% du total prélevé (contre 21% pour l'industrie et 9% pour l'avitaillement. Cette proportion peut dépasser 90% (Inde, Ouzbékistan). En France, elle s'élève à 15% (69% dans l'industrie et 16% pour l'avitaillement).

Avec 250 M° d'hectares irrigués, soit 15% des terres cultivées, l'agriculture hydraulique produit 50% des produits agricoles. La FAO prévoit une extension des surfaces à 330 M° ha en 2025, cet accroissement supposerait un effort prioritaire portant sur le bon usage de l'eau : l'efficience n'atteint pas en moyenne 50% des volumes distribués, voire encore moins dans les systèmes gravitaires. Là encore, les solutions permettant de rationaliser les pratiques et d'économiser l'eau (aspersion, goutte-à-goutte) ne sont accessibles qu'aux pays riches.

Parmi les solutions proposées, la tarification au volume consommé et non à la surface, la diminution de l'élevage (une tonne de blé demande 1.000 m3, une tonne de maïs 3.000 m3, une tonne de viande de bœuf 15.000 m3) et enfin « l'eau verte » ou report des cultures irriguées dans les pays bien arrosés et peu peuplés, au bénéfice des pays en état de déficit hydrique et/ou alimentaire... d'où un risque de dépendance.

Les grands équipements hydrauliques sont-ils générateurs de crises environnementales ?

Les grands barrages : ennoiement de vallées peuplées (Nubie, Damodar, Kurdistan turc) ; à l'amont, : création d'un milieu lentique qui constitue également une machine évaporatoire (10 km3/an sur le lac Nasser) et piège les sédiments d'où un comblement à terme ; à l'aval, reprise d'érosion par lâcher d'eau décantées qui tendent à se charger ;

Les grands canaux : risque de percolation et pertes en charge ;

Les dérivations : perturbation des régimes hydrauliques, risques de conflits entre riverains des réseaux ponctionnés et riverains des réseaux récepteurs. Sur ce dernier plan, le cas de l'Ebre est exemplaire : les Aragonais disposent d'un excédent mais préfèrent gaspiller l'eau en arrosant les terres gypseuses des Monegros, plutôt que de laisser dériver leur eau, (« l'eau est le sang de la terre, symbole précieux de notre identité ») vers le Sud-est dont la production maraîchère et fruitière est handicapée par le manque d'eau.

Ces impacts ne doivent pas faire perdre de vue les usages de l'eau, dans les secteurs de l'agriculture, de l'énergie, des transports et des loisirs.

Y aura-t-il des guerres de l'eau ?

Il faut s'entendre sur la notion de guerre et convenir que si les conflits liés à l'eau ne sont pas conformes au schéma classique de Clausewitz, ils n'en sont pas moins réels et menaçants pour l'avenir. Parmi les cas les plus inquiétants :

  • le partage des eaux du Nil entre 10 états dont l'égypte (le plus ancien et le plus important usager), le Soudan (utilisateur d'amont) et l'éthiopie (utilisateur potentiel d'amont, fournit 86% des débits et en utilise 0,3%),

  • le contrôles des eaux de l'Euphrate par la Turquie (projet GAP) au détriment des usagers d'aval, Syrie et Irak,

  • le contrôle des eaux des fleuves d'Asie centrale, Amou-Daria et Syr-Daria par les états d'amont, Tadjikistan et Kirghizistan au détriment des états d'aval Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan avec, à la clé la destruction de la mer d'Aral,

  • Le partage de l'eau entre Israël et Palestine ;

  • De façon plus floue, se pose le problème des fleuves frontières.

L'eau peut-elle faire l'objet de partages équitables dans le cadre d'accords internationaux ?

Difficile pour des raisons culturelles. Le cas du Sénégal aménagé par l'OMVS (Office e Mise en valeurs de la Vallée du Sénégal) montre que les relations de voisinage sont difficiles d'une rive à l'autre entre Mauritaniens nomades et Sénégalais agriculteurs.

Difficile pour des raisons d'ordre géopolitique. Le cas du Danube et de l'ouvrage de Gabcikovo : ce système, barrage et canal de dérivation, imposé par les Soviétiques dans le cadre du CAEM aurait eu pour conséquence d'isoler de la Hongrie, une forte minorité magyare rattachée à la Slovaquie.

Difficile pour cause d'inégalité entre les partenaires. Le barrage d'Itaipu (90 milliards kWh/an) construit en commun par le Paraguay et le Brésil profite surtout au Brésil qui achète à très bas prix le quota destiné au Paraguay.

Il existe tout de même des cas encourageants : les eaux du Colorado longtemps exploitées au détriment du Mexique font maintenant l'objet de travaux et d'accords presque satisfaisants. Mieux, l'Inde et le Pakistan, en dépit de leurs différents exploitent conjointement et en dépit de plusieurs traversées de frontières, les eaux de l'Indus et de la Satledj.

Mais l'eau peut consacrer le droit du plus fort

Le barrage de Farakka : Situé à l'apex du delta du Gange, au niveau de la diffluence de l'Hooghli, ce barrage destiné à envoyer de l'eau dans l'Hooghli en décrépitude et à assurer l'accès maritime au port de Calcutta, sert surtout à envoyer de l'eau côté indien en cas de sécheresse et à envoyer les excédents d'eau vers le Bangladesh en cas de crue.

Le partage de l'eau en Israël-Palestine : 87% de l'eau collectée dans le Golan, les sources du Jourdain et l'aquifère cisjordanien sont destinés à Israël. Les Palestiniens n'ont pas le droit de creuser des puits profonds réservés aux Israéliens et payent l'eau plus cher que les Israéliens.

Le droit peut-il régler ces problèmes ?

Selon la doctrine Harmon, tout état est libre de l'utilisation de l'eau sur son territoire

Selon la loi du Colorado, l'antériorité d'utilisation donne droit de priorité sur l'usage d'une ressource limitée

L'impossible mise en œuvre des protocoles d'Helsinki : ceux-ci essaient d'harmoniser le droit d'antériorité et le juste partage entre amont et aval... sans grand succès à ce jour.

Conclusion

On ne peut généraliser les problèmes de l'eau, la comparaison entre le Canada et le Zaïre, pays également riches en eau montre que les différences sont telles que la comparaison ne se justifie pas. Il en ira de même si l'on compare le Canada et le Mali. Ce point admis, force est de constater que les questions de rareté, de choix des affectations et de conflits se posent dans de très nombreux pays sous des formes multiples. Les situations les plus préoccupantes concernent le devenir des pays pauvres à la fois dans leur richesse économique et dans leur dotation en eau. Comme il s'agit de surcroît de pays en voie d'expansion démographique rapide, les risques de catastrophes humanitaires et de conflits liés au partage de la ressource sont préoccupants. Faut-il pour autant se résigner à ce qu'on peut appeler une issue fatale ? En fait, il n'y a ni issue fatale ni problèmes insolubles : les problèmes peuvent être résolus par transfert d'aides en techniques et crédits d'équipement entre pays riches et pays pauvres, dans des cadres multiples allant des institutions internationales aux ONG qualifiées.

Comment enseigner l'eau ?

Les questions relatives à l'eau, sa nature, ses usages et sa gestion, figurent nommément dans les programmes de Géographie, principalement au niveau de la classe de Seconde. La France se prête également à des développements spécifiques, tout comme le programme de terminale.

Mais il convient d'attirer l'attention sur deux points qui sont d'ailleurs compatibles : le travail sur l'actualité et le quotidien ; le travail partagé avec d'autres disciplines

Le travail sur l'actualité et le quotidien 

S'agissant du quotidien, les grands services, EDF, CNR, sociétés distributrices ou régies municipales disposent de services de vulgarisation ouverts au public scolaire. Ils disposent souvent d'une documentation utilisables par les enseignants dans le cadre de projets. Les sites les plus intéressants : barrages et centrales électriques, stations d'alimentation et stations d'épuration (la visite de celles-ci réserve de bien curieuses surprises, notamment ce qu'on appelle pudiquement les unités de compostage). Toujours au registre du quotidien, la gestion des berges en milieu urbain et péri-urbain est intéressante dans de nombreuses agglomérations à propos desquelles on peut poser le problème de l'eau et la ville.

Le travail sur l'actualité doit combiner trois ordres de documents, administratifs, dossiers de presse et enquêtes sur le terrain. En cause, le risque d'inondation et les catastrophes, les impacts des étiages et des sécheresses (y compris la surmortalité de l'été 2003).

Le travail partagé avec d'autres disciplines

La relation Histoire-Géographie va de soi : qu'il s'agisse de guerre, de Sennachérib assiégeant Babylone à la bataille de l'Yser en passant par la campagne de 1672 et la déculottée du Roi-Soleil en Hollande ; qu'il s'agisse de grands travaux, depuis les levées de la Loire ou le canal du Midi jusqu'à l'aménagement du Rhône ; qu'il s'agisse enfin d'événements extrêmes comme l'hiver 1709 ou de crues comme celles de 1856 sur le Rhône et la Loire ou de 1910 sur la Seine.

Les problèmes environnementaux relèvent sous des angles divers et complémentaires d'une approche commune des Sciences de la nature et de la Vie et de la Géographie. Les approches interdisciplinaires peuvent être très fructueuses, s'agissant de l'analyse, à l'échelle locale d'un cours d'eau ou d'un bassin : aux uns la morphologie du lit ou du bassin, l'occupation du sol sur le bassin, les relations existant entre l'eau et les activités humaines ; aux autres les indicateurs de qualité du milieu aquatique et la connaissance de ce milieu ; les effets d'impact sur ce milieu sont à mettre en commun.

Parmi les autres relations possibles, et sans trop insister sur les problèmes de robinet (sachant que la baignoire du Président Chirac est remplie par un robinet qui débite tant de litres à la minute mais que sa bonde qui ferme mal laisse filtrer tant de litres à l'heure, en combien de temps, etc.) il semble possible de faire s'interroger les élèves sur la nature et les qualités d'un lac lamartinien revu par un géographe ou encore sur le marais dans la littérature et l'analyse paysagère (La Vouivre, La Brière, etc.). Enfin, la peinture et d'autres formes artistiques prêtent à de multiples développements qui relèvent à la fois de la Géographie, de l'Histoire et de l'Histoire de l'Art : que ne peut-on demander à la Fontaine des Innocents, aux crues de la Seine vue par Sisley ou au guinguettes des Impressionnistes.

1 Cet indicateur formulé par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement intègre pour 122 pays, la qualité de l'eau, les volumes dérivés ou prélevés, la qualité et le taux de renouvellement des nappes.

2 Ces problèmes sont traités à partir de multiples références concrètes dans : J.P. Bravard, coord (2000)

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