L’étude de cas
(compte –rendu du débat pédagogique du 4 et de la table ronde du 5 octobre)

Saint-Dié 2003

L’étude de cas a fait l’objet d’un débat pédagogique (vendredi 3 octobre) et d’ une table ronde le 4. L’AFDG (association française pour le développement de la géographie)a participé à ces deux moments.

Lors du débat pédagogique, cette nouvelle pratique a semblé poser quelques problèmes :

- Qu’est-ce qu’une étude de cas ?

Deux collègues de l’académie de Besançon ont proposé, l’un une séquence sur la Tunisie en 5e, l’autre sur le delta du Fleuve Rouge en seconde.

Trois experts : Gérard Hugonie, François Engel et Pascal François de l’AFDG, ont répondu aux questions :

- Quel est le lien entre étude de cas et acquisition de notions ? Certaines notions sont vues plusieurs fois dans l’année et plusieurs fois dans le cursus scolaire : c’est la  " construction spiralaire des concepts ". Il n’y a pas lieu de s’alarmer si la notion ne semble pas avoir été envisagée de façon exhaustive.

- Quelle différence entre notions et savoirs ? Dans un savoir, il y a plusieurs éléments : les repères, les savoirs factuels, les notions et les concepts.

- Quel lien avec les systèmes ? l’étude de cas doit permettre de mettre en place des systèmes.

-Nos pratiques permettent-elles de développer l’esprit critique ? La géographie ne doit pas être une science objective, elle doit montrer que dans tout espace, il y a des conflits d’acteurs.

- Comment concilier le temps réduit consacré à chaque question et la complexité ? Il est vrai que le temps d’explication manque souvent dans la classe.

Michel Hagnerelle , IG d’histoire-géographie, a pris alors la parole pour préciser un certain nombre de points :
L’étude de cas est première
C’est l’essentiel du cours
Elle introduit la problématique et les notions.
Il ne faut pas multiplier les problématiques.
Les documents doivent être mis en relation, mais ne doivent pas être trop nombreux.

En conclusion : il faut partir d’un problème ou d’une situation-problème, avoir une démarche de géographie globale à des échelle variées, commencer par l’étude de cas, y consacrer du temps, articuler le particulier et le général, aborder les aspects non vus dans l’étude de cas lors de la mise en perspective.


Le second débat, présidé par Danièle Soubeyrand , présidente de l’AFDG, avait pour thème : en quoi l’étude de cas permet-elle la réflexion en géographie ? Il s’agissait cette fois de l’envisager dans l’enseignement secondaire , mais aussi dans la recherche et l’enseignement supérieur.

Pascal Jacquemond (IA-IPR, Grenoble) pour l’enseignement secondaire, Antoine Frémont (le Havre) dans le cadre d’un DESS, Nicole Mathieu (CNRS) dans ses recherches et Georgette Zrinscak(Paris 1)dans l’enseignement supérieur ont successivement répondu à la question de la définition de l’étude de cas puis de sa finalité.

Pascal Jacquemond a rappelé que l’étude de cas est un objet d’étude qui cherche à rendre compte de la complexité du réel, qui s’inscrit dans une analyse systémique, dont le sujet est problématisé, qui est prioritairement un problème spatial et met en jeu des conflits d’acteurs.
Antoine Frémont précise que les étudiants sont mis face à un cas concret qui les amène à envisager les enjeux spatiaux . Chaque cas dure trois semaines . Les étudiants doivent répondre aux questions suivantes : qui sont les acteurs ? Que font-ils ? Quelle est leur compétence ? Sur quel territoire ?
Pour Nicole Mathieu, l’étude de cas s’exerce nécessairement à une grande échelle qui permet de saisir les interactions entre individus. Par ailleurs la dimension temporelle peut être une dimension intéressante : il est parfois nécessaire de poursuivre les observations dans le temps.
Georgette Zrinscak pense qu’il s’agit d’une manière nouvelle de nommer l’exemple. L’exemple peut avoir valeur d’exemplarité ou au contraire ne pas être représentatif.

Quelles sont les finalités des études de cas ? En quoi aident-elle à la réflexion géographique ?
Pascal Jacquemond rappelle qu’il ne s’agit pas d’illustrer un exposé général. Le cas va permettre d’aborder de nombreux aspects d’une question en confrontant les documents et il faudra ensuite s’interroger : quelles sont les réponses ailleurs dans le monde ?
Pour Antoine Frémont, la première finalité est de mettre les étudiants dans la situation de professionnels et la seconde est de leur faire comprendre la nécessité d’une réflexion en amont .
Nicole Mathieu pense que dans une recherche, l’étude de cas permet d’envisager concrètement la complexité des interactions.
Georgette Zrinscak y voit un apprentissage du raisonnement géographique.. Cela passe par le décorticage de la complexité du cas à partir d’un questionnement et l’articulation entre le particulier et le général. C’est dans les travaux dirigés que se font les études de cas.

MF Bacuvier , octobre 2003