L'ARCHÉOLOGIE HYDRAULIQUE

René MAURY
Université de Naples

L'eau des hommes ... Chercher, classer et valoriser les traces anciennes ou récentes, nettes ou moins évidentes, du rapport de l'homme avec l'eau, est une action urgente à entreprendre : sauver le patrimoine de civilisations hydrauliques stratifiées, en grave péril car peu connu et très disparate. Une longue liste de biens matériels et immatériels, techniques ou infrastructures, rites et pratiques, documents écrites ou coutumes orales - certains considérés par l'archéologie (aqueducs, citernes, puits, qanats, réseaux antiques), l'archéologie industrielle (hydrocentrales, ponts, fontaines, machines hydrauliques), et quelques initiatives ça et là (musées de l'eau, sites ou objets récupérés, groupes d'études « qanat »...). Mais il reste à repérer un autre ensemble d'usages et de biens « mineurs », oubliés des campagnes, montagnes et villes modernes : digues et barrages, chaussées et moulins, bornes-fontaines et bains-douches, sources aménagées et glacières, puits et pompes, lavoirs et abreuvoirs, norias grandes et petites, béals et anciens réseaux d'arrosage, canaux, écluses et péniches, etc ; enfin, des paysages et des hommes (ingénieurs et humbles gens d'eau) - un savoir faire d'hier, d'aujourd'hui encore, pour demain grâce à une stratégie de sauvetage alliant des actions internationales (Unesco) et locales, par une étude interdisciplinaire, méthodologique et appliquée sur ces biens culturels - mémoire de l'eau et des hommes.

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 Actes 2003