LES FRANÇAIS AIMENT LA GÉOGRAPHIE,
ILS AIMENT SAINT-DIÉ-DES-VOSGES

Gérard DOREL

Inspecteur Général de l'Éducation Nationale
Directeur scientifique de la publication

Il n'y a rien d'étonnant pour un peuple qui a une prétention, légitime, à l'universalisme, à aimer la géographie. Car si
les Français n'aiment pas l'apprendre, ils aiment en faire. Quelle famille n'a pas dans sa bibliothèque un atlas au côté du bon vieux "Larousse" ? Nous avons tous la nostalgie de ces cartes murales qui ornaient les murs de nos classes primaires, celle de la France de Vidal, celle aussi de notre planète où étaient coloriées en rose les terres de l'empire colonial français. C'est ainsi que la géographie a contribué à forger l'identité nationale.
Aujourd'hui, et c'est bien normal, les cartes du département et de la région voisinent avec celle de notre pays. Il faudrait aussi lui adjoindre celle de l'Europe, pour que nos enfants acquièrent cette familiarité avec tous ces territoires qui organiseront leur vie d'adulte. Les Français commencent aussi à se rendre compte que la création de nouvelles entités institutionnelles comme les communautés de communes ou les "pays" dont les espaces géographiques. Il faudra bien qu'un jour les choix que font ces nouvelles structures en matière d'aménagement ne se cantonnent pas dans des cénacles de grands élus et de technocrates, mais soient librement et démocratiquement débattus à l'échelle des citoyens. Il faut donc les préparer à cela. Jamais nous n'avons eu autant besoin de géographie, de cette géographie citoyenne qui se fait chaque jour dans nos villes et dans nos villages.
Les géographes, qu'ils soient enseignants chercheurs, professeurs dans le secondaire, ou géographes professionnels sont rattachés depuis des lustres à de multiples instances, comité national, commissions et groupes de recherches, comité scientifique des revues, etc.. mais ils ne disposaient pas d'un lieu où se retrouver tous, sans autre projet que de se voir, d'échanger, de parler. Le FIG leur a donné cette opportunité d'un rendez-vous à date fixe, la première semaine d'octobre, où ils sont sûrs de vivre ces instants précieux que sont ces retrouvailles annuelles. Il fallait trouver un lieu. Ce fut Saint Dié des Vosges.
Saint Dié des Vosges est devenu au fil des ans notre port d'attache, mieux notre havre car chacun peut y accoster, qu'il appartienne à telle ou telle école, tel ou tel esquif. Au delà de l'intérêt qu'ils portent aux thèmes développés chaque année, je crois que les géographes apprécient d'abord la formule du festival, c'est à dire celle d'un colloque scientifique intégré à une kermesse. Tous les participants viennent y faire la fête, la fête de la géographie, pétillante comme un cru gouleyant.

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 Actes 2003