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Fabienne Wateau
- Ethnologue, Chargée de recherche au CNRS
Laboratoire
Mutations des Territoires en Europe
CNRS - UMR 5045
Université Paul Valéry - Route de Mende - 34 199 Montpellier cedex 5
TÉl. : 04 67 14 24 32 - Fax : 04 67 14 25 22
http://alor.univ-montp3.fr/MTE
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IRRIGATION ET BARRAGE À LA FRONTIÈRE
ENTRE LE PORTUGAL ET L'ESPAGNE
Dans la vallée
du
Rio Minho
(photo 1),
au
nord-ouest
du Portugal,
l'irrigation se fait par gravité,
à l'aide de rigoles de terre
ou cimentées, et au moyen de
petits bassins-réservoirs
appelés "mares".
Les logiques de distribution de
l'eau sont complexes et variées,
reposant sur le roulement
systématique des tours d'eau et
le respect d'un principe d'équité
vivement revendiqué.
La mesure du temps ou des
quantités d'eau se fait à l'aide
d'une canne de roseau
(photo 2),
d'une pierre de partage (voir le
film) ou de formules mnémotech-
niques compliquées.
Jusqu'à l'entrée du Portugal
dans la Communauté
Européenne, en 1986,
l'eau arrosait des champs
de polyculture vivrière
où poussaient ensemble
le haricot, la courge,
la tomate, le choux et
surtout le maïs.
Aujourd'hui, les parcelles ont été
restructurées
(photo 3),
pour
recevoir de façon intensive un
cépage noble de vigne :
l'Alvarinho. La commercialisation
de ce Vin Vert a bouleversé l'éco-
nomie locale ; l'enjeu pour l'eau
est moindre.
Bibliographie indicative
·
"Partager l'eau. Irrigation et conflits au nord-ouest du Portugal"
Éditions du CNRS et de la Maison des Sciences de l'Homme,
Collection "Chemins de l'ethnologie" (dir. de Gérard Toffin), 284 p., 2002.
Version portugaise -
Conflitos e Água de Rega. Ensaio sobre a organisa-
ção social no vale de Melgaço
Ed. Dom Quixote, Colecção Portugal de Perto n°39, Lisboa, 294 p.,
(collection dirigée par Joaquim Pais de Brito), 2000.
·
"La pierre de partage de l'eau"
(co-réalisation d'Ana Margarida Campos), film ethnographique, 10'
Éditions du Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie comparative de Nanterre
et du Musée national d'Ethnologie de Lisbonne, Lisboa.
(film sélectionné au 8
e
festival du film de chercheur, Nancy, 2002), 2002.
·
"Objet et Ordre Social. D'une canne de roseau à mesurer l'eau
aux principes de fonctionnement d'une société rurale"
Terrain, 37, Paris, pp. 153-161, 2001.
·
"D'une production d'autoconsommation à une production
rentable : le cas de la vigne dans l'Alto Minho"
Catalogue de l'exposition sur l'agriculture portugaise, "O voo do arado",
Museu de Etnologia, Lisboa, pp. 289-299, 1996.
·
"Barrages, Identités et Frontières. Des barrages sur rivières
frontalières (Sela et Alqueva)"
in J. Pujadas, E. Martín, J. Pais de Brito (Coords.) "Globalización, Fronteras culturales
y políticas y Ciudadanía", Actas del VIII Congreso de Antropología, 20-24 sept.
1999, Santiago de Compostela, pp. 229-244, 1999.
·
"Ceux qui avaient le plus ont le moins et ceux qui avaient
le moins ont le plus. Barrage et qualité de vie au Portugal"
Revue de l'économie méridionale n°201, Montpellier, 2003.
·
"Construction de barrages, reconstruction des identités.
Jeux de pouvoir dans la péninsule Ibérique"
Ateliers 26 "Identités, nation et globalisation", Nanterre,
Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie, 2003.
3.
Restructuration des parcelles pour la vigne.
Melgaço, 1997.
Photo © Wateau
1.
Polyculture et minifundia.
Vallée du Rio Minho.
Melgaço,1998.
Photo © Wateau
Sur le
Rio Guadiana,
au
sud-est du
Portugal,
le plus
grand barrage
d'Europe vient
d'être construit :
son plan d'eau s'étendra sur
250 km
2
et servira à produire de
l'électricité, à irriguer la région
Alentejo et à alimenter le bassin
voisin du Rio Sado.
Pour mettre en oeuvre le barrage
d'Alqueva, il a fallu procéder à la
déforestation de plus d'un million
d'arbres
(photo 4),
à l'expropria-
tion de milliers de km
2
et à la
démolition d'un village.
Reconstruit à trois kilomètres de
l'ancien, le nouveau village de
Luz, bien que respectant une
même morphologie sociale, est
plus étendu que l'ancien : les rues
ont été élargies, les maisons et
jardins rassemblés, des places et
des infrastructures collectives
ajoutées. Retrouver sa maison
sur le plan est difficile et un peu
déroutant
(photo 5).
Le déménagement de la
population de Luz a eu lieu
durant l'été 2002.
Le barrage d'Alqueva, dont le
projet remonte aux années 1920,
mobilise tous les partis politiques
au pouvoir depuis 1950. Il est
aussi une relation particulièrement
sensible entre l'Espagne et le
Portugal, pour des raisons de
quantité et de qualité de l'eau :
en matière d'eau, en effet, le
Portugal dépend de sa voisine
l'Espagne à près de 50%.
Depuis 1997, la Communauté
Européenne finance une partie
des travaux de ce grand barrage
associé au prestige national du
Portugal
(photo 6).
2.
Mesure de l'eau à l'aide d'une
canne de roseau. Bassin réservoir.
Melgaço, 1998.
Photo © Wateau
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Barrage
d'Alqueva
Barrage
d'Alqueva
© S.C. - MTE - UMR 5045 - CNRS / 2003
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(Altitudes en mètres)
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50 km
N
5.
Plan du nouveau
village de Luz. Luz, 1999.
Photo © Wateau
6.
Barrage d'Alqueva
encore en construction. 1999.
Photo © Wateau
4.
Déforestation à Alqueva.
Oliviers à transplanter. 2001.
Photo © Wateau