LE PARTAGE DES EAUX DU NIL ET
LES POLITIQUES ÉTHIOPIENNES
LE NIL EST UN DON DE L'ÉTHIOPIE

Alain GASCON
Maître de conférences de Géographie
IUFM de Créteil
Centre d'études Africaines (CNRS/éHéSS)
Chargé de cours à l'INALCO

En 1906, 1925 et 1959, on s'est accordé sur le partage des eaux du Nil sans consulter l'éthiopie, là où le Nil bleu prend sa source. Cette situation est paradoxale car le Nil bleu, le Baro et l'Atbara fournissent 85% du débit du fleuve à Assouan : le Nil est don de l'éthiopie ! Cette exclusion de l'éthiopie renvoie aussi à une vieille crainte, enfouie dans la mémoire des peuples de l'Afrique du Nord-Est. Depuis l'Antiquité, à chaque conflit entre l'amont et l'aval, on a brandi la menace du détournement des eaux du Nil par l'éthiopie. L'égypte et le Soudan craignent maintenant d'être dans la dépendance de l'éthiopie comme l'Irak et la Syrie le sont vis-à-vis de la Turquie, depuis l'achèvement du GAP. Ainsi, à l'annonce d'aménagements en éthiopie, égyptiens et Soudanais émettent-ils une «vigoureuse» protestation. Or, les éthiopiens n'ont pas de projets d'irrigation sur des rivières d'ailleurs enfoncées dans de profonds canyons : l'électricité seule les inté­resse.

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