LE TRAITEMENT DE L'EAU :

LA CHINE COMBLE SON RETARD


Yves GUERMOND

Université de Rouen
GU Renhe, Nanjing Institute of Geography, Academia Sinica

Paysage traditionnel du delta du Yangtze

(cliché Yves Guermond)

 

Comme nous l’avons montré dans la Table-Ronde, il n’y a pas une « pénurie globale » de l’eau dans les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine. Les situations sont très diverses selon les continents, et elles sont l’un des éléments importants des disparités internes dans ces pays.

La Chine littorale bénéficie d’une eau abondante, mais l’accélération de l’urbanisation est à l’origine de pollutions croissantes, tandis que la demande en eau potable est à la fois très forte et très localisée. Les solutions ne peuvent être, ici comme ailleurs, que collectives, donc politiques, à l’échelle des ensembles urbains. Les eaux usées et les eaux de consommation ne doivent pas être en contact, ce qui impose toute une installation d’infrastructures de pompage et de réservoirs pour l’eau de consommation, et de bassins d’assainissement et d’usines d’épuration pour les eaux usées.

Malgré une très ancienne expérience administrative et une large ouverture récente aux investissements étrangers, cette question a été longtemps ignorée : la taxe chinoise sur les eaux usées ne date que de 1984. Le coût du retard à rattraper est important. Pour les seules principales villes de la province du Jiangsu (arrière-pays de Shanghai), le montant des investissements prévus pour la période 2002-2010 (carte n° 2) est de plus de 16 milliards de Yuan, soit près de 2 milliards d’Euros. Les collectivités locales ont du mal à assurer seules la construction des équipements nécessaires à un rythme aussi accéléré. En 2003 plusieurs villes de la province ont remis des « fiches de projet » à l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) faisant appel à l’aide de capitaux étrangers pour l’alimentation en eau et le traitement des eaux usées, en précisant que « les modes de coopération pourraient être des joint-ventures, ou des entreprises à capital étranger, ou des prêts de gouvernements étrangers. Malgré l’attrait actuel de la Chine pour les investisseurs étrangers, cet appel à des capitaux privés est toutefois difficile à mettre en œuvre, car la rentabilité de ces investissements supposerait une forte élévation du prix de l’eau qui poserait des problèmes sociaux.

L’amélioration prévue pour 2010 consistera à porter, pour les principales villes de cette région littorale de la Chine (de loin la plus développée du pays), le taux de traitement des eaux usées de 18% environ en 2002 à 40 % en 2010. Les cartes montrent que cette évolution exprime de très forts contrastes territoriaux, notamment entre la Chine littorale et la Chine intérieure, ce qui est bien connu, mais au sein des régions littorales elles-mêmes. . Le nord de la province, situé sur la rive gauche du Yangtze, à l’écart de l’axe de développement Shanghai-Nankin, a du mal à rattraper son retard. Par contre les villes de la rive droite sont assez avancées dans les actions en cours



 


Traitement de l’eau dans les préfectures de la province du Jiangsu :



 

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