LE RAPPORT ÀL’EAU DANS LES PROJETS D’AMÉNAGEMENT URBAIN

Sylvie SALLES

Architecte urbaniste - Paris IV

Résumé

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Cette contribution se situe dans une problèmatique de renouvellement urbain, portant plus précisément sur le réaménagement de friches industrielles, à proximité de villes-centres, en bordure de canaux ou de cours d'eau. Ces territoires urbanisés au XIXème siècle, généralement sur des terres alluviales asséchées ou sur des terrains maraîchers traversés par des canaux, se sont constitués en rapport à une utilisation économique de l'eau. La déindustrialisation progressive a accentué une marginalisation, déjà effective au XIXème siècle par un partage fonctionnel de l'espace urbain, en induisant une dévalorisation. Ces territoires, en déclin et en perte de valeur d'usage, ont alors aussi perdu le sens qui les liait aux cours d'eau ou aux canaux. Ainsi, la ville s'est disjointe de ces espaces bordiers au fur et à mesure que les complémentarités économiques se disloquaient. Aujourd'hui, la rareté des terrains urbanisables et les objectifs d'utilisation économe et équilibrée des espaces, édictés en directives territoriales d'aménagement par la loi Solidarité Renouvellement Urbain, replacent ces territoires dans un processus de valorisation. Il ne s'agit pas que de saisir des opportunités foncières, mais plutôt de tisser de nouveaux liens entre les hommes et des territoires en installant un nouveau cadre de vie. Dans ce contexte d'aménagement, ces liens visent à recoudre des territoires disjoints en introduisant des usages potentiels où le rapport à l'eau prend une forme nouvelle, associé aux loisirs, à l'économie, à l'image de marque ou à la perception de l'environnement naturel.

L'objet est de montrer, à partir de trois études de cas, la manière dont s'établissent ces liens et le rôle joué par les canaux ou les cours d'eau dans la transformation des territoires. Ces trois exemples concernent tous des opérations d'aménagement en train de se faire, à différents stades d'avancement. Le projet urbain de la Plaine Saint-Denis (Seine Saint-Denis) s'appuie sur une double valorisation économique et paysagère du canal pour initier la transformation des quartiers d'habitat et du tissu économique environnant. L'aménagement du quartier « Meurthe-canal », à proximité de la place Stanislas et au cœur de l'agglomération, à Nancy (Meurthe et Moselle) s'est accompagné d'une régulation des crues et d'une mise en valeur des berges de la Meurthe et du canal de l'Est (préservation des milieux aquatiques, installation d'activités sportives liées à l'eau, création de promenages...). Le projet « Lyon-Confluence », encore peu engagé, fonde sa légitimité sur la reconquête de la confluence du Rhône et de la Saône, un horizon historique et symbolique dans la constitution de la ville. Ces trois projets, dans des territoires périphériques exclus de l'urbanité des villes centres, utilisent la présence de l'eau pour faire évoluer l'image de territoires oubliés. Il s'agit, en renouant des liens avec les cours d'eau, d'associer ces territoires disjoints à la représentation de la ville, c'est-à-dire de les qualifier en rapport à des lieux et des pratiques qui font sens pour les citadins.

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