LES VILLAS ROMAINES ET LE PAYSAGE AQUATIQUE

Gianni HOCHKOFLER

avec la collaboration de Renato SCARIATI

Université de Genève.

Les villas dans le paysage

Clac de Garde, qui gardent dans leurs endroits les plus suggestifs des restes importants de villas romaines, nous ont fait penser que la beauté de la vue panoramique sur l'eau de la mer ou des lacs devait être à l'origine de leur existence.

La présence de la mer comme élément essentiel du paysage est une des données fondamentales de toute construction littorale. Les villas romaines n'échappent pas à cette règle d'autant plus que quelques témoignages littéraires indiquent clairement qu''est le contexte paysager des villas litorales romaines qui a frappé tout d'abord notre imagination et qui nous a poussé à développer cet argument. Notre connaissance directe de haut-lieux touristiques comme Capri, la côte amalfitaine et le au moins à partir du Ier siècle, ces recherches sur le prospectus ont marqué les contemporains.1

L'affirmation que les anciens, y compris les romains, ne connaissaient pas la notion de paysage parce qu'ils n'avaient pas de mot pour l'exprimer est encore assez répandue. A cela s'ajoute l'avis de certains historiens de l'art, selon lesquels on ne peut pas parler de paysage en peinture sans la perspective. Même A. Roger, qui reconnaît à la civilisation romaine à l'époque de son apogée une grande sensibilité paysagère, parle seulement de « proto-paysage ». Il déclare cependant que :

[...] la Rome impériale, [...] produit une authentique peinture de paysage, comme en témoignent, tout particulièrement, les célèbres fresques pompéiennes du Musée archéologique de Naples.2

Après avoir examiné plusieurs exemples de fresques de Pompéi, l'auteur cite des témoignages de Pline l'Ancien, de Vitruve et de Cicéron sur l'utilisation des mots topia « genres de paysage, paysages », de topiaria opera « art du jardin décoratif » et de topiarius « jardinier ». D'ailleurs, même actuellement, on appelle paysagiste le créateur des jardins. Après avoir analysé une célèbre lettre de Pline le Jeune sur la quelle nous reviendrons, A. Roger conclut ainsi :

Voilà bien des raisons d'accorder à la Rome impériale et aristocratique, celle des villas pompéiennes et de leurs peintres, la dignité paysagère. Mais, quoi qu'il en fût, c'est l'occasion d'une remarque méthodologique : ne pas avoir l'obsession du lexique, comme si l'absence des mots signifiait toujours celle des choses et de toute émotion. Sans doute la dénomination est elle essentielle ; mais la sensibilité, paysagère en l'occurrence, peut se frayer d'autres voies, s'exprimer par d'autres signes, visuels ou non, qui requièrent, de l'interprète, une attention scrupuleuse : ni suspicion ni superstition à l'égard du langage. 3

Pour sortir peut être définitivement d'un préjugé qui tend à se reproduire, on trouve depuis peu des géographes qui confirment notre intuition.

Jean-Pierre Nardy, dans un article assez récent4, en utilisant le mot « paysage » dans son sens le plus simple de « territoire sur lequel la vue peut porter » (Tourneax, 2000, p. 5)5 écrit que le regard se déplace selon :

un axe perspectif orienté vers l'extérieur : en latin cet axe visuel est exprimé par le verbe prospectare (regarder vers, avoir vue sur) ou plus fréquemment prospicere (regarder au loin, avoir vue sur). Dans les deux cas, le radical « pro » exprime l'action de porter le regard « au loin » ou « au de là ». Le terme prospectus qualifie alors ce qui est observé, les mots français « vue » ou « perspective » pouvant en être une traduction approximative.6

Dans les récits de Suétone et Tacite dédiés à l'empereur Tibère qui s'était retiré à Capri il apparaît que vers la côte :

« on découvrait devant soi le plus beau golfe du monde » (prospectabatque pulcherrimum sinum) [...] qui est ici un paysage dénommé faciem loci. Et les termes situs (situation), facies (aspect) ou forma (confirmation), associés à prospectare, videre (voir), ou mieux, prospicere, sont habituellement utilisés là où nous disons « voir un paysage ».

En effet, il faut souligner que la langue latine ne dispose pas d'un terme équivalent à notre mot « paysage ». Ceci ne permet en aucune façon de conclure que cette notion était inconnue à l'époque, surtout si l'on prend en considération les sites de localisation de certaines villas, telles que celles de Tibère à Capri, de Pline le Jeune à Ostie, ou celles d'Italie centrale, ou du bord du lac de Côme, qui démontrent une indéniable sensibilité à la qualité de l'environnement perçu. Surtout la littérature latine offre de nombreux exemples de textes qui correspondent parfaitement à ce que, de nos jours nous appelons « une description de paysage ».7

Jean-Robert Pitte est encore plus tranchant :

La notion de paysage n'est pas une invention moderne. Elle existait déjà dans les civilisations méditerranéennes de l'Antiquité.[...]Dès le premier siècle, Pline le Jeune s'exclame dans ses lettres : « Vous aurez le plus vif plaisir à contempler l'ensemble du pays depuis la montagne, car ce que vous verrez ne vous semblera pas une campagne, mais bien un tableau de paysage d'une grande beauté ». Cent ans plus tard, l'empereur Hadrien se plaît à gravir l'Etna pour contempler le lever du soleil depuis son sommet. De nombreux palais et villas de l'empire romain sont bâtis face à des paysages admirables : la mer, les lacs, les montagnes ou la campagne jardinée. Les ruines de ces constructions faites pour le repos et la contemplation esthétique bordent la baie de Naples et ses îles. La villa de Tibère à Capri en est l'un des plus beaux exemples.8

Pline le Jeune, dans la lettre citée par Robert Pitte, poursuit :

Cette variété, cette heureuse disposition, partout où se posent les regards, les réjouit.

La villa, située sur les premières pentes de la hauteur, a la même vue (prospicit) que si elle était au sommet.9

Cette volonté de se réjouir d'un beau paysage se retrouve dans l'architecture, avec la multiplication des points de vue : la recherche du site dominant comme le promontoire, ou la fréquentation des villas différentes, comme on le voit ci-dessous pour les villas du lac de Côme.

Chacune a son charme et toutes deux plaisent encore davantage à leur possesseur par leur opposition même. Celle-ci tient le lac de plus près, celle-là en possède une plus large étendue ; celle-ci enveloppe une seule baie d'une courbure harmonieuse, celle-là, posée sur une croupe proéminente, en sépare deux 10

Les villas et paysage dans la peinture romaine


L'importance du paysage dans la société romaine est confirmé aussi par la peinture, qui est inspirée par la peinture hellénistique.

L'art de la fresque connaît un succès considérable. Il reste peu de témoignages de la peinture hellénistique mais on suppose que les recherches des peintres ont été les mêmes que celles que l'on peut observer dans le domaine de la mosaïque, plus épargnée par le temps. Les artistes, approfondissant la technique des peintres de l'âge classique, utilisent les lois de la perspective, jouent sur la profondeur, soulignent les effets de lumière et d'ombre, se servent de dégradés de couleurs et poussent parfois le réalisme jusqu'à l'art du trompe l'œil. Une attention particulière est portée au paysage et Alexandrie est un des centres de diffusion les plus actifs dans ce genre. 11

Le thème du paysage, lui aussi de dérivation hellénistique, acquiert une grande importance. La topiographie ou peinture des lieux se diffuse à Rome par des peintres alexandrins, déjà à partir de 164 av. J. Chr. Vitruve s'exprime ainsi à propos de cette nouvelle mode :

On en vint à orner les promenades, à cause de l'espace qu'offrait leur longueur, de diverses sortes de topia, représentant des images tirées des caractères propres et bien définis de (certains) sites ; c'est ainsi que l'on peint des ports, des promontoires, des rivages, des sources, des canaux, des sanctuaires, des bois sacrés, des montagnes, des troupeaux, des bergers.12

Selon Pline l'ancien, c'est un certain Ludius o Studius (la forme du nom est incertaine) à l'époque d'Auguste qui, le premier, imagina un genre « charmant » de peinture murale :

villas, portiques et décors de jardins : bois sacrés, bosquets, collines, bassins, canaux artificiels, cours d'eau, bord de mer, suivant le désir de chacun, avec diverses silhouettes de gens à pied ou en bateau ou se dirigeant, sur la terre ferme, vers les villas, montés sur de petits ânes, ou en voiture, ou encore des gens en train de pêcher, de prendre des oiseaux, de chasser, voire de vendanger. Il y a, sur certaines de ses œuvres, des villas magnifiques dont l'entrée est un marécage... et bien d'autres telles gentillesses de la saveur la plus spirituelle...13

Le parcours de la peinture romaine qui a donné cette importante présence du paysage est difficile à établir d'une façon complète et définitive. La raison est très simple : il y a peu de parois conservées, et ainsi peu d'exemples de peinture de cette époque. C'est à Pompéi qu'on trouve la plupart des paysages, de ce que l'on a appelé les IIIe et IVe styles. Des petites scènes, appelées pinakes, comme des panneaux, étaient insérées sur les parois, ou appuyées sur des étagères. Ils représentaient des villas maritimes, des paysages de campagne, des vues sur la mer. Même dans les représentations mythologiques, de l'Odyssée notamment, les paysages jouent un rôle important, grâce notamment à un certain réalisme, aux effets de lumière et à la recherche de la perspective.

La villa maritime, villa d'otium


La villa maritime voit son origine au IIe siècle av. J.C quand les transformations économiques et culturelles de la société romaine, suite aux contacts avec la culture hellénisante, transformèrent les villas, qui a l'origine étaient des fermes destinées à la seule production agricole, appelées rusticae, en luxueuses résidences pour la détente et les loisirs, les villas d'otium. Celles-ci, entourées de jardins d'où l'on jouissant d'un agréable panorama vers la campagne ou la mer, répondaient à la nécessité de montrer, par le biais du luxe, le statut social du propriétaire.

À l'âge impérial, ce modèle se répand non seulement en Italie mais aussi en France, en Suisse, en Espagne, en Croatie, au sud-ouest de l'Allemagne, en Angleterre, et en Afrique septentrionale. Ce phénomène se manifeste dès que la civilisation romaine devient clairement une civilisation urbaine dans laquelle les privilégiés et les intellectuels commencent à ressentir le malaise provoqué par les soucis des affaires et la coupure avec l'activité agricole des origines et avec la nature. Cicéron, Horace, Tibère et Pline le Jeune, entre autres, expriment bien ces sentiments. L'otium est vu comme une nécessité pour se ressourcer, comme on dirait aujourd'hui, au contact de la nature, bien sûr avec tous les agréments que le statut du maître, la mode et les relations sociales permettent ou imposent.

La villa d'otium montre aussi l'évolution du goût. Ses modèles sont issus des grandes résidences des princes hellénistes. Tout cela est manifeste dans les décorations, les sculptures et les peintures, aussi bien que dans les formes architecturales de plus en plus complexes et imposantes. 14

Les historiens de l'art romain distinguent les villas côtières, qui ont la vue sur la mer mais qui se trouvent un peu à distance, des villas maritimes dont des parties bordent l'eau. Souvent elles possèdent des piscines et des ports, car elles n'étaient atteignables que par bateau.

[...] les véritables villae maritimae, [...] s'affirment dans un climat de développement économique et de recherche systématique de tous les raffinements de la luxuria qui est caractéristique des classes dirigeantes italiques et particulièrement romaines des dernières décennies de la République.15

Le nouveau type de villa d'otium côtière, lieu d'agrément et de repos, nait d'abord dans les sites les plus beaux d'un point de vue panoramique des rivages de la Campanie, qui bien qu'étant désormais très profondément romanisée, gardait encore sa culture grecque, très à la mode dans les milieux aisés romains. La côte autour de Naples (Neapolis) présente la plus haute concentration de villas de toute la romanité. De Punta Ateneo à Capo Miseno, une ceinture ininterrompue de villas prestigieuses longeait le bord de la mer. Tous les grands personnages de la République romaine avaient des propriétés dans cette zone. Dans la plupart des cas, ces villas sont des villas maritimes.

La possession d'une villa devint davantage qu'une mode : un véritable symbole de richesse et de prestige personnel. Pour Marius, Sylla, Crassus, César, Cicéron, puis les Empereurs, cette mode devint presque une obligation. A Baia, appelée "pusilla Roma", se regroupaient les villas les plus prestigieuses, grâce au panorama, la proximité de Naples, la richesse en eaux thermales et la persistance de la culture grecque qui eut une importance fondamentale du point de vue du changement des mœurs avec la diffusion de nouveaux modèles, de nouvelles modes et aussi des éléments culturels de dérivation helléniste.

L'architecture et le paysage.

La villa maritime se présente comme une luxueuse « machine à paysage », qui profite de la morphologie du terrain le long des côtes pour imposer une subdivision en vastes terrassements. On profite ainsi du relief pour trouver des solutions très scénographiques et spectaculaires, avec la multiplication d'édifices annexes comme des bibliothèques, des thermes, des jardins, des petits temples et des nymphées. Ces derniers deviennent un signe qui marque l'importance de la villa.

Du point de vue architectural, les villas maritimes et côtières appartenaient au type « à portique », selon des modèles orientaux. Ce genre de villa fut le plus utilisé, car il s'adaptait davantage à la pente, tout en offrant un vaste panorama sur le paysage, donnant comme résultat l'impression de se trouver dans un théâtre. 16 Cela est manifeste dans de nombreuses peintures qui proviennent de la région du Vésuve.

Quant au choix du lieu, les villas maritimes cherchent des grands reliefs paysagers, comme les côtes rocheuses, les golfes, les baies et les îles escarpées, les presqu'îles et les promontoires, d'où les vues sur la mer présentent des aspects multiples et spectaculaires et d'où, en même temps, elles peuvent être admirées comme des élément qui rendent le paysage encore plus précieux :

Ce qui est en cause est le désir d'inscrire le monument dans le paysage, de le rendre particulièrement visible. Le point de vue choisi n'est pas celui du voyageur circulant sur la voie littorale placée [...] du côté opposé. En revanche cette vision est maximale pour ceux qui se déplacent dans une embarcation en longeant le rivage 17.

La relation très étroite avec la mer est ainsi soulignée par Lafon, en analysant les façades des villas du haut empire :

 la volonté d'ouverture paraît être une règle unanimement respectée puisque ce qui est recherché est le contact le plus grand possible avec l'élément liquide. 18

Le point de vue apparaît comme un élément contraignant dans les projets des constructions, mais d'une façon plus subtile qui recherche des sensations insolites.

Le passage d'une façade linéaire à une façade présentant une ou plusieurs saillies (dont une centrale), donnant directement sur l'extérieur, est certainement le phénomène les plus marquant que connaît le plan des villas maritimes impériales par rapport à celles qui précèdent. Dans le domaine qui nous intéresse en ce moment, cette avancée rapproche mathématiquement les espaces concernés de la mer proprement dite. Celle-ci est donc visuellement plus présente mais physiquement une certaine distance est maintenue par la présence obligatoire d'un podium et l'affrontement direct, comme le souligne le texte de Pline est ainsi évité. La mer vient seulement “murmurer” à ses pieds. 19

C'est dans la villa des Laurentes que se trouve ce « triclinium » en saillie sur la mer.

Sur tout son pourtour, cette salle a des portes et des fenêtres non moins grandes que des portes et ainsi elle embrasse par ses côtés et son milieu ce qu'on pourrait appeler trois mers 20

Les rapports visuels avec la mer se trouvent modifiés par une deuxième série de pratiques qui vont en sens envers de ce qui vient d'être analysé : pour schématiser, il s'agit de faire de la mer un élément rare et par contrecoup, de sa « présence » quelque chose d'exceptionnel en jouant, par exemple de l'effet de surprise.21

L'auteur donne plusieurs exemples de ce phénomène. Le parcours qui descend à la mer n'a jamais un tracé rectiligne, et ceci pas seulement pour de raisons techniques.

[...] le plus souvent il connaît des codes multiples dont le dernier n'est pas très éloigné de la sortie côté mer de telle façon que, là encore, la mer n'apparaît qu'au dernier moment. L'orientation du dernier segment est parfois calculée en fonction de la conjonction d'une vue sur la mer et d'un point important du paysage comme le Vésuve dans le cas d'une villa de Sorrente (Villa de Capo di Massa).[...].

Les escaliers qui conduisent au sommet des tours jouent un rôle voisin pour augmenter, là encore, l'effet de surprise. La tour que nous avons fouillée à Marina di San Nicola présente une rampe et un escalier sans ouvertures sur l'extérieur autres que celles qui donnent vers l'intérieur des terres : on accédait au sommet du belvédère sans avoir vu la mer après une période d'autant plus longue que le bâtiment est à plus de 250 mètres du rivage. Le cheminement par l'intérieur de la falaise du corps principal de la villa jusqu'aux nymphées répond aux mêmes préoccupations dans au moins deux cas, à Sorrente et à Capri (Punta San Francesco et Marina Grande, Villa Gradola-Grotta Azzurra)22

[...] Tous les procédés qui consistent à cantonner la vue sur la mer à quelques espaces sélectionnés justifient en contrepartie l'importance accordée dans la littérature, par exemple Stace (Silves II, 1) à ces « chambres qui dominent la mer ».[...]

Le fait qui me paraît le plus important est que la mer est avant tout conçue comme un objet qu'on regarde de loin, non comme une réalité dans laquelle on vit. La villa maritime est devenue une « machine à voir» la mer sous des angles les plus divers possibles, à des distances également très variables.23

Dans les descriptions paysagères, apparaît clairement l'idée selon laquelle les constructions humaines font partie du paysage, l'embellissent même, comme dans les deux exemples évoqués par Pline le Jeune. Dans sa ville de Laurentes, à l'intérieur d'une tourelle panoramique il y a :

[...] une salle pour le repas du soir ; elle a vue sur une grande étendue de mer, une longue bande de rivage et des villas délicieuses.24

[...] Le rivage est orné d'une façon aussi variée qu'agréable par la suite tantôt continue, tantôt interrompue des toits des villas qu'on prendrait pour une série des villes, qu'on les voie de la mer ou du rivage.25

Ce beau paysage est souvent admiré depuis la mer, car les heureux propriétaires se déplaçaient le plus souvent en bateau soit pour rejoindre leur demeure soit pour rendre visite à celle de leurs illustres voisins, comme on peut le voir dans cette citation de Cicéron, au sujet de sa villa de Astura, à quelques kilomètres au sud de Anzio.

Cet endroit est charmant, il s'avance dans la mer et est visible à la fois d'Antium et de Circei.26

Pierre Gros souligne également cet aspect:

L'un des traits les plus caractéristiques de ces riches demeures à partir de l'époque augustéenne et plus encore au long des deux premiers siècles de l'Empire est en effet qu'elles doivent contribuer, aux yeux de leurs propriétaires, par leur seule présence, à accroître le pittoresque ou le charme d'une côte envisagée de plus en plus comme un spectacle qu'il faut aborder par la mer.27

Dans les Silves, Stace, en décrivant le site sur lequel est bâtie la villa de Pollius Felix, affirme la supériorité des aménagements humains sur la nature.

Voilà les lieux que la nature a favorisés ; c'est ici que, vaincue, elle s'est soumise à la volonté de l'homme et a appris par la culture à se plier docilement à des pratiques inconnues. Il y avait une hauteur là où tu contemples une plaine ; et les bêtes sauvages avaient leur repaire là où tu entres à présent sous un toit ; là où tu vois aujourd'hui de hautes forêts, il n'y avait même pas de la terre : le propriétaire a tout dompté ; il a façonné, forcé les rochers, et le sol, docile s'en réjouit. Vois à présent les rocs se plier à l'obéissance, la montagne entrer dans les maisons et se retirer sur un ordre.28

Vue de la Villa de Capo di Sorrento. En arrière plan, le Vésuve.
Photo : Luigi Alfano




Villa de Capo di Sorrento. Bassin naturel.
Photo : Luigi Alfano

La même idée est au centre de l'Hercule sorrentin de Pollius Felix.

Des sables stériles, un flanc de promontoire arrosé par les vagues, des rochers hérissés de broussailles, des falaises, un sol se refusant presque aux pas, voilà ce qu'on pouvait voir ici. Quelle fortune soudaine a embelli ces âpres rochers ?29

Dans cette dernière citation, on voit apparaître encore une fois un élément paysager essentiel dans la problématique des villes romaines de littoral : le promontoire

Le promontoire.

Il s'agit d'un site privilégié, parce qu'il permet de multiplier les points de vue. Les exemples sont très nombreux le long des côtes, dans les îles ou au bord des lacs comme à Sirmione sur le lac de Garde.

Pierre Gros en fait même le trait de distinction entre villa côtière et villa maritime :

cette dernière ayant la particularité essentielle d'occuper un promontoire et de comporter des constructions qui s'avancent dans la mer ; [...].30

Le même auteur, en analysant plusieurs exemples, arrive à cette conclusion :

Ces villas de promontoire, qui tirent parti à la fois d'une position dominante, parfois vertigineuse, au dessus des flots, et d'un contact direct avec la mer, étaient évidemment les plus appréciées : elles trouvent avec les diverses résidences de Tibère dans l'île de Capri leur plein accomplissement.31

La littérature nous en donne un magnifique exemple. Stace exalte la villa de son mécène à Capo di Sorrento.

Faut-il rappeler ces mille sommets, tous ces points de vue changeants ? Chaque chambre possède un agrément particulier et sa mer à soi, et, au delà de la plaine de Nérée, les fenêtres tournées vers des côtes différentes sont maîtresses chacune de sa terre : l'une regarde Inarime, l'autre a vue sur l'âpre Prochyta, de ce côté-ci se profile l'écuyer du grand Hector ; de cet autre Nésis, encerclée par la mer, respire un air pernicieux ; plus loin est Euploea etc.32

Pline le Jeune aussi, dans la description de sa villa de Laurentes (voir ci-dessus) qui se situe sur une côte sablonneuse et rectiligne, parle de la vue « des trois mers » de sa salle à manger, comme si elle se trouvait sur un promontoire.


Dans la villa du haut empire,

[...] les nouveautés concernent davantage l'organisation interne de chacun de ces bâtiments autorisant par l'intermédiaire de la vue (et accessoirement de l'ouïe) de rapports différenciés avec la mer. Chaque espace occupe une place précise dans cette hiérarchie visuelle et sonore[...].3

L'eau à l'intérieur des villas. Nymphées, tricliniums et piscines.

L'importance de l'eau douce et sa supériorité sur l'eau de mer est un des éléments qui produisent le phénomène des grottes marines, naturelles ou artificielles, appelées par les archéologues les nymphées. P.Grimal nous rappelle qu'une “villa parfaite devait posséder de l'eau à profusion.34 L'eau est perpétuellement présente chez les auteurs latins, tel Pline :

[...] il existe des puits, je devrais dire des sources, car les nappes se trouvent près de la surface. Et à tout prendre ce rivage est étonnement favorisé. En quelque endroit qu'on creuse la terre, l'eau vient toute prête à votre rencontre, et s'offre pure et nullement altérée par le voisinage si rapproché de la mer.35

Nous allons brièvement évoquer ces différents « lieux-d'eau » propres aux villas romaines.

Le nymphée

Le mot de nymphaeum, mot grec et ressenti comme tel, ne peut s'appliquer qu'à des édifices sacrés, des sanctuaires des Nymphes, réels ou fictifs. Il évoque nécessairement tout un cortège d'associations à la fois religieuses et esthétiques, dont les premières au moins, trouvaient un écho dans la plus pure tradition romaine, mais dont les secondes ne pouvaient que se rattacher à l'art hellénique, soit plastique, soit « topiaire ».36

L'histoire du mot est aussi importante, parce qu'elle nous montre que même si, à partir du premier siècle, de nombreux nymphées apparaissent dans les villas, le terme est absent. Ce n'est que plus tard, à partir de la fin du IIe siècle, que « le mot nymphaeum commence à apparaître dans les inscriptions, tout en restant relativement rare :[...] »37

[Mais] un point paraît acquis : νυμφαιου/ nymphaeum, au moins jusqu'au IIe siècle de notre ère, désigne bien dans l'usage grec et latin une grotte consacrée aux nymphes et non une fontaine monumentale. Ce lien peut être explicite avec une nymphe en particulier (Artémis, Pirène, Calypso), ou général avec les nymphes d'une source. Il se manifeste par la présence de l'eau et le plus souvent par un paysage boisé. L'emplacement a un caractère éminemment religieux et se signale parfois par un prodige naturel qui en fait un site chargé de numen.38

Mais si le terme arrive des grecs aux romains, ceux-ci aussi vénéraient les grottes sacrées par la présence d'une source, en se rattachant au culte méditerranéen ancestral et à un de leurs mythes fondateurs, celui de la Camène Egérie, raconté par Tite Live.

Il y avait un bois arrosé par une source intarissable qui jaillissait dans une grotte ombragée. Et parce que Numa s'y rendait très souvent sans témoins pour se rencontrer avec la déesse, il consacra ce bois aux Camènes parce qu'elles s'y rencontraient avec Egérie, son épouse.39

Le roi Numa, selon la tradition, passait, la nuit, des longues heures dans cette grotte avec Egérie qui était sa conseillère et son guide pour la politique religieuse qu'il avait instaurée afin de donner à son peuple guerrier le goût pour la paix et pour le respect des peuples voisins. La belle Nymphe se servait aussi de l'eau pour en tirer des auspices et on reconnaissait à cette source aussi des vertus salutaires. Pour cela, la grotte sacrée de la tradition fut transformée en Nymphée.

Le poète Juvénal déplore les transformations avec des marbres des grottes de la vallée d'Egérie qui empêchent de ressentir la présence du numen de la source.

Dans le Val d'Egérie nous sommes descendus, voici les grottes artificielles. Comme la divinité serait plus réellement présente, si un gazon verdoyant bordait l'eau et si des marbres ne mettaient leur tache sacrilège sur le tuf indigène !40

La grotte et la source donnent le nymphée. La grotte représente un point de rencontre entre les humains et les dieux, et dans le monde méditerranéen, elle est le lieu de Gaia, la divinité ancestrale, génératrice, la Terre Mère. C'est aussi l'espace des oracles, de la Sibille comme à Cume. Pour les Romains, toutes les sources étaient toujours sacrées, des lieux pleins de cette force transcendante qu'ils appelaient numen.

La sacralité de l'eau des sources est présente même en dehors des grottes, comme dans le cas du sanctuaire de la source de Glanum, près de Saint Rémy en Provence, dédié à la déesse Valetudo. Dans le bassin ont été retrouvées des monnaies, dont une avec l'image de Salus, autre divinisation de la santé.

La diffusion des grottes rattachées aux villas maritimes se lie donc à plusieurs facteurs : la morphologie de la côte, la persistance dans la culture romaine des valeurs sacrées liées aux sources et au mythe fondateur de Numa et aux liens que la région napolitaine, en époque romaine, garde avec la culture grecque par un très forte imprégnation hellénisante des lieux.41 La côte, qui se prêtait si bien à une architecture en terrasses panoramiques, était riche en grottes naturelles dans les falaises rocheuses qui inspiraient leur transformation en nymphées et qui déterminaient l'emplacement des villas. Mais il ne s'agissait pas seulement de s'inspirer d'un modèle qui, à partir de l'époque haut-républicaine, représente un exemple de distinction sociale. Il y a aussi la persistance, dans le sud de l'Italie, des anciens cultes des divinités des sources dans les grottes. Les ex-votos en terre-cuite retrouvées dans une grotte consacrée à Pan et aux Nymphes dans le site archéologique de Locres en Calabre, datées entre le IVe et le IIe siècle av. J.-C., le montrent bien. Les nymphes des sources donnent la santé avec leur eau sacrée. Cette qualité est dans certains cas soulignée quand les romains dédiaient à la divinité Valetudo des temples autour des sources. À l'origine, il y a aussi le sanctuaire de la source,

[...]édifice [...] particulièrement voué aux eaux fertilisantes dont les Nymphes sont les habitantes et les maîtresses[...].42

Lorsque le relief côtier n'offrait pas de grotte, on creusait parfois la paroi rocheuse et on y faisait parvenir de l'eau pour y créer un nymphée avec une source.

L'organisation interne de certaines grottes maritimes traduit d'une certaine façon ce refus (au moins partiel) de voir entrer la mer. La grotte obscure, privée de soleil et par là-même de lumière, est un thème qui revient plusieurs fois chez Sénèque (Dialogues IX, 9,2 et à Ad Luc. 55, 6). Cette situation indique clairement que l'on se prive volontairement de la vue de la mer. La disposition du stibadium de Sperlonga, où les convives sont tournés vers l'intérieur de la grotte et les groupes de statues, montre qu'il ne devait pas être facile de voir la véritable mer, mais qu'ils découvraient seulement un succédané sous la forme de bassin à poissons. Le contact immédiat avec l'eau qui caractérise d'ailleurs toutes les grottes n'autorise en définitive qu'une vision étroitement limitée.43

Selon H. Lavagne, dans les villas maritimes s'affirme la tendance à introduire jusqu'au cœur du complexe des éléments qui évoquent le monde marin. Dans les grottes naturelles ou artificielles, transformées en nymphées, s'effectue la rencontre entre l'eau douce et l'eau salée44.
Le triclinium
Une cavité naturelle avec une source près d'une villa pouvait se transformer en salle à manger.

Une source prend naissance dans la montagne, descend à travers les rochers, aboutit à une petite chambre taillée de main d'homme pour servir à un repas. Après s'y être un peu attardée, elle tombe dans le lac Larius. Elle a une curieuse propriété. Trois fois par jour des montées et de descentes régulières la remplissent et la vident. Elles sont faciles à constater et c'est un grand plaisir de survenir à temps pour les voir. Vous vous mettez à table près du bassin, vous dînez et vous buvez en puisant à même dans la source (car elle est très fraîche). Pendant ce temps, à des instant fixes et régulièrement espacés, elle baisse et elle monte.45

Dans les nymphées impériaux de Tibère, même si les restes archéologiques n'en témoignent pas toujours, on peut envisager une utilisation comme salle à manger surtout pour ceux qui sont plus rattachés à des villas.

Une particularité de ces exemples est la riche ornementation et la présence des statues qui décorent la pièce, comme à Sperlonga et à Punta Epitaffio, inspirées de l'Odyssée.

Mais quand la grotte est en partie envahie par l'eau de mer, on passe au modèle suivant qui peut englober les trois en même temps.

Grotte de Sperlonga

Les piscines
Le premier siècle av. J. Chr. fut la grande époque des viviers en eau salée. Même s'ils étaient beaucoup plus coûteux que ceux d'eau douce, l'élite fortunée romaine les préférait.

Dans la plupart de ces viviers, on mélangeait de l'eau douce à l'eau salée pour créer de l'eau saumâtre. Cette aquatio, donnait aux poissons les plus appréciés, comme les anguilles, appelées murènes, un milieu plus favorable.

Les viviers étaient ainsi localisés où il y avait des sources naturelles d'eau douce. La grotte de Tibère à Sperlonga, une grotte naturelle transformée en grotte ornementale, contient plusieurs sources d'eau douce qui jaillissent encore maintenant. À l'intérieur, il y avait une île avec un triclinium.

Mais cet exemple n'est pas le seul, on peut ajouter aussi les villas de Torre Valdaliga, Torre Astura et du Circeo et le villas de Sorrente comme celle de Agrippa Postumus.46

Ici l'eau douce jaillissant de la colline pour être conduite à l'intérieur du nymphée, grotte naturelle élargie dans la falaise, ainsi que dans la piscine.

Selon une étude de James Higginbotham, il y avait quarante-sept villas maritimes dotées d'une piscine. Souvent, elles étaient entourées des jardins, décorées de staues, et de l'eau douce y pénétrait, parfois sous forme de cascade. Les bassins entrent dans la grotte en amenant l'eau de mer dans la villa. La grotte nymphée, le triclinium, la piscine, représentent aussi un lieu d'échange entre les eaux douces et salées, entre naïades et néréides.

Les tricliniums au bord des piscines n'avaient pas seulement un but esthétique, mais aussi gastronomique, pour offrir aux amis et aux hôtes prestigieux des poissons recherchés pêchés sous leurs yeux.

Les poissons y étaient élevés aussi pour l'icthyomanteia, appelés de leur nom par un nomenculator, leur appétit était interprété comme un présage. Cette pratique est une mode et un spectacle, mais elle garde l'aspect sacré des poissons, comme en témoigne Martial.47

Pour conclure avec James Higginbotham :

L'emplacement de ces résidences fut souvent choisi pour exploiter les vues panoramiques ou pour profiter des grottes naturelles et des petites îles au long du rivage. Les viviers à poisson avec leur périmètre de môles englobant une grande surface de paysage marin, reflètent le désir de contrôler la nature et d'inclure plantes, animaux et poissons à l'intérieur des limites de la propriété de la villa.48

[...] Paysage et topographie, accrus par l'architecture, étaient fondamentaux pour dessiner une villa. Les piscinae aidaient à élargir la définition de paysage en incluant non seulement le bord de mer mais la mer elle-même. 49

Conclusion

La villa maritime rejoint sa perfection quand, en partant des éléments culturels et sociaux propres de l'Etat romain entre le Ier siècle Av. J. Chr. et le Ier siècle après J. Chr., on utilise la morphologie de la côte pour mieux profiter des beautés paysagères et pour créer des structures comme les nymphées, les tricliniums et les piscines qui augmentent l'attrait des lieux. Ces dernières, même dans un conteste de mode, de prestige et d'agrément, gardent les liens avec le caractère sacré des sources et des grottes, profondément ancrés dan l'âme des romains.

Cela montre ultérieurement l'importance que la recherche et la distribution de l'eau avait pour les romains, non seulement dans les grands ouvrages qui déplaçaient de grandes quantités d'eau pour la consommation des villes mais aussi la captation des sources dans le terrain pour l'utilisation dans les villas. Dans les îles, on trouve de grandes citernes et des galeries pour recueillir l'eau de pluie et capter l'eau souterraine.

Mais c'est surtout du point de vue panoramique que l'on retrouve une grande actualité dans des sites choisis pour les leurs qualités paysagères, comme les côtes à falaise, les caps, les promontoires, les petites îles et les peninsules. Dans tous ces cas, on a souligné la recherche des prises de vue multiples.

De très nombreux lieux, sites de villas maritimes, revêtent aujourd'hui une grande importance touristique. Capri, Sirmione, l'île d'Elba, la presqu'île de Sorrente etc.

Mais on peut aussi trouver des situations dans lesquelles c'est la villa même qui est, ou qui va devenir, une actraction touristique. Nous en donnons ici deux exemples.

Le 26 février 2003, la commune de Massa Lubrense (près de Sorrento), parvient enfin à acheter à la Marine Militaire, après des annèes de tentatifs infructueux, les onze mille mètres carrés de la Punta Campanella, qui contiennent les restes de la villa romaine, le phare et une tour de garde du 14ème siècle, pour en faire la partie archélogique du Parc naturel marin dejà institué.

La conservation et la restauration de cet extraordinaire patrimoine revêt aussi un but touristique, il s'agit là de tourisme écologique et culturel. Ce dernier est en augmentation croissante et permet d'élargir l'offre touristique en dehors de la haute saison et des lieux plus connus. Dans ce projet, il y aussi la restauration de la Via Minerviae qui permettait de rejoindre la Villa de Punta Campanella et le Temple dédié a Minerve, dans le lieu le plus proche de l'île de Capri, et duquel on voit la Villa Jovis de l'empereur Tibère.


Vue de la Villa de Sirmione
Photo : Gianni Hochkofler



La Villa de Sirmione (reconstitution)


La villa romaine de Sirmione, au bout de l'étroite peninsule en forme de promontoire qui s'avance dans le lac de Garde, grâce à la majesté de ses restes mais aussi à la beauté du panorama, est devenue une attraction touristique majeure avec environ 200.000 visiteurs par an.

Ce ne sont là que deux exemples, qui montrent à quel point l'étude géoculturelle du passé est une clé de lecture des phénomènes de société les plus actuels. A l'intersection de plusieurs disciplines, des travaux tels que celui proposé dans cet article ne peuvent qu'enrichir notre compréhension des liens profonds qui nous unissent aux lieux, pour les inscrire dans ce qui constitue notre patrimoine.

 

    Bibliographie


Venturi Ferriolo M., La grotta, le ninfe e il paesaggio della Grande Dea, in Artifici d'acque e giardini. La cultura delle grotte e dei ninfei in italia e in Europa. Lapi Ballerini I., Medri L. M. (ed.), Centro Di, Firenze 1999, p. 15-19

Bragantini I, L'acqua il giardino e la grotta nel mondo romano tra l'età tardo-repubblicana e la prima età imperiale in Artifici d'acque e giardini. La cultura delle grotte e dei ninfei in italia e in Europa. Lapi Ballerini I., Medri L. M. (ed.), Centro Di, Firenze 1999, p.20-24

Grimal P. Les jardins romains, Fayard, Paris 1984

Guglielmo E, Il Ninfeo romano imperiale di Punta Epitaffio a Baia ed il suo allestimento nel Museo Archeologico dei Campi Flegrei in Artifici d'acque e giardini. La cultura delle grotte e dei ninfei in italia e in Europa. Lapi Ballerini I., Medri L. M. (ed.), Centro Di, Firenze 1999, p. 25-30

Brauneiser M, Tagzeiten und Landschaft im Epos der Griechen und Romer, Würzburg, K. Triltsch, 1944.

Gagliardi D., Paesaggio in Orazio. Enciclopedia Oraziana vol. II, p. 595-599, Istituto della Enciclopedia Italiana, Roma 1997. .

Highet G., Poets in a landscape, Knopf, New York 1957.

Higginbotham, J. Piscinae : artificial fishponds in Roman Italy Sc An AC:2*HIG BFLA 117351

Lavagne H., Fontane e ninfei in Settis S. (ed.), Storia e civiltà dei Romani. La città, il territorio, l'impero. Electa , Milano 1990, pp.125-138.

Lavagne H, ( dir. ) Jeunesse de la beauté : la peinture romaine antique. Ars latina. Paris 2001

Lavagne H. Operosa antra. Recherches sur la grotte à Rome de Sylla à Adrien. école française de Rome, Rome 1988

Mauduit C. et Luccioni P. (édit.) .Paysages et milieux naturels dans la littérature antique. Actes de la table ronde organisée au Centre d'études et de recherches sur l'Occident romain de l'Université Jean Moulin-Lyon 3 (25 septembre 1997) Boccard, Paris 1998.

Mugellesi R. , Paesaggi latini, Firenze, Sansoni, 1975.

Roger A. Court traité du paysage. Gallimard. Paris 1997

Segal C., Landscape in Ovid's Metamorphoses. A study in the transformations of a literary symbol, F. Steiner Verlag, Wiesbaden 1969.

Serpa F., Paesaggio, in Enciclopedia Virgiliana vol. III, p. 921-926, Istituto della Enciclopedia Italiana, Roma 1987.

Snell B., La cultura greca e le origini del pensiero europeo, Einaudi, Torino 1951 (ed. orig. 1946).

 

1 Lafon Xavier, Villa maritima. Recherches sur les villas littorales de l'Italie romaine (IIIe SIèCLE AV.J.C. / IIIe Ap. J.-C.), école française de Rome, Rome, 2001, p. 117. L'auteur, en note, cite Cicéron, Ad Att., II, 3,2 et Ad Fam., XV, 16 et Lucrèce De natura rerum, livre IV

2 Roger A., Court traité du paysage, Gallimard, Paris, 1997, p. 55

3 Roger A., Court traité du paysage, Gallimard, Paris, 1997, p. 57

4 Nardy J.P. « Paysages latins et géographie », Géographie et cultures, n° 43, 2002, pp. 55-65

5 ibid. p. 55

6 ibid. p. 57

7 ibid. p. 58

8 Pitte J. R. « L'invention du paysage », L'Alpe, 16, Glénat, Grenoble 2002, pp. 12, 24, p.13-14

9 Pline le Jeune, Lettres, Livre V, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris, 1987, p. 64

10 Pline le Jeune, Lettres, Livre IX, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris, 1987, p. 97

11 Anne de La Boulaye, Art grec à l'époque hellénistique http://www.ifrance.com/EGB/grece/2.htm

12 Vitruve, De arch. VII 5, 5 cit. in Grimal P., Les jardins romains, Fayard, Paris, 1984, p. 94

13 Pline, Nat. Hist. XXXV 116-117 cit. in Grimal P., Les jardins romains, Fayard, Paris, 1984, p. 96

14 Tiré de la présentation de l'exposition La Villa Romana: Ozio e produttività agricola nell'antichità Museo Civico de Marino (Rome) 15, 12, 2001 – 19, 01, 2002 http://www.digiter.it/nostrea/archivio/arch_01_2002.htm

15 Gros P. L'architecture romaine, vol 2, Piccard, Paris 2001, p. 303

16 Anne de La Boulaye Art grec à l'époque hellénistique http://www.ifrance.com/EGB/grece/2.htm

17 Description de la villa Prato à Sperlonga, sur la côte du Latium, entre Terracine et Formies, un des premiers exemples de villa maritime, datant du troisième quart du II siècle av. J. Chr. Lafon Xavier, Villa maritima. Recherches sur les villas littorales de l'Italie romaine (IIIe SIèCLE AV.J.C. / IIIe Ap. J.-C.), école française de Rome,2001, pp. 55, 56.

18 Ibid. p. 297

19 Ibid. p. 298

20 Pline le Jeune Lettres, Livvre II, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris : 1987, p. 17

21Lafon X. Op. cit. p. 299

22 Ibid. p. 299

23 Ibid. p. 300

24 Pline le Jeune Lettres, Livre II, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris : 1987, p. 86

25 Pline le Jeune Lettres, Livre II, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris : 1987, p. 90

26 Ad Attic., XII,9,1 ; 15 mars 45 av. J.-C. cit. in Gros P. L'architecture romaine, vol 2, Piccard, Paris 2001, p. 303

27Gros P. L'architecture romaine, vol 2, Piccard, Paris 2001, p. 308

28 Stace Silves Tome I, Freire H. et Izaac H. J. ed., Les belles lettres, Paris 1992, p. 67

29 Stace Silves Livre III Tome I, Freire H. et Izaac H. J. ed., Les belles lettres, Paris 1992, p. 97

30 Gros P. L'architecture romaine, vol 2, Piccard, Paris 2001, p. 303

31 ibid. p. 309

32 Stace Silves Livre II tome I Freire H. et Izaac H. J. Les belles lettres paris 1992 p. 67-68

33 Lafon X. Op. cit. p. 298

34 Grimal P. Les jardins romains, Fayard, Paris 1984, p. 295

35 Pline le Jeune Lettres, Livvre II, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris : 1987, p. 89

36 Grimal P. Les jardins romains, Fayard, Paris 1984, pp. 307, 308

37 Lavagne H. Operosa antra. Recherches sur la grotte à Rome de Sylla à Adrien. école française de Rome, Rome 1988 p.285

38 Lavagne H. Operosa antra. Recherches sur la grotte à Rome de Sylla à Adrien. école française de Rome, Rome 1988 p. 300

39 Tite Live Histoire de Rome

40 Juvénal Satire III Trad. Henri Clouard

41 Selon une interprétation assez courante les magnifiques falaises de Capri et de la péninsule des Sorrente sont devenues la demeure des sirènes qui cherchèrent de enchanter Ulysse lié à l'arbre de son bateau, pour entendre leurs chants. Les champs Phlégréens, près de Naples, sont encore une zone volcanique et actuellement de secours qui est entrain de plonger lentement les ruines romaines dans les ondes de la mer. Où, autrement, aurait pu descendre Ulysse dans les enfers pour parler avec les morts? Le promontoire rocheux du Circeo, le seul dans toute la côte au sud de Rome, a révélé la présence humaine à partir de l'époque préhistorique, avec la découverte des os de l'homme de neanderthal dans ses cavernes. C'est ici qu'Ulysse fut ensorcelé par la sorcière Circé.

42 Gros P. op. cit. vol. 1 Picard, Paris 2002 p. 441

43 Lafon Xavier, Villa maritima. Recherches sur les villas littorales de l'Italie romaine (IIIe SIèCLE AV.J.C. / IIIe Ap. J.-C.), école française de Rome,2001, pp. 299, 300

44 Voir au sujet de la distinction eau douce / eau salée, l' article de R. Scariati ( avec notre collaboration), De la douceur de l'eau dans le monde antique, à paraître.

45 Pline le Jeune Lettres, Livvre Iv, texte établi et trad. par Anne-Marie Guillemin [puis] par Marcel Durry. Les Belles Lettres, Paris : 1987, p. 50

46 Higginbotham, J. Piscinae : artificial fishponds in Roman Italy, University North Carolina Pres, 1997, p. 31

47 Martial, X, 30, v. 23-24 Universités de France, éd. Izaac, paris 1933, p. 87

48 Higginbotham, J. Piscinae : artificial fishponds in Roman Italy, University North Carolina Pres, 1997, p. 31 n. tr.

49 Higginbotham, J. Piscinae : artificial fishponds in Roman Italy, University North Carolina Pres, 1997, p. 31-32 n. tr.

 

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 2003