LE PARTAGE DES EAUX DANS LES RÉPUBLIQUES
D'ASIE CENTRALE,

UNE MANIFESTATION DES TENSIONS POST-SOVIÉTIQUES

Julien THOREZ ATER
Université de Nantes

Pierre THOREZ
CIRTAI UMR IDEES, université du Havre

Entre le Caucase oriental à l'ouest et les hautes montagnes du Tian-Chan et du Pamir à l'est, s'étend la vaste cuvette aralo-caspienne marquée par l'aridité et l'endoréisme. Les massifs montagneux reçoivent entre 400 et 1600 mm de précipitations. Sur leurs piémonts, elles sont comprises entre 200 et 400 mm. Dans les plaines les plus basses et sur les plateaux centraux, elles ne dépassent presque nulle part 200 mm. Elles s'abaissent à moins de 75 mm entre la mer Caspienne et l'Aral. Grâce aux montagnes qui tiennent lieu de châteaux d'eau naturels, des populations ont pu depuis des millénaires s'installer dans ces régions et développer des civilisations d'oasis. Alors que les steppes arides et les plus hautes montagnes sont devenues le domaine des éleveurs nomades, les deltas et les cônes de déjection sur les piémonts concentrent des populations agricoles denses. Les agriculteurs de montagne ont installé dans les vallées des parcelles de cultures fertilisées par une irrigation locale par gravité. Les piémonts, en légère pente, ont vu se développer des périmètres d'irrigation dans lesquels ont prospéré des états puissants, ayant pour capitale Samarkand, Boukhara ou Khiva. Au cours du XXième siècle, en particulier pendant la période soviétique, de grands aménagements hydrauliques destinés à réguler une ressource relativement abondante ont été réalisés avec une triple finalité : augmenter les surfaces agricoles irriguées pour favoriser la culture du coton et employer une population rurale toujours plus nombreuse, répondre aux besoins en eau des villes et des industries, produire de l'hydroélectricité. Ces travaux décidés par le pouvoir central et répondant aux objectifs de la planification étaient conçus à l'échelle fédérale sans tenir compte des divisions administratives, à commencer par les frontières entre les républiques soviétiques. L'Asie centrale et le Caucase oriental, midis soviétiques et vitrines du régime pour le Tiers Monde, formaient des régions structurées par les réseaux d'irrigation et de drainage. Mais, la catastrophe de l'Aral signale les limites des aménagements soviétiques.

En 1991, lorsque l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan sont devenus indépendants, les réseaux d'irrigation ont été partagés entre plusieurs états souverains dont les ressources et les besoins en eau se sont révélés très inégaux, en fonction de leur localisation et de leur agriculture. Ainsi, les principales républiques agricoles – l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Turkménistan et l'Azerbaïdjan- sont désormais tributaires d'apports extérieurs. Le partage des eaux devient un enjeu majeur en raison de la pénurie qui affecte les régions situées à l'aval des grands fleuves, dans un contexte où chaque état cherche à s'affirmer. Avec la disparition du système soviétique de production et d'échanges, la répartition de l'eau a-t-elle été réformée ? Constitue-t-elle une cause de conflit entre les républiques et entre les sociétés d'Asie centrale ? Dans quelle mesure l'héritage soviétique limite-t-il ou non la souveraineté des nouveaux états ?


1 Le poids de la mise en valeur soviétique d'une région sèche

1.1 Une ressource abondante, mais inégalement répartie.

Bien que peu arrosées, en particulier sur leurs versants orientaux, les hautes montagnes qui dominent les dépressions arides et semi-arides de l'Asie centrale, fournissent l'essentiel de l'eau qui fait vivre les populations. De grands glaciers – au Pamir, ils s'étendent sur 8050 km² contre 7940 km² dans le Tian-Chan1 - et la fonte des neiges alimentent les puissants torrents dont la confluence forme les principaux cours d'eau d'Asie centrale. Le Syr Daria connaît une crue principale en été tandis que le débit de l'Amou Daria est maximum en avril-mai puis en juin-juillet. Les maxima coïncident donc avec la période pendant laquelle les besoins de l'agriculture sont les plus importants. Cette situation est avantageuse. Cependant, le Caucase oriental ne fournit en moyenne que 5,4 km3 d'eau par an de même que l'apport des cours d'eau souvent temporaires issus du Kopet Dag est très limité. Par contre, le stock annuel disponible dans le bassin de l'Aral s'élève à 133 km3 d'eau, en raison de la puissance du Syr Daria et de l'Amou Daria. Chaque année, ils écoulent respectivement en moyenne 37 km3 et 78 km3 d'eau 2. En dépit de l'aridité, les sociétés d'Asie centrale peuvent compter sur une ressource hydrique abondante quoique circonscrite dans l'espace. En effet, les steppes sèches et les déserts occupent 90% de la cuvette aralo-caspienne cependant que la population sédentaire se concentre sur les deltas des principaux cours d'eau (Amou Daria, Mourgab) et les cônes de déjection dans les régions de piémonts (Tachkent, Ferghana).

Mais l'Asie centrale se caractérise par l'endoréisme. Les torrents du Daghestan et de l'Azerbaïdjan se jettent dans la mer Caspienne. Les deux principaux cours d'eau issus du Tian Chan - le Syr Daria - et du Pamir - l'Amou Daria - aboutissent dans l'Aral. De nombreux autres cours d'eau, y compris le puissant Zeravchan ou le Mourgab; se perdent dans les déserts du Kyzyl-Koum ou du Kara-Koum, tandis que l'Ili se déverse dans le lac Balkhach. Seul l'Irtych draine le nord du Kazakhstan vers l'océan glacial arctique. Cette situation rend l'environnement - en particulier les lacs recevant l'eau des principaux cours d'eau (Aral, Balkhach) – très sensible aux aménagement hydrauliques.

1.2 La priorité à l'irrigation, une utilisation totale des ressources hydriques.

La consommation d'eau a fortement augmenté dans la seconde moitié du XXième siècle, dans le bassin de l'Aral, 112,7 km3 d'eau ont été utilisés en 1990 contre 60,7 km3 en 1960, en raison de la croissance démographique et des politiques soviétiques de développement (cf. tableau n° 1). Entre 1959 et 1989, la population a augmenté de 115% en Asie centrale, passant de 22,9 millions à 49,4 millions d'habitants, et de 89% en Azerbaïdjan où elle a cru de 3,7 à 7 millions de personnes. Cette croissance; quoique ralentie; s'est poursuivie par la suite puisqu'en 2002, la population des cinq républiques de l'Asie centrale est estimée à 56 millions d'habitants et celle de l'Azerbaïdjan à 8,1 millions. Par ailleurs, dans le cadre de la politique de spécialisation régionale au sein de l'URSS, les surfaces agricoles irriguées ont été étendues. De 1950 à 1985, leur superficie a cru de 5,5 à 9 millions d'hectares en Asie centrale, en hausse de 63%, à la suite de l'extension des surfaces irriguées en périphérie des anciennes oasis et de la réalisation de programmes d'aménagement hydraulique et agricole de grande ampleur dans des régions nouvellement mises en valeur. Ainsi, afin de développer les périmètres agricoles principalement cotonniers au Turkménistan, sur le piémont septentrional du Kopet Dag et autour des oasis de Mary, de Tedjen et d'Achkhabad, un canal ayant un débit de 600 m3/sec a été construit depuis l'Amou Daria sur 1400 km. Le canal du Kara-Koum irrigue environ un million d'hectares et forme l'épine dorsale de l'espace turkménistanais. Partagée entre l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, la Steppe de la Faim, plaine alluviale du Syr Daria de 10 000 km², fut l'objet d'une mise en valeur méthodique fondée sur la réalisation d'un nouveau réseau de canaux d'irrigation. L'extension des surfaces irriguées a été plus modeste en Azerbaïdjan, de 1,1 à 1,3 million d'hectares (+ 20%)3. Enfin, les besoins en eau ont aussi progressé avec la création de nouveaux établissements industriels et la croissance urbaine. Dans les villes centre-asiatiques, la consommation moyenne d'eau par habitant atteint 436 l/j, avec cependant d'importantes disparités liées notamment à la localisation des différents ensembles urbains et à leur proximité d'un grand aménagement hydraulique. À Boukhara et Douchanbe, elle s'élève à 700 l/j contre 50 l/j à Kzyl-Orda et Tachaouz, situées en aval4.


Tableau n° 1 : l'évolution de la consommation d'eau annuelle dans le bassin de l'Aral entre 1960 et 1999 par bassin-versant (hors Afghanistan et Iran) (en km3) 5


1960

1990

1999

Amou Daria

31

69,2

65,2

Syr Daria

31

41,5

35,6

Total

60,7

112,7

100,8


L'agriculture est le principal consommateur d'eau. Dans le Caucase elle utilise 12 km3 soit les trois quart de la consommation annuelle. Ce sont 85% des terres cultivées que l'on irrigue en Azerbaïdjan.6. En Asie centrale elle consomme chaque année environ 109 km3 soit près de 85 % du total. En raison du climat, environ 90% des terres cultivés sont irriguées, les parcelles cultivées en sec (bogar ou lalmi) étant périphériques et marginales. L'orientation agricole, qui privilégie le coton dont la culture nécessite beaucoup d'eau, explique cette forte consommation7. Dans le bassin du Syr Daria, l'irrigation consomme 11 340 m3/ha/an et 15 900 m3/ha/an dans le bassin de l'Amou Daria8. Les périmètres gagnés à l'irrigation au cours de la période soviétique, plus vastes que les systèmes anciens, sont davantage éloignés des châteaux d'eau et des grands cours d'eau que les anciennes oasis au sein desquelles prospèrent des villes millénaires (Samarkand, Boukhara, Khiva, Mary, Och). L'eau doit être acheminée sur de plus longues distances, les pertes augmentent par évaporation et infiltration cependant que le mauvais état des canaux d'irrigation et de drainage accentue les déficits. Par ailleurs, l'éloignement de la montagne correspond fréquemment à la diminution des pentes. Le drainage se fait difficilement. Par conséquent, la menace de salinisation des terres augmente, d'autant plus que certains aménagements récents ont été mal menés. Environ 30 % des terres cultivées ont été détériorée, voire perdues irrémédiablement en Asie centrale. Sur les terres encore cultivables, afin d'enlever les dépôts de sel superficiels, les sols sont « lavés » à la fin de l'hiver, avant les semailles, ce qui entraîne une augmentation considérable de la consommation. Cette opération désormais répétée chaque année, peut consommer jusqu'à deux fois plus d'eau que l'irrigation proprement dite9. Par contre, malgré une consommation quotidienne moyenne par habitant élevée, les villes n'utilisent qu'une part très limitée des ressources disponibles (un peu plus de 3 km3). De même, le secteur industriel n'avait consommé que 15 km3 d'eau en 1990, la région étant principalement rurale et agricole.

La forte croissance de la consommation, une gestion de la ressource mal maîtrisée, des choix agricoles controversés, dans un contexte aride et endoréique, ont conduit à une catastrophe environnementale majeure. L'Aral, quatrième lac du monde, a vu son volume et sa surface se rétracter considérablement depuis les années 1960, à la suite de la forte diminution des apports hydriques consécutifs aux aménagements soviétiques et à un gaspillage d'eau peu combattu. En 1960, la « mer » s'étendait sur 66 000 km² et contenait 1000 km3 d'eau. Divisé depuis 1987, l'Aral occupe désormais 19 000 km² pour un volume inférieur à 200 km3 10. Autour, dans les basses vallées du Syr Daria et de l'Amou Daria, les populations souffrent de conditions sociales et sanitaires dégradées qui encouragent l'émigration.

1.3 De l'eau commune à l'eau partagée

Les anciens systèmes d'irrigation par gravitation ou par kariz – canaux souterrains reliant différents puits - avaient été aménagés à l'échelle locale ou régionale. Ils se limitaient à un bassin intramontagnard, à une vallée, à un cône de déjection de piémont ou à un delta. Avant la colonisation russe, suivant les régions et les échelles, l'eau était gérée par les communautés villageoises ou les états féodaux, dans un contexte où la ressource était suffisamment abondante pour satisfaire la consommation de l'amont jusqu'à l'aval. Dans le Caucase oriental, le partage de l'eau était tacite11. En Asie centrale, l'administration des états féodaux sédentaires organisait suivant des règles strictes la répartition et percevait un impôt spécifique sur l'eau. Ainsi, dans l'émirat de Boukhara, au XVIIIième siècle, l'eau du Zeravchan était distribuée aux différentes communautés en fonction de l'étendue des surfaces irriguées qu'elles cultivaient12. Une communauté agricole correspondait à un système d'irrigation et réciproquement. Les réseaux de canaux ne transgressaient pas les limites des finages ou des états féodaux.

En URSS, la gestion de la ressource et des grands aménagements hydrauliques dépendait du Ministère de l'Eau (Minvodhoz) et des orientations générales décidées par le pouvoir central. Cependant, des organismes de régulation géraient l'eau à l'échelle régionale. Des agences (Bassejnovoe vodohozjajstvennoe ob''edinenie – BVO), respectivement situées à Urgen et Tachkent, organisaient la distribution de l'eau dans le bassin de l'Amou Daria et dans le bassin du Syr Daria. Seuls les cours d'eau dont le débit moyen était inférieur à 10 m3/sec échappaient à leur contrôle13. Les équipements réalisés au cours du XXième siècle – réseaux de canaux d'irrigation et de drainage, réservoirs - s'inscrivaient au sein d'un seul état, l'URSS. Les aménagements étaient conçus à l'échelle d'un bassin entier sans tenir compte des limites administratives. Les réseaux de canaux soviétiques transgressaient donc les frontières républicaines. Ainsi, l'eau consommée dans l'agglomération de Bakou provient soit de la vallée de la Samour située au Daghestan, i.e. de Russie, grâce au canal Samour-Apchéron, soit de la Koura issue de Turquie et de Géorgie. De même, le canal méridional du Ferghana dont la construction a été entamée en 1935-36, alimente des périmètres agricoles d'Ouzbékistan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, depuis le réservoir d'Andijan qui forme la frontière entre l'Ouzbékistan et le Kirghizstan.

Par contre, le bassin de l'Amou Daria était international. Le Piandj puis l'Amou Daria constituaient le support de la frontière entre l'URSS et l'Afghanistan. Le nord de l'Afghanistan où résident 8 millions d'habitants, est drainé par des affluents de l'Amou Daria telle la Koktcha et contribue à la formation d'environ 8% de l'eau écoulée par le fleuve. Les conditions du partage de l'eau entre l'URSS et l'Afghanistan furent déterminées par un accord signé entre les deux pays en 1946, qui assure à l'Afghanistan le droit de consommer 9 km3 d'eau chaque année, c'est-à-dire la moitié du volume provenant du Piandj14.

Depuis l'implosion de l'URSS en 1991, la situation géopolitique de l'Asie centrale a grandement évolué. Les anciennes républiques soviétiques ont accédé au statut d'état souverain et leurs gouvernements autoritaires mènent des politiques d'affirmation nationale tout en suivant des itinéraires de transition différents. Des tensions naissent de la gestion de l'héritage soviétique et de l'inégale répartition des ressources hydriques et des besoins (cf. tableau n° 2). Les pays montagneux – le Tadjikistan et le Kirghizstan - concentrent 80 % de l'eau disponible dans le bassin de l'Aral mais leur consommation reste limitée en raison de l'étroitesse des terroirs agricoles. À l'inverse, les états situées en aval ont une consommation largement supérieure à la ressource formée sur leur territoire. Sur les 99,5 km3 d'eau disponibles annuellement en Ouzbékistan, seuls 12,2 km3 se forment sur le territoire national15. Le sud du Kazakhstan, l'Ouzbékistan et le Turkménistan sont dépendants en eau des apports extérieurs. Dans le cadre du système soviétique de production qui était fondé sur les spécialisations régionales et l'interdépendance entre les républiques, les aménagements hydrauliques avaient été conçus à l'échelle de la région. Désormais, pour les autorités centre-asiatiques, il s'agit de composer avec ces infrastructures inadaptées à la nouvelle carte politique et limitant leur volonté d'indépendance. L'eau devient un des principaux sujets de discussion entre les différents états, comme les frontières, le ravitaillement énergétique et la sécurité régionale.

Tableau n°2 : Formation et utilisation des ressources en eau dans le bassin de l'Aral par pays ( en %)16


Formation

Consommation

Tadjikistan

55

11

Kirghizstan

25

5

Afghanistan

5

1

Iran

3

1

Kazakhstan

4

10

Turkménistan

0

20

Ouzbékistan

8

52

Total

100

100



Au delà des politiques menées par les différents gouvernements, la gestion de l'eau au sein de chacun des grands bassin-versants par les républiques d'Asie centrale dépend largement des aménagements existants et de leur fonction de même que du tracé des frontières. La localisation des têtes de canal et des barrages est déterminante non plus d'un point de vue technique mais politique. Le régime de fonctionnement des infrastructures découle désormais de la politique d'un état souverain dont les intérêt peuvent être distincts de ceux des pays aval. La gestion de l'eau prend place au cœur des négociations entre les républiques d'Asie centrale. Elle est un enjeu géopolitique majeur.

2. L'Azerbaïdjan, souveraineté politique et dépendance hydraulique.

Situé sur la rive occidentale de la Caspienne, l'Azerbaïdjan est la république de Transcaucasie la plus peuplée. Le pays, indépendant depuis 1991, est soumis à un climat semi-aride ou aride, à l'exception du Lenkoran, région proche de l'Iran. De ce fait, des steppes sèches couvrent le littoral et la dépression de la Koura qu'elles partagent avec le semi-désert du Chirvan. L'irrigation est nécessaire à l'agriculture. Les cultures bogar n'occupent que 15% de la surface agricole. Des petits systèmes d'irrigation ont été construits à partir des torrents dans les montagnes et sur les piémonts, autour des villages - les aouls-, comme dans les districts de Chemakha, de Kuba et de Hatchmas, sur le piémont nord du Caucase, où l'on utilise également des puits artésiens17. Des canaux rudimentaires dont l'eau est distribuée manuellement irriguent des cultures vivrières. Mais dans le bassin de la Koura, le coton a été introduit dès le Vième siècle grâce à l'irrigation. En 1920, 120 000 hectares étaient irrigués, alimentés principalement par l'eau du Caucase oriental dont le stock annuel atteint environ 5,4 millions de km3. Pour favoriser l'agriculture, notamment cotonnière, dans le bassin de la Koura, soutenir le développement de l'industrie pétrolière et la croissance de la population de la conurbation Bakou-Soumgaït dans la presqu'île d'Apchéron, les Soviétiques ont transformé les infrastructures hydrauliques. Dès 1950, le Caucase oriental ne couvrait plus que la moitié des besoins de la république. Les ressources hydriques de l'Azerbaïdjan ne constituent que 14% des ressources de Transcaucasie18.

Trois équipements majeurs, construits par les Soviétiques, desservent les campagnes et les villes d'Azerbaïdjan19. À proximité de la frontière avec la Géorgie, à Mingetchaur, un réservoir d'une capacité de rétention maximale de 16 km3 a été réalisé pour réguler la Koura, qui écoule en moyenne 8,2 km3 par an. De ce réservoir partent les deux canaux qui irriguent les vastes périmètres cotonniers du Chirvan, au nord et du Karabagh au sud. D'autre part, une canalisation tubulaire utilise l'eau de la Koura pour alimenter la presqu'île d'Apchéron où résident près de 3 millions d'habitants. Longue de 155 km, elle transfère vers Bakou 340 000 m3 d'eau chaque jour (ou 4 m3/sec). En conséquence, d'après le ministère azerbaïdjanais de l'écologie, la Koura dont la crue printanière forme la moitié du stock annuel, fournirait aujourd'hui 80% de l'eau consommée dans le pays. Enfin, les Soviétiques ont construit un canal bétonné long de 182 km, ayant un débit de 55 m3/sec, depuis la Samour, l'un des rares torrent longitudinaux du Caucase, jusqu'au réservoir de Djeiranbatan, pour répondre aux besoins de la presqu'île d'Apchéron et permettre le développement des vergers sur le piémont. Or, la haute vallée de la Samour est en Russie et le captage de l'eau, qui représente près du quart de la consommation de l'agglomération de Bakou, se situe désormais à l'étranger. Indépendant politiquement de Moscou depuis 1991, l'Azerbaïdjan reste dépendant de la Russie pour une part importante de son approvisionnement en eau.

Par ailleurs, la Koura, qui prend sa source en Turquie et traverse la Géorgie en arrosant notamment Tbilissi, écoule une eau polluée en raison d'un traitement partiel des eaux usées et des rejets des eaux de drainage, en dépit de la fermeture de nombreuses usines et de la baisse de la consommation d'engrais en Géorgie depuis 199120. De plus, la consommation augmente légèrement en amont ce qui tend à réduire le volume résiduel disponible en Azerbaïdjan. Toutefois, entre 1995 et 1999, la consommation aurait diminué de 12 km3 à 7 km3. Situé en aval du bassin de la Koura et faiblement pourvu en ressources hydriques, l'Azerbaïdjan demeure dépendant de ses voisins pour son alimentation en eau. Cependant, l'eau de la Samour n'est pas déterminante pour la Russie et la Géorgie ne souffre pas de pénurie d'eau. Le partage des eaux ne constitue pas une cause de tensions inter-étatiques mais souligne l'intégration nécessaire de l'Azerbaïdjan dans son environnement immédiat.

3. L'Asie centrale post-soviétique, une région hydro-conflictuelle ?

Après la disparition de l'URSS, conscientes de l'enjeu majeur que représente le partage de l'eau, les cinq républiques d'Asie centrale ont créé en 1992 un organisme de gestion régional: la commission intergouvernementale de coordination des ressources en eau (mežgosudarstvennaja koordinacionnaja vodohozjajstvennaja komissija – MKVK)21. Cette organisation est chargée de réguler la consommation d'eau en attribuant des quotas à chacune des républiques et de veiller aux bonnes relations internationales le long des cours d'eau transfrontaliers. Deux agences de bassin héritières de système administratif soviétique – le BVO Amou Daria et le BVO Syr Daria – mettent en application les mesures décidées par le MKVK, où siègent les représentants de chaque pays. La politique menée par le MKVK prolonge les choix de répartition soviétiques qui privilégiaient l'irrigation et donc les républiques situées en aval où sont localisées les principaux périmètres agricoles, en particulier cotonniers – le Kazakhstan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan (cf. tableau n° 3). En outre, des accords bilatéraux ont été signés notamment entre le Kirghizstan et le Kazakhstan. Par ailleurs, des organisations tentent de remédier à la situation de l'Aral.


Tableau n° 3 : les quotas attribués en 2000 par le MKVK par pays et par bassin (en %)22


Amou Daria

Syr Daria

Kazakhstan

0

42

Kirghizstan

0,29

0,5

Ouzbékistan

42,27

50,5

Tadjikistan

15,17

7

Turkménistan

42,27

0

Mais, les intérêts particuliers des nouveaux états indépendants s'opposent souvent et remettent en cause la finalité des aménagements soviétiques. De plus, le tracé et le nouveau statut des frontières tendent à compliquer la gestion des ressources hydriques. Le bassin du Syr Daria, qui s'étend sur 219 000 km², est partagé entre le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan, tandis que le Tadjikistan, l'Afghanistan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan et l'Iran se répartissent les 30 000 km² du bassin de l'Amou Daria (cf. schémas n° 1 et 2). De la division internationale des bassin-versants, de la localisation des principaux équipements de régulation et d'approvisionnement, de la dépendance de l'agriculture vis-à-vis de l'irrigation naissent des tensions multiples entre les pays de l'amont et ceux de l'aval, d'un pays de l'amont à un autre, d'un pays de l'aval à un autre, mais également au sein de certaines républiques.

La politique soviétique de gestion de l'eau reprise par les gouvernements centre-asiatiques au moment de la création du MKVK est désormais contredite par les autorités kirghizstanaises. Ces dernières souhaitent revoir l'accord de 1992 car celui-ci favorise les pays aval. Dans le bassin du Syr Daria, les quotas d'utilisation d'eau n'accordent qu'une part infime de la ressource au Kirghizstan alors que se forment sur son territoire 75% du stock du fleuve et que le pays voudrait développer son agriculture irriguée. Mais surtout, durant la période soviétique, le Kirghizstan recevait du charbon et du gaz depuis respectivement le Kazakhstan et l'Ouzbékistan et fournissait en échange de l'eau à ces derniers durant la saison végétative, grâce au réservoir de Toktogul qui alimente 1,3 million d'hectares notamment dans le Ferghana. Or, depuis l'indépendance, le pays, affecté par des difficultés économiques majeures, connaît une crise énergétique récurrente en hiver, en raison de livraisons incomplètes motivées par des arriérés de paiement. L'alimentation en gaz fut ainsi plusieurs fois coupée par l'Ouzbékistan. En conséquence, pour faire face à la pénurie énergétique et faire pression sur les autorités ouzbékistanaises et kazakhstanaises, les Kirghizstanais ont augmenté les lâchers d'eau à Toktogul pour produire de l'électricité en hiver, en enfreignant les quotas, notamment depuis l'hiver 1998-99. En raison du changement de régime d'exploitation du réservoir, en aval, des inondations ont conduit au déversement d'une partie de l'eau écoulée dans le lac Ajdarkul tandis que des pénuries sont apparues l'été pour un préjudice estimé à 800 millions de dollars pour l'Ouzbékistan et le Kazakhstan23 (cf. tableau n° 4). Mais le changement de régime d'exploitation doit théoriquement permettre l'économie de près d'un millions de tonnes de produits énergétiques aux Kirghizstanais. Par ailleurs, le pays souhaite obtenir une aide financière de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan pour l'entretien du barrage de Toktogul dont le coût dépasse 15 millions de dollars chaque année. Ainsi, usant de sa situation de château d'eau, le Kirghizstan, pays pauvre et dépendant pour l'énergie, tente de monnayer sa richesse hydrique aux républiques riveraines du Syr Daria situées en aval. Cette interdépendance, héritière de l'Union soviétique, tend à circonscrire les tensions entre les états et forme une base de coopération régionale. Ainsi, au milieu de l'hiver 2001-2002, le débit écoulé à Toktogul a été réduit de 700 m3/sec à 480 m3/sec ce qui, en aval, limite les inondations et préserve la ressource pour la saison végétative.


Tableau n°4 : L'eau écoulée par le réservoir de Toktogul (Kirghizstan) suivant le régime
d'exploitation (en km3) 24


Régime d'irrigation

Régime de production d'électricité

Avril-septembre

8,36

5,36

Octobre-mars

2,36

5,36

Total annuel

10,72

10,72

Dans le bassin de l'Amou Daria comme dans le bassin du Syr Daria des tensions sont apparues entre des pays de l'aval, en fonction des besoins des pays riverains des grands fleuves ou de la nature des relations diplomatiques. La répartition de l'eau de l'Amou Daria est une des sources de tensions entre le Turkménistan et l'Ouzbékistan. Ces pays, qui consomment plus de 80% de l'eau du fleuve, font face à des besoins très élevés en raison de l'étendue des surfaces irriguées et de l'importance du coton dans l'économie nationale en Ouzbékistan, et de la pénurie d'eau pour irriguer le million d'hectares cultivés au Turkménistan. Mais, le tracé de plusieurs canaux importants impose au deux états de coopérer. Le puissant canal qui alimente la région cotonnière de Karchi au sud de l'Ouzbékistan débute au Turkménistan de même que celui qui irrigue l'oasis terminale du Zeravchan et notamment Boukhara. Inversement, la région de Tachaouz est ravitaillée par des canaux dont la prise d'eau est située en Ouzbékistan. Un accord prévoyant un partage égal de l'eau entre les deux pays est intervenu en 1996, même si l'Amou Daria alimente environ 14 millions d'habitants en Ouzbékistan contre 4 millions au Turkménistan25. Mais des doutes réciproques planent sur le respect des quotas. En outre, le Turkménistan a entamé en 2000, conformément à la volonté de son président S. Niazov, la réalisation d'un réservoir gigantesque – le lac du siècle d'or - pour un coût de 6 milliards de dollars, au nord-ouest du désert du Kara-Koum, dans la dépression de Karachor 26. D'une contenance de 140 km3 environ, il nécessiterait une ponction supplémentaire de l'Amou Daria en dépit des assurances répétées du Turkménistan de n'utiliser pour sa mise en eau que de l'eau de drainage. Or, la basse vallée de l'Amou Daria souffre déjà d'un manque d'eau chronique. Et l'Afghanistan, qui, en raison de sa situation politique et économique, ne prélève que 2 km3 d'eau chaque année, pourrait augmenter sa consommation. Cette situation pourrait exacerber les tensions entre les pays riverains de l'Amou Daria.

Dans le bassin du Syr Daria, les mauvaises relations qu'entretiennent le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, qui ont notamment conduit à l'établissement d'un régime de visa entre les deux pays, se manifestent également dans le domaine de l'eau. Sur le cours moyen du fleuve, la situation relative de l'appendice septentrional du Tadjikistan - en amont - , le réservoir de Kajrakum et la localisation au Tadjikistan de la tête de l'un des principaux canaux qui irriguent la Steppe de la Faim placent l'Ouzbékistan en situation de dépendance. À l'inverse, l'alimentation en électricité et en gaz de la région de Khodjent est tributaire des achats faits à l'Ouzbékistan. De plus, en hiver, la région est isolée du reste du territoire national par de hauts cols. Ses relations avec l'extérieur sont donc liées à la politique de franchissement des frontières souvent restrictive décidée par le gouvernement ouzbékistanais. Dans un contexte diplomatique complexe, durant l'été 2000, le débit du canal du sud de la Steppe de la Faim – Sarkisov - , qui dessert 500 000 hectares, était limité à 200 m3/sec contre 360 m3/sec habituellement pendant la saison végétative, entraînant une pénurie dans les périmètres cotonniers27. Il est vrai cependant que les lâchers d'eau hivernaux effectués par le Kirghizstan à Toktogul restreignaient déjà le débit écoulé par le fleuve. Une telle situation souligne la vulnérabilité réciproque des pays en cas de tension grave et montre la place de la gestion l'eau dans le jeu complexe des relations inter-étatiques.

Plus secondaires en raison de leurs implications strictement locales et non étatiques, les incidents qui ont opposé les Tadjikistanais et les Kirghizstanais sur le piémont septentrional des Monts du Turkestan, vers Isfara et Batken durant les années 1980 et au début des années 1990, offrent l'exemple de tensions entre deux pays de l'amont28. Des populations tadjikes d'agriculteurs sédentaires de montagne ont plusieurs fois fermé la prise d'eau, située au Tadjikistan, du canal qui alimente le bourg de Batken et sa région. Les Tadjiks souhaitaient conserver la jouissance complète de l'eau de l'Isfara qui était remise en cause par la sédentarisation des Kirghizes et surtout par le développement de l'agriculture irriguée dans le bassin de Batken. Dans cette région méridionale du Ferghana, la répartition de l'eau à l'échelle locale s'appuie sur des pratiques anciennes et demeure un sujet prompt à mobiliser des populations qui subissent les contraintes nouvelles du changement de statut des frontières et dépendent davantage de leur production agricole domestique en raison de leur appauvrissement.

Enfin, la répartition de l'eau apparaît une source de tensions au sein même de l'Ouzbékistan. Au moment de la disparition de l'URSS, le Karakalpakistan, dont le territoire occupe le delta de l'Amou Daria et les rivages de l'Aral, avait manifesté unilatéralement son désir d'indépendance. Demeuré république autonome au sein de l'Ouzbékistan, il subit pleinement le désastre écologique de l'Aral et le non respect des quotas attribués à chacun des pays riverains de l'Amou Daria et à la région de l'Aral29. Dans le delta de l'Amou Daria, en avril-mai 2001, la plupart des canaux d'irrigation étaient secs. Seuls 173 000 hectares furent semés contre 395 000 hectares en 1999, en raison de la pénurie d'eau30. Or, il semble que la responsabilité de cette situation incombe principalement aux autorités ouzbékistanaises, ces dernières ayant attribué l'eau aux régions de Karchi, de Boukhara et de Navoi où la culture du coton – première ressource nationale à l'exportation – est très développée. Par comparaison, le secteur agricole est moins rentable au Karakalpakistan. En utilisant l'eau comme moyen de pression, le pouvoir central rappelle donc ses prérogatives sur la région tout en la maintenant en situation de périphérie dominée. Cette politique conduit finalement à un nouvel appauvrissement d'une population déjà très affectée par la disparition de l'Aral.

Conclusion

Depuis la disparition de l'URSS, le partage de l'eau entre les différentes républiques d'Asie centrale a été davantage exploité politiquement qu'il n'a été une cause de conflit. Les états ont rarement transgressé les quotas attribués par les organismes internationaux, mais ils ont utilisé cette question comme outil de régulation de leurs relations mutuelles, en raison de la place de l'eau dans l'économie régionale et de la possibilité de mobiliser les populations sur ce sujet. En dépit des évolutions du maillage et du système productif, les principes soviétiques de répartition de l'eau demeurent en vigueur, ce qui limite les conflits et la souveraineté des nouveaux états. Mais de ce fait, malgré la valeur marchande que possède désormais l'eau, les gaspillages restent courants. Les pratiques extensives de l'utilisation de l'eau héritées de l'URSS se prolongent dans les campagnes d'Asie centrale. Contradictoires avec la gestion économe de l'eau des sociétés oasiennes, elles produisent des pénuries qui peuvent créer des tensions et affaiblissent les sociétés de l'Aral.

Les principales tensions naissent de la volonté des états situés en amont de redéfinir la répartition de l'eau et plus généralement l'attribution des ressources énergétiques en Asie centrale. Entre souveraineté, dépendance et intégration régionale, les républiques, indépendantes depuis une décennie, composent avec des héritages complexes et des ambitions nationales nouvelles. L'eau, condition du développement économique et social, devient de plus en plus convoitée par les acteurs institutionnels et les consommateurs locaux.

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2 Šul'c, V.L., Reki Srednej Azii [Les rivières d'Asie moyenne]. Leningrad, gidrometeorologi eskoe izdatel'stvo, 1965, p. 310.

3 Narodnoe Hozijastvo SSSR v 1985 [L'économie de l'URSS en 1985]. Moscou, Finansi i statistika, 1986.

4. Mainguet, M., Létolle, R., Aral. Paris, Springer-Verlag, 1993, p. 161. Dans l'agglomération parisienne, la consommation quotidienne d'eau par habitant est en moyenne deux fois inférieure.

5 Raballand, G., « Batailles pour l'eau en Asie centrale. Une guerre est-elle possible ? ». Le courrier des pays de l'Est, 2002, n° 1027, p. 16.

6 Caucasus Environement Outlook. UGI, Tbilissi, 2002

7 On estime qu'en Asie centrale, le coton demande un apport d'eau de 12 000 m3/ha contre 6000 m3/ha pour le blé mais 30 000 m3/ha pour le riz.

8 Mainguet, M., Létolle, R., Aral..., p. 163.

9 Leroi, R., « La filière coton en Asie centrale ». Le courrier des pays de l'Est, 2002, n° 1027, p. 50.

10 Micklin, P., « Water in the Aral Sea Basin of Central Asia : Cause of Conflict or Cooperation ? ». Eurasian Geography and Economics, 2002, 43, n° 7, p. 513.

11 Naro nickij A.L. Istorija narodov Severnogo Kavkaza [Histoire des peuples du Caucase du Nord]. Moscou, Nauka, 1988

12 Sadykov, A.S. (dir.), Irrigacia Uzbekistana – Razvitie irrigacii v komplekse proizvoditel'nyh sil Uzbekistana [L'irrigation de l'Ouzbékistan – Le développement de l'irrigation dans le complexe des forces productives de l'Ouzbékistan] , tome 1, Tachkent, 1975, Fan, pp. 151-152.

13 Raballand, G., « Batailles ... », p. 20.

14 Central Asia : Water and Conflict. ICG Asia Report n° 34, 2002, p. 12.

15 Kogaj, N.A. (dir.), Uzbekskaja SSR [La RSS d'Ouzbékistan], Tachkent, 1982, Uzbekistan, 242 p.

16 Micklin, P., « Water... », p. 509

17 Thorez P. "L'aménagement de l'espace et l'occupation de la population dans le Caucase oriental". Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie. 1987, Fascicule 3-4, juillet-décembre pp. 345-362.

18 Minc A.A. Geografija hozjajstva respublik Zakavkazija [Géographie économique des républiques de Transcaucasie]. Moscou, Nauka, 1966.

19 Thorez P. Production d'espace dans le Caucase. Thèse de doctorat d'état; 1995.

20 À la fin des années 1970, moins du tiers des eaux usées étaient traitées avant leur rejet dans la Koura, malgré la construction d'installations d'épuration des eaux.

21 Micklin, P., « Water... », pp. 516-518.

22 Raballand, G., « Batailles... », p. 20.

23 Duskaev, K.K., « Transgrani nye problemy vododelenija v central'noj Azii » [Les problèmes transfrontaliers de partage de l'eau en Asie centrale]. Meždunarodnyij ekologi eskyij Forum Balhaš 2000 [Forum écologique international Balkhach 2000], Almaty, 2000, pp. 354-359.

24 Idem.

25 Central Asia..., pp. 21-22.

26 Idem, pp. 25-26.

27 Entretien au printemps 2001 avec A. Proust, représentant en Ouzbékistan de la Compagnie d'aménagement du Bas Rhône Languedoc, chargée de la rénovation du système de gestion du canal.

28 Tishkov, V., Ethnicity, Nationalism and Conflict in and after the Soviet Union, Londres, Sage, 1996, p. 174 in Raballand, G., « Batailles... », p. 18.

29 Le MKVK a accordé aux régions riveraines de l'Aral – les basses vallées de l'Amou Daria et du Syr Daria – 16% de l'eau consommée en Asie centrale.

30 Central Asia..., pp. 22-23.

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