LIBRES PAROLES DE JEUNES FESTIVALIERS

Antoine DA LAGE

Depuis notre première année de DEUG, nous avons souvent entendu parler du FIG de Saint-Dié comme étant le point de passage obligé des géographes. Nos attentes par rapport au FIG étaient surtout de mieux comprendre la géographie et de voir concrètement ses diverses applications. Même si la géographie présentée ici nous a finalement semblé décalée de la vision que nous nous en faisions, c'est une chance de pouvoir avoir un festival sur notre matière préférée. L'idée d'un festival de géographie, très bonne initiative, offre un certain ressourcement intellectuel. Le concept et les activités proposées rendent cette manifestation conviviale : cafés géographiques, tables rondes, conférences, projection de films, salon gastronomique invitent tous ceux qui le souhaitent à se réunir autour d'un thème traité par des intervenants passionnés de géographie. Nous avons apprécié cette diversité des propositions et ces différentes façons d'exprimer et de montrer la géographie. Grâce à la grande variété des programmes et de leurs formes, nous n'avons eu aucun mal à trouver des sujets intéressants, même si parfois deux conférences tentantes se passaient en même temps et qu'il fallait faire un choix. Malgré une certaine distance entre les lieux de conférence, on pouvait quand même se rendre d'un point à un autre assez facilement ; mais, à plusieurs reprises, les salles étaient combles et il fallait venir en avance pour être sûr d'avoir une bonne place. Dans leur globalité nous avons apprécié les différentes conférences que nous avons suivies ainsi que la diversité des sujets traités : elles ont bien exprimé les enjeux liés au thème du FIG. Évidemment, dans certaines nous avons eu du mal à suivreS mais c'était comme des cours : nous notions ce que nous ne savions pas, ce qui était intéressant et ça nous beaucoup apporté. En fait, dans aucune des conférences où nous sommes allés, le thème n'était abordé comme nous le pensions : c'était à la fois décevant et bien. Dans l'ensemble, nous avons trouvé les interventions pertinentes et, mis à part quelques unes d'entre elles, elles étaient accessibles au grand public. Leur durée limitée d'une heure ou d'une heure et demie faisait que l'assistance n'avait pas le temps de se lasser. Notre impression est que la géographie doit être une matière vivante, une matière à "pratiquer", plutôt qu'institutionnelle et purement intellectuelle. Nous avons donc regretté que certaines conférences ne soient pas assez concrètes et concises : il était parfois difficile d'y faire le rapport entre le sujet proposé et les thèmes qu'évoquaient les participants. L'un d'entre nous, qui a choisi ses conférences par rapport à l'intérêt qu'elles portaient à l'Afrique, était curieux d'entendre la façon dont les éminents spécialistes de l'eau débattraient de ce continent ; il est plutôt resté sur sa faim. Nous avons aussi beaucoup apprécié les cafés-débats : ils ne débouchent pas forcément sur une solution, mais ce qui est intéressant, c'est la confrontation de différentes opinions. Lors des tables rondes, là aussi nous pouvions entendre des avis différents. Le public pouvait poser des questions, ce qui élargissait la participation des intervenants : il y avait des débats, et à partir des débats, on se faisait notre avis, notre idée. En ce qui concerne le Salon des posters, l'espace réduit faisait qu'il était difficile de circuler et de prendre le temps d'apprécier les documents. Peut-être la répartition thématique pourrait-elle être davantage travaillée, en tout cas plus marquée : ce qui voudrait dire plus d'espaceS Nous avons aussi profité des diverses projections, qui nous permettent d'avoir des informations imagées (ce qui important dans une société où l'audiovisuel a une place grandissante). C'est une approche agréable et facile de la géographie. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le FIG n'était pas uniquement destiné à des "spécialistes" en géographie, mais bel et bien à un public beaucoup plus large. Les organisateurs ont réussi à attirer des personnes qui ne sont pas particulièrement passionnées par la géographie, en créant différents pôles parallèles qui permettaient de flâner entre deux conférences. Nous pensons au Centre de spécialités gastronomiques ou au Salon du Livre, qui était intéressant et riche : pour une fois, une immense librairie géographique était accessible ! Il nous a semblé que, pour la vie locale, cet espace est un élément important. Et puis, certains d'entre nous se sont pour l'essentiel intéressés au Salon de la géomatique, qui donne accès aux nouvelles technologies. Rencontrer le monde des géographes nous a bien plu aussi : beaucoup de géographes étaient réunis en un même point et c'était un peu impressionnant. Le festival permet ainsi d'écouter des enseignants d'autres universités, ce qui est intéressant pour envisager la suite de nos études. Plus encore, la rencontre avec des personnes d'un autre milieu que l'enseignement élargit les horizons de chacun. Nous aurions aimé avoir davantage d'informations sur les différents débouchés professionnels que peuvent engendrer des études de géographie : comment des spécialistes voient-ils la profession aujourd'hui et demain ? Et pour nous, étudiants, il serait intéressant que le FIG nous permette de rencontrer d'autres étudiants : français, européens et autres Nous pourrions ainsi connaître la manière dont les autres universités abordent la géographie. D'ailleurs, il serait souhaitable d'intégrer au FIG des travaux d'étudiants en géographie afin de montrer comment ils perçoivent et comment ils font de la géographie au quotidien ! Sur un autre plan, nous pouvons dire notre déception concernant le caractère finalement très peu "international" de ce festival : il n'y a que très peu de représentants du pays invité d'honneur. De même, la géographie se passe aussi sur le terrain ; aussi serait-il certainement intéressant d'organiser des sorties autour de Saint-Dié, commentées par des géographes. D'autant plus qu'il apparaît important de prendre l'air après plusieurs conférences... ! Néanmoins, il faut souligner la bonne organisation logistique : les navettes, le quotidien, les téléviseurs dans les cafés Et la gratuité des sites est un point essentiel ! Nous gardons donc dans l'ensemble un point de vue très positif sur ce séjour : il nous a permis, entre autres de découvrir cette ville, très animée ces jours-là. Il nous tarde de participer au festival de l'an prochain. Le FIG est une chance pour des étudiants et il valorise la géographie. Le fait que cet événement soit médiatisé est intéressant dans le sens où les domaines touchant à la géographie ne sont pas toujours connus de la population. Même si c'est impossible, le FIG devrait avoir lieu plusieurs fois dans l'année !

Alexandre, Benoît, Céline (1), Céline (2), Dorothée, Emma, Euphrem, Halima, Hélène, Jean, Jean-Baptiste, Johanne, Karine, Laurent, Marie, Monique, Quentin, Sébastien, Vany, Virginie étudiants en maîtrise à l'Université Paris 8

Haut de la page

Retour au menu général

Actes 2004