LES CÈPES DE HAUTE-CORRÈZE  : UN ENJEU GASTRONOMIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIÉTAL

Olivier BALABANIAN

Géographe, Université de Limoges

Résumé

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Le reboisement massif du Plateau de Millevaches, dans la seconde moitié du XXème siècle, a eu comme conséquence - aussi inattendue qu’heureuse - l’émergence d’une richesse extraordinaire générée par un produits de cueillette : le cèpe (Boletus edulis ou Cèpe de Bordeaux et Boletus aereus ou Cèpe Tête de Nègre) traditionnellement très apprécié mais sans grande valeur marchande.

En raison de ses qualités culinaires - le cèpe de Haute-Corrèze est devenu un « must » de la cuisine régionale, nationale voire internationale - et de récoltes d’une extraordinaire quantité, le produit engendré par la récolte des cèpes, certaines années et dans certains cantons, a pu égaler, voire dépasser, le produit brut obtenu à partir de l’agriculture et de la forêt réunies. Or, ce magot stupéfiant s’est trouvé, dans ce pays ouvert et accueillant qu’est le Limousin, sans protection et à la porté de tous. Il est donc devenu un enjeu majeur provocant crispations et conflits : à plusieurs reprises, on a frôlé « la guerre des cèpes ».

Depuis une dizaine d’année, suite à des événements ou facteurs de tous ordres, internes (p. ex. impossibilité de fait de protéger la récolte) ou externes (p. ex. ouverture du mur de Berlin), structurels (P. ex. perte de marchés) ou conjoncturels (diminution de la ressource suite à la Tempête de 1999 qui a fauché les essences les plus propices à la production de cèpes), l’enjeu s’est quelque peu atténué. Il n’en reste pas moins vrai que ce produit de cueillette continue à demeurer un enjeu sociétal important.

 

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