Géographie et Charity-business

Louis-Pascal Jacquemond

Inspecteur d'Académie - Inspecteur Pédagogique Régional Histoire et Géographie

La question ainsi posée est visiblement provocatrice…..encore que !

Nous nous sommes cantonnés à la thématique du jour « nourrir les hommes », sous l’angle « faim et pauvreté dans les Sud » pour essayer de répondre à la question initiale :

"La Géographie au lycée, ça sert à apprendre aux élèves le charity - business!"

En travaillant sur les représentations des élèves, il est intéressant de voir si la Géographie joue un rôle dans leur rapport au monde. Bien entendu il ne s’agit pas de caricaturer et d’être simpliste, mais de partir de quelques constats, voire de constantes chez nos élèves.

Pour cela nous avons un échantillon large qui fait appel à pas moins de 1000 élèves de l’Académie de Grenoble, soit 1 à 2 classes par professeur, pour 20 professeurs consultés. A ce jour 540 résultats ont été dépouillés (40 élèves de 5ème, 40 élèves de 4ème, 120 élèves de 3ème, 160 élèves de Seconde, 80 élèves de Première et 100 élèves de Terminales….) et c’est sur cette base significative que toutes les observations qui suivent ont été établies.

Les interrogations initiales (voir questionnaire donné aux élèves en annexe et dossier de dépouillement d’enquête) portent sur trois domaines : comment les élèves identifient et disent les fléaux et facteurs de faim dans le monde ? comment ces mêmes élèves ont-ils une image de la pauvreté dans les Sud ? et enfin comment ces mêmes élèves encore se situent pour lutter contre cette pauvreté et cette faim dans le monde sous-développé ?

Autrement dit la Géographie enseignée a –t-elle quelque chose à voir avec leurs conceptions, leurs réponses ? la Géographie conforte-t-elle les référents de nos élèves ou les amende-t-elle ? L’image classique du charity-business en sort-elle remise en cause ou au contraire justifiée ? Sachant que cette image classique tourne autour du don immédiat à vocation de soulagement et de solidarité affective…comme la plupart des ONG qui ont pignon médiatique sur rue le véhiculent – même si toutes les ONG non connues ou moins connues remplissent remarquablement un rôle d’aide et d’amélioration que personne, c’est-à-dire aucune puissance publique ou service international ne prend réellement en charge.

1er point : quels fléaux ?


2ème point : quelle image de la pauvreté des Sud ?


3ème point : quelle conception de l’aide ?

1er point : quels fléaux ?

C’est la Première surprise de notre enquête :

En interrogeant sur les divers facteurs de la faim dans le monde, nous pouvions penser que les élèves avaient acquis l’idée que les facteurs se combinent sans être forcément en eux-mêmes univoques, et que ces facteurs sont aussi des symptômes en boucles de rétroactions.

Or la liste des hiérarchies choisies met en avant les guerres et les difficultés économiques ainsi que des facteurs naturels (sécheresse, inondation) mais minore les facteurs sociaux (sida, corruption,…) et introduit en complément le poids du nombre (Malthus est encore bien vif)….ou bien les manques (renvoyant ainsi à leur schème naturel de représentation du « rassasié ») ou encore leur image proche de la difficulté de vie (chômage, maladie).

Mais pour 1 élève sur 4 ou 1 élèves sur 5, ces fléaux ne sont pas reliés et, pour ceux, quel que soit le niveau, qui établissent des liens, la chaîne récurrente s’articule seulement autour de guerre, difficultés économiques et corruption (2 liens réalisés au collège, 3 liens au lycée) !

Alors interrogeons-nous :

- est-il surprenant de constater cette appréhension du nombre ?

Et bien ce n’est pas nouveau, et c’est même récurrent….dans la mémoire sociale. A lire certains manuels et à relire certains propos de géographes, dans les années 60, dans la foulée du rapport Pearson, c’est l’Asie qui est vue alors comme le continent dangereux parce qu’affamé et sous –développé, voué à toutes les gémonies (celle du nombre, celle de l’espace, celle de l’espèce, celle de la survie) et qui alimente les stéréotypes géopolitiques (l’expansionnisme vitaliste, le péril jaune, le triomphe universel du maoïsme, …. cet orient extrême et incompris).

En voici un florilège :

« Colin Terminales 1964 9ème édition par Roger Fischer, René Oudin et Paul Raison : pages 8 à 11 :

Il y a toujours eu des pays pauvres et des pays riches. Ce qui est nouveau, c’est que les pays pauvres ont pris une conscience aiguë de leur dénuement. Et aussi que la richesse des nations « nanties » ne cesse d’augmenter, tandis que la pauvreté des « nations prolétaires » s’ aggrave de plus en plus. Ce fait crée dans le monde un dangereux déséquilibre….

Le dénuement frappe une vaste portion du globe, principalement le monde tropical (sauf les Blancs de l’Afrique du Sud)…seuls ces pays peuvent être qualifiés de « sous-développés ».

Ils sont d’abord le monde de la faim. Alors que dans les pays évolués la consommation moyenne par habitants dépasse 2700 calories, ici elle tombe au-dessous des chiffres considérés comme indispensables, et surtout, peut-être, l’alimentation est pauvre, mal composée, source de redoutables maladies de carence : l’organisme manque des calories « nobles » (viande, lait et sucre). Ce dénuement tient à la faible productivité de ces populations. L’activité dominante est une agriculture routinière, à faible rendement…..et surtout ce sont des pays à démographie galopante.

Pour rompre le cercle infernal de la misère, ces pays sous-développés s’efforcent de transformer leurs méthodes agricoles…Tout cela demande beaucoup de techniciens, de capitaux, …. Tous ont besoin de l’aide des nations industrialisées, tout en la redoutant, car ils sont très jaloux de leur indépendance.

…et la conclusion du chapitre page 15, en envolée lyrique :

Les nations nanties qu’elles soient capitalistes ou communistes, sauront-elles organiser de façon efficace et désintéressée l’aide indispensable aux nations prolétaires ?

Et chez Belin, sous la plume de Victor Prévot, page22 et sq, Classes terminales, Géographie du monde contemporain, on peut lire :

« La faim frappe plus de la moitié de l’humanité :

Avant le XIXème siècle, la famine a hanté tous les peuples….on estime généralement que près des 2/3 de l’humanité sont victimes d’une faim apparente ou occulte…La problème de la faim est le défi le plus grave posé à l’homme d’aujourd’hui, au bonheur et à la sécurité de l’humanité.

La surcharge humaine caractérise l’Asie des moussons, l’essor démographique ne cesse de s’accentuer, la vie y grouille inéluctablement (et plus loin une photographie montre des enfants chinois avec le titre suivant : Pullulement humain)

L’avenir des pays sous-développés dépend d’une aide extérieure, financière et technique, et surtout d’investissements de travail…. Rien ne peut remplacer les investissements de travail par les nations prolétaires elles-mêmes, car une aide extérieure, loin de façonner une mentalité de pionnier, peut favoriser, a-t-on dit, des comportements de femme entretenue. Des investissements de travail impliquent une éducation des masses, des sacrifices, un certaine discipline, et un certain enthousiasme. »

Bref, voici illustrée une liaison entre la faim, la pauvreté, l’accroissement démographique, …et un modèle de développement qui passe par la conversion au modèle communiste/maoïste.

Aujourd’hui, dans la foulée de « L’Afrique est mal partie », c’est plutôt l’Afrique et surtout l’Afrique subsaharienne qui cristallise les mêmes clichés et appelle autant de Cassandre. Certes dans les manuels le phénomène démographique est devenu moins prégnant mais il est au rang des arguments, en particulier pour l’« accroissement démographique » souvent qualifié de « trop rapide » de plusieurs Etats africains !

2ème point : quelle image de la pauvreté des Sud ?

Revenons à notre enquête.

Nous avons là une Deuxième surprise :

La perception de la pauvreté dans les Suds relève d’une grammaire bien stéréotypée qui, à la diversité et à la richesse du vocabulaire près, est quasi identique au collège et au lycée.

Les élèves sont unanimes a considérer que l’indice de la pauvreté sur une photographie relève de l’état des personnes (maigreur, habillement non occidental, dénuement, nombre, et en particulier nombre d’enfants) ou de l’état du décor (insalubrité, précarité, dégradation comme la bidonvillisation, contrastes entre archaïsmes et modernités, ordonnancement anarchique ou non occidental comme l’équipement ou les moyens de transport). S’y ajoutent l’environnement qui serait stérile car aride, sec ou vide ! Tout cela fonctionne comme un « repoussoir » et les collégiens évoquent particulièrement les enfants qui travaillent.

Bien entendu une photographie choisie dans un manuel scolaire a été présentée à tous ces élèves, photographie qui est ou n’est pas une image prise dans les Suds. A l’observation, la grammaire précédemment évoquée est opératoire sur ces deux pôles (personnages, décor) mais la description s’enrichit de comparaisons implicites ou de formulations par défaut (absence de…, pas de …).

Et là, grande nouveauté, l’on peut s’apercevoir que tout ce qui touche à l’espace agricole traditionnel (petits villages, équipements traditionnels, bâti ancien, …) devient synonyme de pauvreté. Dans l’imaginaire d’une proportion non négligeable d’élèves (de 10 à 40% selon les exemples), l’agriculture semble appartenir au registre des archaïsmes, des retards de développement. Ainsi la différenciation nord-sud est une différenciation modernité/ancienneté mais aussi espace très ordonné /espace peu ordonné voire espace urbanisé architecturé/espace non urbanisé ou extra-urbanisé (comme les bidonvilles).

Alors posons-nous la question :

- qu’est-ce qui nourrit cette référence iconique, cette mémoire imagée de la pauvreté ?

Un rapide parcours dans les iconographies des manuels, qu’ils soient scolaires ou qu’ils s’adressent aux étudiants et universitaires, nous sommes très surpris de la corrélation entre sous-développement et clichés misérabilistes. Tous les archaïsmes et les misérabilismes sont ainsi, très ingénument, et très systématiquement, mis à contribution….et relaient ceux que les médias choisissent de filmer et d’authentifier comme leur identité. A croire que les deux ordres, le scolaire et le médiatique, ne font que s’épauler mutuellement.

Ainsi l’image d’une peau noire renvoie automatiquement à la référence de l’Afrique (sans se soucier de l’existence de nombre de Noirs en Amérique Sud et Nord mais aussi en Europe), le village africain est typique d’une réserve folklorique, la rue d’une ville africaine est symbolique du chaos et du désordre, les travaux aux champs sont archaïques et le marché africain n’a de cesse de faire concurrence à l’exotisme. Il n’y a pas de nuance ni l’once d’une mixité des matériaux, des objets, des personnages…. On peut aussi constater que la couverture de l’ouvrage de Sylvie Brunel, L’Afrique, chez Bréal 2003, c’est-à-dire une Malienne dans un décor de campagne sèche (photographie choisie par l’auteur car cette jeune femme exprime sourire et avenir pour ce continent) « évoque » ces mêmes stéréotypes de sous-développement pour les élèves.

En fouillant un peu plus loin, il est possible de constater que les agences documentaires ont peu de fonds d’images renouvelées. Il est ainsi surprenant de retrouver à 20 ans d’intervalle le même cliché d’un village sérère ou celui d’une rizière.

Et lorsque les photographies sont plus récentes (notamment les photos en zone urbaine) beaucoup de reportages ont cherché à « fabriquer » l’image qui consolide le stéréotype.

3ème point : quelle conception de l’aide ?

Et là, c’est la Troisième surprise :

Ainsi lorsque l’on soumet aux élèves interrogés trois stratégies de lutte contre la faim et la pauvreté : c’est l’aide extérieure et technique au développement qui est plébiscitée ainsi que l’égalisation ou le rééquilibrage des échanges et des prix mondiaux, mais par contre la solution de l’auto-développement est, sauf exception, minorée (en moyenne pas plus de 20% par classe qui la retient). Cette proposition est cependant très fortement promue dans deux cas d’établissements dont le public appartient à une zone qui vote encore fortement pour le PC, et au contraire elle est fortement éliminée dans plusieurs cas de figure d’établissements en urbanisation très résidentielle et à fort CSP favorisés. Conscience de classe pourraient dire certains !

Un autre élément est de nature significative : les élèves veulent bien que l’on augmente le prix des produits achetés aux pays pauvres mais pas « fortement » ; ils sont parfois réticents sur l’envoi de techniciens pour l’agriculture et l’élevage et enfin ils sont très massivement hostiles à la limitation des cultures et productions commerciales dans les pays pauvres, même si cela doit faciliter les cultures vivrières.

Manifestement leurs réserves augmentent avec l’âge et le niveau (très peu de phrases/propositions en partie barrées en cinquième/quatrième, mais beaucoup en terminale) et donc révèlent une aptitude à mieux nuancer une prise de position. Nonobstant le modèle prégnant véhiculé par les médias est bien le modèle Nord « néo-colonial » mâtiné des effets de l’altermondialisme ambiant.

Par contre les propositions d’actions dans le cadre d’une association qui serait chargée de lutter contre la pauvreté sont très massivement inférées par le message médiatique et les pratiques connues, médiatisées, de proximité. En effet c’est l’humanitaire qui remporte la palme (des 2/3 aux 4/5) à tous niveaux sous les formes traditionnelles d’assistance et d’urgence. Manifestement il n’y a pas de mise en relation intellectuelle avec les choix sur les stratégies proposées (la redistribution plus égalitaire ou le développement local sont sous représentés dans une proportion de 3 à 15%). En fonction de l’âge des répondants nous passons du don sensible (envoi de nourriture, de médecins, collecte d’argent et de matériels) et personnel à des actions plus collectives (alphabétisation, construction d’écoles, création d’entreprises, puits, …). L’aide directe et l’aide médiatisée sont la référence (il est même question de créer des Restos du Cœur pour le Sud). Si, avec le niveau et l’âge, la diversification et la nuance sont introduites, le modèle de référence reste l’ONG humanitaire et l’action immédiate et factuelle. Et pourtant, pour reprendre ce qu’écrit Sylvie Brunel, les pays sous-développés ont plus besoin de justice que d’aide !

Alors il convient de s’interroger sur cette « occidentalisation » des paramètres et du paradigme de la pauvreté et du secours caritatif :

Ainsi, comme vous le savez, les années 2000 ont révélé une « véritable » crise morale et une fracture politique dans le cercle convenu des ONG et organismes d’assistance et d’aide humanitaire ….remettant fortement en question la bonne conscience construite autour de l’ingérence humanitaire (même si personne n’en remet directement en question le principe). Parmi les Géographes, Sylvie Brunel a fortement contribué à l’ébranlement des bonnes consciences et écrit de manière très vigoureuse : « les pays en développement ont plus besoin de justice que d’aide » dans L’Afrique (Bréal 2004). Elle corrobore ainsi le propos de M-C Gueneau et B. Lecomte qui écrivent dans « Sahel : les paysans dans les marigots de l’aide », L’Harmattan, 1998 :

« le danger avec les ONG, c’est d’imposer des programmes qui apportent leur propre système de valeurs et leur credo en matière de développement, sans lien avec ceux des « bénéficiaires ».

Arrêtons-nous sur un exemple de paramètre : le concept de « transition alimentaire » qui sert à définir, mesurer et souvent statuer au plan international sur les pays (du PNUD au groupe de Cairns), est un exemple de référent occidental. Il repose sur l’expérience historique des pays développés et industrialisés : des phases successives, un niveau calorique, le poids des céréales dans l’alimentation….il est certes étayé par un travail scientifique, mais les cas atypiques comme l’Islande, le Japon, l’Argentine, sont mis au rang d’exception au point de faire se poser la question de la pertinence universaliste (ou de sa prétention) de tels postulats biologiques.

Mais c’est aussi sur ces données que repose toute l’action des organismes internationaux et des structures mondialistes (et agro - alimentaires dans un contexte libéral, global et consumériste).

Que dire également des effets pervers des aides qui déstructurent les systèmes traditionnels mais équilibrés qui ne sont pas pris en compte dans les systèmes internationaux de collecte de données (économies souterraines, circuits « gris ») comme les solidarités familiales, les trocs alimentaires, la subsistance vivrière….au point de faire de la baguette de pain la référence alimentaire de pays pourtant aptes au riz, au mil et aux céréales panifiables secondes.

Sans aller jusqu’à analyser tous les choix géopolitiques et stratégiques que révèle la géographie des aides et de la présence des ONG dans ces pays, nous constatons que manifestement nos instruments intellectuels et scientifiques d’approche du phénomène sont à discuter.

Cela nous montre l’importance de cette représentation sociale de l’action et nous renvoie aussi au rôle de la Géographie qui, comme enseignement, a aussi une dimension critique et civique, laquelle ne semble pas se retrouver dans les réflexes des élèves si l’on part du principe qu’elle est bien enseignée pour cela et jusque-là.

Voici un plaidoyer pour une géographie plus critique et plus civique :

Interrogeons-nous sur l’importance non du contenu du discours géographique mais de la mise en scène critique qu’il doit ménager au plan pédagogique.

Après ce panorama pour le moins déstabilisant, sommes-nous condamnés à la « reproduction d’occidentalismes intellectuels » et/ou à conforter candidement les concepts dominants. En un mot est-ce que notre géographie prolonge l’hégémonisme occidental ? et partant fait le jeu du « charity-business » ?

Il me semble nécessaire de répondre au plan didactique et pédagogique sur deux niveaux, laissant aux scientifiques le soin d’explorer les limites de nos concepts et de s’en dégager pour en inventer de nouveau en relation avec les problématiques posées et les enjeux actuels.

Il semble nécessaire d’avoir avec des élèves un temps pédagogique de questionnement sur tous les outils qui sont utilisés (statistiques, iconographie,… ) non pour les rejeter ou les minorer mais pour en admettre les limites et les travers. Il semble également indispensable, que l’on soit géographe ou historien, d’enseigner la géographie non comme une discipline factuelle et descriptive mais comme un expérience de raisonnement. C’est d’ailleurs dans ce sens que certains programmes se sont ouverts : en seconde par exemple avec les études de cas, en sixième aussi avec l’étude des paysages…. Il est essentiel de débusquer nos références pour mieux aider à prendre ses responsabilités : c’est aussi la dimension d’éducation à la citoyenneté responsable qui m’importe dans la géographie.

Je vous remercie pour votre indulgence et peut-être pour les clichés que j’aurai inopinément véhiculés dans mon propos. Si la géographie n’a pas pour corollaire le charity- business, disons qu’elle peut y contribuer si nous n’y prenons pas garde.

DEBAT ST-DIE VENDREDI 1er OCTOBRE 2004 :

Ils étaient une soixantaine présents au Billard’s Club de Saint-Dié des Vosges et une quinzaine d’entre eux a pris la parole au cours du débat. Les interventions se sont principalement ordonnées autour de trois questions ou problèmes :

1°/quelles sources iconographiques mettre en usage pour aider à cette approche moins stéréotypée de la pauvreté dans les pays du Sud : ressources Internet, ressources filmiques, bases de données graphiques et iconiques de laboratoires (comme Migrinter à Poitiers), ressources du Lépac et des productions comme Le dessous des cartes, …  en complément des clichés des manuels scolaires. La proposition d’un manuel réduit au seul texte de fond et couplé à une base de données internet a été proposée.

2°/quelles suites une telle enquête peut-elle engendrer : pour cela plusieurs niveaux ont été énumérés, depuis la diffusion des résultats (plus détaillés et plus complets) jusqu’à son usage dans le cadre de la formation initiale et continue des enseignants, sur le thème des représentations sociales, sur la question du poids de l’image, sur le sujet de l’approche critique intimement nécessaire à la pratique pédagogique du document et du raisonnement géographique.

3°/comment la géographie peut-elle concourir à mieux sensibiliser les élèves tant à une distanciation critique qu’à une approche du raisonnement géographique : plusieurs pistes ont été citées comme un temps indispensable d’analyse critique du document (surtout s’il est iconographique), un discours plus politique sur les différents acteurs et enjeux au lieu d’une problématisation souvent soft et descriptive, une géographie qui réhabilite des engagements (club uNESCO, liens-actions avec le sud, …)


DOCUMENTS ANNEXES :

- questionnaire d’enquête

- dossier de dépouillement d’enquête

- photographie : « le pullulement humain » in Géographie Terminales 1964

Questionnaire élèves

Année scolaire 2004-2005


NOURRIR LES HOMMES : LA GEOGRAPHIE DE LA FAIM ET DE LA PAUVRETE


I.LES FACTEURS DE LA FAIM DANS LE MONDE


1°/Parmi les facteurs suivants, classez les 3 premiers fléaux responsables:

1. La sécheresse
2. Les inondations
3. Les guerres
4. Le sida
5. Les difficultés économiques
6. La corruption


1er :
2ème :
3ème :

2°/Ajoutez un ou deux autres facteurs possibles :

1.


2.


3°/Y a-t-il des liens entre les différents fléaux ?

Si non, soulignez l’expression suivante « aucun lien entre les différents fléaux »

Si oui, indiquez une chaîne de liaisons en exemple (avec au moins 3 termes)


II. L’IMAGE DE LA PAUVRETE DANS LES « SUD »:


1°/Citez deux indices indispensables d’après vous pour reconnaître l’image de la pauvreté dans les « Sud » sur une photographie:

1.


2.


2° /Maintenant votre professeur vous présente une photographie sans indication de sujet, de lieu ou de date. Cette photographie est-elle une image de la pauvreté dans les « Sud » ?

Si non, soulignez l’expression  « aucun indice»

Si oui, indiquez au moins deux indices qui vous suggèrent que c’en est une:

1.


2.



III.LA LUTTE CONTRE LA FAIM ET LA PAUVRETE DANS LE MONDE:


1°/Parmi les affirmations suivantes, barrez ce qui vous semble faux (ce peut être une partie de phrase) et encadrez ce qui vous semble exact (idem):

a. Il faut envoyer des techniciens compétents dans les pays pauvres afin d’apprendre aux populations les meilleures façons pour cultiver et produire.


b. Il faut augmenter fortement le prix des produits achetés par les pays riches aux pays pauvres pour mieux rémunérer leurs producteurs et leur permettre de se développer en investissant.


c. Il faut laisser les paysans et producteurs des pays pauvres développer leur système de productions vivrières pour nourrir leurs populations et limiter leurs cultures et productions commerciales.


2°/Imaginons que vous adhérez à une association chargée de lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde. Indiquez les deux actions principales que cette association doit mener pour ce projet :

action n°1 :



action n°2 :

 

Avec mes remerciements pour votre collaboration et vos réponses.

Louis-Pascal Jacquemond, Inspecteur d’Académie – Inspecteur Pédagogique Régional


Classe de :

Professeur :

 

PROTOCOLE :

1/les modalités :

Une fiche-questionnaire donnée à chaque élève. Le professeur lit chaque question puis fait répondre immédiatement.

La photographie choisie est présentée à la classe entière totalement anonyme (rétroprojetée et/ou photocopiée) : mieux vaut éviter de prendre l’une de celles du manuel en leur possession.

Lorsque vous testez deux classes, il est possible (souhaitable) de donner une image qui n’est pas du tout en pays du Sud à l’une d’elles (paysage de Toscane, Los Angeles, ….).

C’est un test de représentations (durée de l'exercice: 15 minutes en lycée, 20 minutes en collège au maximum).

2/les objectifs :

Il s’agit de recueillir les représentations des élèves, avec la plus grande spontanéité… et de dégager le schéma culturel sur lequel reposent ces représentations.

Mais il s’agit aussi de comprendre que les manuels scolaires utilisent une gamme de photographies qui répondent aussi à un schéma de représentations (celui du documentaliste, celui de l’auteur du manuel, celui des fonds iconographiques disponibles,…). Un question était directement reliée à ce thème, mais n’a pas été retenue au final car trop complexe à comptabiliser en bilan (que chaque élève choisisse dans un manuel scolaire qui n’est pas de son niveau une photographie qui selon lui répond aux « canons » de la faim et la pauvreté dans le monde – vous pourrez toujours, à titre personnel, traiter cette question)

Le bilan de cette enquête est destiné à étayer la présentation du sujet suivant au Festival international de St Dié 2004: « la géographie prépare-t-elle les élèves au charity-business ? », question un brin provocatrice bien entendu.

Tableau Bilan d’enquête

Année scolaire 2004-2005


Classe A : niveau : …. ou classe B : niveau : ….

Professeur : …………………….. 


NOURRIR LES HOMMES : LA GEOGRAPHIE DE LA FAIM ET DE LA PAUVRETE

I. LES FACTEURS DE LA FAIM DANS LE MONDE


1°/Parmi les facteurs suivants, classez les 3 premiers fléaux responsables:

Indiquer la répartition en pourcentage du n°1

facteurs « naturels » (sécheresse, inondations) : %

facteurs politiques (guerres) : %

facteurs économiques (difficultés économiques) : %

facteurs sociaux (sida, corruption) : %


Indiquer la répartition en pourcentage du n°2

facteurs « naturels » (sécheresse, inondations): %

facteurs politiques (guerres) : %

facteurs économiques (difficultés économiques) : %

facteurs sociaux (sida, corruption) : %


Indiquer la répartition en pourcentage du n°3:

facteurs « naturels » (sécheresse, inondations) : %

facteurs politiques (guerres) : %

facteurs économiques (difficultés économiques) : %

facteurs sociaux (sida, corruption) : %

 

2°/Ajoutez un ou deux autres facteurs possibles :

Dresser la liste des « facteurs » indiqués (au moins 2 occurrences):

-






Indiquer la répartition en pourcentage :

facteurs « naturels » (comme sécheresse, inondations) : %

facteurs politiques (comme guerres) : %

facteurs économiques (comme difficultés économiques) : %

facteurs sociaux (comme sida, corruption) : %



3°/Y a-t-il des liens entre les différents fléaux ?

Indiquer le pourcentage de non : %

Pour les oui, indiquez les chaînes récurrentes (selon au minimum 3 occurrences de réponses) :

-








II. L’IMAGE DE LA PAUVRETE DANS LES « SUD »:

1°/Citez deux indices indispensables d’après vous pour reconnaître l’image de la pauvreté dans les « Sud » sur une photographie:

Indiquez le pourcentage de réponses avec

0 indice %

1 seul indice %

(attention quelle que soit la réponse, vraie ou fausse)


Indiquez les pourcentages selon que l’indice concerne les :

- personnes %

- animaux %

- objets matériels %

- paysage et décor %


Indiquez le pourcentage de réponses vraies :

sur un seul indice : %

sur les deux indices : %


Listez les indices retenus (au moins 3 occurrences) :

-






2° /Maintenant votre professeur vous présente une photographie sans indication de sujet, de lieu ou de date. Cette photographie est-elle une image de la pauvreté dans les « Sud » ?


cas A : La photographie choisie est une image de pauvreté :

Page ….. manuel : éditeur . ……… classe de ………photographie (titre) ……………


Pourcentage de réponses non : %

Pour les oui, listez les indices donnés (au moins 3 occurrences):

-





Indiquez les pourcentages selon que l’indice concerne les :

- personnes %

- animaux %

- objets matériels %

- paysage et décor %



cas B : La photographie choisie n’ est pas une image de pauvreté :

Page ….. manuel : éditeur . ……… classe de ………photographie (titre) ……………



Pourcentage de réponses exactes non : %


Pourcentage de réponses erronées oui : %


A l’aide des indices donnés, listez ceux qui ont manifestement « induit » l’erreur :

-






III.LA LUTTE CONTRE LA FAIM ET LA PAUVRETE DANS LE MONDE:

1°/Parmi les affirmations suivantes, barrez ce qui vous semble faux (ce peut être une partie de phrase) et encadrez ce qui vous semble exact (idem):



Indiquez le pourcentage de réponses affirmatives complètes (attention le résultat est phrase par phrase et peut donc aller à 100% chaque fois):

- phrase a (aide technique au développement) : %

- phrase b (égalisation des échanges) : %

- phrase c (auto-développement) : %



Indiquez le pourcentage de phrases en totalité barrées (attention le résultat est phrase par phrase et peut donc aller à 100% chaque fois):

- pour la phrase a : %

- pour la phrase b : %

- pour la phrase c : %



Indiquez pour chaque phrase les occurrences des termes barrés lorsque les phrases ont été en partie barrées (les termes clés sont ci-dessous soulignés):


- pour la phrase a : fois

envoyer ou envoyer des techniciens : fois

apprendre ou apprendre aux populations : fois

les meilleures façons : fois


- pour la phrase b : fois

augmenter ou augmenter fortement le prix : fois

développer : fois

développer en investissant ou en investissant : fois


- pour la phrase c : fois

laisser : fois

système de productions vivrières ou productions vivrières : fois

limiter leurs productions commerciales

ou productions commerciales : fois



2°/Imaginons que vous adhérez à une association chargée de lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde. Indiquez les deux actions principales que cette association doit mener pour ce projet :



Indiquez le pourcentage de réponses sur :

0 action: %

1 seule action : %

2 actions : %

(attention quelles que soient les réponses)


Indiquez le pourcentage de réponses avec action 1 et action 2 similaires: %


Indiquez le pourcentage d’actions selon les typologies suivantes :

typologie n°1 :

- action directe dans le pays pauvre : %

- action indirecte : %



typologie n°2 :

- acte politique : %

- acte médiatique

(information, communication, publicité) : %

- acte financier : %

- acte économique : %

- acte social : %



typologie n°3 :

- action de nature individuelle ou personnelle

(je donne, je fais, …infinitif) : %

- action collective

(nous réalisons, nous agissons, …) %



typologie n°4 :

- action humanitaire

(médicale, d’urgence, d’assistance) : %

- action de développement local : %

- action de partage et redistribution

(par les prix, par les taxes,…) : %




Relevez les actions les plus fréquentes (au moins 4 occurrences) :








Relevez les actions qui vous paraissent originales (3 exemple au maximum) :








Faites vos remarques et observations :

 

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