DU RIZ CONTRE LA BOMBE . LES ENJEUX POLITICO-STRATÉGIQUES DE LA SITUATION ALIMENTAIRE EN CORÉE DU NORD

Valérie GÉLÉZEAU

Université Marne la Vallée

Compte-rendu par Éric CAZAUBON

Lycée Camille Claudel Troyes


Etudier la Corée du Nord pose d’emblée le problème des sources :

Finalement, nous avons peu de sources fiables : les résultats d’un recensement de la fin des années 80, réalisé avec l’aide de l’ONU et des estimations établies par la Corée du Sud.


L’intérêt de la question est triple :


LA SITUATION ALIMENTAIRE EN COREE DU NORD.


En 1995, la Corée du Nord lance un appel à l’aide internationale. Mais en fait la crise est plus ancienne puisque dés le début des années 90, la crise alimentaire aurait fait entre 250.000 et 300.000 victimes. En 1998, les témoignages des réfugiés laissent penser que deux tiers des enfants de 6 mois à 7 ans souffrent de malnutrition. Enfin, il semble que la productivité industrielle ait baissé de 20% du fait de la malnutrition.


  1. Les caractéristiques de la crise :


  1. Les facteurs de la crise :


Dans ces conditions, on peut se demander comment le régime coréen tient. La nature totalitaire du régime apporte une première réponse, auquel il faut ajouter l’’’In-Min-Ban’’, la cellule de voisinage. Celle-ci constitue un outil de contrôle social en regroupant les populations par groupes de 20 à 30 familles sous le contrôle d’un membre du parti et d’un agent de la sécurité intérieure. D’autre part, quelques réformes économiques ont été entreprises depuis 2002, notamment la tenue de petits marchés locaux permettant aux populations de se ravitailler par elles-mêmes ; ces réformes constituent donc une soupape pour le régime. La crise a ainsi une dimension politique évidente : elle montre la faillite d’un système qui tente de se perpétuer en renonçant à certains aspects du communisme.



COMMENT LA CRISE ALIMENTAIRE EST-ELLE INSTRUMENTALISEE DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES DEPUIS 10 ANS ?


  1. Avant 1995

Le début des années 90 constitue un moment de détente dans la région : les deux Corée se rapprochent et en décembre 1991, un accord est signé sur la réconciliation, la non-agression, la coopération et les échanges entre les deux pays ( cf les retrouvailles familiales ou l’interconnexion routière et ferroviaire). En 1992, la dénucléarisation de la péninsule est même proclamée. A l’époque, les Occidentaux ne comprennent pas que ce rapprochement est lié à l’apparition des premiers problèmes alimentaires en Corée du Nord.

Mais dés 1992, les tensions ressurgissent. En visite en Corée du Nord, l’Agence Internationale à l’Energie Atomique suspecte l’existence d’un laboratoire non déclaré. La Corée refuse alors les inspections et la tension monte tout au long de 1993.

Pourtant en 1994, un accord est signé entre les Etats-Unis et la Corée du Nord : celle-ci s’engage à mettre fin à ses travaux sur le nucléaire en échange de livraisons de pétrole. Le Kedo ( organisation pour le développement de l’énergie dans la péninsule coréenne) est créé, financé par l’UE, les Etats-Unis et le Japon ; en échange d’un gel du programme nucléaire, la Corée du Nord doit bénéficier de la construction de deux centrales nucléaires à eau légère, c’est-à-dire capable de produire de l’électricité mais inutilisable dans un but militaire. La Corée du Nord, qui menait officiellement un programme nucléaire pour avoir de l’énergie, n’a donc plus de raison de poursuivre dans cette voie. En attendant la mise en route des centrales, elle reçoit donc du pétrole.


  1. Depuis 1995

Dans l’été 1995, la Corée du Nord demande l’aide internationale face à la famine qui la touche. A partir de là, la famine devient un instrument politique. Plusieurs étapes peuvent être distinguées :




Plusieurs remarques peuvent être faites en conclusion :