LA JORDANIE : DU CROISSANT FERTILE A L'ARC DE CRISE

Marc LAVERGNE

Compte-rendu par Eric CAZAUBON

Lycée Camille Claudel Troyes


Le Croissant fertile est un espace qui s’étend de la Méditerranée au désert. L’arc de crise s’étend d’Israël à l’Irak, en passant par la Jordanie, le Liban et la Syrie.


DE L’EMPIRE OTTOMAN A LA JORDANIE

L’espace jordanien a été dominé par les Ottomans entre les XVI° et XX° siècles. Marche de l’empire, c’est un espace peu prospère, vivant d’un peu d’agriculture et de commerce. L’espace est morcelé : le nord est rattaché à Damas alors que le sud dépend du royaume de Hijaz. La présence ottomane est en fait réduite : elle prend surtout la forme d’une conscription forcée dans les campagnes et d’une perception d’impôts qui désorganise l’économie. Enfin, la cohabitation était difficile entre les villageois et les bédouins qui leur imposent un impôt de solidarité.

Après 1850, l’Empire ottoman connaît une volonté de réformes grâce à des sultans modernistes : l’administration se réorganise ( avec la venue de populations expulsés du Caucase russe), de petits centres urbains se développent. En fait, les Ottomans veulent marquer la région de leur présence dans une période de construction du canal de Suez et donc d’implantation forte des Anglais.

En 1918, la ‘’grande révolte des Arabes’’, provoquée et soutenue par les Anglais, met fin à la présence ottomane dans une région qui éclate en plusieurs ensembles. Finalement, il faut attendre les années 20-30 pour voir se constituer un ensemble sous le contrôle des Hachémites, des descendants du prophète venus de La Mecque. L’espace se polarise alors autour d’un petit village construit sur des ruines romaines : Amman.


LES FRONTIERES DE LA JORDANIE

Les frontières jordaniennes ne sont donc pas définitives, ce qui peut constituer un problème.


LA QUETE D’UN ETAT-NATION.

La population est constituée de : population autochtone, mais sans sentiment national ; populations attirées en Jordanie : des voisins attirés par les Ottomans après 1850 ; des réfugiés palestiniens avant et surtout après la Seconde guerre mondiale ; des déplacés de Cisjordanie après 1967. La population jordanienne est donc composite même s’il y a beaucoup de Palestiniens.


LES DIFFICULTES DU DEVELOPPEMENT

Les problèmes de coexistence de cette population ne tiennent pas à la religion mais plutôt aux tensions qui existent sur les ressources. Il y a ainsi des tensions fortes sur l’eau, liées au partage avec Israël et aux conflits d’usage en Jordanie même ( les deux pays consacrent beaucoup d’eau pour une agriculture d’exportation qui pèse peu dans leur PIB, alors que d’autres usages semblent plus rationnels). Pour surmonter cette pénurie d’eau, la Jordanie envisage plusieurs solutions, dont l’importation d’eau de Turquie, notamment par un système d’outres géantes flottantes.

La Jordanie doit donc surmonter ce manque de ressources naturelles, en s’appuyant notamment sur une main d’œuvre qualifiée. Elle peut par exemple tirer profit d’une situation de rente liée aux ressources minières ( phosphate et potassium), à l’alliance avec le bloc occidental ( cf l’aide des Etats-Unis) mais aussi de l’essor de l’agriculture de la vallée du Jourdain et du tourisme ( passé archéologique, tourisme balnéaire et thermal) qui reste cependant soumis aux aléas politiques. De plus, la Jordanie a su développer des activités de services, liés notamment à la qualité de ses universités qui accueillent beaucoup d’étrangers et de son système de santé. C’est d’ailleurs une voie intéressante pour la Jordanie qui pourrait se spécialiser dans les services supérieurs.

L’émigration a par ailleurs permis de dépasser les limites de ces ressources, notamment avec l’installation de beaucoup de Jordaniens qualifiés dans les pays du Golfe Persique. Toutefois, elle prive le pays de jeunes qualifiés, même si beaucoup ont été obligés de rentrer après la guerre du Golfe, expulsés pour cause de soutien jordanien à Saddam.

Finalement, l’économie jordanienne reste fragile. Elle souffre aussi de la fermeture des économies nationales, faute d’un marché commun régional, dont Amman pourrait par ailleurs devenir une des principales métropoles.


Les difficulté économiques de la Jordanie posent problème, notamment aux jeunes qui ne peuvent pas se marier et fonder une famille. Cette situation destabilise la société, créant parfois des situations de désespoir et donc des mouvements de contestation qui ne reposent cependant pas sur des facteurs religieux.


LA JORDANIE DANS LE CONTEXTE REGIONAL

C’est une donnée essentielle à prendre en compte.


CONCLUSION

La Jordanie existe et les Jordaniens ont conscience qu’ils ont une certaine chance : des libertés individuelles ; des droits pour les femmes ; des infrastructures de qualité ; une stabilité politique.




La conférence est suivie par d’une intervention de Mme l’ambassadrice de Jordanie en France ( première Jordanienne à accéder à ce poste). Elle tient à apporter quelques compléments sur: