LES ONG : DES ACTEURS HUMANITAIRES DANS LA LUTTE CONTRE LA FAIM ?

Table ronde réunissant S. BRUNEL, J.M. FARDEAU, P.J. ROCA et animée par J.C. PETIT

Compte-rendu par Éric CAZAUBON

Lycée Camille Claudel Troyes


INTRODUCTION DE JC PETIT.

840 millions de personnes ont faim, surtout dans les 50 Pays les Moins Avancés ( dont 34 sont Afrique) ; derrière ces chiffres, il y a des visages.

Il y a une attitude nouvelle chez nous : une prise de distance par rapport à l’humanitaire et l’idée qu’il faut passer de l’humanitaire à un nouvel ordre économique mondial. Pour autant, il ne faut pas oublier la réalité : ce sont les ONG qui sont sur le terrain ! Mais cet engagement pose effectivement des questions, ne serait-ce parce que l’on constate que les ONG ne peuvent pas tout faire.


INTERVENTION DE PJ. ROCA sur l’histoire des ONG

On confond souvent plusieurs types d’ONG, d’époques différentes.

On a donc différentes ONG ( cf aussi plus loin), qui se sont professionnalisées et ont donc gagné en compétences, ce qui leur vaut aujourd’hui d’être associées aux décisions des pouvoirs publics. Pourtant, malgré ces progrès, des questions essentielles demeurent : qui agit sur les causes de la faim ? Qui agit sur les conséquences ? A quelles échelles ? La médiatisation est-elle liée à l’efficacité ?


INTERVENTION DE S. BRUNEL sur l’inefficacité des ONG.

S’interroger sur l’efficacité des ONG mène à se poser trois questions :

  1. La disproportion des moyens.

Les ONG manquent de moyens pour aider efficacement les 840 millions de personnes ayant faim, et notamment les plus démunis.

  1. La communication des ONG.

Elles cherchent à susciter la compassion pour avoir des dons. C’est efficace mais le public ne peut pas comprendre les causes réelles des problèmes.

  1. Les moyens de lutte contre la faim.

Il faut distinguer l’action d’urgence et l’action de développement

L’urgence pose le problème de la distribution alimentaire. Il y a pour cela deux méthodes :

En fait on voit bien que l’action d’urgence se heurtent à de sérieuses difficultés : l’accès aux victimes ( cf le Darfour : les ONG ont collecté des fonds mais peu sont allés sur le terrain) ; il y a un risque d’instrumentalisation par les gouvernements qui veulent parfois créer des camps d’aide pour ‘’parquer’’ les populations ou qui peuvent les laisser affamer pour faire perdurer l’aide.


L’action de développement se heurte, elle aussi, à des questions :


Finalement, toutes ces critiques peuvent se résumer à quatre grands problèmes :


INTERVENTION DE JM. FARDEAU sur l’efficacité des ONG.

JM Fardeau revient sur la typologie des ONG en soulignant que le paysage de l’humanitaire s’est encore complexifié avec trois autres types d’ONG : les ONG gouvernementales, c’est-à-dire sous le contrôle des Etats ; les ONG des entreprises qui sont en fait des organes de communication ; les grandes ONG américaines qui versent dans le prosélytisme.


Il rappelle ensuite que l’humanitaire a pour but d’apporter du bien aux hommes, par solidarité et sans héroïsme. On peut, selon lui, dire que globalement les ONG remplissent leur mission, malgré les difficultés :


Pour être efficaces, les ONG doivent encore améliorer leur coopération avec les ONG, les associations, les syndicats du Sud. Il faut éviter certains écueils pour ne pas devenir des instruments de paupérisation des populations :


QUESTION DE JC. PETIT : quels commentaires peut-on faire sur la proposition Chirac-Lula de taxe mondiale pour aider au développement ?



QUESTIONS DU PUBLIC.

A quoi servent les pétitions ?

Les avis sont partagés :


Quelle est l’efficacité des ONG ?

Réponse de S. Brunel. Elle prend l’exemple de la drogue. Certains Etats s’en servent pour accroître leurs revenus et les paysans en ont souvent besoin pour vivre, les débouchés étant assurés à des prix intéressants. Les programmes de substitution sont des échecs. Pour lutter contre la drogue, il faudrait renforcer l’Etat et mettre en place des politiques agricoles prenant en compte la rémunération des paysans et l’organisation des circuits commerciaux. Les ONG peuvent-elles le faire ?