QUE RESTE-T-IL DES FORETS NOURRICIERES ?


Conférence de Paul Arnould et Roland Pourtier, géographes.


M H Legros, collège Rollon,
Gournay en Bray.

Académie de Rouen

Il existe rois types de massifs forestiers dans le monde :
Boréal : identique partout.
Tempéré : des variantes.
Tropical : amazonienne, congolaise, Sud-Est asiatique. On compte 50 000 espèces d’arbres dans le monde, dont 49 000 en forêt tropicale.

Forêt tropicale : (R. Pourtier)
La forêt ne nourrit pas de bétail en Afrique (maladies), en Amérique, un peu de bétail.
La forêt tropicale nourrit directement les hommes sans agriculture (Pygmées), mais cela est de plus en plus rare.
L’agriculture sur brûlis est pratiquée dans forêt, mais le champ est abandonné au bout de deux ans. L’avantage de la forêt tropicale c’est qu’il y a toujours de la végétation mais les plantes ont des cycles variables. Il existe une diversité prodigieuse de plantes comestibles. Le défaut c’est que ces plantes sont très dispersées dans l’espace. La vie nomade est nécessaire pour avoir une parfaite connaissance du milieu : il faut suivre des itinéraires précis suivant les saisons, les ressources (et leur état d’épuisement). La population a une connaissance extraordinaire de toutes les ressources de la forêt (feuilles, fruits, écorce, racines…) et animaux. On a remarqué que certains arbres tropicaux ont une gamme d’insectes importante inféodés à l’arbre. Les techniques d’exploitation sont simples avec des outils fabriqués à la main : il s’agit d’une excellente maîtrise du milieu. Mais, peu à peu, ce savoir se perd par acculturation. Pour autant, ces zones ne nourrissent pas des populations nombreuses : les densités sont de l’ordre d’1 hab./km² au maximum.La chasse est une menace sur la ressource forestière aujourd’hui en raison de la monétarisation du gibier. La chasse s’effectue avec armes à feu par les citadins qui détruisent la forêt sur leur passage (le véhicule 4/4 est nécessaire pour le transport du gibier). La demande de gibier est forte en ville, même en ce qui concerne les espèces protégées et il est difficile de contrôler.
Dans les années 1970 à Libreville, on ne trouvait pas de gibier. Aujourd’hui, de nombreux restaurants proposent de la viande de brousse. Il existe donc un véritable marché. Cette chasse a été favorisée par les chantiers forestiers. Les routes tracées sont empruntées par les citadins qui ne s’aventureraient pas en forêt autrement (risque de se perdre, difficulté de circuler).
La gestion de la forêt se faisait autrefois par un petit nombre de personnes qui respectaient la nature pour survivre. Aujourd’hui ce sont des Etats avec de fortes densités qui sont tentés d’exploiter la forêt pour en tirer des ressources.
Des ONG et des organismes internationaux tentent d’informer la population rurale des dangers de la disparition de la faune, de certaines espèces. On tente de gérer sainement la faune.
Aujourd’hui en Amazonie, quand on brûle la forêt, on installe des bœufs.

Forêt européenne : (P. Arnould)
Il faut lire l’espace forestier du haut vers le bas, avec des ressources diverses de l’arbre à la plante basse, aux racines.
La forêt nourricière n’est pas vraiment un thème d’étude pour les géographes des pays développés. On étudie la forêt pour son bois. On dispose de peu de données sur le gibier, les champignons, les fruits.
La population locale repère d’une année sur l’autre les lieux de cueillette, on cache souvent certains lieux, c’est une géographie du secret. Les ressources sont dispersées et saisonnières, l’hiver il n’y a pas grand chose.
Il y a un million de chasseurs en France (surtout des hommes), des cueilleurs aussi (femmes et enfants).

Ce sont des ruraux ou des citadins proches de la campagne. Il y a régulièrement des conflits entre ruraux et urbains pour la cueillette de champignons, par exemple la cueillette des cèpes dans la région de Bordeaux. Problème : Le cueilleur classique prélève tout ce qu’il trouve.
Les enjeux financiers sont réels mais difficilement mesurables car c’est souvent un commerce illicite : gibier, champignons.
Depuis la tempête de 1999 le gibier a augmenté, il n’y a plus de possibilité d’abris, l’accès à la forêt est rendu plus difficile pour les piétons.