Les produits de la mer dans un pays de « terriens »
l’exemple de la France

Jean-René COULIOU

Géographe, Université de Brest
Géomer UMR 6554 CNRS
Email : jean-rene.couliou@univ-brest.fr

Résumé

Largement bordée par la mer, la France est un pays dont la relation avec les ressources vivantes marines est paradoxale. La modeste consommation de poisson et les nombreuses anecdotes traduisent la méfiance des Français pour des aliments dont la consommation est souvent jugée incommode. La pêche française est pourtant presque exclusivement orientée vers la production alimentaire. Mais là encore, la comparaison avec la production agroalimentaire est terriblement désavantageuse. Or, le secteur des produits de la mer, c'est de l'espace ; c'est du temps et, en dépit d'une remise en cause des équilibres économiques, ce sont des adaptations et des perspectives d'avenir. Trois volets qui ordonneront la communication !

En premier lieu, la production des ressources vivantes de la mer est active en plusieurs régions du littoral français. Les efforts des pêcheurs, des aquaculteurs, et des importateurs visent d'abord à l'approvisionnement d'un marché destiné à l'alimentation humaine alors que près du tiers des captures mondiales est transformé en huiles ou en farines à destination des élevages hors-sol ou de l'aquaculture. Comment est approvisionnée la France ? L'articulation initiale répondra à cette interrogation et ouvrira sur une dimension plus chronologique.

La consommation du poisson en France a en effet une histoire, une histoire qui croise aussi la géographie en raison de la diversité des sociétés qui se sont tournées vers la mer. Les acteurs de la filière des produits de la mer ont déployé depuis des siècles beaucoup d'ingéniosité pour réunir les moyens de productions, pour répondre aux exigences commerciales. Comment est-on passé à une consommation un peu plus élargie ? Par quels moyens ? Quelles différences régionales restent perceptibles dans les modes de consommation ? Le second volet retracera ces évolutions par lesquelles les Français sont passés de l'autoconsommation à une consommation un peu plus large (du salage et fumage aux plats prêts à cuire, en passant par l'appertisation et le rôle du froid dans la conservation).

La troisième articulation abordera les récentes adaptations car le poisson et la pêche n'appartiennent pas qu'au passé. Mais la ressource est aussi plus rare ! La valorisation du poisson satisfait ainsi aux contraintes de la production alimentaire (normes sanitaires, traitements modernes, traçabilité, labellisation). Les produits sont plus simples à l'emploi. Les campagnes publicitaires en vantent l'image (légèreté, produits sauvages et naturels). Le poisson devient un moyen de diversification alimentaire, parfois un produit de luxe. Un produit qui trouve aussi sa place dans une reconnaissance patrimoniale lorsque le produit alimentaire et la dimension culturelle se rejoignent (production à l'ancienne, boîtes de conserves de collection, fête du poisson) !

La conférence propose ainsi de définir la géographie, l'histoire de l'approvisionnement en poisson, ainsi que les évolutions récentes des produits de la mer en France.

 

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