Les philosophes et les géographes au banquet

Café géographique

Animé par Gilles Fumey

Université Paris-IV-Sorbonne

 

De quelques formes du banquet


C’est le festin, le banquet qui fait d’un repas un acte culturel.
Jean Bottéro, dans La plus vieille cuisine du monde (Audibert, 2002), cite le conte du Pauvre Hère de Nippur qui voulait, pour son plaisir, un bon repas, autrement dit, un festin.
Mais il faut de la viande, de la bière, de la compagnie. Car le festin est un acte social, impliquant à la fois l’abondance partagée et la magnificence.
Gimil-Ninurta imagine alors de se procurer ce dont il a envie en l’offrant au Maire, riche et nanti. Qui, selon les usages, en contre don, l’invitera au banquet qu’il ne manquera pas d’offrir pour l’occasion.

Le banquet est donc un repas au superlatif, imaginé comme une fête, un événement heureux, pour effacer grisaille et soucis de tous les jours. Le festin donne pleinement sens au Manger et Boire, justifiant le long travail pour les préparer depuis les champs à la cuisine.

Il n’y a pas beaucoup de traces de festins, sauf pour ce tournant de l’existence qu’est le mariage. Après les onctions, il se célèbre un repas festif aux frais de la famille du mari (mais pour l’instant, nous n’en avons pas de description).

Des textes montrent combien la consommation ensemble de vivres est une manière d’affirmer et de créer entre eux un lien vital : ils partagent les mêmes vivres pour en tirer la même vie. Ce qui est le sens caché et foncier des repas qu’on retrouve partout.

Ce festin est, selon Bottéro, un sacrement, c’est-à-dire un rite symbolique et efficace qui fige un état de choses à réaliser, à savoir le lien viscéral et foncier de la nouvelle épousée à la famille de son mari. Et du même coup crée ce lien.

Bottéro fait mention d’autres festins, dont celui d’Assurnasirpal II qui pour célébrer la rénovation de la ville de Kalah/Nimrud, nouvelle capitale, prend en charge la nourriture pour 69 574 convives pendant dix jours !

Le banquet est aussi la table où le partage de la nourriture et de la boisson fait naître une disposition de bonne compagnie et de bonne entente pour une décision énergique et salutaire. La « boisson enivrante » inspire la solidarité et l’entente, sources de décisions unanimes.


Le Manger et le Boire, la Cuisine et la Table se révèlent dépasser le simple entretien de la vie physique : le travail matériel auquel ils donnent lieu débouchent sur toute une technique, un savoir-faire compliqué et savant, incitant à la construction artistique, à un culte particulier, même rudimentaire, du Beau.


Rester philosophe et choisir la bonne chère, c’est manger en compagnie. Les philosophes nous invitent à leurs agapes :


  • Platon, au banquet duquel on mange assez peu, mais où on boit beaucoup. Il y a cinq personnages aux langues très déliées par le vin qui célèbrent Eros.

  • Ménédème, disciple de Socrate

  • Erasme, et son banquet profane qui est une vraie ripaille : chapon, bœuf, mouton, cerf, lièvre, lapin, oie, poule, foie d’oie, perdrix et colombe. Très arrosé, faire honneur à Bacchus qui donne l’éloquence.

  • Kierkegaard, un soir d’été, dans une forêt, avec cinq amateurs animés du désir de jouir et qui parlent, tour à tour, de l’amour. Le banquet est placé sous le signe de Don Juan de Mozart, car la musique est l’entremetteur du désir et idéal pour aider les convives à parler de l’amour. Le banquet symbolise le stade esthétique, celui où l’individu jouit de l’instant, tel Don Juan, mais aussi un stade éthique au cours duquel l’individu privilégie la durée sur l’instant et un stade religieux permettant à l’homme d’atteindre à travers l’angoisse qui l’éduque une vérité profonde et authentique.

  • Voltaire, qui régale ses invités de Ferney avec des pâtés de perdrix de Cahors et Périgueux, des vins fins et des bons mots, car la vraie nourriture, c’est la parole.

  • Kant, au solide coup de fourchette et amateur de vin pour délier la langue et ouvrir le cœur. Faute d’une Critique de la raison culinaire, le philosophe de Königsberg sait organiser ses repas qui ne sont que rarement des banquets pour éviter les dérapages de la conversation.

  • Deleuze et Guattari qui abhorrent les discussions parce qu’elles en restent à l’opinion. Il faut arriver avec des concepts comme celui de substance chez Aristote, de cogito chez Descartes, de monade chez Leibniz, de condition de possibilité cher à Kant, de puissance chez Schelling ou de durée chez Bergson.


Le banquet des philosophes


C’est au cours du repas que se dévoile la vérité. C’est pendant le Seder, repas de la Pâque juive, la Cène ou le banquet que se produit la révélation de ce qu’est la liberté, le temps messianique ou encore la nature de l’amour. Autour d’un banquet, s’est discutée la question de l’amour. Mais l’amour est aussi un prétexte à parler de la philosophie. Le banquet, repas nocturne décrit par Platon est comme pour Moïse dans la Pâque juive ou Jésus lors de la Cène, le lieu de la révélation d’un homme, Socrate en tant qu’élu parmi les autres ; et cette élection a lieu par la consommation de nourriture et la dégustation des vins. Comme dans les deux mythes précédents, cet homme doit montrer la supériorité de sa relation au pain et au vin, pour prouver qu’il est celui que tous attendent. (…) Socrate arrive aussi en retard, ayant « été retenu sous le porche d’un voisin ». Déjà, le retard montre que la pensée l’emporte sur la faim. Le philosophe est celui qui sait retarder le moment de manger. (…)

Socrate s’étend sur le lit et prend part au souper, à ses libations en l’honneur du dieu et aux pratiques consacrées. En réponse à Pausanias qui se dit incommodé par la « beuverie » de la veille, chacun de se poser la question : qu’en est-il pour chacun de la capacité à boire ? (…) Lors de l’éloge qu’Alcibiade fait de Socrate, il soutient que ses paroles produisent un trouble profond : « on en est possédé », on sent son cœur battre plus fort et parfois ses propos arrachent des larmes. Socrate à l’extérieur est un amoureux qui court après les jeunes gens, mais il possède, à l’intérieur, comme le Silène, une Divinité. Or, pour qui connaît le dicton, le vin fait sortir la vérité. Le délire philosophique, de même que le vin, ne produit-il pas l’ivresse particulière de la vérité ? On peut donc comparer Socrate, qui n’est jamais ivre, à du vin : c’est lui qui fait sortir l’ivresse, qui rend les gens ivres et fait sortir la vérité.

Au petit jour (…), Socrate, l’homme réveillé, l’homme révélé, est celui qui veille lorsque tous dorment : il est le seul qui reste vaillant malgré la boisson. Par quoi le philosophe s’est-il révélé ? Non par la sobriété : on a vu Socrate boire à la grande coupe comme les autres ; mais parce qu’il est le seul à rester lucide malgré le vin. Le philosophe est donc, celui qui boit autant que les autres, et peut-être même plus, mais c’est celui qui n’est jamais ivre par la boisson. Le philosophe est celui que la vérité n’enivre pas et ne fait pas fuit. Il n’est ni abstinent ni continent, comme on le pense souvent. Au contraire, il est celui qui enivre : il est celui que la boisson révèle en sa Divinité et fait parler, comme le vin a révélé le Messie en Jésus, comme le vin consacré dans la tradition juive qui est le symbole de la connaissance. Le philosophe n’est pas le penseur dans le Ciel des Idées : le philosophe comme homme sachant manger et boire est l’homme de l’union du corps et de l’esprit. Le philosophe ainsi défini comme l’homme qui tient l’alcool est celui qui sait regarder la vérité en face, sans la fuir dans l’inconsistance de la sobriété ou dans l’étreinte éphémère de l’ivresse.


(Source : Eliette Abécassis, « L’art du bien-manger », Nouvel observateur, Hors-série, n° 38.)

Le goût vu par les philosophes des Lumières


Le goût, l’alimentation deviennent le centre d’un débat des philosophes au siècle des Lumières. On recense les ingrédients, les préparations, les effets sur la santé. On commence les statistiques. En 1782, Buffon affirme : « depuis quarante ans, on a presque doublé le nombre de nos légumes et de nos fruits ». On discute aussi de savoir si la cuisine est bien un art. Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique compare goût culinaire et goût littéraire et artistique : « comme le mauvais goût au physique consiste à n’être flatté que par des assaisonnements trop piquants, ainsi le mauvais goût dans les arts est de ne se plaire qu’aux ornements étudiés et de ne pas sentir la belle nature ». Il ajoute : « le gourmet sent et reconnaît promptement le mélange de deux liqueurs : l’homme de goût, le connaisseur verra d’un coup d’œil prompt le mélange de deux styles ». La notion de bon goût universel se répand. Bien critique envers une nouvelle cuisine qui l’intéresse mais à laquelle il préfère les dindes truffées, Voltaire avoue au comte d’Artois : « mon estomac ne s’accommode pas de la nouvelle cuisine. Je ne puis souffrir un ris de veau qui nage dans une sauce salée et ne puis manger un hachis composé de dinde, de lièvre et de lapin qu’on veut me faire prendre pour une seule viande. Je n’aime ni le pigeon à la crapaudine ni le pain qui n’a pas de mie. Quant aux cuisiniers, je ne saurais supporter l’essence de jambon, ni l’excès de morilles, de champignons, de poivre et de muscade avec lesquels il déguisent des mets très sains en eux-mêmes et que je ne voudrais même pas qu’on les lardât. » Ses dix-sept séjours à la Bastille lui feront remercier son Altesse royale de « vouloir continuer à se charger de sa nourriture, mais pas de son logement ». A lire l’écrivain Marmontel, lui aussi embastillé, on le comprend. Voici l’un de ses « dîners de prisonnier : un excellent potage, une tranche de bœuf succulent, une cuisse de chapon bouilli ruisselant de graisse et fondant, un petit plat d’artichauts frits en marinade, un d’épinards, une très belle poire de Crésane, des raisins frais, une bouteille de vin vieux de Bourgogne et du meilleur café de moka ».
Installé comme « aubergiste de l’Europe » à Ferney, Voltaire y accueille tous les beaux esprits des Lumières. Rousseau, son éternel adversaire, même sur les questions gastronomiques, se singularise, lui, en prônant au nom de la santé et surtout de l’égalité, un régime « macrobiotique » avant la lettre : fromage, confiseries et fruits (et encore, seulement, de saison).


Délicieux

(dans Encyclopédie de Diderot et d’Alembert)

« Ce terme est propre à l’organe du goût. Nous disons d’un mets, d’un vin, qu’il est délicieux, lorsque le palais en est flatté le plus agréablement possible. Le délicieux est le plaisir extrême de la sensation du goût. On a généralisé son acception : et l’on dit d’un séjour qu’il est délicieux lorsque tous les objets qu’on y rencontre réveillent les idées les plus douces, ou excitent les sensations les plus agréables. Le suave extrême est le délicieux des odeurs. Le repos a aussi son délice ; mais qu’est-ce qu’un repos délicieux, celui-là seul en a connu le charme inexprimable dont les organes étaient sensibles et délicats ; qui avait reçu de la nature une âme tendre et un tempérament voluptueux, … et qui éprouvait dans toutes les parties de son corps, un plaisir… »


(Source : Les Français à table, Hachette, 1997, pp. 74-75)


Le banquet, la vie et la mort


Les références culinaires sont légion dans le corpus philosophique : du cuisinier du Gorgias au rôti de Kant, les philosophes n’ont jamais rechigné à un usage métaphorique de la cuisine : fruits, légumes, viandes…ornent leur table en une ripaille joyeuse où les mets se mêlent aux idées. Pourtant, il est difficile de trouver sur le terrain même de la philosophie une conceptualisation de l’acte culinaire ou du repas en soi. Le banquet semble n’être convoqué que pour mieux servir les appétits insatiables mais si peu gustatifs de la pensée. A peine esquissé, le festin des saveurs et de la philosophie se désagrège sous les coups assassins du concept. Cette instrumentalisation coupe-t-elle court à toute démarche critique ?

Le discours semble nous renvoyer des apparats festifs à d’autres interrogations. En effet, la philosophie s’est souvent interrogée sur le goût, en en logeant le siège dans le corps et/ou dans l’esprit. Il trouve son excellence en devenant un sens perspectiviste. Simone de Beauvoir ouvre ses Mémoires d’une jeune fille rangée par cette connaissance inédite que lui confie le goût : « Par ma bouche, le monde entrait en moi plus intimement que par mes yeux et mes mains […] Manger n’était pas seulement une exploration et une conquête mais le plus sérieux de mes devoirs. » Ainsi, l’apéritif renverse la hiérarchie habituelle des sens en sa faveur. Le privilège de la vision tombe sous sa coupe tant il mêle l’ouverture de l’espace réel en regard du sujet et une visée éthique nouvelle. La bouche devient alors le centre d’un rapport où le corps et l’esprit s’échangent. L’acte d’ingérer prend de ce fait une dimension autre que purement corporelle et le plaisir de la chère se voit par là même réévalué.


Cette voie en ouvre une autre qui, en quelque sorte, la double. Le banquet de Platon en est la pierre de touche. Ce dialogue emblématique du philosophe grec initialise un geste : il couple un rite social – le banquet dans le cadre de la cité républicaine liait de manière complexe le domaine du public à celui du privé – avec l’usage récurrent dans l’Antiquité du dialogue en littérature. Voilà l’acte philosophique arrimé à l’altérité, à la philia (l’amitié) pour longtemps ! Cependant, le dialogue platonicien soulève quelques interrogations. L’acte social revendiqué du banquet ne fait place qu’à une succession de prises de parole. Seul Socrate sort de cette solitude en parlant de son initiation par Diotime aux puissances de l’Eros. Mais, il ne s’agit là que d’un souvenir et seule la parole socratique ramène dans le cercle du banquet la présence de la prêtresse. De surcroît, la mort de Socrate et le texte du Banquet s’appellent l’un l’autre tant ils épousent la même scénographie : le philosophe se donne la mort en ingérant la ciguë, entouré de ses disciples. Les convives joyeux qui louaient l’amour se muent en un cortège funèbre. Les joutes dialogiques et le suicide s’organisent autour du vin, devenu mortel. Il semble alors que le banquet nous invite à s’interroger sur les liens ambigus qu’entretiennent la vie et la mort, l’origine et la finitude.

La problématique antique trouve un corollaire troublant dans la culture judéo-chrétienne : la Cène n’est-elle pas la repas qui annonce le sacrifice de Jésus pour les hommes ?

Cette limite entre le vital et le morbide, cette tension qui sous-tend le banquet est particulièrement visible chez des artistes comme Peter Greenaway : le repas est toujours le prélude à la mise en bière du héros. L’architecte américain de The belly of an architect souffre de l’estomac. Les repas sont alors le lieu de son triomphe puis, au fur et à mesure de l’avancée de la maladie, celui de sa perte. Il y a chez Greenaway une mise en scène du corps dans sa déliquescence, dans sa souffrance en tant que corps. On retrouve cette problématique dans Z.O.O : le réalisateur nous présente des compositions de natures mortes qui, au fil du film, se dégradent, se flétrissent, pourrissent. Seul l’art pictural peut arrêter ce processus mais en ignorant la matière organique des composantes au profit de leur seule apparence.


(Nicolas Bauche, doctorant en philosophie, Université Paris-X)

 

Le banquet et la dilatation de l’espace du repas


Pour le géographe, le banquet peut s’apparenter à une forme superlative du repas et de son espace traditionnel. Non pas un repas en petit comité, en famille voire seule, mais un repas en groupe, fortement socialisé.


De fait, le lieu du repas change d’échelle. Le banquet est à l’étroit dans l’espace domestique et implique un espace vaste pour recevoir un grand nombre : salle des fêtes, gymnase, grande salle de restaurant, voire le plus commode à la belle saison, le jardin ou la tente.

Le banquet n’est pas seulement un repas : c’est un événement souvent intégré à d’autres manifestations dont il est le couronnement, l’achèvement.


Aussi loin qu’on remonte dans le temps, le banquet est associé à des rites religieux et, en particulier, la consommation de viande sacrificielle, imposée tant par la faim que la nécessité de communier au même mets qui marque l’unité du groupe. Même le banquet de Platon est aussi un repas en l’honneur des dieux. Evénement religieux et événement politique (victoires, fêtes temporelles, carnavals, étapes du calendrier) sont les deux facettes d’un même acte qui jalonne l’histoire jusqu’à nos jours. En France, parmi les grands banquets républicains qui alimentent la chronique politique, du plus petit chef-lieu de canton du Sud-Ouest au plus officiel des repas donné au Quai d’Orsay en faveur de nos hôtes étrangers, on mentionnera le grand rassemblement autour de la table des 29 695 maires de France le 22 septembre 1900 pour l’anniversaire de la proclamation de la République aux Tuileries à Paris et, plus près de nous, celui de 1987, sur la pelouse de Reuilly autour de J. Chirac, premier ministre, accueillant 15 000 personnes. Brillat-Savarin avait compris tout le parti qu’on pouvait tirer des agapes publiques : « les repas sont devenus un moyen de gouvernement ».

Partout dans le monde, existent des formes de rassemblement collectif autour d’un repas : fête de printemps sous les cerisiers au Japon, banquets marquant les grandes étapes de la vie en Europe ou dans les pays de religion chrétienne, nombreuses fêtes juives et musulmanes avec repas autour d’un animal rôti, etc. La frontière entre le banquet et le simple grand repas n’est pas facile à repérer, mais on pourra trouver une limite entre un repas de famille et un repas associant aussi des gens extérieurs à la sphère familiale, agrandissant de ce fait la fonction du banquet de la fête de clan familial à celle d’un groupe dont on a soi-même dessiné les contours par les invitations.


La table d’un banquet est souvent un monument d’épate, de munificence destiné à donner de l’éclat à l’événement en suscitant l’appétit. Les mets sont abondants, souvent présentés de manière festive (agencement sur la table, plats apportés avec danses folkloriques, etc.). Ils traduisent la possibilité qu’on a de mobiliser autant de plats et de boissons pour l’occasion et sont donc un message lancé aux invités. Plus les plats et produits sont rares, plus ils évoquent un statut élevé, une forte générosité, une implication dans la fête.


On agence souvent les positions à table selon des critères qui visent à décrire la société telle que les hôtes la voient, souhaiteraient qu’elle soit. Le banquet est une occasion de mesurer sa place dans le groupe. De ce point de vue, s’y déroule des scènes de ségrégation socio-spatiale qui sont intégrées, acceptées par les invités. C’est pourquoi certains n’aiment pas les banquets par crainte de se trouver dévalorisés.


L’hétérogénéité du banquet est limitée par la même qualité des plats servis à tous les hôtes et, surtout, dans la scénographie du repas, par les toasts portés aux invités. L’élan collectif marqué par les applaudissements donne la raison d’être à ce moment d’extrême confusion et, à lui seul, il justifie d’autant la somme des dépenses et des attentions qu’il a fallu consentir pour faire de ce repas un événement.

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