L'identité jordanienne en débat : être kéraki chrétien, ou l'art des positionnements à variable multiple

Christine JUNGEN

Doctorante en ethnologie Paris X

Résumé Article complet

Introduction générale

Cette conférence va être consacrée à la question de l’identité, ou, plus précisément des identités en Jordanie.

Ceux qui ont assisté aux conférences qui ont déjà été données hier sur la Jordanie se rappelleront que la population de la Jordanie actuelle est loin d’être une population homogène : il y a bien sûr, on en a parlé, les deux composantes principales que constituent les Jordaniens d’origine transjordanienne (ou Jordaniens de souche) et les Palestiniens, Jordaniens d’origine palestinienne. Mais à ces différenciations il faut ajouter, ou plutôt surimposer, d’autres démarcations identitaires, et d’autres groupes d’appartenances : la Jordanie compte ainsi notamment des groupes non arabes : des populations originaires du Caucase (Circassiens, Tchétchènes) installées en Jordanie par le pouvoir ottoman au tournant du 20e siècle,… ou encore les anciens esclaves originaires d’Afrique Noire qui vivent aujourd’hui principalement dans la vallée du Jourdain ; En plus de ces distinctions ethniques ou raciales, il y a également des frontières religieuses, puisque le royaume compte en son sein une minorité chrétienne.

Plutôt que d’une identité, il faut donc parler de formes multiples d’identités en Jordanie, des identités qui, loin de s’exclure, peuvent être concomitantes, et sont maniées au jour le jour par les Jordaniens. Nous allons traiter ici de deux exemples de cas, qui, chacun dans leur contexte, montrent les dynamiques identitaires et la manière dont est manipulée et utilisée l’identité.

Je vais en profiter pour rectifier le titre annoncé de la conférence, puisque, si, pour ma part, je vais bien traiter du cas des chrétiens de Kérak, une région du Sud de la Jordanie, et de ce que j’ai appelé l’art des positionnements, il a été omis dans le titre la mention de l’intervention de Mauro van Aken, qui, lui, va commencer, en vous parlant de la vallée du Jourdain et de la construction, dans ce contexte, des identités comme pratiques sociales.

Etre kéraki chrétien, ou l’art des positionnements à variable multiple

Nous allons maintenant descendre une petite centaine de kilomètre vers le Sud de la Jordanie, sur le plateau de Kérak. Bien que peu éloignée géographiquement de la Vallée du Jourdain, la situation est, à Kérak, sensiblement différente.

Kérak est en effet une région dont la population, organisée sur le mode tribal, est constituée principalement de Jordaniens « de souche ». On ne parle donc pas ici de groupes marginalisés aussi bien géographiquement que politiquement comme c’est le cas dans la Vallée du Jourdain, mais, au contraire, d’hommes de tribus parfaitement intégrés à l’Etat jordanien, qui occupent régulièrement les plus hauts postes du pouvoir, et qui, par ailleurs, revendiquent l’apanage de la « vraie » jordanité.

Les Kérakis sont organisés en tribus, qui se regroupaient, avant l’arrivée de la monarchie hachémite, au sein d’une confédération tribale, notamment mobilisée, dans le passé, lors des batailles menées contre les Bédouins. Si aujourd’hui cette confédération tribale n’a plus l’importance politique qu’elle avait auparavant, il n’en reste pas moins que l’imaginaire kéraki se construit sur la mémoire de ces alliances tribales, sur la mémoire de ces liens de solidarité et de coopération existant entre les différentes tribus de la confédération.

Venons en maintenant aux tribus chrétiennes de Kérak. Les chrétiens de Kérak, dont les tribus étaient une composante de la confédération tribale kérakie, partagent avec les Kérakis musulmans un même système de valeurs, fondé sur l’idée de tribalité, et un même mode d’affiliation tribale : le Kéraki, qu’il soit chrétien ou musulman, est avant tout fils de tribu.

En même temps, les chrétiens sont également membres d’une communauté religieuse aux frontières fortement marquées : on naît chrétien, on se marie entre chrétiens, on meurt chrétien ; ceux qui se risquent à transgresser la règle implicite de l’endogamie religieuse en épousant des musulmans sont radicalement exclus de leur communauté.

La dialectique entre l’appartenance religieuse et l’appartenance tribale est parfois problématique, et ce encore plus depuis l’apparition des mouvements fondamentalistes musulmans, aujourd’hui bien implantés à Kérak, une apparition qui a suscité, dans une certaine mesure, un repli communautaire des chrétiens sur eux-mêmes. Mais c’est aussi au sein même de la communauté chrétienne que l’importance des affiliations tribales crée des tensions, et, en premier lieu, entre les laïcs et les prêtres qui officient à Kérak.

Manipulations identitaires : Tribu versus Chrétienté

Tout d’abord, il est nécessaire de dresser un bref tableau de la répartition confessionnelle des chrétiens. Ceux-ci sont en effet répartis en quatre Eglises (grecque orthodoxe, latine (catholique), grecque catholique, évangélique). Historiquement, l’implantation de ces églises sont le résultat, en premier lieu, de conflits entre différentes tribus, voire différents lignages.

L’affiliation confessionnelle est en premier lieu la conséquence de l’affiliation lignagère ou tribale, ou, plus récemment, de quête de ressources. Dans ce contexte, les prêtres de Kérak sont confrontés à la difficile conduite de paroissiens versatiles, pour lesquels l’affiliation confessionnelle est souvent plus affaire de politique et/ou d’intérêt que de foi. D’autant plus difficile que les prêtres eux-mêmes participent, volontairement ou involontairement, de la compétition entre tribu : prestige quand on a un prêtre etc…

Deux exemples de prêtres, tous deux en charge de leur paroisse à Kérak : on va voir les maniements identitaires auxquelles ils procèdent pour asseoir leur autorité religieuse.

Le premier est un curé grec orthodoxe, appartient à une des tribus chrétiennes kérakies. C’est donc quelqu’un qui est non seulement parfaitement inséré dans le tissu social kéraki, mais, en plus, totalement pris dans la compétition entre tribus.

Ce prêtre va utiliser deux registres pour asseoir son autorité religieuse :

- d’une part, en tant que guide spirituel guidant aussi bien les chrétiens que les musulmans. (tabib al ruh)

- d’autre part, en tant que garant de la continuité de l’histoire chrétienne à Kérak :

La préparation de longue haleine de la célébration du cent cinquantenaire de l’église grecque orthodoxe de Kérak a été dans ce contexte l’occasion pour le père de s’investir dans l’histoire. Il a pris possession des registres des églises des différentes paroisses, tout comme il a fait transporter des objets d’une ancienne église de village dans l’église de Kérak, où ils ont été disposés dans une niche « muséographique », non loin d’une autre niche où sont exposés d’anciens surplis ecclésiastiques. Un fond baptismal datant d’une centaine d’années et découvert dans la vallée du Jourdain a, de la même manière, été transporté à Kérak et placé dans l’entrée de l’église.

Le prêtre élabore une mise en scène centrée sur l’histoire de l’Église grecque à Kérak et les multiples objets qui en témoignent. Il se donne ainsi le rôle de seul dépositaire de cette histoire chrétienne et de ses témoins matériels placés, par ses soins dans l’enceinte de l’église de Kérak.

Le curé latin, quant à lui, est dans uns situation légèrement différente puisqu’il est d’origine palestinienne par son père, donc a priori, extérieur à Kérak ; mais il appartient par sa mère à la même tribu que le prêtre grec orthodoxe, ce qui lui donne, en même temps, ses entrées dans les réseaux de parenté de Kérak.

Le prêtre latin se considère, ipso facto, comme le guide et le centre de la communauté chrétienne, et a en conséquence pris le parti de représenter l’unificateur de la communauté prise dans son ensemble.

Il dispose pour cela du soutien et des structures sans failles fournies par l’appareil institutionnel ecclésiastique. L’autorité du père s’appuie en conséquence non seulement sur l’église, mais aussi sur l’école latine, financée par l’Église, et qui recueille un bon nombre des écoliers chrétiens de Kérak. Les fonds fournis par l’Église permettent de ce fait non seulement l’éducation des plus jeunes, mais aussi un soutien financier facilitant l’accès à l’éducation supérieure, parfois à l’étranger. De surcroît, il bénéficie des réseaux en direction de l’Occident qui lui donnent une ouverture sur les ONG désireuses de s’investir dans la région. C’est ainsi qu’il travaille notamment en collaboration avec une organisation américaine.

Fort de ses appuis financiers et institutionnels, le père latin peut effectivement se targuer d’être le prêtre à Kérak à rassembler le plus de fidèles. C’est cependant sur son propre dynamisme et sa disponibilité auprès de ses ouailles que lui-même fonde l’explication de cette réussite. Comme dans sa paroisse précédente, il a par exemple instauré une réunion dominicale après la messe, à laquelle il invite personnellement l’ensemble de ceux qui assistent à la messe. C’est lui-même qui prépare le café le matin, prêt à être ensuite servi aux paroissiens après la messe.

Afin d’accueillir ses invités, le père a fait rénover la vieille demeure où il réside, un bâtiment attenant à l’église latine, et a transformé le sous-sol en espace de réception. La pièce est meublée de chaises, et décorées de nombreuses images de la Vierge et du Christ. Dans un coin, une ancienne citerne romaine qu’il a fait remettre en état. Une grande icône du Christ est accrochée au mur, au-dessus d’une petite estrade, faisant face aux chaises, qui rappelle aux visiteurs que le Christ est le seul maître à tous, devant lequel tous sont égaux.

Le père revendique une autorité tout d’abord sur l’ensemble des chrétiens de Kérak, toutes confessions confondues ; mais une autorité également sur les tribus et leurs cheikhs, autorité donc d’autant plus grande qu’elle s’impose au prestige de ces cheikhs, figures de référence de la grandeur. Car si le père a tenu à se pourvoir d’un d+wn en bonne et due forme, c’est aussi qu’il juge jouer, bien qu’à son corps défendant, un rôle non négligeable au-delà du domaine purement religieux, puisque, selon lui, les paroissiens viennent le trouver pour trancher dans les dissensions internes agitant les tribus lors des événements politiques.

Le père se pose en effet non seulement en médiateur dans les affaires tribales, mais aussi en homme dont l’autorité spirituelle se déplace sur le politique. En ce sens, il est bien « chef de la communauté », berger de ses âmes dans tous les domaines de la vie, qu’elles soient religieuses, sociales ou politiques.

Là où le curé grec orthodoxe se pose à la fois en curateur des âmes de la ville et en garant de la continuité de l’histoire chrétienne à Kérak, son confrère latin insiste, lui, sur son rôle de pilier de la cohésion de la « communauté » chrétienne de Kérak. Se plaçant au-dessus des distinctions confessionnelles, le père joue du registre de l’activisme social et de son aptitude à réunir l’ensemble des paroissiens, tout comme de sa capacité à se placer au-dessus des divisions confessionnelles et politiques des chrétiens de Kérak.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que le curé grec orthodoxe, contrairement à son confrère latin, échoue totalement à imposer sa légitimité religieuse. Il va être renvoyé en permanence à son appartenance tribale par les membres des autres tribus, donc, comme membre d’une tribu concurrente. Egalement d’autres problèmes, mais ce qu’il en reste, c’est qu’il va finir par être révoqué, et, ceci, suite à un conflit avec des membres d’une autre tribu. Ce qui se passe : il va voir le gouverneur de Kérak pour accuser ceux-là de créer problèmes entre chrétiens et musulmans. Et là, il franchit, en quelque sorte, la ligne rouge : il porte la question des frontières religieuses et des tensions que celles-ci peuvent susciter non seulement sur la place publique, mais, en plus, devant le représentant du pouvoir étatique à Kérak. Là, l’ensemble de la tribu se mobilise, envoie deux de ses membres les plus éminents, l’un chez le gouverneur, l’autre chez l’évêque pour obtenir la révocation du prêtre, ce qui sera fait peu de temps après.

En somme, ce prêtre n’a non seulement pas su à établir une autorité religieuse sur ses paroissiens, il a également failli à maîtriser correctement le jeu des positionnements, un art dans lequel le prêtre catholique, a lui, parfaitement réussi :

- comme chef de la communauté chrétienne vis-à-vis des bailleurs de fonds occidentaux

- comme bastion de la Chrétienté vis-à-vis de l’Eglise latine

- comme unificateur de la communauté chrétienne de Kérak

Mais aussi et surtout, c’est quelqu’un qui sait, tout en se plaçant dans une position exclusivement religieuse, manier et utiliser le langage de la tribalité, et ce notamment à travers les rituels d’hospitalité qu’il accomplit dans son espace de réception.

Les laïcs en effet, s’ils se définissent comme chrétiens, privilégient avant tout, pour leur part, le registre de la tribu, de la tribalité, pour s’inscrire dans le système d’interconnaissance des tribus kérakies au-delà des frontières religieuses, et ceci à travers la pratique de l’hospitalité.

De l’hospitalité et de ses réseaux : de l’identité au réseau d’appartenance

En effet, si l’hospitalité est dans la Vallée du Jourdain un lieu à la fois de rencontre et d’exclusion, de négociation des statuts des différents groupes d’appartenance, l’hospitalité symbolise, à Kérak, les valeurs de la tribalité.

L’hospitalité est tout d’abord une mémoire de la générosité, de la grandeur des cheikhs de tribu du passé. Dans ce cadre, elle constitue un système de valeurs symboliques de la tribalité.

C’est également un lieu où, d’une part, s’exprime l’exposition de soi  (salles de réception somptueuses, arbre généalogique de la tribu…), et d’autre part, se structurent des réseaux d’échange et de réciprocité.

Les occasions de visites entre proches sont innombrables : chaque événement, qu’il soit heureux (venue d’un enfant, baptême, fiançailles, mariage, obtention d’un diplôme…) ou malheureux (accident, maladie, décès…) qui sort de l’ordinaire implique en effet une visite : de courtoisie, de félicitations, de condoléances… Ces obligations de visites, en fait, deviennent partie intégrante de la vie quotidienne du fait du réseau étendu de connaissances et de sociabilité et des nombreux parents qu’il implique à chaque fois. C’est ainsi que ces obligations de visites concernent, certes, en premier lieu, les parents proches et éloignés. Mais c’est aussi les amis, les voisins, les collègues, qui sont inclus dans ces circuits de visites incontournables.

Un événement comme un mariage est un lieu privilégié du rassemblement du réseau de connaissance : durant les trois jours qui précèdent le mariage, proches et moins proches se pressent dans les maisons respectives des parents des futurs mariés. À la suite du mariage, ce sont les visites de félicitations qui commencent, sans compter les repas que les parents des mariés organisent : les hommes convient, le deuxième jour du mariage, l’ensemble de leur réseau à venir manger un mansaf, le plat traditionnel d'hospitalité, tandis que les femmes inviteront, à d’autres moments, leurs parentes, leurs collègues, leurs amies, leurs voisines.

Mais c’est surtout lors des funérailles que l’ensemble des connaissances, proches ou lointaines, du défunt ou de ses parents, se réunissent dans la maison endeuillée. C’est ainsi que pendant trois jours, hommes et femmes vont présenter leurs condoléances respectivement aux membres masculins et féminins du groupe de parenté du mort ; en raison du nombre de visiteurs, il arrive souvent qu’une salle supplémentaire soit louée pour accueillir les hommes, et à la porte de laquelle se tiendront pendant toute la journée, debout, en file, les parents masculins du mort, saluant les arrivants et accueillant les mots de sollicitude et de condoléances que les visiteurs distribuent à chacun d’entre eux, accompagnant leurs paroles d’une poignée de main.

Nulle connaissance, fût-elle lointaine, ne s’aviserait de faillir à l’obligation d’une visite de condoléances. Les funérailles sont en effet le lieu par excellence du rassemblement de l’ensemble du réseau de connaissances, proches et lointaines, du défunt et de sa famille. Elles dessinent ainsi l’extension du réseau de connaissances dans son acception la plus large possible. En même temps, les funérailles sont également l’événement à ne pas manquer dans le sens où elles sont l’occasion d’affirmer publiquement le lien existant entre le défunt, sa famille, et ceux venus présenter leurs condoléances.

Ces réseaux sont entretenus par des visites ; ces visites sont l’occasion d’échanger des actes d’hospitalité, mais aussi des cadeaux (fleurs, bonbons, parfois viande…) ; Ces cadeaux et les contre-cadeaux qui s’ensuivent sont, à l’instar des visites, scrupuleusement comptabilisés.

Or c’est, à travers les circuits de visite, des échanges de débits et de crédits qui se mettent en place : chaque membre inscrit dans les échanges de visite dispose ainsi, en quelque sorte, de crédits et de débits de visite. Ces débits et crédits sont méticuleusement comptabilisés, rendus ou récupérés dans des parcours qui s’inscrivent aussi dans le temps : l’échange de crédits et de débits de visite inclut ainsi également une dimension temporelle structurant des modes d’échange qui ne peuvent exister qu’en différé, dans un cycle qui ne se clôt jamais.

Au sein du voisinage, les échanges de visites, et notamment de celles consacrant une bonne nouvelle, sont rigoureusement respectés. C’est ainsi que nul chrétien ne manque d’aller saluer ses voisin(e)s musulman(e)s lors de l’Aïd, pas plus qu’il n’oubliera de féliciter les familles lors des remises des diplômes scolaires et/ou universitaires. À l’inverse, les semaines suivant les fêtes de Noël et de Pâques sont toujours l’occasion pour les connaissances musulmanes de venir présenter leurs meilleurs vœux.

Les actes d’hospitalité, les échanges de visite construisent du lien en inscrivant les individus dans des réseaux de réciprocité. Ils fondent ainsi des obligations, des devoirs qui instaurent l’espace de « l’entre soi » : on échange entre proches, entre voisins, entre connaissances, créant ainsi dans le temps et dans l’espace des modalités de la pérennisation du lien.

L’hospitalité, par les circuits d’obligation réciproque qu’elle implique, est donc structuratrice de lien, au-delà des frontières religieuses, au-delà également des frontières tribales. Elle fonde à travers l’échange d’actes d’hospitalité des liens fondés sur des obligations réciproques entre groupes et individus, des liens qui sont alors, dans ce cadre, des liens de clientélisme, de coopération, de solidarité, qui vont être entretenus dans le temps : au cours de la vie d’un individu, mais également jusqu’à plusieurs générations en arrière. C’est ainsi que la mobilisation des réseaux se fonde, certes, en premier lieu sur l’affiliation lignagère ou confessionnelle, mais aussi et surtout sur des liens interpersonnels extérieurs à la tribu, extérieurs à la communauté chrétienne, sur le mode de « nous sommes comme des frères car nos grands-pères, à travers l’échange d’actes d’hospitalité, ont établi des liens « comme des frères » ».

En somme, si les référents identitaires, qu’ils soient religieux ou tribaux, sont manipulés dans le cadre des enjeux de pouvoir et d’accès aux ressources, c’est bien à travers la modulation des réseaux d’hospitalité, d’interconnaissances, de sociabilité, de réciprocité, à travers également la mobilisation contextuelle de leurs différentes affiliations, que les Kérakis chrétiens négocient leur position et leur statut dans le contexte local, national, voire même, vis-à-vis de l’Occident.

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