UNE POLITIQUE RÉGIONALE POUR LA SANTÉ NUTRITIONNELLE EN LORRAINE

Brigitte LACROIX

Médecin Inspecteur de Santé Publique Chef de projet Nutrition DRASS de Lorraine

Depuis plusieurs années, la nutrition et l’alimentation sont devenues très prégnantes dans les préoccupations des citoyens et des responsables politiques. Cet intérêt se ‘est développé dans un triple contexte . Un contexte médical tout d’abord lié à d’augmentation des maladies à composantes nutritionnelles : Maladies cardiovasculaires, cancer, ostéoporose, diabète, et de progression de l'obésité des adultes dans l'ensemble des pays occidentaux associée à un développement rapide de l’obésité de l'enfant (Etats Unis, en 1997, 29,5% des enfants de 6 à 11 ans , France : enquête INCA en 2000: 10 à 12 % des enfants de 6 à 12 ans), mais aussi un contexte sociopolitique et culturel de sécurité alimentaire et de rechercher d’une alimentation équilibrée mais préservant les traditions culinaires et gastronomiques.

La question se posait d’une politique nutritionnelle qui réponde aux exigences des scientifiques et de la population et qui facilite le développement d’actions cohérentes permettant de modifier à long terme la « santé nutritionnelle » dans notre pays.

En 2001, la France s’est dotée d’un programme original et novateur : le PNNS : Programme National Nutrition Santé dont l’objectif est d’« Améliorer l'état de santé de l'ensemble de la population en agissant sur l'un de ses déterminants majeurs qu'est la nutrition ». Ce programme présente des objectifs spécifiques alimentaires : augmenter la consommation de fruits et légumes, de calcium et de glucides comme l’amidon et les fibres, réduire la consommation de sucres simples de lipides (AGS) et d'alcool, des objectifs en lien avec les pathologies : diminuer la cholestérolémie et la pression artérielle systolique chez les adultes, réduire la prévalence de l'obésité des adultes et interrompre l’augmentation de celle des enfants. Un objectif particulier est le développement de l'activité physique quotidienne.

Pour réussir le PNNS s’est donné des axes stratégiques de développement : prévenir, dépister et prendre en charge les troubles nutritionnels dans le système de soins, impliquer les industriels de l’agro-alimentaire et de la restauration collective et les consommateurs, mettre en place des systèmes de surveillance alimentaire et nutritionnelle de la population, informer et orienter les consommateurs, éduquer les jeunes, créer un environnement favorable à une consommation alimentaire et un état nutritionnel satisfaisants et engager des mesures et des actions de santé publique complémentaires vers des groupes de populations

En tant que premier programme construit sur cette thématique, il constitue la base d’une politique sanitaire à vocation interministérielle, orientée vers un déterminant majeur de la santé d’une population : sa nutrition. Conçu comme un carrefour de décideurs, de professionnels et d’usagers, il permet de mobiliser une multitude de partenaires dans des domaines aussi divers que la santé, l’éducation l’agro-alimentaire et les médias.

Guidé par des objectifs précis et un souci de cohérence, ce programme demande pour être efficace une déclinaison régionale. En Lorraine, elle a débuté en 2002, par un état des lieux des acteurs et des structures concernées par la nutrition.

Les actions recensées offrent des localisations territoriales contrastées. Elles sont dirigées prioritairement vers les enfants : 64% et se présentent sous deux formes: Forum, information (40%) et Atelier santé et action éducative (40%). Ce bilan nécessaire devra être régulièrement complété et enrichi.

La politique régionale continue de se structurer autour d’un organe de pilotage régional associant les divers partenaires, d’un axe prioritaire d’intervention : « L’Obésité des enfants et des adolescents » et d’un travail de synthèse et de mutualisation des outils existants. Ce mode de fonctionnement associé à une simplification des procédures de financements et à une incitation au partenariat par territoire (ville, pays, département), a favorisé le développement d’une dynamique de projets en particulier dans le domaine de l’éducation à la santé.

Des projets ont été réalisés ou sont en cours sur la région : Mise en place de maisons du diabète et de la nutrition (Nancy… Epinal), création d’outils de dépistage et de suivi de l’obésité de l’enfant en médecine de ville, hôpital PMI, santé scolaire, actions régionales avec la restauration scolaire, exploitation d’un recueil systématique d’indicateur de statut nutritionnel chez les enfants (IMC), enquêtes sur l’alimentation et l’activité physique aux différents âges (enfants,adultes, personnes âgées), actions de quartier en lien avec les écoles et les centres socioculturels , actions concertés ville et école .

Un partenariat pour l’implantation de fontaines à eau sur l’ensemble des établissements de la région accueillant des jeunes, des crèches aux lycées, est également au cœur des projets lorrains.

La région semble donc bien constituer un échelon charnière d’élaboration d’une politique de santé publique en étroite collaboration avec l’ensemble des partenaires locaux pour offrir à la population lorraine un ensemble de projets cohérents et fédérateurs pour la population lorraine dans la perspective de devenir un pôle reconnu pour s’ouvrir à de nouveaux acteurs.

Haut de la page

Retour au menu général

Actes 2004