La Jordanie : du Croissant fertile à l'arc de crise

Marc Lavergne

Géographe, directeur de recherche au CNRS (Centre National de Recherche Scientifique)

Résumé

 

La Jordanie est une terre de transition entre le bassin méditerranéen et le désert d'Arabie. Elle occupe le Sud de la partie occidentale du croissant fertile, constitué par l'ensemble de la bande de terres cultivables qui s'étend du Proche-Orient à la Mésopotamie. Terre propice à l'agriculture pluviale, elle a été l'un des berceaux de la révolution néolithique, et a vu fleurir les premiers sites urbains de l'Antiquité. Mais le gradient climatique rapide d'ouest en est, accentué par un relief qui s'abaisse brutalement vers l'est, fait de la précarité de l'implantation sédentaire une des données majeures de la présence humaine. Mais cette situation fait de la Jordanie une zone de contacts et d'échanges entre l'Occident et l'Orient, tant dans le domaine commercial qui a fait la fortune d'une cité caravanière comme Pétra, que dans le domaine culturel, entre Chrétienté et Islam.
L'histoire de la Jordanie est ainsi marquée par le balancement entre occupation sédentaire et domination nomade, au gré de la puissance des Empires et des conditions climatiques ou démographiques locales. La pax romana, précédée par l'hellénisation alexandrine, et prolongée, au-delà de l'apothéose byzantine, jusqu'à la période omeyyade, est suivie par le déclin abbasside. Ce sont paradoxalement les Croisades qui redonnent un intérêt stratégique et commercial à ces terres d'Outre le Jourdain, auquel le sursaut ayyoubide et la victoire mamelouke. Le regain d'intérêt pour ces terres qui relient le Levant à l'Egypte, lors de la conquête ottomane, ne durera guère au-delà du XVIè siècle.

 

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