Sauver les forêts, sauver les hommes ou se sauver soi-même ?

L'action des ONG environnementales à Madagascar

Sophie Moreau

Laboratoire Géotropiques
MCF Université de Marne la Vallée

Résumé

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Madagascar, un des plus riches foyers de la biodiversité mondiale, connaît depuis une quinzaine d'années une politique environnementale exceptionnelle par la puissance des fonds internationaux qu'elle reçoit. Les ONG spécialistes du développement et de l'environnement y jouent un rôle essentiel car elles permettent l'articulation entre l'échelle globale où s'élabore cette politique, et l'échelle locale où elle se réalise. Leur nombre s'est ainsi multiplié sur la dernière décennie, qu'il s'agisse de puissantes ONG internationales ou de petites structures malgaches au statut très flou. Sur le terrain, elles s'efforcent avec un succès mitigé de relever le défi du développement durable : allier la conservation des forêts et le développement des campagnes semble une gageure à Madagascar où la déforestation résulte essentiellement de défrichements paysans pour étendre les terres cultivées. Mais l'action des ONG ne doit pas être évaluée sur le seul plan de leurs objectifs externes, mais aussi à travers leur logique sociale interne. Ne s'agit-il pas, pour une partie de l'élite citadine malgache employée dans ce secteur d'abord de se sauver soi-même, en captant la manne environnementale à travers des projets qui coïncident moins avec les réalités paysannes qu'avec les attentes des bailleurs ?

 

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