Le territoire dépassé par les nouveaux réseaux ?

Guy BAUDELLE

Chaire européenne Jean Monnet, Université de Rennes 2

Résumé Article complet Diaporama

DIA 1 Le territoire dépassé par les nouveaux réseaux ?

Tenter de voir dans quelle mesure la figure du territoire semble menacée par l'apparition de ce qu'on peut appeler des nouveaux réseaux, en particulier ceux liés aux NTIC. En quoi notamment ces nouveaux « liens invisibles » peuvent-ils contrarier le pouvoir exercé sur un territoire ?

DIA 2 Qu'est-ce qu'un territoire ?

=> Logique de partir d'une définition du territoire : en 1e instance, c'est une portion de l'espace terrestre administrée par une autorité investie de pouvoirs => exerce ses compétences sur le territoire qu'elle a en charge : tutelle de nature juridique mais aussi fiscale, policière, voire politique et militaire. Ex. : territoire national (=> aménagement du territoire renvoie à l'Etat, alors que aménagement de l'espace a un sens + large). Ce territoire, par définition, a des limites, il est borné par des frontières.

DIA 3 De ce point de vue, loin d'y avoir antinomie entre réseaux & territoire. Au contraire,  les réseaux de communication classiques sont traditionnellement outil par excellence du contrôle territorial : des liens visibles avec leurs lieux tout aussi visibles (gares, aéroports, échangeurs). Ex. de construction territoriale par les réseaux : DIA 4 cf. voies romaines (figPlanhol, 54), routes royales ou DIA 5 impériales (fig Ollivro/vitesse100), DIA 6 étoile ferroviaire de Legrand (fig Ollivro/vitesse110). Permettent d'assurer exercice de l'autorité à l'intérieur : contrôle territorial. Classiquement aussi, le pouvoir (notamment l'Etat) surveille les frontières du territoire pour contrôler les flux ; aujourd'hui l'UE surveille d'autant plus ses frontières externes (« check points ») que c'est un espace ouvert à l'interne.

DIA 7 La nouveauté, c'est que désormais certains réseaux rendent possibles des liens invisibles, difficilement contrôlables, qui perturbent le classique contrôle territorial étatique qu'ils semblent mettre à mal, d'autant que ces « nouveaux réseaux » ne connaissent pas de frontières, au point que pour certains c'est même « la fin des territoires ». C'est une question qui traverse plusieurs tables rondes & conférences : cf. p. 10 du FIG-Infos de juin : « Les réseaux clandestins menacent-ils les Etats-nations ? ». Des questions analogues (idem) sont posées à propos des réseaux de trafiquants de la drogue, des réseaux chiites, islamiques, informels, etc.

Ces réseaux peuvent apparaître comme « nouveaux » en raison de leur ampleur inédite (terroristes, drogue, armes, nationalistes), explicable elle-même en partie grâce à l'accroissement des moyens de déplacement rapides à longue portée comme l'avion, donnant parfois le sentiment d'une déstabilisation des Etats, incapables de surveiller les déplacements des terroristes ou de contrôler les flux d'immigrés clandestins.

Mais pas si neuf : toujours eu des fantasmes & des théories du complot : protocole de Sion, diasporas, peuples nomades, Tziganes, « réseaux de résistance  ou d'espionnage, etc. : déjà des réseaux invisibles avec des liens invisibles paraissant menacer l'Etat et le territoire national.

DIA 8 Mais ce qui apparaît comme vraiment inédit, ce sont les réseaux dont la nouveauté repose sur de nouveaux systèmes techniques, principalement numériques, de télétransmission instantané de l'information à (longue) distance : accroissent les contacts potentiels sur une très grande échelle. C'est ce qu'on appelle en anglais la CMC (Computer Mediated Communication : communication assistée par ordinateur) : permet de construire de nouveaux réseaux d'échange qui viennent bousculer les organisations territoriales classiques. Alors, le pouvoir territorial, notamment exercé par l'Etat (en principe maître des réseaux), est-il dépassé par la CMC?

DIA 9 Ce qui affaiblit d'abord la capacité territoriale du politique, c'est beaucoup moins Al-Qaida que le monde des affaires => ne pas penser exclusivement en termes géopolitiques : les nouveaux réseaux économiques paraissent tout autant frapper d'impuissance les pouvoirs territoriaux traditionnels car le capitalisme mondial fait massivement usage des facilités inédites de communication instantanée à grande échelle : énormes échanges de devises, de capitaux, d'ordres d'achat, de données

DIA 10 (fig.cours métropolisation, 112 & DIA 11 fig. JO/Bzh82/câbles). Cet espace global de flux immatériels d'information en temps réel, indépendants des frontières & indifférents aux distances, c'est le rêve du capitalisme : cf. David Harvey qui cite Karl Marx pour souligner que le système capitaliste vise « l'annihilation de l'espace par le temps » : cherche à dominer l'espace pour qu'il n'offre plus aucune contrainte aux exigences temporelles de la libre circulation du capital => difficultés des Etats à contrôler ces flux financiers ou des décisions de firmes peu scrupuleuses dans leurs choix de délocalisations ou de fermetures (cf. sites industriels pollués « orphelins » comme Métaleurop) : Etats tellement pris de vitesse que DIA 12 Kenichi Ohmae (la « Triade », c'est lui) entrevoit déjà The end of the Nation State (Harper, 1995) & The borderless world (Harper, 1990).

DIA 13 On aurait pu penser que ces systèmes souples et immédiats de transmission d'information faciliteraient une certaine déconcentration grâce à la « mort de la distance » (F. Cairncross, The death of distance, Harvard UP, 1997). En réalité, le développement des NTIC associé aux télétransmissions de l'information ne favorise ni la décentralisation, ni l'éclatement des activités dans des « pavillons électroniques », ni « la fin des villes » (Paul Virilio) ; nulle « fin de la géographie », car les télécommunications iimmédiates rendent au contraire plus facile que jamais le contrôle à distance depuis un nombre de centres de commandement très restreint => un fonctionnement en réseau, mais piloté depuis quelques places d'affaire d'importance planétaire DIA 14 (fig. cours métropolisation,162) qui fonctionnent entre elles par-dessus les Etats & les frontières : la fameuse économie d'archipel de Pierre Veltz : ce sont les noeuds du réseau d'information global. Réactivité et puissance capitalistique dessaisissent largement les pouvoirs étatiques de leurs prérogatives territoriales.

Frontières subsistent cependant : même dans l'UE les flux sont divisés par 10 par les frontières ; barrière linguistique persistante/flux téléphoniques d'affaires : démonte le mythe d'une fluidité totale. 

DIA 15 Le Web n'échappe pas à cette polarisation : cf. géographie des fournisseurs de contenu (= domaines .com, .org, .net & autres) : DIA 16, 17, 18 fig. carte CastellsGalaxie 263, 264 & 265 ; encore plus vrai pour liaisons majeures à haut débit du réseau Internet (backbones) : DIA 19 & 20 fig. Dupuy55 & 51 : dépendance ; DIA 21 fig. Janelle, 140 : accès aux hubs de l'Internet.

DIA 22 Mais l'Internet a néanmoins des caractères radicalement nouveaux du point de vue qui nous intéresse (le rapport au territoire) : sa principale spécificité est d'être un système complètement ouvert en principe à tous, à toutes les opinions, les  langues, les cultures, les pays, les communautés, etc., chacun peut y rentrer. C'est de surcroît un réseau de réseaux (inter-net), donnant accès à une information massive & immédiate, très difficilement contrôlable par les Etats (Reporters sans frontières s'en réjouit d'ailleurs). C'est aussi un système dépourvu d'acteur central ou unique : rend impossible un monopole via un régime de concession (eau, gaz, électricité…). Forte participation d'acteurs privés limite de toute façon le contrôle public. Il implique une communication sociale décentralisée et non hiérarchique, fondement de société en réseau (Castells (dir.), The network society, E. Elgar, 2004). L'individu s'affranchit des distances & s'y joue des frontières DIA 23 (fig. Ech&temp32), nouant des contacts librement, multipliant des relations à distance qui élargissent considérablement son horizon spatio-temporel et ses territoires de référence : cheminements spatio-temporels à la Torsten Hägerstrand. Bouleverse l'extensibilité spatio-temporelle des internautes = (la capacité individuelle à surmonter la friction de la distance par divers moyens de communication).

DIA 24 Au final, « certains Etats paraissent (…) désemparés face aux risques de subversion » (Dupuy).

Il faut dire qu'il y a des exemples fameux de résistance via l'Internet : cf. Indiens du Chiapas (Mexique) en rébellion contre Gouvernement central mexicain : action internationale en faveur de l'Armée zapatiste grâce à listes de diffusion => « l'effet de cette mobilisation sur Internet fut de créer de façon « virtuelle » un territoire » (G. Dupuy) opposé au pouvoir central grâce à l'occupation d'un espace « fictif », « un terrain inoccupé » (Dupuy).

=> Les minorités ethniques ou nationales recourent énormément à l'Internet pour s'opposer à la domination de l'Etat-nation qu'elles récusent : tendance contraire aux idéologies de la « fin de l'histoire » qui imaginaient une fusion de toutes les cultures dans un melting-pot cosmopolite de citoyens du monde (projet de Jürgen Habermas, La constellation postnationale, 1998) : résistance de la diversité culturelle, fragmentation plutôt que convergence (M. Castells, The rise of the network society, 2000 ; The power of identity, 2004). (Cf. de toute façon la faible proportion d'Internautes dans le monde).

Ce potentiel subversif de l'Internet => défiance des Etats totalitaires à l'égard de ces « technologies de la liberté » (Ithiel Pool, Harvard U.P., 1983) en contradiction avec l'« étatisme » hiérarchique (Castells, The Information Age, 1996) => Gouvernements autoritaires font des « manœuvres désespérées » (Dupuy) pour surveiller, voire interdire : DIA 25 cf. carte du vide fig : Dupuy107 : Pays musulmans contre immoralité, Etats totalitaires contre contestation. Efforts désespérés ? Pas tant que cela : plus aisé quand réseau peu développé (peu de fournisseurs d'accès, rareté des points de connexion, faible nombre d'usagers). En Arabie Saoudite, surveillance des serveurs (ordinateurs offrant des services d'information aux ordinateurs clients), en Biélorussie, sondages des services secrets sur les transmissions en ligne en provenance de l'étranger.

Prendre 2 exemples de ces tentatives étatiques de maîtrise du territoire de l'Internet.

DIA 26 1er ex. : la Chine, tout un « réseau de censeurs » (Jack Linchuan Qiu, chercheur sino-américain in M. Castells (dir.), The network society) cherche à contrôler strictement : Ministère de l'industrie de l'information, Département de la propagande centrale, Service d'information du Conseil d'Etat, Ministère de la Sécurité publique, Bureau du Secrétaire d'Etat, Armée de libération nationale, etc. => tout le trafic international doit transiter par des portails & des fournisseurs d'accès officiellement autorisés, tous les Internautes être enregistrés, opérateurs doivent conserver trace des chats avec système d'amendes et confiscation de matériel envers les récalcitrants, etc. => une véritable armée de cyber-cops (souvent des lycéens) à tous les niveaux administratifs, de la commune à l'Etat central => des dizaines d'Internautes emprisonnés pour divulgation de secrets d'Etat, incitation à la subversion, hacking & propagande relative au Tibet ou à Taiwan. Les autorités mènent simultanément une « cyberguerre » contre les fournisseurs d'accès pour bloquer l'accès à des sites étrangers (CNN, BBC, Washington Post) => la Chine est connue pour sa nouvelle…Grande Muraille (Great Firewall) (grand pare-feu) qui bloque les informations indésirables (environ 10 % du flux). Mais lutte difficile car résistance du système politique dominé par le…PC se heurte à l'expansion rapide de l'Internet (tout de même 59 millions d'Internautes en 2004) => certaines municipalités ferment les yeux face à une demande énorme (explosion des cybercafés). Difficile d'atteindre les « hacktivists » occidentaux. Enjeux économiques aussi : moteurs de recherche chinois espèrent accroître leurs parts de marché en bloquant Google… Non sans paradoxes : les outils techniques du contrôle sont souvent fournis par des firmes étrangères, notamment américaines (Microsoft, IBM) => responsabilité des FMM dans le soutien au régime… (Autre paradoxe : les mouvements antimondialistes utilisent massivement l'Internet & réseaux de communication. Or, nous dit Manuel Castells, qui détient le pouvoir dans la société en réseau ? Le marché financier mondial !).

DIA 27 2e ex. : la Russie : tout aussi intéressant à observer à cause des antagonismes persistants entre Est & Ouest, démocratie & autoritarisme, centre & périphérie, national & global (cf. Elena Vartanova, prof. Journalisme à Moscou in M. Castells (dir.), The network society) => a priori, tradition des réseaux économiques et sociaux informels & horizontaux face à la nomenklatura & à la bureaucratie d'Etat prédisposait société russe à une certaine réceptivité aux réseaux non officiels de la network society. Mais c'est une nouvelle intelligentsia de cadres supérieurs et d'intellectuels de la classe moyenne qui a accaparé l'Internet, plus précisément le Runet, l'Internet de langue russe => au lieu de se substituer à la manipulation par la communication de masse centralisée & de contribuer à la démocratisation du pays, l'Internet a été détourné à des fins de propagande : les internautes (riches et formés & proches de l'élite gouvernante) servent en fait de relais à la propagande officielle : faiseurs d'opinion auprès de la grande masse qui n'a pas accès au Runet => un média qui assure la…médiation entre pouvoirs politiques et intellectuels qui transmettent ensuite à leur tour au peuple les informations « libres » dans un système de propagande à 2 niveaux, d'autant que les internautes boudent les sites de langue non russe. L'Internet reste d'autant mieux contrôlé par l'élite politique & le pouvoir central que l'oligarchie politico-financière a pris le contrôle des portails les plus influents & développé des sites de propagande officielle. La géographie des serveurs & des fournisseurs d'accès se calque même exactement sur les capitales des 7 nouvelles régions fédérales (okrug). S'accompagne comme en Chine de nombreuses dispositions réglementaires visant à surveiller le Net sous couvert de protéger l'identité nationale, de promouvoir des valeurs russes. Le Runet s'est même substitué aux médias traditionnels : presse devenue très locale & TV placée sous influence commerciale. Cet Internet de propagande est surprenant car la Russie avait tous les atouts pour accéder à la société en réseau : satellites de communication, énorme potentiel de chercheurs, ingénieurs & informaticiens, infrastructures de communications, haut niveau d'éducation, un secteur privé en expansion, etc. Mais blocages pour accéder à la « culture du réseau » : refus du personnel politique et des milieux d'affaires d'abandonner le système paternaliste autoritaire et hiérarchisé, ancré dans la culture du pays (« l'ordre » prévaut sur la démocratie réelle), au profit de structures horizontales nouvelles.

DIA 28 L'Internet  pose aussi des questions d'ordre éthique et juridique : quels législations nationales faire valoir dans la circulation des œuvres soumises à copyright ? La régulation consensuelle du contenu suppose en fait une gouvernance internationale, plus légitime que les législations nationales (souvent impuissantes & contestables : cf. exemples supra).

DIA 29 Mais l'Internet (& notamment la messagerie électronique) interroge aussi sur les relations avec d'autres types de territoires : un territoire (2e sens) désigne aussi une portion de l'espace terrestre à laquelle les habitants s'identifient => on y trouve un sentiment d'appartenance, une appropriation au sens figuré, voire une conscience identitaire : « c'est ma région », « je suis de là », « c'est mon quartier », etc. => suppose une mémoire, une reconnaissance, une représentation collective. Peut s'accompagner d'un marquage territorial à valeur symbolique. La territorialité qualifie les rapports au territoire.

Qu'y change l'Internet ? Crée incontestablement de nouveaux réseaux de relation sans obligation de proximité et des territorialités nouvelles qui n'ont rien de « virtuel ». => Une « constellation Internet » (Castells) ? Le cyberespace bouleverserait les sociabilités traditionnelles par ses liens établis à longue distance au détriment des relations avec les proches => la connexité (établissement de liens, mise en connexion) au détriment de la contiguïté. On passerait d'une territorialité aréolaire à une territorialité réticulaire.

DIA 29 En réalité, on constate que la proximité géographique persiste dans l'intensité des relations par mél. L'e-merging geography (Daniel Sui, Texas, in Donald Janelle & David Hodges (dir.), Information, place and cyberspace, Springer, 2000) ne fait qu'activer & renforcer même des relations familiales, amicales & des communautés ethniques, culturelles, linguistiques existantes et donc le plus souvent restreintes au territoire local. La plupart des liens se font entre le domicile, le travail, le voisinage. Certes, formation de nouveaux liens sociaux certes parfois à distance en raison de la réduction drastique de la friction de l'espace et de la « compression de l'espace-temps », mais sans faire disparaître liens locaux tissés dans des territoires de proximité car relations fondées sur une homophilie (« qui se ressemble s'assemble »). Or, le principe géographique d'autocorrélation spatiale fait l'hypothèse qu'un territoire a plus de chances de ressembler aux territoires voisins qu'à d'autres plus éloignés, de sorte que logiquement les relations électroniques sont plus fréquentes avec des territoires proches  => « La réduction de la friction de la distance permise par l'Internet n'a pas ôté toute pertinence à la géographie » (Keith Hampton, MIT). DIA 30 cf. même dans une communauté comme celle des chercheurs (fig./cosignatures Matthiessen, 2.2). Effets de barrière linguistiques persistent en effet ; d'où les efforts de traduction effectués par certains moteurs de recherche comme Alta Vista… qui renforcent ces communautés linguistiques.

DIA 31 L'Internet (et notamment la messagerie électronique) accroît aussi la participation, l'engagement : cf. fig./pétition électronique (Dupuy,42) => DIA 32 à contre tendance d'un privatisme croissant. N'est donc pas vrai non plus que l'Internet achèverait de faire disparaître la communauté (comme l'ont affirmé les sociologues Ferdinand Tönnies (1887), Georg Simmel (1903) ou Louis Wirth (1938) à propos d'autres innovations technologiques & de la disparition du monde rural) au profit d'une société atomisée, impersonnelle, individualiste, superficielle, blasée et déterritorialisée. L'interaction sociale (entre personnes) et spatiale (entre les lieux) est au contraire plus intense dans la société en réseau. A été montré par de nombreuses études : cf. en Catalogne (patrie de Castells) : très fort enracinement territorial de la population, notamment la plus jeune (93 % des 15-29 ans nés dans la région), mais forts usagers de la messagerie & du chat qui accroissent encore la fréquence des liens et la sociabilité locale : les internautes ont d'ailleurs plus d'amis & un réseau familial plus étendu que les autres. Permet parfois même de franchir des barrières culturelles ou raciales : une étude sur Detroit, la ville la plus ségrégée des USA et une des plus inégalitaires socialement, montre que l'usage de la messagerie électronique accroît significativement la probabilité de relations interraciales (avec visites à domicile), toutes choses égales par ailleurs (revenus, éducation, âge, quartier) => une nouvelle territorialité.

DIA 33 Conclusion

1e remarque : Ne pas aller trop vite en besogne à propos de la fin des territoires, car d'une certaine façon, le territoire se porte bien, merci pour lui !

Pourquoi ?

1) D'abord parce qu'il se crée sans cesse des nouveaux territoires! (Cf. d'ailleurs intitulé programme de 1e). Il naît dans le monde plus d'Etats qu'il n'en disparaît. « La tendance est à l'inflation » (Drevet). Idem : de + en + de territoires de coopération intercommunale, les structures intercommunales à TPU, les « pays », l'UE, nouveau type de territoire en Europe. Vrai même pour les communes en France !

2) Ensuite, parce que les réseaux télématiques requièrent un aménagement du territoire pour réduire la fracture territoriale en la matière : l'Internet suppose des réseaux très matériels qui ont un coût, du reste très sensible aux économies d'échelle (« big is beautiful ») : c'est un réseau comme les autres de ce point de vue => tendance naturelle du réseau DIA 34 fig Janelle141, morphologie de l'espace virtuel = densification sur place (trafic + dense) plutôt qu'extension à de nouvelles zones au potentiel de clients limité : => interventions des Etats et d'autres collectivités territoriales (régionales, départementales ou urbaines) pour équiper car tout raccordement nouveau au réseau suppose un nombre de clients suffisant pour rentabiliser l'investissement qui n'est pas toujours atteint => risque d'inégalité de desserte ; ou pour faire baisser les tarifs (ex ; en France : tarif communication locale) => ces mesures facilitent accroissement de la couverture géographique.

DIA 35 => 2e remarque : relativiser les bouleversements introduits par les nouveaux réseaux.  D'autres réseaux à longue portée ont existé bien avant : communications hertziennes ; téléphone ; télégraphe (cf. P.H. Thoreau : citation ). Cf. DIA 36 (fig. Janelle, 224) l'espace de communication d'un individu (professeur) dans une seule journée : rôle radio, presse. radio & TV, moins interactifs que les méls il est vrai.

DIA 37 En définitive, ne pas trop opposer réseaux & territoires, ce n'est ni la fin des territoires, ni l'instauration d'une territorialité électronique totalement nouvelle. DIA 38

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