CONFÉRENCE L'ÉMIGRATION ITALIENNE :
HIER et AUJOURD'HUI

François CIPOLLONE et René Georges MAURY

Géographes

Résumé

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Vaisseau au coeur de la Méditerranée ou trait d'union entre Europe, Afrique du Nord et Levant, la Péninsule italienne a toujours été un carrefour de migrations et de cultures, aujourd'hui porte d'entrée européenne de proches et lointains migrants clandestins ; et les Italiens, une population toujours en mouvement, d'abord dans le monde méditerranéen, puis vers tous les continents, avec une tendance actuelle généralement plus diversifiée.
L'Italie achève à peine l'Unité qu'une vague migratoire monte, démesurée: 27 M d'hommes et de femmes en 110 ans (1876-1985), vers les pays d'Europe, d'Amérique et d'ailleurs. Déjà, de l'Italie, entité géographique encore morcelée, entre Moyen Âge et Temps modernes, partaient commerçants et banquiers, puis artistes peintres, architectes ou musiciens, et missionnaires, "professionisti" ou "girovaghi". Mais entre les XIXème et XXème siècle c'est l'épopée des nouveaux émigrants, ouvriers et paysans, ruraux et urbains de l'Italie du Nord et du Centre d'abord, du Sud ensuite, par myriades, qui vont mettre en valeur des espaces, édifier des villes, s'activer dans les mines, l'artisanat et l'industrie, repeupler des campagnes, etc. Ces émigrants temporaires ou définitifs savent que leur patrie est le monde entier et que la recherche du travail pour vivre et faire vivre leur famille ne s'arrête pas aux frontières: leur libre circulation devient un droit. Ils ont donné leurs force de travail et savoir-faire, aussi leurs coûtumes, leur vie même : 8 ouvriers massacrés à Aigues-Mortes (1893), 136 mineurs ensevelis à jamais à Marcinelle (1956). En somme, poussés par la nécessité et guidés par l'espoir d'une vie meilleure, avec leur savoir et sans renier leurs racines, ces expatriés ont été des pionniers de l'ouverture des frontières et de la libre circulation des hommes.
Si l'actuelle présence italienne à l'étranger, fixe ou occasionnelle, est difficilement estimable (entre 3 et 5 M de personnes, l'ensemble de la communauté évaluée à 26 M, voire 60 M d'origine italienne, constituant "L'altra Italia"), les flux de départ (et de retour), de jeunes ou non, ont pris de multiples directions: tourisme et autres secteurs (industrie, commerces, agriculture), grands chantiers de travaux publics, universités et centres de recherche, culture et religion, medias et sport, etc. Enfin, depuis trois décennies, les missions militaires multinationales, et les organisations non gouvernementales, soit ici environ 3000 Italiens dans l'humanitaire, pour la paix et le développement.

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