L'Italie et le monde arabe : un voisinage précieux et ambigu

Pasquale Coppola

Géographie politique et économique Université de Naples l'« Orientale »

Résumé

De par sa situation centrale en Méditerranée, l'Italie a eu maintes fois l'occasion de croiser les trajectoires du monde arabe. De nombreux signes de la présence et de la culture arabes sont imprimés dans la géographie de l'Italie : de la représentation cartographique à la toponymie, des vestiges du paysage agraire à l'architecture. Dans certaines régions, et tout particulièrement dans le Mezzogiorno, ces signes sont particulièrement diffus, mais on les retrouve également au cour des régions padanes. Ces croisements concernent les grands apports culturels, du IXème au XIIIème siècles, mais aussi les longues périodes de peur, dues au incursions arabes qui, jusqu'au XVIIIème siècle, menèrent souvent les populations du Sud à déserter les côtes.
A partir du XIXème siècle, les échanges se multiplient entre les ports méditerranéens, et les communautés d'affaires italiennes s'installent dans les principales places commerciales de la rive Sud, en particulier en Tunisie et en Egypte. Par la suite, la domination italienne en Libye laisse de profondes empreintes sur les exploitations agricoles et l'architecture coloniale. Quant aux relations contemporaines, elles sont dominées par les flux de pétrole et de gaz en provenance du monde arabe qui se déversent dans les terminaux et dans les usines de traitements côtières, et influencent la politique étrangère de l'Italie. Autre trait important de ces relations, les flux migratoires, qui font des communautés maghrébines un des groupes les plus importants en Italie et qui donne lieu à la diffusion de modes de vie et de pratiques islamiques. Mais l'on assiste également au développement de connexions importantes au sein des économies informelles, ainsi qu'à la mise en place de relations intéressantes entre les administrations locales ou encore entre les appareils scientifiques et culturels.

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