« Du collège à l’université : la géographie menacée ? »
2) ... à l'université

Carlo Da Pozzo

Géographe, université de Pise, Italie

Résumé Article complet

2.1 Prémisses

Carla Lanza a bien mis en évidence le fait que la perte d'identité de la géographie à l'école secondaire découle de carences quantitatives et qualitatives de l’organisation des études et des enseignants. L'analyse de la situation universitaire finira par renforcer cette conclusion et illustrera aussi les difficultés objectives de sortie.

Nous sommes tous conscients de la contradiction qui existe entre l'augmentation de l'offre – et de la demande – de géographie de la part des médias et la diminution correspondante de scientificité (et même dans quelques cas de sérieux) de son contenu dans un contexte dans lequel, tout au moins en Italie, la réflexion et le débat sur la pensée géographique des quarante dernières années ont habituellement porté moins sur les aspects d'innovation que sur la crise de la discipline, allant jusqu'à sa négation. A ce propos, le sous-titre d'un bel article de Roberto Di Caro paru dans l'Express de 1985 est significatif : « À; l'école et dans les médias il y a de plus en plus d’ignorance sur ce sujet. Négligée, contestée, mal enseignée, révolutionnée, l'ancienne ‘science des lieux’ est en train de chercher de nouvelles techniques et de nouveaux débouchés. Les trouvera-t-elle ? »

En même temps, je crois qu’est également claire la contradiction interne d'une ‘réforme’ universitaire qui a vu une révolution des cursus, des années de cours, des systèmes d'évaluation, des calendriers de la didactique etc. tout en maintenant intacte, ou mieux encore en renforçant, la structure en Facultés datant principalement du dix-neuvième siècle dans son inspiration, structure incapable de répondre aux exigences du troisième millénaire. Que l’on pense à la Faculté unique de Sciences Mathématiques, Physique et Naturelles (où la géologie coexiste avec la génétique, la biologie avec la physique, la zoologie avec les mathématiques, etc. ), à la superposition de Facultés ‘identiques’ comme Lettres et Philosophie, Langues et Littératures étrangères et Sciences de l'éducation et au contraire à l'absence de Facultés autonomes pour des savoirs fondamentaux pour la société contemporaine, comme l'informatique, la biologie, la génétique ou l’environnement (et on pourrait continuer). Que l’on pense enfin, que de tout ceci découlent – et il suffit de parcourir les actes constitutifs des nouveaux cursus avec leurs appareils de ‘crédits’ et programmes – la présence de maîtrises franchement superflues pour la recherche et pour la société, l'existence de plusieurs maîtrises portant sur le même savoir et sur la même professionnalisation, mais officiellement différentes par le seul fait qu’on les obtient dans des Facultés différentes, la présence de maîtrises portant des noms différents et cependant obtenues avec des cursus qui ne se différencient que par un ou deux examens, l'absurdité de disciplines aux des dénominations identiques dans des cursus qui donneront le même diplôme lequel se distinguera non seulement par le ‘programme’ (l’ancienne et normale ‘liberté d'enseignement’), mais par l’espace-temps (les ‘crédits’) qui leur est réservé. En bref : la contradiction entre le maintien officiel de la valeur légale du diplôme et son abolition dans les faits.

2.2. Géographie et réforme

À; première vue, la réforme n'a pas mal traité la Géographie qui a sa propre classe spécifique que ce soit dans la 'Laurea triennale’ (licence en 3 ans) (n. 30 "Sciences géographiques") ou dans les ‘Lauree specialistiche’ (maîtrises) (n. 21/S "Géographie") mais il s’agit, en vérité, d'un ‘maintien des positions’ et non d'une ‘majeure attention’ envers la discipline: la réforme, en effet, a déjà organisé les licences triennales sur la base des maîtrises existantes (et la géographie avait une maîtrise) et les maîtrises ‘specialistiche’ sur la base des licences triennales (et par conséquent la géographie devait avoir au moins une maîtrise)

En outre, les interventions successives du ministre Moratti ont prévu le maintien de l'autonomie dans la laurea magistralis (ex. maîtrises ‘specialistiche’), mais le regroupement avec l’histoire (« sciences historiques et géographiques ») dans la laurea doctoralis (ex. licence triennale). il ne s'agit pas seulement d'un problème de dénomination et quand les cursus en question seront approuvés la perte pour la géographie sera évidente.

En effet, l’ensemble du processus de restructuration universitaire devient clair si l’on examine les enseignements géographiques à l'intérieur des cursus de maîtrises.

Dans l'université italienne, le savoir se transmet (et se gère) par disciplines lesquelles présentent des myriades de dénominations (plus de 10.000 dans les années 80, elles furent ‘réduites’ en 1999 à un peu plus de 4200, mais il est à croire qu’avec l’autonomie de la réforme on assistera à un nouvelle croissance), organisées en 14 macro domaines qui se divisent en 370 ‘secteurs scientifiques disciplinaires’: les géographes ont droit à deux secteurs (« M-GGR/01 Géographie » et « M-GGR/02 Géographie économico-politique ») dans le domaine historico-philosophique (n. 11) alors qu'un secteur spécifique (« GEO/04 Géographie physique et géomorphologie ») est dévolu aux géographes physiques dans le domaine des sciences de la terre ( n. 4).

Arrêtons-nous brièvement seulement sur les licences triennales, parce que, de fait, ce sont les seules actuellement complètes et pour ne pas trop ennuyer par une analyse pédante.

On peut constater immédiatement que la combinaison entre les obligations de fait, imposées par les ‘crédits formatifs’, et les libertés de choix entre les différents cursus fait que les deux secteurs géographiques (M-GGR/01 et M-GGR/02) sont obligatoires seulement dans la classe 5 « Lettres » et dans la classe 38 « Sciences historiques »; pour le reste, dans 19 classes ils n’apparaissent aucunement (dans certains cas de manière franchement incompréhensible) et dans les 21 classes restantes ils sont présents avec de forts degrés de probabilité de choix – ils sont presque obligatoires – dans la classe 35 « Sciences sociales pour la coopération, le développement et la paix », élevés (mais paradoxalement non obligatoires) pour la classe 30 « Sciences géographiques », passables pour 5 autres classes (7-13-18-33-39), mais bas ou très bas pour d’autres et enfin franchement ridicules pour les « ingénieries », où on peut choisir dans des listes qui atteignent jusqu’à une soixantaine d’autres secteurs indiquées avec la mention traditionnelle « ainsi que les autres secteurs scientifico-disciplinaires des domaines différents des 08 et 09 qui ne sont pas indiqués parmi les activités formatives qui caractérisent le cursus »!!! La situation semble encore pire pour la géographie physique, citée dans un nombre encore plus restreint de classes (11) et avec des probabilités très élevées seulement dans la classe 16 « Sciences de la Terre » et équivalente aux deux autres secteurs dans la 7 et dans la 13.

Dans un contexte semblable, qui n’a rien d’exaltant en soi, s’insère l’autonomie de chaque siège qui respectent les obligations prévues en attribuant les crédits de leur choix. Il arrive ainsi fréquemment que des matières obligatoires non appréciées localement soient de fait évitées par l'attribution d’un seul CFU: opération qui tient à la fois de la protestation et de la dérision.

Cela dit, il faut remarquer comment, à côté d’une faible présence de la géographie dans les cursus obligatoires, se dessine une nette préférence de situation de la géographie dans les domaines humanistes. Ces caractéristiques sont confirmées par l'analyse de la distribution des géographes académiques que ce soit dans les 2 secteurs (selon les dernières données du Ministère 244 en M-GGR/01 et 152 en M-GGR/02) ou dans les Facultés (244 dans le domaine humaniste – 160 à la faculté de Lettres – 102 au domaine économique, 35 au domaine politico-social, 11 à l'architecture et 4 aux sciences); mais, surtout c’est leur exiguïté qui se détache: sur l’ensemble des professeurs, les géographes représentent en effet presque 0,7% (que ce soit dans chacun des rôles ou dans l'ensemble). Les géographes physiques apparaissent encore moins consistants (134), et se concentrent (119) dans la Faculté de Sciences.

Il est évident qu’en tout cela la tradition de l'université italienne joue un rôle car elle a principalement lié étroitement la géographie à la formation des enseignants, et il est significatif de remarquer, précisément à partir de tout ce que nous venons de voir, combien ce lien est accentué par une réforme qui déclarait au contraire vouloir rechercher l'innovation du système et la formation de nouvelles professions.

En effet, si on analyse les données relatives à la création de cursus, les caractéristiques indiquées deviennent presque oppressantes: devant les milliers de cursus activés (7960 en 2005), à peine 18 (0,2%) étaient spécifiquement géographiques : 9 pour les licences triennales (à Turin, Piedmont oriental, Milan, Padoue, Bologne, Gênes, Florence, Rome « La Sapienza » et Pescara –fini en 2006-) et 9 pour les maîtrises spécialisées (à Turin, Milan, Udine, Vérone, Bologne, Gênes, Florence, Pise et Rome « La Sapienza »)!!! A l'exception de Turin, où le cursus s’effectue sur deux universités et plusieurs facultés, et de Pescara et Piedmont oriental où s’effectue sur Economie, dans tous les autres cas la Faculté de référence est celle de Lettres et Philosophie.

Si, tout au moins à en juger par les titres des cours et par les notes (en vérité presque stéréotypées) concernant les objectifs et les débouchés professionnels, on s’efforce, dans la plupart des cas, de rechercher des innovations didactiques et professionnelles, on ne peut certes pas affirmer avoir obtenu, jusqu'à présent, des réponses positives : au 31 janvier de cette année, les données du Ministère parlent d’un peu moins de 2200 inscrits dans les licences en trois ans et d'une centaine d'inscrits dans les maîtrises spécialisées, à savoir, 0,2 et 0,05% du nombre total d’étudiants!!!

En d’autres termes, la demande déclarée de géographie ne semble pas concerner l'université et son public.

Tout cela fait que la principale caractéristique de la discipline dans l'Université, malgré l'aspiration des géographes à une autonomie propre de règlement (cursus, départements, faculté, etc.), reste encore celle d'un savoir formatif et critique ‘de base’ pour beaucoup de professions, sûrement plus que celles actuellement ‘reconnues’ par la réforme: mais les signaux qui proviennent des interventions déjà mentionnées sur les cursus de la part du ministre actuel semblent aller dans un sens diamétralement opposé et orientés vers une diminution des probabilités de choix des matières géographiques, même là où, jusqu’à présent, elles étaient obligatoires.

Dans ce sens, il semble que s’évanouisse l'espoir d’une reconquête d'identité de la géographie à travers la formation d’enseignants spécialisés ou à travers l'augmentation du temps réservé à son apprentissage pour enseignant ‘génériques’ ou aussi pour les professionnels (des hommes politiques aux dirigeants, des planificateurs aux opérateurs commerciaux, etc.) qui doivent se mesurer avec le monde actuel.

Et le fait que les aménagements en question émaneront des conférences – plus ou moins élargies – des doyens de faculté ne pourra servir de circonstances atténuantes parce qu’il est logique de s’attendre de la part de ces dernières à un renforcement des disciplines centrales et dominantes (pour la ‘tradition culturelle’ qui se traduit en nombre de professeurs afférents) et non le contraire, selon le schéma de la plus classique myrdalienne causation circulaire cumulative.

Un réforme, au contraire, l’est précisément quand elle ne respecte pas les rapports de force existants et intervient pour les modifier en fonction d'objectifs déclarés.

Mais que peut-on attendre d’un Ministère dont la Commission d’évaluation de l’Université, à partir de ses analyses, attribue à un seul domaine « géo-biologique » la géographie et les classes 30 et 21/S, dont nous venons de parler, et les regroupe avec les « Sciences de la terre », de l’ « environnement » et les « biologies », alors qu’il sépare les domaines « littéraire », « linguistique » et « de l’enseignement » et va jusqu’à forger un domaine autonome de la « défense et sécurité » (!!!) ?.

2.3. Conclusions

Il est donc presque obligatoire de se demander quels sont les objectifs réels d'une réforme que même le changement de gouvernement, d'un pôle à l'autre, au lendemain de sa promulgation, n’a sérieusement remis en discussion.

Nous connaissons tous les déclarations officielles d’intention: remédier au contraste notoire entre l'université et les exigences de la société contemporaine et future, accélérer l'entrée sur le marché du travail de nos titulaires de maîtrise, élever le pourcentage des titulaires de maîtrise en Italie – beaucoup trop bas par rapport aux autres pays européens – et, enfin, se conformer à la préparation et aux cursus unitaires de l'Europe.

Il s’agit sans aucun doute d’objectifs et cohérents et sur lesquels on peut être d’accord et il est probable que, précisément le rappel continu de la réforme à l'Europe a unifié de fait le monde politique et l'opinion publique: comme cela arrive de plus en plus souvent désormais. Ce rappel fonctionne comme un "ipse dixit."

Mais à quelle Europe s’est-on appelé? La loi du ministre Zecchino se réfère explicitement à ce qu’on a appelé le ‘lodo di Bologna’ (‘ordonnance de Bologne’) de 1999 et au Système Européen de Transfert des Crédits Académiques décidé par la Communauté européenne en 1987. Ces documents sont assez génériques pour l'interprétation que nous recherchons, alors que devient beaucoup plus significative la citation, dans le document de la commission Bertagna sur la réforme du collège du ministre Moratti, du Livre Blanc de l'union Européenne. Il s’agit d’une citation faite ‘en passant’ et qui risque presque de passer inaperçue, mais, comme je l'ai déjà démontré ailleurs (Riforma universitaria e Geografia, Geotema, 17, 2002, 51-59), c’est précisément sur la base de ce Livre blanc sur l'éducation et la formation "Enseigner et apprendre. Vers la société cognitive", que s'est développée toute la récente réforme scolaire en Italie.

Ce n'est pas ici le lieu pour examiner les qualités et les défauts de ce document consistant, présenté en 1995 par trois illustres commissaires européens, Edith Cresson, Pádraig Flynn et Martin Bangemann mais ce qui me paraît intéressant de relever, pour notre propos, ce sont les convictions de fond sur la formation comme résultat de réseaux et d'apprentissages extra-scolaires, sur l’opportunité de négocier les moyens et les objectifs de la formation avec les parties sociales et, surtout, sur la nécessité de déstructurer le système scolaire accusé de générer rigidité et sous-qualification (alors que le marché du travail exige flexibilité, adaptation, recours à la sous-traitance, etc.)

Dans un tel contexte, apparaissent parfaitement cohérentes toutes les opérations qui ont transformé certaines revendications justifiées d'autonomie didactique en une maximisation forte de l'autonomie, de la prolifération des cours jusqu’à une sorte de laissez faire sur les cursus, et qui porteront à la perte de la valeur légale du diplôme ou l'introduction de systèmes d'évaluation des universités, basés en bonne partie sur la ‘satisfaction des clients’ ou sur la vitesse d’obtention du titre, avec comme conséquence un abaissement du niveau de préparation et un ajustement au niveau de l’école précédente ‘réformée’ (quelle autre signification peut avoir l'introduction des "tests d'entrée" dans les facultés et l'obligation de pallier les carences éventuellement relevées avec des cours spéciaux?).

Quel est le rapport de tout cela avec la géographie?

Il existe dans la mesure où il est évident qu'on ne peut pas s’attendre à une augmentation de sa place dans les cursus – et dans les personnels – dans un contexte où le législateur abandonne ces derniers au ‘libre marché’, qui, dans notre cas, assume le double aspect du monde académique et du monde civil. Pour le premier des deux nous avons déjà parlé de logiques et de nombres qui voient la géographie comme un pays périphérique et nous pouvons ajouter maintenant que ses possibilités deviennent encore plus exiguës devant une politique de coupes des investissements -déjà insuffisants- sur l'université et la recherche; pour la seconde des espoirs pourraient naître, justement pour cette fameuse ‘demande de géographie’.

Toutefois, la satisfaction que l’on peut attendre de cette demande n'est pas, à bien y regarder, celle d'une augmentation de la géographie-science mais de la géographie-spectacle et nous savons tous très bien (l'histoire de la discipline le montre clairement) que, dans les savoirs scientifiques, la description et l'analyse du monde sont parmi le plus faciles et sujets à être transformés en spectacle. En vérité, l'histoire a aussi montré que cette transformation n’est presque jamais innocente ou une fin en soi et on pourrait même discuter sur son sens actuel, mais je me limiterai simplement ici à observer qu’il est difficile qu’une reprise de la géographie naisse de ce marché.

Savoir, en effet, qu'une analyse du climat exige des vérifications sur des données certaines pendant au moins quarante ou cinquante ans et qu’on ne peut se baser sur un unique événement (et encore moins sur des sensations), ou bien que son changement est normal et non exceptionnel dans une nature, où même les événements ‘catastrophiques’ sont la pure normalité, tout cela élimine à la racine les possibilités de scoop. De la même manière, savoir que l'égalité des droits de l’homme ne signifie pas automatiquement égalité des territoires ou que les lois de l'économie ou du droit sont des produits humains et sociaux et qu'ils ne peuvent, par conséquent, outrepasser les lois de la nature (que l’on pense seulement à l'impossibilité physique de la croissance illimitée de population ou de ressources), cela s’oppose trop aux attentes de l'opinion publique sur la nature du monde. Savoir enfin que, à notre époque de globalisation, les terres exotiques, lointaines et mystérieuses sont habituellement un produit organisé par les agences de voyage, devient presque inacceptable pour le marché (touristes et voyagistes) des vacances. Et on pourrait continuer.

Il faut, disait quelqu'un, opposer l'optimisme de la volonté au pessimisme de la raison : dans notre cas, je crois que nous pouvons, en comptant seulement sur les forces existantes, essayer de divulguer tout au plus une bonne et solide culture géographique, peut-être aussi en reprenant une discussion générale pour rendre plus homogènes les parties institutionnelles de la didactique universitaire.

Si, comme cela a été bien souligné en 1995 par Maddox sur Nature l'opinion publique finit par transformer l'attitude de "recherche continue" de la science ou le principe d'imprécision de Heisenberg en une autorisation à croire qu'il y n'a plus aucune certitude et donc que la science a échoué, on ne doit pas à s'étonner si l'affirmation des "mille géographies", bien que correcte (et même, à un certain moment de notre histoire, nécessaire) d'un point de vue de la recherche, exportée au public produit la conviction que la géographie est un point de vue quelconque sur n’importe quel événement, c'est-à-dire n'existe pas comme discipline.

De manière analogue il faudrait peut-être commencer de manière systématique et avec la plus grande amplification communicative à réagir contre les ‘erreurs géographiques’, qui, de la floraison sur les médias, arrivent désormais -encore plus gravement- même sur les lois de la République.

C’est peut-être précisément par une série de petites, mais continuelles, entrées en scène que nous pourrons réitérer que la géographie est et a toujours été, comme Carla Lanza l’a synthétisé au début, surtout une connaissance raisonnée du monde et, en tant que telle, devient un fondement didactico-culturel indispensable: une définition et une conclusion acceptées, je crois, par tout le monde.

Dans ce sens, la conclusion de l’article déjà évoqué de Di Caro est significative : après avoir remarqué qu'en Italie l'IGM « le premier au monde, a expérimenté le dessin entièrement informatisé d'une carte géographique », il se demande « Mais à qui cela servira-t-il quand personne, sinon l’ordinateur, ne saura la lire?"

Il est également vrai que tout le monde attribue à quelqu'un d'autre la charge de la récupération des ressources pour les nécessités majeures, mais ce partage est déjà quelque chose. Que l’on pense à la défense presque passionnée de la géographie faite avec ces motivations par Giorgio Pasquali, latiniste célèbre qui figure parmi les maîtres reconnus des lettres classiques, alors que, dans les années 30 elle était menacé de réduction par une intervention ministérielle sur les programmes: Pasquali était aussi directeur du Séminaire de philologie classique de l'École Normale Supérieure, où, bien que ses Facultés de référence soient précisément Lettres et Sciences, la géographie, me semble-t-il, n’est jamais entrée!

Haut de la page

Retour au menu général

Actes 2005