Discours de Monsieur Michel JERSEY

Recteur de l'Académie de NANCY-METZ

Monsieur le ministre,
Monsieur le président du conseil régional, Monsieur le président du festival,
Mesdames et messieurs, Chers collègues,
Le FIG est un rendez-vous attendu, le lieu privilégié de la rencontre entre la géographie savante et la géographie enseignée.
Il a conquis la réputation d'être un moment privilégié de la formation continue en géographie, pour les professeurs de cette discipline
-plus de 150 inspecteurs et professeurs viennent à Saint Dié de toute la France métropolitaine et d'outre-mer, missionnés par leurs académies.
-il faut y ajouter la centaine- -denseignants- qui viennent de notre académie dans le cadre du PAF, et le nombre plus grand encore de ceux qui viennent par leurs propres moyens.
L'impact du festival, pour la formation continue des enseignants, est d'autant plus important que la grande majorité des professeurs d'histoire-géographie a surtout une formation universitaire d'historien. Et c'est souvent à Saint-Dié qu'ils se familiarisent avec les champs nouveaux et les problématiques nouvelles de la géographie.
Ainsi le festival est un lieu d'enrichissement des connaissances et aussi de questionnement et de remise en cause pour les enseignants, une remise en cause qui engendre non pas l'angoisse, le doute et la paralysie, mais bien plutôt l'envie d'avancer et l'enthousiasme, car ce festival est aussi un lieu festif et convivial.

Le thème choisi pour le festival - « le monde en réseaux, lieux visibles, liens invisibles »- est au coeur de l'enseignement de la géographie en collège et au lycée. Le programme de terminale L et ES indique que « l'espace mondial se présente aujourd'hui comme un Système marquépar la multiplication deflux de toute nature (hommes, marchandises, capitaux informations) qui ont des effets sur les Sociétés Ces flux sont organisés par des acteurs spatiaux comme les Etats les entreprises multinationales, les organisations internationales, les ONG les organisations illicites- L'intensité de ces échanges favorise l'émergence de lieux de la mondialisation à différentes échelles, notamment les métropoles mondiales disposant d'un pouvoir de commandement. ». La simple lecture de cet extrait suffit à montrer combien le thème de ce festival répond aux préoccupations des professeurs du secondaire.
Les élèves des classes de première de l'académie sont d'ailleurs învités cette année, en lien avec le thème du FIG, à cartographier leurs réseaux de déplacement, la mise en commun de ces travaux doit amener à esquisser le croquis d'un réseau vécu des lycéens de l'académie qui pourra ensuite être analysé et commenté dans les classes qui participent à cette opération.
Le thème qu'aborde le festival cette année n'intéresse pas seulement la géographie enseignée dans ses contenus et ses méthodes-, il pose aussi la question de l'objectif même de l'enseignement de la géographie: il ne s'agit pas seulement de connaître mais de comprendre.
Etudier les réseaux visibles ou invisibles, porteurs de flux matériels ou immatériels, tissés par des acteurs spatiaux institutionnels en privés, parfois clandestins ou illégaux, identifier les lieux qui constituent les noeuds de ce maillage; c'est une démarche qui doit permettre aux élèves de dépasser les connaissances factuelles pour atteindre à des schémas et à-des modèles explicatifs et interprétatifs. Étudier le monde comme un système est d'une plus haute exigence intellectuelle que d'en décrire les composantes factuelles

Bien sûr, la démarche géographique dans les classes reste fondamentalement inductive. Elle part le plus souvent de l'étude d'un cas particulier soigneusement localisé, observé et décrit puis ensuite seulement généralisé, avec nuance et précaution,, Mais le but - est bien d'aboutir à l'intelli gibilité de 1 l'espa ce géographique. Cette intelligibilité permet ensuite de redescendre vers le cas particulier, armé d'éléments nouveaux et pertinents d'interprétation.
C'est une haute et exigeante ambition à la réussite de laquelle le festival de St Dié peut puissamment contribuer.
En fin de compte, le rôle de la géographie n'est-il pas de rendre visible ce qui est invisible, intelligible ce qui est confus à la surface de la Terre ? Une simple carte adininistrative de la France rend visible des frontières invisibles, un banal planisphère rend visible l'ensemble de la surface terrestre à jamais imperceptible, y compris par l'oeil des satellites géostationnaires qui n'en observent jamais que la moitié. N'est-ce pas cette quête que continue aujourd'hui le FIG en s'efforçant de mieux connaître, pour les décrire et les cartographier, la multitude des réseaux
qui élise ent: la planète de leurs filets et structurent l'espace géographique
C'est parce que la géographie dit le monde qu'elle permet à nos élèves de se l'approprîer et de se sentir envers lui responsables. La géographie leur doline les outils conceptuels pour appréhender une réalité complexe, mouvante, qui West jamais donnée mais bien construite par la science géographique- C'est pourquoi ce rendez-vous annuel du FIG est si important pour que l'enseignement de la géographie reste en lien étroit et fécond avec la recherche géographique la plus actuelle,
Je vous souhaite un festival heureux, studieux et fructueux.

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