Les réseaux de l'économie souterraine : des régions périphériques de l'Italie aux vitrines des métropoles mondiales

Pascale Froment

Géographe, IUFM d'Aix - Marseille

Résumé

Entre les hautes lieux mondiaux de la mode et les territoires productifs des périphéries de l'Europe, italiennes notamment, sont tissés des réseaux d'autant plus difficiles à débusquer qu'ils sont rendus invisibles et inavouables par leur caractère partiellement souterrain.

Dans le contexte d'une économie mondialisée, fortement concurrentielle, le secteur européen de la mode a connu de profondes modifications qui ont touché de plein fouet les territoires traditionnels de fabrication. Les entreprises doivent relever un double défi : s'imposer à de prestigieux commanditaires par une transparence accrue, et pour rester compétitives, déléguer les risques de l'illégalité à des sous-traitants en situation précaire qui puisent dans leur territoire d'implantation les ressources nécessaires à leur maintien.

La consolidation de filières, fortement ramifiées, depuis les firmes multinationales jusqu'aux petits ateliers de sous-traitance, révèle un système vertical d'entreprises captives et de plus en plus « informelles » lorsqu'on atteint les échelons inférieurs de la pyramide, ainsi qu'une géographie de la production à la fois plus sélective et brouillée.

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