Les réseaux de l´immigratioin étrangère en Esagne :
des bouleversements récents

Vicente Gozálvez Pérez et son équipe

Université d’Alicante (Espagne) Département de Géographie humaine*

Résumé Article complet

Le texte qui suit a deux grands parties, qui correspondent aux aspects basiques de l'immigration étrangère en Espagne: 1) Evolution récente des flux et caractéristiques des immigrants. 2) Intégration sociale des immigrés. Comme il est évident, celle-ci est une vision de l'immigration partielle, seulement depuis les intérêts immédiats du pays récepteur. Toutefois, le problème migratoire international est beaucoup plus large, car celui-ci, par définition a deux points extrêmes dans l'espace, c'est à dire le lieu d'origine et le lieu de destination du migrant, et il faut que l'on tienne compte des deux dans nos analyses, dans nos propositions et dans les politiques sur la migration internationale. C'est à dire, il ne suffit pas de connaître l'immigration seul à l'intérieur de nos frontières, car pour les migrants les facteurs qui les expulsent de leurs lieux d'origine sont beaucoup plus déterminants pour leur expatriation, qui presque toujours sont les différences économiques existantes et perçues par le migrant entre le lieu d'origine et celui de destination, sans oublier les pressions démographiques ou l'accroissement de la population résidente dans leurs villes, qui sont des plates-formes privilégiées pour l'émigration internationale. C'est ainsi que les propositions et les politiques d'immigration des pays les plus développés doivent mettre l'accent, non seulement sur la régulation nécessaire de l'immigration selon les intérêts et possibilités des pays récepteurs, mais aussi sur ce qui est à la longue beaucoup plus important et en définitive constitue un remède aux migrations non désirées, le développement économique, social et politique des pays d'émigration.

1. Une augmentation exponentielle d'immigrants

Le Registre Municipal d'Habitants (Padrón Municipal de Habitantes) du 1-01-2005 comptabilise 3.691.547 étrangers résidents en Espagne, chiffre qui représente 8,4% du total de la population enregistrée (43.975.375 habitants), ce qui fait que l'Espagne se situe parmi les pays européens avec la plus grande présence absolue et relative d'étrangers.

Ces chiffres d'immigrants prennent un relief spécial, si nous tenons compte du fait que l'Espagne a été séculairement un pays d'émigration, et qui a inauguré son étape d'immigration extraeuropéenne de façon inespérée il y a un peu plus d'une décennie (tableau 1), précisément quand le pays souffrait de graves difficultés dans ses taux de chômage : 18,4 % en 1992, 24,2 % en 1994, 14,1% en 2001, 10,4% en 2004. C'est ainsi qu'en 1991 les étrangers en Espagne n'étaient que 361.000 -353.367 selon le Recensement de population de 1991-, alors qu'en 2001 le Recensement de population comptait déjà 1.572.000 étrangers ; durant cette décennie, les immigrants de pays peu développés passent de 45% du total, à 65%. Comme il est indiqué sur le tableau 1, durant les dernières années les immigrants qui arrivent en Espagne pour des motifs de travail- Africains, Latinoaméricains, Européens de L'Est et Asiatiques- ont continué avec des accroissements exponentiels, spécialement ceux qui procèdent de pays d'Europe de l'Est.

Actuellement les résidents étrangers en Espagne se divisent en 5 groupes: 1) ceux qui ont la nationalité de pays les plus développés, c'est à dire de l'Europe occidentale, les USA, le Canada, le Japon et l'Océanie ; le 1-01-2005 ils sont 776.324 ou 21,0% du total. 2) les Européens de l'Est qui représentent 595.533 ou 16,1% du total. 3) les Africains 705.944 ou 19,1 %. 4) les Latinoaméricains, 1.431.770 ou 38,8%, et 5) les Asiatiques 181.274 ou 4,9%. Les 4 derniers groupes ont comme dénominateurs communs la recherche d'emploi en Espagne et un accès au pays généralement de façon irrégulière. Ces collectivités qui arrivent pour motifs de travail représentaient 2.036.479 en 2003 et 2.914.521 en 2005, avec des accroissements aux alentours de 17% annuels chez les extra-Européens et de 33% annuels chez les Européens de l'Est. Ces accroissements relatifs sont similaires, aussi bien si l'on utilise les chiffres absolus du Registre Municipal d'Habitants- qui inclut les immigrants régularisés et la plupart de ceux qui se trouvent en situation irrégulière- que si l'on se penche sur les chiffres du Ministère de l'Intérieur, qui inclut seulement ceux qui ont un permis de résidence en vigueur (tableau 2). Au début de 2005 les pays qui dépassent les 100.000 immigrants enregistrés en Espagne sont : le Maroc avec 505.373, l'Equateur 491.797, la Roumanie 314.349, la Colombie 268.931 et l'Argentine 151.878.

D'autre part, les étrangers provenant de pays plus développés, ont aussi augmenté à un rythme très intense, depuis 627.689 en 2003 à 777.026 en 2005, c'est à dire 11,3% annuels. Leurs collectivités les plus remarquables sont les 224.841 résidents du Royaume Uni et 131.887 d'Allemagne.

L'accroissement accéléré absolu et relatif d'immigrants non communautaires que supporte l'Espagne, s'appuie fondamentalement sur les régularisations extraordinaires de ceux qui se trouvent dans le pays en situation irrégulière: ainsi, les cinq régularisations qui ont été réalisées en Espagne en 1985, 1991, 1996, 2000 et 2001 ont été sollicitées par 797.779 immigrants, alors que celle réalisée entre le 7 février et le 7 mai 2005 a été sollicitée par 691.656 travailleurs étrangers, auxquels on devra ajouter les membres de la famille de ces travailleurs. Les accroissements indiqués d'immigrants dans un pays qui n'avait jamais reçu de volumes signifiants d'étrangers, avec leurs fréquentes concentrations dans des habitats marginaux, aussi bien dans un milieu urbain que rural, leurs instabilités d'emploi, leur entrée en Espagne souvent irrégulière, entre autres causes, contribuent à alimenter une certaine inquiétude dans la société espagnole, face à cette immigration et son intégration problématique. Les perceptions sociales négatives des Espagnols envers les immigrants sont corroborées dans les nombreuses enquêtes faites aux Espagnols et aussi aux immigrants mêmes (Díez Nicolás, J., 2002; Gozálvez, 1998; Gozálvez (Dir.), 1995).

1.1. Les statistiques officielles sur les étrangers

Les difficultés sont bien connues pour élaborer des statistiques sur les migrations internationales (définitions, contrôle de flux, etc.). Comme statistiques produites en Espagne, dans le tableau 1 on recueille des chiffres absolus d'immigrants résidents en Espagne selon trois sources :

a) Ministère de l'Intérieur, qui indiquent «étrangers avec carte ou autorisation de résidence en vigueur » le 31 décembre de chaque année, c'est à dire les étrangers légalement établis dans le pays et contrôlés par ce Ministère.

b) Les chiffres du dernier Recensement de Population d'Espagne, référés le 1er novembre 2001, élaboré par l'INE (INSEE espagnol). Les chiffres du recensement ont un caractère exclusivement statistique, car les chiffres officiels de population de l'Espagne sont celles du Registre Municipal d'Habitants référés le 1er janvier de chaque année (depuis 1998). Toutefois, l'INE considère les chiffres de population du recensement comme ceux qui ont « des conditions de meilleure approche possible à la population résidente en Espagne au moment où elles sont référées» (INE, 2002, p.7), c'est pourquoi ce sont ceux que l'INE utilise pour ses différentes élaborations statistiques.

c) Registre Municipal d'Habitants, qui est publié chaque annuelement avec un caractère officiel depuis le 1er janvier 1998; son élaboration et mise à jour correspond aux mairies, bien qu'ils comptent sur la coordination de l'INE, qui à son tour a utilisé les fichiers du Registre pour réaliser le Recensement de population de 2001. Les chiffres d'habitants du Registre Municipal ont des fonctions aussi déterminantes que celles d'établir le nombre de conseillers municipaux de chaque mairie et surtout de fixer la participation des mairies dans les impôts obtenus par l'Etat, ce qui peut provoquer des discordances entre les chiffres d'habitants offerts par les mairies et ceux offerts par l'INE, car les premiers, pour des raisons évidentes de leur intérêt, peuvent offrir des chiffres plus élevés, situation qui a été aussi détectée dans d'autres pays européens (Godenau, D. et Arteaga, S., 2004; Gozálvez Pérez, V., 2004; Hernández Borge, J., 2004; Eggerickx, Th., 2003; Eggerickx, Th. et Bégeot, F., 1993). En fait, dans le Recensement de Population de 2001 (le 1-11), ses chiffres de population pour les différentes Communautés Autonomiques d'Espagne sont entre 1% et 8% plus bas que les chiffres du Registre Municipal d'Habitants le 1-01-2002; les différences en faveur du Registre sont plus élevées où l'on enregistre une plus grande présence d'étrangers.

Les différences dans le nombre d'étrangers résidents que montrent les statistiques du Ministère de l'Intérieur et celles du Registre Municipal d'Habitants, toutes les deux publiées annuellement et pour le même moment (31-12 et 1-01, respectivement), ont été interprétées par l'actuel Ministre du Travail et Affaires Sociales comme étant représentatives des étrangers qui résident irrégulièrement en Espagne (El País, 7, 8, 10, 11 mai 2005). Avec ce raisonnement, le 1er janvier 2005 il y avait 3.691.547 étrangers selon le Registre Municipal d'Habitants et 1.977.291 selon le Ministère de l'Intérieur (tableau 2). Ceci laisse supposer qu'il y avait 1.714.256 étrangers en situation irrégulière, soit 87% du total. Du chiffre du total des irreguliers, 1.388.538 ont âge actif -16 à 64 ans-. A ces derniers, on leur appliquerait un taux d'activité de 73,9%, qui est celui qu'offrait le Recensement de Population de 2001, ce qui fait qu'il resterait un total de 1.026.130 travailleurs étrangers en situation irrégulière le 1-01-2005. En fait, entre le 7 février et le 17 mai 2005, le Ministère du Travail et des Affaires Sociales a réalisé en Espagne une régularisation extraordinaire de travailleurs étrangers, qui fut sollicitée par 691.656 –le gouvernement avait prévu 800.000 demandes-, et par conséquent, il serait resté 334.473 travailleurs au marge du processus régularisateur; pour ceux-là, le 8-08-2005 s'était ouvert une nouvelle régularisation pour des raisons d'«enracinement social» du travailleur étranger, déjà prévue dans l'article 45.2.b du Règlement de la Loi Organique 4/2000 du 11 janvier sur l'immigration étrangère (Direction Générale de l'Immigration).

D'autre part, les différences entre les chiffres d'étrangers du Registre Municipal d'Habitants et celles du Ministère de l'Intérieur, distribués entre les grands groupes d'origine, peuvent aussi garantir cette situation d'immigrants irréguliers. Ainsi, alors que pour le total d'étrangers les différences en faveur du Registre sont de 87% le ler janvier 2005 (tableau 2), ces différences se réduisent à 30% parmi les Asiatiques et à 41% parmi les Africains, collectivités sans aucun doute plus contrôlées par le Ministère de l'Intérieur. Par contre, les différences en faveur des chiffres du Registre s'élèvent à 187% parmi les Européens de l'Est et à 120% parmi les Latinoaméricains. De plus, ces différentes accumulations d'immigrants que montre le Registre Municipal envers les chiffres du Ministère parmi les quatre groupes d'origine, correspondent, en effet, aux chiffres de demandeurs de la régularisation extraordinaire effectuée entre le 7 janvier et le 7 mai 2005: 47,2% étaient des demandeurs de pays d'Amérique Latine, 27,3% étaient de l'Europe de l'Est, 19,8% de l'Afrique et seul 5,6% de l'Asie.

1.2. Déséquilibre territorial accusé des immigrants

La distribution territoriale des immigrants en Espagne est très inégale. Si la moyenne des étrangers pour l'ensemble du pays est de 8,4% du total de la population enregistrée le 1-01-2005, dans 16 provinces (d'un total de 50) on dépasse cette proportion, avec des chiffres maximums à Alicante 18,5%, Baléares 15,8%, Almeria 15,2 % et Gérone 15,1%. Les plus grandes présences d'étrangers parcourent tout le littoral méditerranéen, les archipels -Baléares et Canaries-, Madrid et la tête de la vallée de l'Ebre, la Navarre et La Rioja, c'est à dire les zones où le dynamisme économique est supérieur (Fig. 1, 2, 3). De plus, sur ces territoires la concentration d'étrangers est beaucoup plus grande que la concentration de population espagnole: les 16 provinces qui ont une proportion d'étrangers plus haute que la moyenne nationale, représentent 22.608.811 habitants ou 51,4% du total de l'Espagne, alors que ses étrangers s'élèvent à 2.856.155 soit 77,4% du total.

Des 16 provinces que nous commentons, rien qu'à Málaga, Alicante et Santa Cruz de Tenerife, sont distribués de façon égale les étrangers issus de pays européens occidentaux et le reste de nationalités. Aux Baléares, malgré son image touristique pour les Européens occidentaux, ceux-ci atteignent seulement 38% de leurs étrangers résidents, presque égalés par les Latinoaméricains. Dans les 47 provinces restantes, de même que pour l'ensemble du pays, prédominent les étrangers arrivés par besoin de travail : les Africains, Latinoaméricains et Asiatiques s'élèvent à 63% du total, qui montent à 80% si nous ajoutons les Européens de l'Est.

Les cartes des grandes collectivités d'étrangers diffèrent de façon notable en fonction de leurs origines géographiques, selon leurs habiletés de travail et linguistiques, et bien sûr, selon les possibilités d'emploi locales que les étrangers peuvent mettre à profit.

Les 740.681 Européens occidentaux (Fig. 4) ont leurs plus grandes concentrations dans les provinces littorales avec une fonction touristique accusée, où une partie importante sont des résidents retraités, mais chaque fois plus ce sont aussi des actifs qui s'occupent des besoins de leurs compatriotes. Ainsi, Alicante possèd 159.761 de ces étrangers, Málaga 90.522, Baléares 59.396, Santa Cruz de Tenerife 55.881 et Las Palmas 35.651, bien qu'il réside aussi des contingents élevés pour des raisons d'emploi à Barcelone, 67.269, et à Madrid, 51.931.

Les 595.533 Européens des pays de l'Est (Fig. 5) ont une concentration plus accusée à Madrid, avec 160.291, auxquels il faut ajouter ceux qui résident dans la Tolède voisine, chaque fois davantage « conurbanisée  démographiquement » avec la capitale, où ses 15.678 Européens de l'Est représentent la collectivité continentale la plus remarquable. Des enregistrements similaires de ces Européens sont ceux de Valence, 48.441, Alicante, 45.628, et Barcelone avec 45.026, et en troisième lieu, avec des enregistrements entre 15.000 et 30.000 se trouvent d'autres provinces littorales de la Méditerranée comme Castellon, Almeria, Tarragone, Málaga, Murcie, Gérone et aussi Saragosse. Les Européens de l'est se consacrent à des activités professionnelles dans des secteurs économiques variés, c'est à dire l'industrie, la construction, l'agriculture, etc. Parmi ceux-ci il faut souligner 314.349 Roumains, 91.339 Bulgares, 65.942 Ukrainiens, 35.962 Polonais et 35.942 Russes. Toutefois, la presse informe avec une certaine fréquence de plusieurs activités délictuelles organisées par des mafias dirigées par des Européens de l'Est.

Les enquêtes réalisées aux Espagnols sur le degré d'acceptation et d'intégration des immigrants étrangers, désignent les Africains comme étant la collectivité la plus rejetée et difficile d'intégrer (Gozálvez, 1998). Pour cela, il en résulte du plus grand intérêt la carte de distribution provinciale des 705.944 Africains (Fig. 6), bien que leur habitat sois généralement plus intense dans les centres historiques dégradés des villes, ainsi que dans beaucoup de communes d'agriculture intensive, où il s'est déjà produit plusieurs affrontements xénophobes avec violence. Barcelone, avec 136.534 Africains et Madrid avec 97.815, ont les plus grandes concentrations, alors que l'agriculture intensive du littoral méditerranéen et de la Vallée de l'Ebre se partagent le reste de contingents importants d'Africains. Murcie et Almeria concentrent, respectivement 51.492 et 37.140 Africains, qui constituent les deux enregistrements les plus remarquables, et de plus très concentrés professionnellement et territorialement sur l'agriculture intensive, surtout celle réalisée sous serre.

Les 181.274 immigrants Asiatiques (Fig. 7), si liés à la restauration et le commerce, ont en conséquence une préférence accusée pour les grandes villes, surtout à Barcelone où résident 34% du total, et 23% à Madrid. Il faut aussi souligner Valence (10.000), Las Palmas (7.500), Alicante (7.000), Málaga (7.000), Baléares (5.000) et Santa Cruz de Tenerife (5.000), c'est à dire dans les provinces aux fonctions touristiques remarquables, qui sont très propices pour leurs deux activités économiques principales.

Finalement, la collectivité continentale la plus nombreuse est celle des Latinoaméricains avec 1.431.770 immigrants (Fig. 8). Leurs plus grandes concentrations absolues résident à Madrid, avec 406.000 et à Barcelone avec 250.000. Comme les Asiatiques, ils ont aussi une forte préférence pour les grandes villes (Valence, Saragosse), les aires avec plus de tourisme comme Alicante (73.000), Baléares (53.000), Las Palmas (40.000) ou Málaga (40.000). Toutefois, les grands contingents d'immigrants qui sont arrivés récemment de certains pays andins (492.000 Equatoriens, 269.000 colombiens) se sont concentrés dans les provinces à l'agriculture horticole intensive, comme Murcie (76.000 Latinoaméricains), Gérone, Tarragone, Almeria ou Navarre.

Dans leur ensemble, les 2.914.521 immigrants Africains, Asiatiques, Latinoaméricains et Européens de l'Est enregistres en Espagne en 2005 ont une concentration accusée à Madrid (24,2%) et à Barcelone (17,0%), suivies de loin par Valence (5,6%), Alicante (5,4%) et Murcie (5,0%). De plus, les 691.656 travailleurs étrangers en situation irrégulière qui ont sollicité la régularisation entre le 7 février et le 7 mai 2005, ont une distribution territoriale assez en accord avec celle des immigrants travailleurs enregistrés. Ainsi, les demandeurs de Madrid sont 24,8% du total et ceux de Barcelone 14,7%, alors que les aires de deuxième importance absolue sont Valence avec 7,0%, Alicante 6,3% et Murcie 6,3%. En général, Madrid et surtout l'ensemble intégré par l'aire continue des trois provinces de la Communauté Valencienne, Murcie et Almeria sont l'espace aux plus importantes demandes de régularisation de travailleurs- plus grande proportion d'irréguliers?-; dans ces 5 provinces résident 20,7% des immigrants par motifs de travail (602.000), mais leurs travailleurs qui ont sollicité la régularisation s'élèvent à 26,3% du total.

1.3. La structure par âge et sexe des immigrants

La structure par âge des étrangers résidents en Espagne est duale pour des raisons évidentes de motifs d'immigration (tableau 3). Ceux qui proviennent de pays développés ont un vieillissement accusé, même supérieur à celui de la population espagnole (16,7% en 2005), car ce sont 17,2% ceux qui ont 65 ans et plus, bien que cette proportion est très supérieure parmi les citoyens des pays les plus développés d'Europe : ainsi ceux de Suisse sont retraités 33%, les Scandinaves oscillent entre 29% et 30%, 21% les Britanniques ou 22% les Allemands ; alors que les Portugais, Grecs et Italiens à peine dépassent 6% dans le groupe de plus de 65 ans. En revanche, les 2,9 millions d'immigrants qui sont arrivés plus récemment, et toujours pour cause de trabail, ont des proportions de vieux seulement si l'on en juge par témoignage: pour l'ensemble des quatre groupes d'immigrants qui cherchent travail- Européens de l'Est, Africains, Sudaméricains et Asiatiques- seul les 1,5% dépassent les 65 ans d'âge, avec des proportions presque identiques dans les différents groupes, bien que la proportion minimale, 0,6%, soit celle des Européens de l'Est, les plus récents parmi les immigrants pour cause de travail. Les immigrants qui proviennent des 10 pays récemment incorporés à l'Union Européenne, ont une structure identique à celle de l'ensemble des pays de l'Europe de l'Est.

Les étrangers âgés de moins de 15 ans ont des groupes relativement bien alimentés, malgré le caractère très récent de cette immigration par cause de travail et sa proportion élevée de célibat. Pour l'ensemble de ces quatre groupes d'immigrants professionnels, les enfants de moins de 15 ans s'élèvent à 15,0% de leur total (14,1% pour l'ensemble de l'Espagne), avec des différences minimales entre les groupes géographiques, entre les 12,2% des européens de l'Est 16,3% entre les Africains ; ces différences sans aucun doute sont liées à la fécondité hétérogène des groupes continentaux et aussi à l'ancienneté de l'immigration en Espagne qui permet d'augmenter le réagroupement familial. Les immigrants de pays développés, selon leur vieillissement supérieur, réduisent leur proportion d'enfants de 15 ans à seulement 10,1%. Dans leur ensemble, les enfants étrangers en âge scolaire obligatoire (âgés de moins de 15 ans) se sont multipliés par 2,2 en trois ans, passant de 231.560 recensés en 2001, à 516.322 en 2005.

Ainsi donc, les 4 groupes géographiques d'immigrants par motifs de travail ont tous une structure par âges très similaire, dans laquelle il faut souligner que la proportion de vieux est quasi inexistante, et une proportion des immigrants en âge de travailler logiquement très marquée- 15 à 64 ans d'âge- qui oscille entre 82,3% chez les Latinoaméricains et 87,2% chez les Européens de l'Est -Espagne 69,2%-, bien que 72,7% du total des étrangers appartenant aux pays les plus développés se situent aussi dans le groupe d'âge actif.

La distribution par sexes entre les immigrants se rapproche de l'équilibre entre les Européens, aussi bien entre ceux de pays de l'Est, 47,2% de femmes, qu'entre les Européens occidentaux avec 48,0%. Les proportions sont déséquilibrées pour le reste de groupes continentaux: ainsi la proportion de femmes parmi les immigrants Latinoaméricains est anormalement élevée, avec 54% du total, bien que les volumineux contingents arrivés durant les dernières années ont même fait baisser cette proportion de 11,5 points, depuis 65,5% qu'elle avait en 1998. Les immigrants Asiatiques et surtout les Africains sont en situation opposée, car leur proportion de femmes est de seulement 38% et 31,7%, respectivement, c'est à dire la féminisation par réagroupement familial, qui généralement est une caractéristique d'une immigration consolidée, est encore très basse en Espagne, comme on peut attendre de l'abondante immigration de travailleurs irrégulière arrivée durant les dernières années.

L'immigration africaine en Espagne est celle qui pour des raisons géographiques, économiques, démographiques et politiques, paraît avoir les plus grandes possibilités d'augmenter dans le futur. Aux causes antérieures, il faut y ajouter sa faible féminisation; c'est à dire que cette immigration aura besoin de beaucoup augmenter en raison du réagroupement familial, encore très bas comme l'indiquent les enquêtes et aussi dû au désir majoritaire des immigrants qui résident déjà en Espagne, de faire venir leurs proches parents et de rester définitivement en Espagne, aussi bien eux que, et surtout, leurs enfants. Concrètement, les femmes Marocaines représentent un tiers du total de cette colonie, 505.373 immigrants, alors que les proportions féminines descendent généralement aux alentours de 20% parmi les immigrants Subsahariens, pareil que parmi les Algériens. La féminisation descend à des chiffres minimum dans les provinces espagnoles où prédomine l'emploi agricole (Almeria, Murcie), car ici les femmes Marocaines sont le quart du total de cette nationalité.

Parmi les Asiatiques, la féminisation n'est pas aussi homogène comme parmi les Africains, car, face à 38% de moyenne pour l'ensemble de cette collectivité, la proportion de femmes monte à 58% parmi les immigrants Philippins et à 45% parmi les Chinois, mais se réduit à seulement 6,5% parmi les Pakistanais ou à 32% parmi les Hindous.

La féminisation parmi les immigrants Latinoaméricains offre aussi une notable homogénéité parmi ses grandes colonies, avec des proportions presque toujours supérieures à la moitié des immigrants: 51% chez les Equatoriens, 57% chez les Colombiens, 56% chez les Boliviens, 54% chez les Péruviens, 49% chez les Argentins, alors que la plus grande féminisation est celle de l'ensemble de l'Amérique Centrale, avec 59% du total.

1.4. L'activité et l'occupation des étrangers

Le Recensement de population de l'Espagne en 2001 offre une large information sur l'activité et l'occupation de la population étrangère. La préoccupation pour connaître la vie professionnelle des étrangers que montre le Recensement est en accord avec le caractère basique que cette variable a dans le fondement des politiques d'immigration de l'Espagne et aussi pour celles d'intégration des immigrants.

Conformément à ce que l'on attend de l'immigration professionnelle que reçoit l'Espagne, les taux d'activité des étrangers extracommunautaires sont beaucoup plus élevés que ceux des Espagnols, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. L'ensemble des Espagnols recensés ont des taux d'activité de 55,6% (sur une population de 16 ans ou plus), alors que les étrangers atteignent 70,0%, qui monte à 76,1% chez les Africains (parmi les Subsahariens, le taux arrive à 83,0%), à 77,4% chez les Asiatiques et à 78,3% chez les Latinoaméricains (72,5% parmi les Centraméricains). Toutefois, les taux d'activité des étrangers semblent survalorisés par rapport à celle des Espagnols, dû à la faible population de 65 ans et plus parmi les étrangers non communautaires, 2,2% face à 17,5% parmi les Espagnols. Parmi les hommes, les taux d'activité des étrangers atteignent 80,4%, face à 68,2% des Espagnols, alors que les taux féminins sont de 58,7% et 43,7%, respectivement. Les taux de chômage des étrangers sont aussi plus élevés que ceux des Espagnols, car ils ont à faire face à plusieurs aspects négatifs pour leur vie professionnelle ; les différences, cependant, sont plus basses que dans les taux d'activité. Ainsi, le chômage parmi les Espagnols affecte 11,1% des hommes actifs et 18,7% des femmes, alors que chez les étrangers ces taux sont de 16,1% et 19,2% respectivement. Bien que les Européens occidentaux qui résident en Espagne sont considérés comme retraités, leurs taux d'activité atteignent 50%, et dépassent même ceux des Espagnols chez les résidents de pays méditerranéens. Les Européens de pays de l'Est ont généralement des taux d'activité aux alentours de 78% , et arrivent même à 85% parmi les Roumains, qui représentent presque la moitié de cette grande collectivité.

Les 763.324 étrangers occupés selon l'auto-déclaration au Recensement de Population, sont distribués ainsi: 11,4% dans le secteur primaire, surtout parmi les Africains avec 24,5% –6,3% dans l'ensemble de l'Espagne -, 29,4% dans le secondaire –30,1% dans le total de l'Espagne-, dont plus de la moitié –17,2%- travaille dans la construction, qui est aussi activité très fréquente chez les Africains (24%)–11,7% dans le total de l'Espagne -, et 59,2% dans le secteur tertiaire –63,6% dans le total de l'Espagne – où les étrangers sont plus abondants dans l'hôtellerie, 12,8% -6,2 dans le total de l'Espagne – et dans les activités dans les foyers, 12,7% -2,3% dans le total de l'Espagne-. Bien que nous ne descendons pas au détail occupationnel, il faut souligner la faible qualification des emplois qui occupent les étrangers non communautaires qui travaillent en Espagne : agriculture, construction, hôtellerie et foyer sont leurs occupations les plus fréquentes, car celles-ci représentent 54,2% de tous leurs emplois. Plus de la moitié des travailleurs recensés en 2001 sont éventuels ou temporaires et seul 36,5% ont un emploi à caractère fixe ou indéfini, avec la pire situation professionnelle parmi les Africains, dont les travailleurs temporaires constituent 64% et les fixes 27%.

L'emploi des immigrants en situation irrégulière a une distribution sectorielle semblable à celle qu'ont les étrangers recensés en 2001, bien que diminue la “qualité” économique de l'emploi, surtout dû au fort impact du travail dans les foyers. En effet, les 691.656 travailleurs étrangers en situation irrégulière qui ont sollicité la régularisation en 2005- dont 41,1% sont des femmes-, ont la distribution sectorielle suivante: agriculture, sylviculture et pêche 15,0% (104.030), construction 20,7% (142.926), hôtellerie 10,3% (71.381) et foyer 31,8% (219.863); ces 4 secteurs qui dans le Recensement de population s'élèvent à 54,2% des immigrants occupés, parmi les travailleurs en situation irrégulière représentent 77,8%. Dans le reste des secteurs, plus qualifiés, les travailleurs irréguliers réduisent déjà logiquement leur participation: industrie 4,6% (31.981), commerce 6,7% (46.648) et autres 10,9% (74.827).

Les heures habituellement travaillées durant la semaine, qui est une nouveauté comme information de recensement en 2001, offrent aussi des différences entre les étrangers et le total des recensés, qui résultent professionnellement négatives pour les premiers. Ainsi travaillent jusqu'à 30 heures hebdomadaires 14,4% des étrangers, face à 11,0% du total des recensés; en revanche, travaillent 46 heures ou plus 15,4% des étrangers et 11,9% du total des recensés. C'est à dire, les étrangers atteignent de plus grandes proportions avec des horaires excessifs, et ont aussi des plus grandes proportions avec des horaires insuffisants pour atteindre des salaires satisfaisants, surtout si nous tenons compte de leurs fréquents emplois non spécialisés, ou la haute proportion qui doivent payer des loyers pour leur logement -58% des étrangers, 9% des Espagnols-, relativement élevés.

De l'information professionnelle des étrangers que nous avons signalée, ainsi que d'autres informations signifiantes, on en déduit l'importance des carences dont souffrent les immigrants, qui sans aucun doute influent négativement sur leurs possibilités d'intégration dans la société espagnole, tel que le manifestent explicitement les immigrants- et aussi les Espagnols- quand ils sont interrogés sur ces points (Gozálvez, V., 2003b). Les Africains sont ceux qui souffrent des pires carences dans leurs logements, presque le quart vivent dans des bâtiments déficients, insalubres ou en ruine (20% les Asiatiques, 14% les Latinoaméricains).

1.5. Disparités dans le niveau d'études

Dans le Recensement de population de 2001, l'INE (INSEE espagnol)a élaboré un intéressant tableau comparatif du niveau d'études par âge (à partir de 16 ans) et par nationalité (celle-ci seul à l'échelle continentale). C'est ainsi que sont analphabètes 2,51% des espagnols, parmi les étrangers seul les Africains offrent une situation déplorable, avec 11,2% d'analphabètes, alors que le reste de nationalités continentales ont des taux beaucoup plus bas que ceux des Espagnols : 1,01% les Latinoaméricains, 1,18% les Communautaires et 1,31% ceux du reste de l'Europe. Toutefois, ces différences restent en partie réduites par la différente structure par âges d'Espagnols et d'étrangers, car les analphabètes se concentrent dans les âges supérieurs à 65 ans (17,5% chez les Espagnols, 2,2% chez les étrangers non communautaires). En revanche, cette structure par âges aggrave la haute proportion d'analphabètes Africains, car dans cette collectivité il s'agit de jeunes adultes. Ceux qui ont atteint une formation de second degré offrent les mêmes règles : 47,8% les Espagnols, 33,6% les Africains, alors que le reste d'étrangers déclarent être assez plus instruits que les Espagnols, surtout les Latinoaméricains qui atteignent 61% à ce niveau. La même chose arrive avec ceux qui possèdent une licence universitaire: 6,3% des Espagnols, 2,1% les Africains et 13,1% parmi les Européens non communautaires, qui sont ceux qui atteignent le taux le plus élevé. Ces niveaux d'études chez les immigrants il se peut qu'ils aient empiré durant les dernières années, si nous comptabilisons les grandes collectivités qui ont sollicité la régularisation extraordinaire en 2005: 140.020 Equatoriens, 118.546 Roumains, 86.806 Marocains, 56.760 Colombiens, 47.325 Boliviens ou 25.598 Bulgares.

2. L'intégration des femmes immigrées

L'intégration des immigrants qui résident déjà en Espagne constitue avec la régulation des flux d'immigration, l'objectif prioritaire de la politique d'immigration extracommunautaire de l'Espagne, et il en est ainsi explicite dans la «Loi Organique 4/2000, du 11 janvier sur les droits et libertés des étrangers en Espagne et leur intégration sociale». L'importance de cette intégration dérive de multiples causes, comme le sont la croissance exponentielle des immigrants dans le pays, leur volonté ferme de séjour indéfini en Espagne pour la plupart d'entre eux, les situations de rejet, et même de violence xénophobe, dont quelquefois souffrent en Espagne les immigrants extracommunautaires, particulièrement les Africains, leurs difficultés sur le marché du travail espagnol, ou les situations irrégulières pour de grands contingents d'immigrants- malgré les régularisations extraordinaires répétées-.

Les diverses sources statistiques sur les immigrants qui résident en Espagne fournissent des indicateurs de base sur ces collectivités, mais c'est le dernier Recensement de population de 2001 celui qui a l'information la plus complète. Toutefois, les réponses à de nombreuses questions basiques sur l'intégration des étrangers continuent à rendre nécessaires les enquêtes aux immigrés, et aussi aux Espagnols quant à leur opinion sur les collectivités étrangères. Les politiques d'immigration ou les possibilités et problèmes d'intégration des immigrants exigent d'approfondir avec des enquêtes sur des aspects complexes et d'importance maximale, comme sont, entre autres, les projets migratoires des immigrants et même de leurs enfants, ou dans quelle situation sont perçus beaucoup des indicateurs de leur intégration dans la société espagnole (connaissance de la langue, travail, logement, relation avec les autochtones, etc.)

Le terme “intégration” est surtout associé aux immigrants qui procèdent de pays en voie de développement. C'est un concept difficile de mesurer, bien qu'en général on accepte que l'intégration représente l'égalité des droits et devoirs entre les étrangers et les nationaux. Entre d'autres facteurs qui rendent complexe la mesure de l'intégration, les spécialistes insistent sur le fait que celle-ci nécessite un processus temporel long de l'immigrant dans le pays d'accueil (Dewitte, Ph., dir., 1999).

En Espagne les immigrants étrangers les plus représentés sont les Sudaméricains, 1.431.770 en 2005, les Africains avec 705.944 et Européens de l'Est avec 595.533. Comme il a été explicité sur le Tableau 1, tous ceux-là ont une faible ancienneté en Espagne comme contingents remarquables, et depuis 1991 jusqu'à 2005 ils ont maintenu des taux de croissance annuelle aux alentours de 16% -le double parmi les Européens de l'Est -, alors que la situation de l'emploi du pays indiquaient de hauts taux de chômage. D'autre part, les diverses enquêtes réalisées aux Espagnols sur leur opinion sur les immigrants étrangers qui résident en Espagne, montrent un degré d'acceptation beaucoup plus bas pour les Africains, spécialement les Nord-Africains. De plus, très récemment se multiplient les plaintes dans la presse sur l'augmentation en Espagne de groupes de délinquants étrangers professionnalisés (El País, 7-09-2005). Ainsi donc, les divers indicateurs d'intégration des immigrants subissent des agents conditionnants négatifs et par conséquent ils semblent être loin d'une situation satisfaisante. Il résulte, par conséquent, de spéciale nécessité de valoriser les indicateurs de discrimination des Espagnols contre l'intégration des immigrants.

Ci-dessous on offre les résultats d'une enquête réalisée en 2003-2004 à des femmes immigrées Africaines (304 enquêtes) et Latinoaméricaines (330) qui résident dans les 8 provinces littorales entre Gérone et Almeria. Au total, dans cette aire littorale vivent la moitié (110.858) des femmes Africaines enregistrées en Espagne en 2005, et 37% (288.101) des Latinoaméricaines. Les enquêtes ont été réalisées par les professeurs du Département de Géographie humaine de l'Université d'Alicante, qui figurent comme étant les auteurs de ce texte.

On a choisi des réponses de divers alinéas de l'enquête qui ont un dénominateur commun, la perception qu'ont ces immigrées sur leur intégration socio-professionnelle qui, comme on a dit, est l'un des principales objectifs de la politique actuelle d'immigration de l'Espagne, et aussi du reste des pays européens occidentaux. D'autre part, l'immigration de femmes, surtout comme immigration familiale, représente une part très signifiante pour l'intégration des immigrants, car elles contribuent de façon remarquable à la stabilité des immigrants en Espagne, à la croissance de ces colonies, etc. L'évolution récente des naissances de mère étrangère enregistrées en Espagne soulignent une fois encore le caractère très récent de cette immigration: en 1996 les naissances de mère étrangère étaient 11.832 et représentaient 3,3% du total de naissances existantes en Espagne, alors qu'en 2004 ce sont 62.150 ou 13,7% du total, bien que dans 5 communautés autonomiques ces naissances s'élèvent jusqu'à 20% du total, en plus de celles de Ceuta et Melilla (Tableau 4, 5, 6). En 2004, les naissances de mères Latinoaméricaines s'élèvent à 27.000 et 16.600 celles des Africaines. Il faut souligner celles de mères Marocaines (13.000) et Equatoriennes (11.000), qui correspondent aux colonies d'immigrées les plus volumineuses; toutefois, les accroissements relatifs de naissances sont plus posés chez les mères Marocaines dû à leur plus grande ancienneté en Espagne.

Le texte qui suit ne fait pas référence à l'ancienneté de l'immigrée en Espagne, aspect basique dans son intégration, ni à d'autres différences individuelles – niveau d'instruction, âge de l'immigrante à son arrivée en Espagne, …- également déterminants. On ne tient compte que des réponses des deux collectivités étudiées, africaines et latinoaméricaines, que d'autres enquêtes, aussi bien à des Espagnoles qu'aux immigrés, qualifient comme les immigrants qui ont respectivement les plus grandes et les plus petites difficultés pour leur intégration dans la société espagnole, car tous les deux sont bien différenciés par leurs langues, cultures, religions ou races, entre autres.

2.1. Caractéristiques structurelles

Les 646 femmes qui ont répondu aux enquêtes la plupart (57%) sont jeunes d'âge compris entre 20 et 34 ans, leur situation civile est en général celle de mariée (59%), surtout les Africaines (62%) ou avec un partenaire stable, spécialement les Ibéro Américaines (22%). Le niveau d'instruction est beaucoup plus satisfaisant chez les femmes Latinoaméricaines, car celles qui possèdent un enseignement secondaire et universitaire s'élèvent à 69%, alors que seul 14% dit ne pas posséder de diplôme. Les Africaines en revanche n'ont pas de diplôme 39%, et 46% si nous nous référons seulement aux Subsahariennes. Cette dernière situation se reflètent dans les faibles habiletés des Africaines avec la langue espagnole : presque la moitié déclare ne pas savoir lire ni écrire en espagnol, de plus 32% parle peu ou pas en espagnol et 23% ne comprend pas non plus la langue du pays. Ainsi, la langue espagnole est pour le moment une authentique barrière pour l'intégration des femmes Africaines, surtout à travers le travail, l'indicateur le plus important pour leur intégration. Les hautes proportions d'Africaines illettrées contraste avec leur présence majoritaire (63%) aux cours d'espagnol, - avec quelle assiduité ?-, depuis qu'elles sont en Espagne. Dans le cadre de l'enseignement, il faut aussi souligner le désir massif manifesté par les immigrantes d'aller à des cours de formation professionnelle, 69%, avec une grande gamme de métiers, surtout des cours de cuisine parmi les Africaines (27%) et des métiers de bureau parmi les Latinoaméricaines (23%), suivis de cuisine (21%) et sanitaires (14%) pour les deux collectivités.

Les réponses à la question sur les possibles études de leurs enfants, indiquent les désirs des immigrés de dépassement de d'intégration dans la société espagnole: 58% de ces femmes – 63% dans le cas des Latinoaméricaines – croient que leurs enfants étudieront à l'Université, et 90% qu'ils le feront en Espagne -96% parmi les Magrébins-.

2.2. L'entrée en Espagne

Les relations avec les proches déjà installés en Espagne ont une influence décisive pour attirer une nouvelle immigration: ainsi l'idée de venir en Espagne (2 réponses) est partie de ces proches chez 70% des Africaines interrogées et chez 33% des Latinoaméricaines ; à cela il faut ajouter 13% qui a obtenu l'idée de venir de la part d'amis déjà immigrés en Espagne. Seul 20% doivent l'idée de venir à des proches parents et amis résidant dans le pays d'origine. Á leur tour, les femmes interrogées agiront de la même façon, car 60% d'entre elles pensent faire venir leurs proches en Espagne. Le premier déplacement en Espagne des femmes interrogées fut organisé majoritairement par elles mêmes dans le cas des Latinaméricaines (46%), alors que chez les Africaines ce fut le mari le responsable le plus fréquent (37%), car la propre initiative reste en quatrième position. Ces différences sont en fonction de l'état civil déclaré par les interrogées, et sans aucun doute selon leurs cultures respectives.

Avant d'arriver en Espagne, presque la moitié des femmes interrogées affirment avoir eu un emploi (48%), surtout les Latinoaméricaines (59%), alors que le quart était étudiantes et le reste restant chez soi (30% des Magrébines mais seul 13% des Latinoaméricaines). Le premier travail en Espagne des femmes immigrantes, de façon unanime et généralisée n'a pas été régularisé par un contrat de travail (80%). Ces premiers emplois montrent des différences dans l'acceptation de l'un ou l'autre des groupes d'immigrants: chez les Africaines, il faut souligner l'emploi dans le service domestique (29%, bien qu'à Barcelone cela monte à 48% et à 60% à Valence) et l'hôtellerie (23%), suivis par l'agriculture (16%, qui monte à 33% à Almeria); les Latinoaméricaines ont été employées aussi majoritairement dans le service domestique (30%) et l'hôtellerie (20%), mais la troisième activité a été les soins aux malades (20%).

2.3 Conditions actuelles de travail

Au moment de l'interview (2003-2004) 53% des Magrébines n'ont pas d'activité professionnelle, et seul 19% des Latinoaméricaines; les femmes qui ne travaillent pas sont à charge de leur conjoint ou de leurs parents; 75% des Magrébines, 53% des Latinoaméricaines, alors que le reste reçoit des aides diverses ou dépense leurs économies. Par conséquent, les Africaines qui ont un emploi se réduisent à 31%, alors que la situation professionnelle est beaucoup plus favorable parmi les Latinoaméricaines, étant donné que 63% ont un emploi; 15% de chaque collectivité cherche un emploi. A Barcelone, l'effet positif de la grande agglomération sur l'emploi est clair, car les femmes occupées sont 82% des Latinoaméricaines et 57% des Magrébines. Comme on l'a indiqué, la maîtrise de la langue, mais aussi l'acceptation différente de l'une et de l'autre collectivité de la part des Espagnols, a une fidèle répercussion sur l'emploi, indépendamment des différentes cultures. Dans les emplois que détiennent les femmes interrogées, on en distingue quatre: service domestique (27%), hôtellerie (23%), soin aux malades (12%) et commerce (9%), l'agriculture aussi est une activité importante chez les Magrébines (9%), surtout à Almeria et Murcie. Une proportion élevée de ces travailleuses (34%) continuent à subir le manque de contrat dans son travail, surtout parmi les Latinoaméricaines (39%), alors que les contrats temporaires (36%) dépassent beaucoup ceux à durée indéterminée : 17% parmi les Latinoaméricaines, 34% parmi les Magrébines, comme cela est en fonction du plus grand degré de contrôle des autorités sur cette dernière collectivité, tel qu'on l'a montré dans la première partie de cette recherche.

La moitié des femmes interrogées se sentent satisfaites avec leur emploi actuel, surtout les Magrébines. Celles qui manifestent du mécontentement l'attribuent majoritairement à l'inadéquation avec leur qualification professionnelle (33%), au salaire insuffisant (29%) et à l'instabilité professionnelle (15%), surtout à Barcelone (24%); de toutes façons elles font ce travail parce qu'elles n'ont pas la possibilité d'en avoir un autre (58%), ou parce qu'elles gagnent plus que dans leur pays (16%).

2.4. Problèmes professionnels et de logement

Les femmes interrogées pensent en majorité (36%) qu'à travail égal que les Espagnols, les immigrantes reçoivent un salaire similaire, bien que la discrimination salariale face aux Espagnols est aussi dénoncé dans une grande proportion (27%). Les problèmes professionnels que dénoncent les femmes interrogées sont nombreux et similaires pour toutes les origines: salaire insuffisant (21%), carence de contrat (20%), horaire excessif de travail (18%), manque de paiement de la sécurité sociale (15%), le manque de vacances (12%) et attitudes discriminatoires dû au fait d'être étrangères (5%). Malgré les problèmes indiqués, les femmes interrogées sont en majorité celles qui affirment qu'avec leur salaire elles vivent de façon satisfaisante (57%), face à celle qui vivent de façon insatisfaisante (36%), bien que la situation est toujours plus défavorable pour les Africaines.

En résumé de la situation professionnelle des immigrées, il faut souligner que deux tiers du total se sentent discriminées, car la condition de la travailleuse étrangère est pire que celle des Espagnoles, dû à ce qu'elles sont moins payées pour faire le même travail (27%), elles ont plus de difficulté à avoir un contrat de travail (19%), parce qu'elles ont moins de garanties de continuité (17%), possibilités inférieures d'amélioration professionnelles (17%) et dû à un traitement sans considération (11%). De plus, ces femmes en majorité se sentent discriminées dans l'accès au travail, car 43% pensent que tous ou la majorité des employeurs font des difficultés au moment de donner du travail aux immigrées, alors que seul 12% nient que les employeurs réalisent cette discrimination.

Un degré de rejet similaire est dénoncé quand les étrangers veulent louer des habitations à des propriétaires espagnols. La concentration d'immigrés dans les grands bâtiments commence à être importante, car 11% des femmes interrogées signalent que la plupart de leurs voisins de bâtiment sont immigrants et 27% signalent qu'il n'y a pas de prédominance claire entre immigrants et Espagnols. Toutefois, il résulte positif pour l'intégration que 62% de ces immigrées signalent que la plupart de leurs voisins de bâtiment où elles vivent sont Espagnols (77% à Barcelone), bien que cette proportion baisse à 29% à Almeria, où on a enregistré les plus grands problèmes xénophobes envers les Magrébins. On détecte aussi de la ségrégation à Gérone, aussi bien par concentration d'immigrants dans les édifices que par la fuite d'Espagnoles des édifices occupés par les immigrants, ou à cause des difficultés que les propriétaires font au moment de louer une habitation aux immigrants : 58% des propriétaires de Gérone, face à 48% en moyenne ou 39% à Barcelone.

2.5. Le séjour en Espagne

Les femmes étrangères interrogées se déclarent largement favorables aux séjours définitifs en Espagne. On en déduit déjà ce projet par les études qu'elles désirent pour leurs enfants, 91% (96% dans le cas des Magrébines) pensent que leurs enfants étudieront en Espagne. Quand on demande directement aux interrogées combien de temps elles pensent rester en Espagne, 40% des Africaines répondent que pour toujours, plus 7% resteront jusqu'à la retraite; 47% manifestent une situation incertaine : «cela dépend de l'ensemble de la famille » ou «elles ne savent pas », alors que des séjours jusqu'à un maximum de trois ans seulement est souhaité par 7% des Africaines. Les immigrantes Latinoaméricaines manifestent pour le moment de moindres désirs de rester définitivement en Espagne, et par conséquent, le retour à court terme affecte 22% des interrogées. Quant aux enfants des interrogées, les désirs de leur mère sur un séjour définitif en Espagne son plus forts que pour elles mêmes, aussi bien pour les mères Africaines (42%) que pour les Latinoaméricaines (38%), bien qu'une proportion réduite désirent que leurs enfants reviennent au pays d'origine: 10% des Africaines et 13% des Latinoaméricaines. Le séjour en Espagne des immigrées s'accentue grâce à leur désir majoritaire de regroupement familial, car 50% des femmes interrogées ont l'intention de faire venir en Espagne leurs proches, c'est à dire père et mère (33%), enfants (27%) et frères et soeurs (22%).

3. Conclusions

L'Espagne continue à être l'un des pays européens occidentaux avec des taux les plus élevés de croissance de l'immigration extracommunautaire, situation qui s'est ravivée durant ces dernières années, surtout chez les hommes, ce qui provoque du coup une baisse dans la proportion de femmes parmi les différentes colonies d'immigrants. Toutefois, l'immigration féminine de regroupement familial semble augmenter très activement, d'après ce qui découle de la forte augmentation du nombre de naissances de mère étrangère, qui en grande proportion sont le premier enfant ; parmi les indicateurs analysés, on en déduit la continuité de l'augmentation de ces naissances.

De l'analyse des enquêtes aux femmes Africaines et Latinoaméricaines, on en conclut que les immigrées Latinoaméricaines ont des possibilités d'intégration dans la société espagnole plus élevées que les femmes Africaines. Toutefois, l'ensemble de celles-ci se sentent largement discriminées car les proportions de réponses qui dénoncent de la discrimination sont fréquemment similaires chez les deux collectivités.

Le besoin de surmonter les problèmes de discrimination sont évidentes, surtout si nous tenons compte des désirs généralisés des immigrées de séjour définitif en Espagne. D'autre part, l'augmentation de l'immigration en Espagne, ne prévoit pas d'interruption, surtout depuis des pays latinoaméricains et africains, non seulement parce que persisteront les causes basiques qui provoquent ces migrations internationales (différences brutales de revenus économiques, pression démographique ou augmentation de l'urbanisation dans les pays d'origine, entres autres), mais aussi parce que les immigrants déjà installés en Espagne sont un élément décisif pour attirer de nouveaux immigrants, surtout leurs proches: c'est comme ça que cela s'est passé avec des femmes interrogées, et à leur tour elles feront la même chose avec leurs proches. Par conséquent, les politiques d'immigration et les actions qui facilitent l'intégration des immigrants dans la société espagnole, sont des défis actuels et du futur qu'il convient à tous de réactiver constamment.

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Tableau 1. Etrangers résidants en Espagne selon leur nationalité, 1985-2005

Nationalité

1985

1991

2001

Var. annuelle %

1991-2001

2001 Recenst.

2003 Registre

2005 Registre

Variation annuelle % 2003-2005

Europe occidentale

157.500

174.358

331.352

6,63

377.949

598.990

740.681

11,2

%

65,1

48,3

29,9


24,0

22,5

20,1


Etats-Unis + Canada + Japon

14.394

16.875

18.279

0,80

19.804

* 25.963

33,359

* 4,6

%

5,9

4,7

1,6


1,3

1,0

0,9


Océanie

748

775

944

1,99

1.367

2.105

2.284

4,2










Europe de l'Est

711

6.377

81.170

28,97

154.496

337.281

595.533

32,9

%

0,3

1,8

7,3


9,8

12,7

16,1


Afrique

8.529

63.054

304.149

17,04

337.388

522.682

705.944

16,2

%

3,5

17,5

27,4


21,5

19,6

19,1


Maroc

5.817

49.513

234.937

16,85

247.941

378.979

505.373

15,5

Amérique Latine

40.796

68.877

283.778

15,21

609.683

1.047.564

1.431.770

16,9

%

16,9

19,1

25,6


38,8

39,3

38,8


Asie

18.253

29.375

88.293

11,63

70.956

128.952

181.274

18,6

%

7,5

8,1

8,0


4,5

4,8

4,9


Total pays peu développés non européens

67.578

161.306

676.220

15,41

1.018.027

1.699.198

2.323.941

16,9

%

27,9

44,7

61,0


64,8

63,8

62,9


Apatrides

1.039

964

1.095

1,28

370

631

702

5,5

Total

241.971

360.655

1.109.060

11,89

1.572.013

2.664.168

3.691.547

17,7

% population de l'Espagne


0,9



3,8

6,2

8,4


* Sans le Japon
Source: Pour 1985, 1991 et 2001, Ministère de l'Intérieur. Direction générale de la Police, Mémoire (annuel). Commission Interministérielle d'Extranéité, Annuaire statistique d'Extranéité. INE, Recensement de population de l'Espagne (le 1-11-2001). INE, Registre Municipal d'Habitants (le 1-01-2003 et le 1-01-2005) (p.).


Tableau 2. Etrangers résidants en Espagne, selon le Ministère de l'Intérieur (Direction Générale de la Police) et le Registre Municipal d'Habitants (INE)

Nationalité

Ministère de l'Intérieur

31-12-2004

Registre

1-01-2005

Différence en faveur du Registre

Variation annuelle chiffres Ministère 2001-2004




nombre

%


Europe occidentale

460.328

740.681

280.353

60,9

11,6

Etats-Unis + Canada + Japon

20.764

33.359

12.595

60,6

4,3

Océanie

1.112

2.284

1.172

105,4

5,6







Europe de l'Est

207.447

595.533

388.086

187.1

36,7

Afrique

498.507

705.944

207.437

41,6

17,9

Maroc

386.958

505.373

118.415

30,6

18,1

Amérique Latine

649.122

1.431.770

782.648

120,6

31,8

Asie

138.962

181.274

42.312

30,4

16,3

Total pays peu développés non européens

1.286.591

2.318.988

1.032.397

80,2

23,9

Total

1.977.291

3.691.547

1.714.256

86,7

21,3

Note: Les chiffres du Ministère de l'intérieur sont référés le 31-12-2004, et indiquent “ Etrangers avec carte ou autorisation de résidence en vigueur le 31-12-2004». Ceux du Registre Municipal d'Habitants sont référés le 1-01-2005.


Tableau 3. Résidents étrangers selon groupes d'âge

Nationalité

Année

0-14 ans

15-64 ans

65 ans et plus

Total

Femmes



nombre

%

nombre

%

nombre

%

nombre

%

Européens de l'Est

2005

72.798

12,2

519.087

87,2

3.648

0,6

595.533

47,2












2001

20.548

13,3

132.917

86,0

1.044

1,6

154.509

46,1











Africains

2005

114.748

16,3

582.454

82,5

8.742

1,2

705.944

31,7












2001

62.419

18,5

270.671

80,2

4.298

1,3

337.388

34,4











Latinoaméricains

2005

224.931

15,7

1.179.019

82,3

27.820

1,9

1.431.770

54,0












2001

96.836

15,9

501.195

82,2

11.652

1,9

609.683

55,6











Asiatiques

2005

25.411

14,0

152.107

83,9

3.756

2,1

181.274

38,0












2001

10.686

15,1

58.366

82,2

1.904

2,7

70.956

41,9











Total immigrants par besoin de travail

2005

437.888

15,0

2.432.667

83,5

43.966

1,5

2.914.521













2001

190.489

16,2

963.149

82,2

18.898

1,6

1.172.533












Européens occidentaux + USA + Canada + Japon + Océanie

2005

78.434

10,1

564.185

72,7

133.705

17,2

776.324

48,0


2001

41.071

10,3

286.864

71,9

71.185

17,8

399.120

49,6











Espagne

2005


14,1


69,2


16,7


50,6












2001


14,5


68,5


17,0


51,0

* Sans le Japon
Source: 2001, INE, Censo de Población y Viviendas de España 2001- Recensement de population et habitations d'Espagne (le 1-11-2001). Les groupes d'âge sont 0-15, 16-64, 65 ans et plus, sauf pour le total d'Espagne, qui est de 0-14, 15-64, 65 ans et plus.
2005, INE, Padrón Municipal de Habitantes de España- Registre Municipal d´Habitants de l'Espagne (le 1-01-2005). Chiffres provisoires. Les groupes d'âge sont de 0-14, 15-64, 65 ans et plus.

Tableau 4. Espagne. Naissances de mère étrangère et % du total des naissances

Année
Total nés
de mère Espagnole
de mère étrangère
% nés de mère étrangère
2004*
453.278
391.128
62.150
13,71
2003
441.881
387.853
54.028
12,23
2002
418.846
374.648
44.198
10,6
2001
406.380
372.905
33.475
8,2
2000
397.632
372.988
24.644
6,2
1999
380.130
361.627
18.503
4,9
1998
365.193
349.825
15.368
4,2
1997
369.035
355.033
14.002
3,8
1996
362.626
350.793
11.832
3,3
* Chiffres provisoires
Source: Instituto Nacional de Estadística (INE)

Tableau 5. Espagne. Naissances de mère étrangère, selon nationalité

Pays

Années


2004*

2003

2002

2001

2000

Variation %

2000-2004

Total

62.150

54.028

43.469

33.076

24.644

152,2

Maroc

12.953

10.678

8.735

7.241

6.241

107,5

Equateur

11.048

10.529

8.273

5.627

2.595

325,7

Colombie

4.895

4.980

4.832

2.881

1.516

222,9

Roumanie

4.926

3.656

2.002

994

545

803,9

Chine

2.373

1.788

1.553

1.130

936

153,5

Argentine

2.092

1.831

1.360

747

384

644,8

R. Uni

1.414

1.321

1.110

978

967

46,2

France

1.014

983

926

833

844

20,1

Pérou

1.292

1.046

888

797

687

88,1

R. Dominicaine

928

909

804

630

661

40,4

Europe

14.851

12.809

9.694

7.630

6.262

137,2

Afrique

16.591

13.903

11.337

9.693

8.228

101,6

Amérique

27.009

24.387

19.852

14.047

8.354

223,3

Asie

3.668

2.900

2.555

2.079

1.784

105,6

Océanie

31

29

31

26

16


Source: Instituto Nacional de Estadística (INE)
* Données provisoires

Tableau 6. Enfants nés de mère étrangère par communautés autonomiques et leur pourcentage du total des naissances dans la région

Communauté

An 2004*

An 2003

An 2002

An 2001


nés

%

nés

%

nés

%

nés

%

Melilla

532

44,7

628

48,2

543

44,9

490


24,3

Ceuta

435

34,0

316

27,4

262

24,8

Baléares

2.340

21,8

2.130

20,0

1.882

18,2

1.388

14,1

Madrid

13.828

19,9

12.526

18,7

10.884

17,2

8.854

14,9

Murcie

3.077

18,4

2.838

17,3

2.338

15,1

1.759

11,8

Catalogne

14.716

19,1

12.034

16,4

9.564

14,0

7.207

11,2

La Rioja

572

19,6

475

16,6

342

13,5

251

10,4

C. Valencienne

7.676

15,7

6.416

13,6

4.917

11,2

3.195

7,6

Canaries

2.407

12,6

2.202

11,4

2.129

11,2

1.646

9,0

Navarre

967

15,2

831

13,4

641

11,0

502

8,9

Aragon

1.625

14,1

1.472

13,4

1.101

10,6

848

7,8

Espagne

62.150

13,7

54.028

12,2

43.469

10,4

33.076

8,2

Castilla-La Mancha

2.110

11,8

1.743

9,7

1.144

6,9

751

4,5

Castilla León

1.562

8,2

1.331

7,2

1.044

5,8

687

3,9

Andalousie

6.658

7,5

5.349

6,2

4.246

5,2

2.781

3,4

Cantabrie

341

6,9

278

5,7

235

5,2

169

4,0

Pays Basque

1.262

6,4

1.075

5,6

808

4,4

563

3,2

Asturies

423

5,8

372

5,2

284

4,2

253

3,7

Galice

1.100

5,3

982

4,8

782

4,0

584

3,0

Extremadure

519

5,2

370

3,7

323

3,3

256

2,6

Source: Instituto Nacional de Estadística (INE)
* Données provisoires

* J. R. Valero Escandell, J.D. Sempere Souvannavong, G. Martín-Serrano Rodríguez, E. Cutillas Orgilés, R. Diez Ros, C. Cortés Samper, J.A. Larrosa Rocamora, A. Espinosa Seguí, Mohamed Chair, S. Palazón Ferrando. G. Martín-Serrano a réalisé la carthographie.

Cette recherche a été réalisée dans le cadre du Projet « L'immigration féminine (africaine et latinoaméricaine) dans l'Espagne méditerranéenne», Réf. BSO2002-00229, financé par le Ministère de la Science et la Technologie, le Secrétaire d'Etat de Politique Scientifique et Technologique, et la Direction Générale de Recherche.

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