Les agri-cultures d'Italie comme facteurs
de localisation et de globalisation

Conférence à trois voix

Maria Gemma Grillotti Di Giacomo

Guglielmo Scaramellini

Cristina Capineri

Résumé

La société postmoderne et postindustrielle a attribué aux espaces ruraux des fonctions à la fois nouvelles et anciennes, dépassant la satisfaction des besoins primaires et impliquant, à côté des secteurs secondaire et tertiaire, aussi la sphère éthique et esthétique de l'action humaine. Si la Politique Agricole Communautaire (PAC) mise avec conviction sur son "deuxième pilier", c'est-à-dire sur l'encouragement des politiques de développement rural, avec des capitaux virés des politiques de marché ("premier pilier"), la Food and Agricultural Organization (FAO) elle aussi redécouvre la validité et la productivité des pratiques agricoles traditionnelles non compétitives et lance le projet Globally Important Ingeniosus Agricultural Heritage Systems (Projet GIAHS) pour le recensement et la valorisation des systèmes agricoles locaux, au sein desquels sont étudiées et sauvegardées, en vue de leur exportation dans des contextes naturels et culturels similaires, les techniques d'exploitation soutenables et ingénieuses – élaborées aux fins de l'exploitation optimale des ressources environnementales aussi bien dans les pays occidentaux que dans les pays en voie de développement.

Il s'agit d'un changement radical, suite auquel l'activité agricole se charge de fonctions et d'objectifs nouveaux et multiples. Une nouvelle révolution agricole est en cours, qui encourage les cultivateurs à mûrir des intérêts qualitatifs étroitement liés au respect des ressources naturelles et culturelles des territoires qu'ils exploitent. Le défi qui les attend réside dans la capacité de conjuguer les valeurs et les qualités du local avec la demande de denrées et de services formulée à l'échelle globale.

L'Italie jouit d'une véritable suprématie: la multiciplicité des micro environnements, des solutions de l'ingénierie pédologique et hydraulique adoptées, des clochers et des places – c'est-à-dire des cultures et des productions typiques locales – nous place en une position avantageuse par rapport à tant d'autres pays européens et extra européens. Suite à l'engagement que les paysans, grâce à leur savoir-faire, ont prodigué sur des territoires particulièrement difficiles, des paysages agricoles ont été créés, tellement suggestifs qu'ils sont devenus d'importants éléments d'attrait touristique.

Nous savons que justement la richesse de nos histoires agricoles ainsi que la pluralité des tecniques adoptées pour cultiver les champs (étant le résultat de l'impulsion permanente et séculaire à adapter le déchiffrement – au cas par cas – aux contraintes d'un environnement naturel, lui aussi hétérogène par climat et morphologie) représentent à la fois le charme et la limite de l'offre de produits et de services des campagnes italiennes, parfois trop variée et diffuse, qui les condamne, justement en fonction de leur qualità élevée, à rester circonscrits, renfermés dans le temps et dans l'espace, et, par conséquent, destinés exclusivement aux marchés locaux ou de niche, plus d'élite et riches.

Y-a-t-il des éléments en commun parmi des réalités régionales si intéressantes et extraordinairement riches en solutions novatrices ? Quelles sont les caractéristiques des produits certifiés par des marques reconnues (DOP, IGP e STG), les enracinant fortement au sein de l'histoire et des environnements où ils sont nés ? Est-il possible que la recherche d'une production plus vaste et compétitive sur le marché décrète la fin d'un produit de qualité, et jusqu'à quand une production et un paysage peuvent-il être considérés de qualité ? Existe-t-il un cycle de vie marquant la naissance, l'affirmation et la fin d'une production agricole "typique" ou de "qualité"?

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