Les nouveaux réseaux chiites en Iran

Bernard Hourcade

Directeur de recherche, CNRS

Résumé

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Depuis 1979, l'État iranien est dominé par le clergé chiite, tant du point de vue institutionnel que politique ou culturel. En gérant le pouvoir central et les institutions nationales, le clergé révolutionnaire a désorganisé l'ancien réseau clérical, profondément enraciné dans la société et l'histoire iraniennes, opposé au régime impérial et qui avait assuré le succès de la Révolution.

Les 25 années de régime islamique, la chute de Saddam Hussein, et les nombreuses guerres qui ont bouleversé la région, ont changé la donne et engendré l'émergence de deux réseaux chiites imbriqués et concurrents. L'un reste fondé sur l'ancien réseau clérical, l'autre, plus innovant, plus « secret » et certainement plus durable, laïque et efficace, a été généré par l'expérience de 25 années à la tête d'un grand pays pétrolier.

Le réseau traditionnel chiite, organisé à partir de Nadjaf (Irak) a été pendant quelques années transféré à Qom où vivaient en exil les dignitaires irakiens, où étudiaient les religieux chiites saoudiens, pakistanais ou libanais et que le gouvernement de Téhéran soutenait pour tenter de contrôler à son profit le « réseau chiite ». La chute de Saddam Hussein, a remis en question de projet : Le nouveau réseau chiite des ulémas est plus multipolaire que jamais.

Le propre d'un gouvernement républicain étant l'alternance, les religieux au pouvoir à Téhéran, ont depuis longtemps prévu les moyens de garder influence, moyens et pouvoirs en cas de changement de gouvernement ou même de régime politique. Ainsi, un nouveau réseau chiite, s'est peu à peu construits, fondé sur la double expérience du réseau chiite traditionnel et de l'expérience du pouvoir central. Cet enracinement du pouvoir chiite et/ou clérical s'est réalisé par la constitution d'un réseau s'appuyant notamment sur des entreprises privées, des associations, des organisations (ONG) internationales, qui font du clergé iranien le plus moderne du monde musulman.

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