Économie numérique, économie de l'information : quel avenir pour les territoires ? 

Bruno Moriset

Géographe, Université Jean Moulin, Lyon 3

Résumé

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La convergence de l'informatique et des réseaux de télécommunications, la versatilité géographique presque sans limites de l'information économique numérisée, semblent mettre à mal les schémas économiques territoriaux. On parle de délocalisation des services, d'entreprises et de travailleurs nomades, de territoires qui se fragmentent ou « s'effilochent ».
Pourtant, on est loin de la disparition des territoires. Car si l'utilisation optimale des TIC complexifie le portefeuille de localisation des firmes, ces dernières restent des consommatrices d'espace exigeantes, de plus en plus attentives aux aménités locales (y compris en matière de réseaux de télécommunications). C'est par exemple le cas lors des choix d'implantation de centres d'appel ou de centres de services partagés. Ce qui vaut pour les firmes vaut pour les individus. Les logiques spatiales du télétravail, par exemple, peuvent conforter des territoires, en favorisant les choix de localisation liés à la vie personnelle, au détriment des logiques purement marchandes. Paris ou la Creuse ? Grenoble ou Bengalore ? Montpellier ou Casablanca ? Plutôt qu'à un changement complet de paradigme, on assiste à une complexification de la division spatiale du travail et à un brouillage des hiérarchies et des échelles géographiques. Un processus dans lequel chaque territoire a sa partie à jouer.

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