Des jonques aux conteneurs,
l'intégration par les réseaux en Asie orientale

Philippe Pelletier

Géographe, Université Lyon 2

Christian Taillard

Directeur de recherches, CNRS

Résumé

Les réseaux marchands de la façade asiatique du Pacifique ont organisé l’Asie orientale depuis deux millénaires. Aux cités intérieures, sièges du pouvoir politique et des valeurs terriennes attachés au confucianisme, se sont ajoutés des ports de commerce qui ont participé à la régionalisation puis à la mondialisation des échanges. Si la voie maritime transasiatique perdure dans la longue durée, sa structuration a, en revanche, évolué pour s’adapter aux conditions nouvelles. Les conteneurs ont remplacé les jonques, les ruptures politiques des colonisations ou de la guerre froide ont modifié les acteurs. A chaque étape, de nouvelles infrastructures et de nouveaux réseaux renforcent les héritages, multiplient les synergies, et deviennent les véritables enjeux du pouvoir.

Cet axe maritime s’inscrit désormais dans la route circum-mondiale des conteneurs, contrôlée par les armateurs asiatiques. Sa direction, méridienne en Asie, permet de cumuler les flux générés par la mondialisation et ceux produits par la région. Ses trois nœuds structurants sont aujourd’hui dédoublés, avec une série de ports encadrant les grands détroits qui commandent les entrées de l’axe, détroits des mers du Japon au Nord et de Malaka au Sud, ou qui articulent l’Asie du Nord-Est et l’Asie du Sud-Est comme le détroit de Taiwan au centre. L’efficacité géographique des plate-formes logistiques mondiales qui démultiplient les flux de population et les réseaux économiques, renforce et complexifie les trois articulations régionales de l’axe et explique le dynamisme actuel de l’intégration régionale.

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