Les réseaux clandestins menacent-ils les Etats-Nations ?

Organisée par Roland Pourtier, géographe, université de Paris I, animée par Sylvain Allemand, journaliste, Alternatives Economiques

Les Etats-Nations se sont construits au cours d’un processus de contrôle d’un territoire producteur d’identité à l’abri de frontières « sacrées ». Aujourd’hui, sous l’effet d’une mondialisation qu’accompagne la multiplication de réseaux transnationaux, les frontières perdent de leur force, changent de nature et d’échelle. La multiplication des organisations à vocation planétaire, l’OMC notamment, conduirait-elle à la « fin des territoires » dans un monde où régneraient les réseaux ? Parmi ceux-ci, une attention particulière doit être portée à ceux qui agissent dans la clandestinité et dont les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont favorisé l’éclosion. De multiples acteurs se jouent des législations nationales et tissent la toile de leurs intérêts au-dessus des Etats. On attribue aux mafias une capacité d’orchestration mondiale d’activités illicites (trafics de drogue, d’armes, blanchiment d’argent…). Mais bien d’autres acteurs, y compris dans le giron étatique, sont impliqués dans ces pratiques de l’ombre. Du secteur informel - que celui-ci compense les carences des Etats en faillite, les ronge de l’intérieur, ou qu’il participe à la recomposition d’espaces transfrontaliers - jusqu’à la criminalité internationale, la diversité et la puissance des réseaux clandestins posent la question des capacités de résistance des Etats-Nations à la prolifération de ce champ de forces. Et des défis de construction d’Etats-Nations, notamment en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.