Les réseaux des firmes transnationales : les délocalisations sont-elles fatales ?

Organisée par François Bost, géographe, Université de Paris X, animée par Erik Izraelwicz, journaliste, directeur-adjoint de la Rédaction des Echos

L’une des caractéristiques spectaculaires de la mondialisation de l’économie réside dans le développement inédit de réseaux internationaux de production (RIP) associant les firmes transnationales et leurs différents établissements, de même que les grosses PMI-PME, avec une multitude d’acteurs implantés dans d’autres pays industrialisés ou des pays émergents : sous-traitants, équipementiers, entreprises de services, laboratoires de recherche, etc. Les RIP sont la conséquence directe de la fragmentation des processus de production en différentes étapes auxquelles peuvent correspondre autant d’intervenants et de lieux différents. Ils résultent également de l’externalisation de nombreuses activités au profit de tiers, eux-mêmes très diversement localisés. L’objectif poursuivi par les firmes transnationales est au final celui d’améliorer efficacement leur compétitivité-coût. De par leur logique de fonctionnement, les RIP mettent donc les territoires investis ou potentiels en concurrence plus ou moins ouverte les uns avec les autres.

C’est précisément dans ce nouveau contexte que s’inscrivent les délocalisations industrielles et de services, qui se sont faîtes ces dernières années plus nombreuses et plus inquiétantes – notamment en France -, au point de poser sérieusement la question de la désindustrialisation dans les pays développés. Quelle est l’ampleur exact de ce phénomène et comment est-il susceptible d’évoluer ? Ce mouvement est-il irrépressible ? De par leurs caractéristiques propres, les territoires peuvent-ils apparaître comme des antidotes efficaces contre les délocalisations ? Quelles politiques industrielles se révèlent les plus appropriées pour limiter leurs effets, voire inverser la tendance ?