Jean Gottmann

Calogero Muscarà,

Università di Roma, La Sapienza

et

Georges Roques

Géographe, Montpellier.

Résumé
Article complet
Les grandes figures de la géographie

L'homme

Né à Karkhov le 1915, Jean Gottmann aurait pu avoir une destinée tout à fait different: neveu de rabins tant du côté paternel que du côté maternel, il restait orphelin à 2 ans quand une bande de la révolution russe tue presque toute sa famille. Le grand père le confie à sa tante Emily qui vit à Moscou, d'où elle fuit pour aller Sebastopole où le grand'père, la tante et Iona (le nom de Jean) restent avec un cousin maternel (Michael Berchin) en ésperant la fin de la révolution. Finalement grand'père, tante Emily, cousin Michael et Iona quittent la Russie, pour se réfugier à Paris avec beaucoup d'autres réfugiés (1921) en tant que “apatrides”. Le monde où se grandit Iona est celui des émigres russes mais aussi celui des juifs qui frequentait aussi la maison des hommes d'affaires en Russie. C'est un élément très important pour comprende l'ambiance où grandit le jeune Gottmann. Jean est adopté après leur mariage, par Michael et Emily. Michael est sioniste et travaille dans le journalisme, ce qui marque le commencement scientifique de Jean quand à l'Universitè il choisit une thèse sur l'irrigation en la Palestine.

Son maître à la Sorbonne est Demangeon, le grand éleve de Paul Vidal de la Blache, qui introduit Gottmann dans le monde de l'agriculture. Mais Jean a aussi étudié la langue russe et çelà explique la raison pour la quelle il devient bien tôt collaborateur des Annales de Géographie surtout en tant qu'intérmediaire vers le monde soviétique et les grands changements de cette partie du monde. La direction de la revue lui demande de signaler les livres reçus (600 livres en 6 ans), tandis que la Fondation Rockfeller demande au jeune géographe d'étudier le marché des matières premières. Tous ces rôles deviendront utiles dans les annèes suivantes. Mais l'intérêt premier de Gottmann reste l'agriculture irriguée de la partie aride de la Mediterranée. Avec ce background il devint bien vite un grand expert de la civilisation et de l'histoire arabe. Il faut souligner çelà car c'est la premiére specialisation “mediterranéenne” de Jean Gottmann, celle que lui permettra de changer une fois ancore sa condition humaine quand, le 1940, les nazis envahissent la France, occupent Paris et obligent Jean et sa famille à fuir vers les Etats Unis. Ce sont des années difficiles dans lequels la difficultée de laisser l'Europe pour un homme nationalisé français s'ajoutent à celles d'une France devastée par la guerre, avec beaucoup de morts parmi les géographes français. Mais finalement Gottmann peut rejoindre sa famille emigrée aux Etats Unis à la vieille de la destruction japonaise de Peal Harbour. Les Etats Unis entrent en guerre et çelà determine une fois ancore le destin de Jean Gottmann.

Je prends toutes ces informations et les suivantes sur la vie de notre géographe aux Etats Unis et en France de l'après- guerre dans le livre que Luca Muscarà a preparé en consultant les 25 000 pages de documents laissés par notre géographe à la Biblioteque Nationale de France. Dans la situation nouvelle, Gottmann ne peut pas se consacrer aux études. En quelque mois il devient un des collaborateurs du gouvernement americain pour le monde méditerrenéen, tandis qu'une partie importante des géographes des Etats Unis travaillent pour le pays en guerre. Avec l'aide de la Fondation Rockfeller, il devient membre de l'Institut for Advances Studies de Princeton et dans le même temp collaborateur du géographe Bowman à l'Université John Hopkins. C'est un période pendant laquelle son travail fébrile lui permettra de connaitre à fond cette partie des Etats Unis qu'il étudiera vingt ans après dans “Megalopolis” qui le rendra célèbre dans le monde entier. Il reste aussi en relation avec la “France Libre” du géneral de Gaulle et ça lui permettra d'etre consultant de Mendes-France et de Pleven dans la France liberée du 1945. La guerre finie il comprend bientôt que le rôle exercé aux Etats Unis par la géographie va changer. L'idée de Roosvelt d'une organisation mondiale, la future ONU, relègue la géographie dans le champ des forces locales. Et çelà, avec le fait que la géographie americaine se disperse dans une douzaine de specialisations, sans besoin d'une visione unitaire du monde, ne laisse pas d'espace au futur. Il faut retourner en Europe dans le rôle de conseiller du nouveau gouvernement dont nous parlions auparavant. Il travaille alors soit sur la question du futur de la Rhénanie, soit sur la situation de la France de l'Ouest. Il reprend aussi les relations avec la géographie académique et il imagine pour le futur un rôle d'intermediaire entre l'Europe et les Etats Unis. C'est ici le germe d'oeuvres comme L'Amerique, écrit pour les française et A geography of Europe écrit pour le monde americain (elles seront publiées en 1949 et 1950).


 

Une fois encore la destinée change le tableau: Jean doit abandonner l'Europe pour aller à New York car Emily, la tante qui faisait office de mère tombe malade sérieuxement et aux Etats Unis il peut continuer sa activité en tant que conseilleur du gouvernement français d'abord et plus tard en tant que membre du Conseil social des Nations Unis. Mais il comprend très vite que le rôle de l'ONU va se bureaucratiser: aucun espace pour des travaux interessants du point de vue humain et culturel. Commence, à partir de ce moment, une nouvelle situation: il devient migrant pendulaire entre les Etats Unis, car il parvient à travailler des deux cotés de l'Atlantique avec une recherche pour les Etats Unis sur la région Boston/Washington (germe de Megalopolis) et une recherche sur l'Europe(Fondation Rockfeller). Dans le meme temp il enseigne des deux cotés de l'Atlantique: il traversera l'Atlantique 23 fois entre 1947 et 1961. Son mot devint : “je me sens parfaitement chez moi des deux côtés de l' Atlantique”. Ces sont les années pendant lesquelles se forme sa théorie de la géographie. 1947: il publie l'article “De la méthode d'analyse en géographie humaine”. 1952: il publie le livre “La politique des Etats et leur géographie”. Le travail qu'il avait commencé sur la cote atlantique des Etats Unis prend forme. Surtout, fort de sa théorie, il peut se consacrer à la mettre à l'épreuve dans les recherches sur le terrain, d'abord à travers une recherche sur la Virginie, qui lui permet d'utiliser la méthode regionaliste de l'école géographique française (Virginia at mid century) et finalement, grace à une bourse d'études qui a été lui attrbuée par l'intermédiaire de Oppenheimer, il peut ouvrir un bureau a New York pour mettre au point la recherche sur la côte urbanisée entre Boston et Washington. Ces sont des années particulières pour Gottmann. En 1947 meurt Emily, sa tante. En 1952, il glisse et il reste handicapé: pour la diagnostic des médecins il restera paralysé toute la vie. Ancore quelques années et il épouse Bernice, redactrice de Life. Arrive 1961 qui peut être appellée année charnière. Bien qu'il ne soit pas encore docteur dans la vie académique française (il le deviendra en 1969 grace à Jean Bastié) il est appellé à enseigner a Oxford (School of Geography) où, bien qu'il soit appellé partout dans le monde, il restera jusqu'a la fin de ses jours, 33 ans après, en 1994 .

L'œuvre

Il peut sembler que "Megalopolis. The urbanized northeastern Seabord of United States" soit le point d'aboutissement de l'humanité professionelle et scientifique complexe de Jean Gottmann. Mais si Megalopolis Seabord est terminée, c'est d'ici que commence l'histoire de Megalopolis. D'une coté, d'abord, d'importants collégues pas seulement géographes, partout dans le monde le contactent pour lui dire que dans leur règion ou pays aussi il y a des manifestations tout-à-fait semblables à celle qu'il avait rencontrée dans la côte northeastern des Etats Unis: on trouve des situations semblables à Megalopolis ailleurs, part exemple dans la Région des Lacs, entre les Etats Unis et le Canada. En Europe on la rencontre en Angleterre proprement dite, autour de Londres, et au dela de la Manche, dans la région qui part de la Ruhr et s'étend jusqu'à Paris à travers les Pays Bas et la Belgique. En Asie on peut parler de deux Megalopoles en Chine, dans la region de Shangay, et au Japon, entre Tokyo et Fukuoka. Pour l'Indie il faudrait faire les recherches qui manquent encore, mais le processus y est à l'œuvre; il est en cours soit en Europe du Sud (Italie du Nord jusqu'à la Provence), en Californie et en l'Amerique du Sud entre Rio de Janeiro et Saõ Paulo. “Megalopolis, écrit alors Gottmann, n'est pas seulement une croissance quantitative de la ville. Elle est la nouvelle forme de l'urbanisation et de l'organisation géographique du monde”. En tant que produit du xx siecle elle a cru avec la mécanisation et l'automatisation de l'agriculture, des activitées d'extraction des minéraux et dans une large part avec la croissance de l'industrie manufacturière. Elle a pris forme grace à l'augmentation de la liberté individuelle envers les travaux contraignants, la croissance du temp libre, une consommattion majeure des biens e des services, une mobilité plus importante et une meilleure istruction. Nous sommes en présence d'un nouvel ordre de l'organisation de l'espace et dans la division du travail à l'intérieur de la société, un ordre plus diversifié et plus complexe qui resulte d'une diversité d'une libertè croissante. Certainement elle se réfère à des systèmes urbains polycentriques assez vastes, dotés de continuité suffisante et d'interconnexions réciproques internes qui nous ont permis de parler de systèmes (25 millions d'habitants au minimum, souligne Gottmann). Une Megalopolis doit être aussi séparée par des vastes espaces moin urbanisés en relations avec les systèmes urbains qui ne sont pas compris en eux même. Dans plusieurs cas, la densité des habitants, des activitées et des réseaux d'interconnession est tel qu'il en résulte une substance différente par respect aux surfaces environnantes qui ne disposent pas de la même masse ni de la même densité de population, pas plus que d'une simile intensité d'urbanisation. Cette grande concentration de personnes et d'industries consomme d'immenses quantitées de biens. Le développement megalopolitain se verifie dans les pays où le niveau de développement est élevé et où la consommation per-capita des biens et des services est assez nettement supérieure à la moyenne. Celà explique l'encheveitrement de la trame des réseaux pour le transport des biens, des hommes et d'information à l'interieur et autour à la Megalopolis: Si on regarde les différentes cartes des moyens de transport, de communication et des flux de trafic qui enveloppent le monde, on ne peut non qu'être frappé par l'extension des réseaux qui enveloppent la planète convergent vers ces grands pivot que sont les systèmes megalopolitaines. C'est pour çelà que on parle de charniere. Mais on doit parler aussi de mosaic en raison de la stratification des elementes constitutifs et on doit parler de couveuse en raison des germes qui y ont été semés.

L'activité scientifique de Jean Gottmann peut etre partagée en trois périodes. D'abord il cherche une justification théorique à l'activité des géographes: c'est la période pendant laquelle, après tant de travail sur le terrain, il affine sa théorie du carrefour et de la consommation, bien qu' il ne porte pas beaucoup d'attention à ce deuxième terme. Cinq ans ancore et la théorie est au point: il introduit la couple circulationiconographie avec laquelle il repond au besoin des lois de la recherche. Commence ici un deuxieme période pendant laquelle à travers l'usage de la methode régionaliste mise au point par Vidal de La Blache et ses éléves il peut interpréter d'une nouvelle façon la realité géographique americaine: c'est le moment du travail sur la Virginie et finalement de Megalopolis. Commence d'ici la troisième phase de sa recherche, pas seulement en raison du fait que Megalopolis est conçue comme la nouvelle forme de l'urbanisation. Il se consacre à étudier les changements dans la ville et les différences entre les deux cotés de l'Atlantique. Certainement il n'abandonne pas la géographie politique. En 1973 il publie The Significance of Territory et surtout il organise chaque année une réunion de la Commission permanente de géographie politique qui lui était confiée après la publication de la Politique des Etats et leur Géographie pour discuter avec les politologiques de certains problèmes et il publie beaucoup de livres collectifs. Mais l'interêt central reste celui de la ville soit en raison de la rénommée qu'il a reçue dans ce champ scientifique, soit en raison de son enseignement à la School of Géographie d'Oxford. Et çelà explique la publication en anglais et en italien de la "La città invincibile" et de deux travaux parallèles avec le schéma que nous continuons à utiliser. On parte de l'étude des changements qui sont intervenus dans la forme des composants de la ville (la maison surtout), dans le plan et dans les façons de vivre. Dans la deuxième partie on arrive à la considération des changements intervenus dans la ville du point de vue de l'économie, l'arrivée des nouvelles activités qu'il appelle quaternaires, la persistance du besoin de centralité qui donne son originalité à la ville actuelle, bien que notre attention soit attirée souvent par sa peripherie et son développement, bien que plusieurs pensent que l'âge de l'urbanisation est terminé. Dans la troisième partie enfin il travaille sur la ville et le territoire soit en considérant les changements intervenus dans la conception même du concept de territoire, dans l'arrivée des nouveaux courants de peuplement, dans le rapport des villes capitales avec le reste de l'urbanisation et du pays, dans l'emploi des moyens de communications entre les hommes, finalement dans le processus même d'urbanisation dans les systèmes megalopolitains.

La postérité

Pour une petite partie Jean Gottmann est une victime de lui même. Habitué à donner un nom à chaque nouvelle realité qu'il rencontre, l'habitude s'est retournée envers lui comme un boomerang. Plusieurs jeunes géographes, qui ne sont pas particulièrement experts dans l'histoire de la géographie au le XXe siècle, pensent qu' il est le géographe de “Megalopolis”. Le sens de l'acception est la méprise sur le terme de “megalopole” qui signifierait “grande et laide ville qu' il faut éviter de toute façon”. Pensez que le même Gottmann, pour celui qui veut bien lire l'introduction à l'ouvrage ainsi nommé, écrivait: j'ai pris le nom de “megalopolis” du philosophe Fidon pour lequel ce nom signifiait “ville des idées”. Il écrivait: “il existe une ville des idées qui détermine en amont et dirige le monde materiel dans lequel on vit”. Par le reste, peu d'années après sa découverte, Gottmann personnellement discutait avec certains collègues pour lesquels une “megalopolis” commence avec 10 million d'habitant, tandis qu' il soutient l'opinion que le phénomène ne se manifeste jamais si nous ne sommes pas en présence de 25 million d'habitant au minimum.

Cette prémisse n'est pas folklorique. Les noms inventés par Gottmann sont le symptôme du caractère spécifique de sa géographie. Dans une période pendant laquelle la géographie inventée par les français est mise en accusation au-delà de l'océan car elle est accusée d'être “exceptionnaliste” (c'est le mot utilisé par F.K. Schaefer dans le célèbre article qui donne naissance à la “nouvelle géographie” ). A mon avis Gottmann peut être considéré comme étant l'évident démenti de cette accusation.

Entre Maurice Le Lannou, qui dans le célèbre “La géographie humaine” en 1949 soutenait la nécessité pour la géographie théorique de naître de la géographie régionale, et Schaeffer, qui en 1953 accuse la géographie régionaliste de ne pas être capable de produire une géographie théorique. Jean Gottmann peut être défini comme étant “le géographe de la théorie géographique qui naît de la géographie règionaliste, cela veut dire d'une géographie qui a fait de la recherche régionale le caractère spécifique de notre discipline.

Je veux faire trois brefs rappels pour mieux expliquer cette affirmation. Dans la post-préface à un brillant essai du jeune géographe français Jean Paul Hubert arrivé à ces conclusions sur Jean Gottmann à travers un parcours qui s'inspire de la mathématique et de la logique, il écrit textuellement:

“ Lorsqu'après 1945 sont venus les grands chocs intellectuels (il avait parlé, peu avant des chocs successifs de la bombe d'Hiroshima, du Spoutnik, des radios portatives et de la prémière génération d'ordinateurs), les géographes n'ont pu éviter de s'interroger sur eux-mêmes et leur discipline. Beaucoup se sont tournés vers des études à base de méthode mathématique, économétrique ou logique, vers les modèles et les structures: d'où la vogue des philosophes allemands, de Christaller et de Lösch parmi les novateurs en géographie, et la poussée de toute une génération, peut-être de deux générations déjà de géographes qui recherchent la solution, soit l'explication, dans un effort pour déterminer par une théorie logique s'appuyant sur une réflexion algébrique et géométrique. L'ouvrage de Jean-Paul Hubert est issu de cette évolution. Je le crois caractéristique de son temps et de sa génération. Pour l'école française il est très en avance sur l'évolution générale, qui fut lente car en France les géographes avaient (et reçoivent encore) une forte préparation historique; or la méthode historique, par les précédents et l'évolution continue dans le temps, est le seul autre moyen d'arriver à un choix parmi les faits et de créer de nouveaux concepts en dehors de la logique à base mathématique”.

A l'occasion des rencontres d'Ekistics qu'il fréquentait assidûment, Gottmann disait à propos de l'architecture à Milos Perovic' un historien serbe “Despite the diversity which requires every region to think for itself and to choose its own way of life and solution, some general lessons for other large urban concentrations can probably be drawn from experiment of Megalopolis. One of these lessons is to recognize early enough the constraints of density when it reaches a high level for a very large mass of people. Personally, I believe that greater compactness of settlement, less waste of space and, therefore, of landscape is most desiderable. Rapid transit should be organized and maintained to obviate public services and amenities, the demand for which is bound to increase in the megalopolitan conditions of education, density and size. I realize of course that many forces within the specific American circumstances made it particularly difficult to apply the foregoing prescriptions”.

Autre chose encore. Dans un récent essai écrit pour un numéro de la revue Ekistics dédié à Jean Gottmann dix ans après sa mort, Robert A. Harper, qui collaborait toujours avec Gottmann quand il était aux Etats Unis soutient que dans la façon de lire la géographie de la côte americaine qu'il appelle "Megalopolis: the urbanized Seabord of the Unites States", le concept de megalopolis est marqué nettement par le caractère régional de la formation géographique de son auteur. Il écrit:

“ For Gottmann– Megalopolis was a complete shift from his earlier studies…..but his methodology was a clear up-grading of traditional French regional geography. In Megalopolis he was following the French regional method he had been taught, examining the changing human occupance of a particular region.

Gottmann reste donc le produit d'une géographie qui est au fond la géographie de Vidal de la Blache et de ses élèves. Il fut en effet reconnu par les militaires et par les techniciens avec qui il est en contact en tant qu' expert du monde méditerranéen semi-aride et arabe, un caractère que nous sommes obligés de reconnaitre comme spécifique de sa formation géographique. Les hommes qui lui demandent des lumières sur les caractères du monde où se developpent les opérations militaires soutiennent que, au delà des renseignements q'ils obtiennent par la lecture de ses rapports, compte tenu surtout de sa capacité à conclure avec des avis synthétiques qui souvent manquent dans ce genre de rapport. Schématiquement, on pourrait dire que sa méthode est celle qui consiste à donner des renseignements pour comprendre. Sans la compréhension, le renseignement reste une accumulation désordonnée des documents. C'est cette considération qu'il avait trouvée dans une lettre de Paul Vidal de la Blache adressée à Jules Sion. Pour comprendere il faut choisir, disposer d'une théorie qui nous aide à organiser les informations dont on dispose, à écarter celles qui ne sont pas utiles pour comprendre Sinon, c'est ce qui transformerait notre recherche en un tiroir de documents ordonnés, mais sans signification scientifique.. Mais la théorie ne peut être déployée qu'à partir de la complexité de la realité et seulement si on est en condition de se déplacer entre ces deux pôles. C'est cette leçon qui rend Gottmann très moderne et très actuel.


Bibliographie

Luca Muscarà, La strada di Gottmann. Tra universalismi della storia e particolarismi della geografia, Nexta Books, Roma, 2005, 248 pp.

1951, La région charnière de l'économie américaine, Revue de la porte océane (Le Havre), n°7

1961, Mégalopolis, The Urbanized Northeasttern Seabeoard of the United States, The twentieth Century fund, New York,

In the steps of Jean Gottmann, Three double issues of Ekistics, the problems and science of human settlements, vol. 70, number 418/419 Jan./Feb.-March/April 2003, 392 pp.

Jean Gottmann, La città invincibile. Una confutazione dell'urbanistica negativa. Introduzione di Calogero Muscarà, Milano, Franco Angeli, 1983, 384 pp.

Jean Gottmann, Calogero Muscarà (edd.s) La città prossima ventura, Laterza, Roma-Bari, 1991, 350 pp

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