Réseaux de villes : concurrences ou complémentarités ?

Céline Rozenblat

MCF-Habilitée Université Montpellier III

Résumé

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Dans la dynamique actuelle de la gouvernance des territoires et des entreprises, les villes, les régions et les collectivités locales se livrent à des concurrences acharnées pour attirer des entreprises et des investissements valorisants. En même temps, ces mêmes territoires créent des réseaux d’alliances et de coopération (à travers des clubs de villes ou de régions, partageant des proximités spatiales ou des proximités économiques ou culturelles). Il s’agira d’expliciter ce paradoxe par les différents acteurs qu’il met en jeu (réseaux d’entreprises, réseaux socio-culturels, réseaux politiques) et par les échelles géographiques qu’il mobilise. Les processus spatiaux insufflés par ces dynamiques sont multiples et parfois contradictoires. En effet, on aurait pu penser que les économies de réseau qui supplantent maintenant les économies d’agglomération créent des forces de dispersion spatiale. Or c’est l’inverse qui se produit puisque les réseaux créés ne sont pas dépourvus de hiérarchie, et que ces hiérarchies ont tendance à se renforcer mutuellement. Ainsi, les mouvements actuels de métropolisation sont la conséquence du développement de ces réseaux. Toutefois, de nombreuses initiatives locales et de villes moyennes viennent atténuer ces forces vives de concentration spatiale. L’enjeu pour l’Europe est le maintien de la diversité des villes, par leur taille et par leurs activités et services. Cette diversité ne peut se maintenir et se développer que par la coopération inter-urbaine, promue par le SDEC (Schéma de l’Europe communautaire) et en France par la DATAR à travers la mise en place de contrats de coopération métropolitaine. Des exemples seront évoqués afin de cerner les apports et limites de ces contrats dans le cadre plus général de la réorganisation des pouvoirs urbains.

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