Roissy et le troisième aéroport : réalités économiques et manipulation géopolitique

Philippe Subra

Géographe Université Paris 8

Résumé

Article complet

Le développement de l'aéroport de Roissy a été pendant dix ans (1993-2002) au centre d'un conflit majeur entre l'Etat, ADP, d'une part, les élus et les riverains, d'autre part. Ce conflit est exemplaire de toutes ces situations d'affrontement - de plus en plus nombreuses depuis les années 1980 – qui opposent logique de développement économique et logique de protection de l'environnement sur des projets d'aménagement aussi divers que la construction d'une autoroute ou celle d'une éolienne.

Dans le cas de Roissy tous les gouvernements successifs s'en sont finalement tenus à la même stratégie : obtenir que l'opinion locale accepte la construction de nouvelles pistes, en échange d'une série de mesures d'accompagnement et de la promesse que le développement ultérieur du trafic se ferait ailleurs.

Dans cette optique, l'engagement de Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports de 1997 à 2002, de plafonner l'activité de Roissy à 55 millions de passagers – engagement rapidement renié par son successeur, Gilles de Robien -, a surtout permis à l'Etat de gagner du temps. Et le projet de troisième aéroport, au-delà des limites de l'Ile-de-France, deux fois décidé et deux fois annulé, a servi à démobiliser l'opposition des riverains.

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